Le Crapaud.

Dix-sept heures. D. appelle alors que je sors de ma douche peu après que J2 soit parti. On fixe le point de rencontre et on se donne rendez-vous pour une heure plus tard environ.

Arrivée près du lieu de rencontre, il me dit au téléphone de regarder les plaques d’immatriculation autour de l’hypermarché de façon à trouver sa plaque à lui qui devra me sauter aux yeux puisque ce n’est pas le même département. Vous allez rire… TOUTES les voitures garées étaient immatriculées du même département indiqué ! J’ai fait « euhhh en fait ben… ça va être plus dur qu’on ne croit de se retrouver ! » Et puis en fait non, il était garé en face. J’ai traversé la rue et je suis rentrée dans la voiture.

C’était un marocain type.

Il jouait « les blancs » (pardon de l’expression mais par là je veux dire qu’il faisait comme s’il n’avait pas de racines marocaines. A la question « tu as des origines ? », il a répondu dans un souffle « oui, italiennes. » Pff. Ca me saoule les déracinés. Ca me saoule les complexés du gêne européen, qui se la pète à la « je suis un restaurateur qui était implanté au Maroc » alors qu’en fait il est marocain. Lui, n’a pas l’accent comme ce type que j’avais rencontré une fois. Sa façon de parler est vraiment transparente. Pourtant, je le sens mal. Il n’est pas charmant. Malgré ce qu’il m’a dit sur ses racines, ben il est quand même super bronzé, le bougre ! Même un européen qui reste dix ans au Maroc ne sera pas bronzé comme ça – je pense. Question d’épiderme. On parle de tout, de rien, on fait un tour. Tu fais ça depuis longtemps ? Non. Tu fais ça combien de fois par mois ? Pff, ça dépend. Sinon, tes tabous ? Blablabli et blablabla (sont dans un bateau.) Ces questions-là me saoulent de plus en plus.

De profil il ressemble très exactement à un croisement entre Smaïn et Sartre. Sa physionomie m’a rappelé, vous savez, ce passage où Sartre décrit quand son grand-père l’a emmené chez le coiffeur pour couper ses boucles blondes suite à quoi sa mère était obligée de faire face à « l’évidence de sa laideur. » D. n’avait pas un tel regard, mais dans l’ensemble il n’était pas beau. Il me disait qu’il n’était pas habitué aux escorts, qu’il était tombé sur mon annonce par hasard et blablabli et blablabla. Ca m’étonnerait vachement, je me disais en mon for intérieur. Il posait les mêmes questions qu’un habitué, avec le plus de calme possible – tandis qu’un « newbie » vous les posera avec un peu d’anxiété dans la voix et hésitation. Je me disais juste, boaf ça me fait de l’argent de poche après J2, alors pourquoi pas.

A un moment, je lui dit qu’il y a des personnes avec qui ça ne « passe pas. » Et il me dit en me regardant droit dans les yeux « et là, ça passe ou pas? » Je me rappelle que j’avais envie de dégager de la voiture sans demander mon reste. Et pourtant, je suis restée. J’ai envoyé paître ma voix intérieure qui me hurlait de dégager de là, j’ai juste penser à mon « speed. » C’est comme ça que j’ai surnommé les rencontres éclair où je baisse ma vigilance et essaie de faire plus confiance à l’humain (en face de moi) qu’à l’instinct (enfoui en moi)… ba pour du cash-éclair, quoi. Bref.

Deuxième oubli de mon inconscient quand D. me demande « bon alors on se fait la rencontre ou pas ? » Hurlement de la petite voix style « dégage de là, dégaaaaaage de là. » Moi : « Ben ouais. » A ce moment un type appel pour un rendez-vous plus tard encore dans la soirée. Je tourne court la conversation, promet de rappeler, je me dis pourquoi pas. D’abord ce rendez-vous après on verra.

 

D. est du genre « si tu fais ce qu’il faut je t’emmènerais dans un palace. » Oh par les cieux non, pas ça. J’en ai marre des types qui se la racontent. Qu’est-ce qu’il croit ? Que je suis assez conne pour m’imagine qu’un type qui a une voiture plutôt moyenne va m’emmener pour une thalasso le week-end prochain ? (et d’ailleurs pourquoi me dire « bah laisse tomber ton week-end shopping, choisis plutôt thalasso », je veux dire il a coupon réduction uniquement pour ce week-end là ou quoi ?) Que je suis assez conne pour m’imagine que si je fais ce qu’il faut il va me couvrir d’or et de rubis ? P… ça commence à me gonfler qu’on me prenne pour une pomme ! Je ne suis pas vénale. Je ne suis pas une machine à fric. Je ne veux pas qu’on me dise de faire ce qu’il faut pour avoir n’importe quoi. P… des fois, c’est vraiment trop gonflant d’être avec des mecs tellement laids qu’ils sont obligés de payer pour 1) faire des rencontres, 2) espérer les renouveler. Désolée de ce manque de tact mais bon dieu de bon dieu comme dirait l’autre, y’a vraiment de quoi sortir de ses gonds parfois.

D. continue sa diatribe sur « et si tu fais ce qu’il faut » et si machin et si truc… Dans ma tête c’est genre « et si tu fermais ta g…? » Pfff. Je repense à ses origines « italiennes » et je ris dans mon fort intérieur qu’il se croit si malin de penser que je suis assez conne pour tomber dans son panneau quand il fait des moues genre « attend tu veux êtres serveuse à Marrakech ? Non mais MOI je t’emmène dans un endroit où tu te feras servir ! » Je veux dire… Qu’est-ce que j’en ai à f… ? Je trouve le temps long, répond de façon laconique, me demande quand est-ce que tout ça va se finir. On trouve un hôtel rapidement – dix fois plus rapidement que s’il avait vraiment été un homme qui n’a jamais eu affaire à une escorte auparavant. Je trouve que ça fait pas mal de coincidences, son discours, son attitude. Je note quand il dit « tu crois qu’ils acceptent du cash, j’ai pas ma carte bleue? » En fait, depuis le début au fond j’ai le pressentiment qu’il ne va pas me payer. Mais je me dit, allez, motive toi, ce n’est pas parce que c’est un maghrébin que c’est un voleur. Et puis le truc de la carte bleue ça veut rien dire, Chacha. Bon ok, les mecs vont en général retirer les sous après le rendez-vous mais bon, c’est pas grave, tu vois.

La chambre n’a qu’un lit une place. Il me dit qu’ils n’avaient plus que ça. Je trouve ça louche mais hausse les épaules. J’ai horreur de ça. Les lits une place – qu’il y en ait un ou deux, je trouve ça foireux et anti-romantique à mort. Bref. On allume la télé pour mettre le son et à nous deux, Sartre. J’ai envie que ça se finisse, qu’il me paie, que je me barre. J’en ai marre de ce type. Pour la première fois, j’échange mon intimité avec un homme que je trouve moche. Laid, même. Smaïn et Sartre mélangé et avec ça un corps qui relève plus du crapaud que du sex-symbol. Une vraie bête… Ca me fait penser à des paroles dans la chanson de Tryo, Désolée pour hier soir : « quand tu vois double tu ramène de la bombe nucléaire. » Le pire, c’est que j’ai fait tout ça à jeun.

Mais qu’est-ce que je fous là, p… ? Prend tes affaires. Casse-toi. Ce mec ne va pas te payer. Ce mec te fait croire qu’il va t’avoir en te faisant miroiter des voyages superbes. Tu sais qu’il se trompe. Il croit qu’il te leurre. Ce n’est pas une relation saine. Ce n’est pas le bon endroit. Il n’a pas de carte bleue. Il te parle naturellement, te répète ah ça fait pas longtemps que tu fais ça. Il te regarde au travers de ses lunettes vitreuses et ses lèvres oh mon dieu – ses lèvres immondes qui quadrillent ton corps. Dégage de là, Chacha. Arrête tout. Non, je ne peux pas, il va payer ! Non, Chacha, il ne va pas payer et tu le sais. Tu le sais merde, alors arrête toi. Ok bon, dès qu’il a jouit j’arrête. Pas de pénétration mais au moins ça ok, Conscience ? Ok. Mais après tu dégages.

Deal.

Il me souffle comme ça, tu me rends fou, vient vivre chez moi. Ca sera toujours mieux que ce que tu fais maintenant. Ca rentre par une oreille…

Après une fellation, je vais cracher son liquide séminal dans le lavabo – je n’avale que quand j’apprécie la personne et jusque là, il n’y a que J2 qui y a eu droit. Je reviens, il veut remettre le couvert. Il me souffle comme ça, faudrait que tu viennes vivre chez moi et m’embrasse – oh mon dieu, j’ai horreur de ses lèvres. Trop épaisses en bas. Trop dégueu… Dégage, Chacha ! Non ! Il me souffle comme ça, viens chez moi, tu ne manqueras de rien. Réfléchis-y.

Je soupire. Il croit que je suis conne ou quoi ? Je te l’avais dit, ce mec ne va pas te payer. Conscience, ferme ta bouche s’il te plait. Soit.

Il me souffle comme ça, on pourrait rentrer dans une relation sérieuse. Parcontre, faudrait que t’arrêtes ce que tu fais en ce moment, parce que… il fait une moue genre « c’est pas trooop trooop. » J’encaisse en silence. Je pense à tous ces types décrit dans le bouquin de Kay Good, comme des types qui veulent te « sortir de là où tu es », parce qu’ils ont encore cette vision archaique et dépassée de l’escort « contrainte et forcée » quand la grande majoritée font de l’escorting « désirée et conscient. »

J’ai soupiré comme ça… « Je ne sais pas… Il faudrait que je quitte tout, c’est trop me demander. Il faut que je réfléchisse. » Il me dit « ahhhh noooon, je ne te dis pas de touuuut quitter, bah euhhh regarde… Ta famille, tu restes proche d’elle ; tu reste dans ta colocation et tu gardes tes amis. » Bon en gros, je garde la même vie mais il a du sexe gratuit ? Pardon ? Est-ce que quelqu’un peut me foutre une claque, là, histoire que je me réveille ? J’hésite entre l’envie d’exploser de rire et d’exploser de rage. Non mais quel boulet. Non mais quel salaud. Il ne va pas me payer, c’est évident. Il a raison, j’ai cru en lui, j’ai cru qu’un speed pouvait se faire ce soir et au final il m’a pris pour ce que je suis. Quelle conne.

Là, c’est trop. Je retire ma main de son caleçon, alors qu’il la guidait. Je le regarde droit dans les yeux, furieuse, je lui dit qu’il n’a pas le droit de me juger, que je ne ferai plus rien avec lui, qu’il laisse tomber le reste. Il m’a regardé, genre énérvé « non mais attend, je ne te juge pas je ne me permettrai jamais ! » Ben voyons. Faut pas prendre Chacha pour un jambon.

Il continue de déblatérer sur combien il me respecte, sur le malentendu qui est en train de se passer, ce quiproquo sans nom qui se joue. Je soupire, je lève les yeux, je dis que de toutes les façons ça m’a coupé dans mon élan pour un moment, que je ne supporte pas qu’on me juge. Il jure sur ses grands dieux que je l’ai mal compris. Ok, passons l’ami, j’ai autre chose à faire. Je croise les doigts dans le dos, « faites qu’il me paie, faites qu’il me paie…! » Mouaif. Je sais qu’il ne le fera pas, mais j’espère, je crois, j’ai envie que ça marche.

On se rhabille et on repart. Avant de quitter la chambre, je suis supposée l’appeler. En composant les touches, je me dis pff qu’est-ce que tu crois, il s’est déjà barrés. Pas tout à fait. Il s’est « avancé » au bout de la rue. Envie de partir sans moi ? Je monte dans la voiture. Il continue genre « tu parles pas? » Son portable sonne, j’entends « elle est où ? Ok, je passe la chercher. » Genre. Il me dit, bon attend on va pas se quitter comme ça, je t’offre un restau ? Moi : no way. Il continue. Et tu ne parles même plus. Et pourquoi. Et je t’assure c’est un malentendu. Et attends, un dernier verre ensemble au moins, non ? Moi : hein hein (genre non non.) Quel pauv’ connard. Il s’imagine franchement qu’un « restau » ou un « verre » va suffire à rembourser la prestation ? Ok, ce n’est pas le tarif habituel qui s’applique mais il y a tout de même un tarif.

Le truc de dingue.

D. me dépose en centre-ville. « Bon, tu vois ce café-là ? Tu m’attends devant, je vais retirer. » J’ai tellement envie de rire et en même temps, je suis tellement dégoutée… Je lui dis juste, hyper déçue dans le ton « dans combien de temps tu seras là? » Lui : Dix minutes.

Je n’ai même pas attendu devant le café. Pour passer pour une pauvre pomme, non merci. J’était sûre au moment où j’ai mit mon talon par terre en sortant de la voiture que je ne reverrai plus ce type. Je m’étais faite avoir en beauté. Pardon : en beau-té. J’ai erré dans la ville, sortant un billet de dix pour manger ici ou là. J’arpentais la rue commerçante, l’air hagard, me disant dans quinze minutes tu appelles, dans trente tu laisses le message fatal.

Quinze minutes plus tard, il répond au bout de la troisième sonnerie. Il fait l’homme pressé « j’arrive, jarrive ! » et je raccroche. Trente minutes plus tard, il ne répond pas à mes deux appels successif.

« Salut D. c’est moi, Chacha. Bah voilà, je sais que tu ne répondras plus jamais à mes appels et tu sais je ne suis pas une fille à problème, je ne vais pas te harceler après ce message. Je savais très bien que tu n’allais jamais venir devant le café, tu sais le plan du mec qui dit « attend moi là j’arrive », ça se sentait vraiment le faux plan.Depuis le début de ce rendez-vous, je le sentais mal, tu vois. Je le sentais mal et pourtant je me suis dit – allez, fait lui confiance. Et je t’ai fait confiance. Je suis juste moi. Honnête, quoi. Tu m’as déçu certes, mais je sais que cette rencontre me fera aller de l’avant. J’espère que toi aussi tu iras de l’avant après ça. C’est tout ce que je te souhaite.  »

Je n’ai pas besoin d’être véhémente ou quoi dans mes messages – il sait très bien qu’il a été malhonnête et ça pésera suffisament lourd sur sa conscience pour le reste de ses jours sans que je n’ai à perdre mon temps et mon énergie à le harceler.

Après ça, je me suis sentie sale. Pendant deux jours entiers je pensais à son corps de crapaud (de grandes jambes, pas musclées, de forme assez originale, un corps plutôt repoussant dans l’ensemble…), à sa lèvre inférieure plutôt épaisse (j’aime les lèvres plutot fines), à l’odeur de son corps immonde. Il m’aviat salie. En ne payant pas la prestation, il avait abusé de ma confiance – abusé de moi, d’une manière. Je me sentais mal. Je me sentais conne. J’avais envie d’envoyer le monde entier se faire mettre quand le type qui avait demandé à booker pour la soirée a rappelé.

Je l’ai envoyé paître dans un premier temps. Ah non désolée je ne fais pas ma pub sur vivamachin, je ne suis pas folle au point de mettre mon annonce sur un site qui vend aussi des fripes et des voitures d’occasion. Ah non désolée, je ne suis pas à une centaine d’euro de l’heure, j’ai autre chose à f… que de me déplacer pour vous. Il m’a calmé un peu, m’a dit que j’étais rigolote à parler si vite, a insisté encore un peu pour que l’on se voit. J’avais besoin d’effacer le souvenir de cette rencontre, d’effacer le sentiment d’être sale qui grandissait en moi. Et si je rentrais là maintenant tout de suite à la maison, j’aurais cette impression qui me collerait à la peau pendant des jours et des jours. J’ai pris une grande inspiration et j’ai dit oui.

En hélant un taxi ce soir-là, j’ai remercié ma conscience cent fois, mille fois, dix mille fois d’avoir été là quand même, malgré mon entêtement. Je la remerciais encore de me souffler que ce nouveau rendez-vous serait sympathique. Tout ça me faisait penser au sage adage latin « festina lente » (hâte-toi lentement.) La prochaine, j’y penserai mon pote.

Bref, j’ai horreur de ressasser les mauvais souvenirs mais bon. J’ai été bête. Mon conseil : ne jamais céder à l’envie de faire des « speeds », même si jusqu’à ce type, tous mes speeds c’étaient bien passés (faut dire ma conscience ne signalait rien de spécial.) En fait, faites des speeds, mais écoutez votre voix intérieure. Autre chose : ne jamais partager son intimité avec un homme moche. C’est comme se forcer. Et au moment où vous vous forcer, c’est l’alerte rouge absolu, il faut « dégager » absolument. Ca m’a soulager de tout arrêté. Ca m’a soulagé dans le sens où ça me faisait de nouveau penser que j’étais la seule et unique maîtresse de la situation et de mon désir. Il y a quelques semaines, je n’aurai pas fait gaffe à ma voix intérieure. Aujourd’hui je décide, je n’ai pas peur de tout arrêter sur un coup de tête – l’argent n’est plus en ligne de mir. Le respect de moi-même si. Le respect de mon corps, le respect de mon coeur, le respect de ma personne, tout simplement. Je me suis promis ce jour-là que ça n’arriverai plus.

Chacha, fatiguée par tant de malhonnêteté en ce bas monde. Trop bonne, ouais. Trop conne, forcément. Bahhh… Tout n’est pas si noir. On verra.

Publié dans : Non classé | le 24 janvier, 2008 |4 Commentaires »

Les amants se cachent pour s’aimer.

Rencontre avec J2. Il me réveille comme convenu aux alentours de six plombes du mat’, je me douche, m’exécute à des tâches que je m’étais promis depuis ma dernière rencontre avec lui de faire bien à l’avance (chacha est toujours aussi feignante en 2008), puis petit check-up et transports en commun. Malgré que je me sois probablement pris dix fois moins la tête et bougé dix fois plus les miches que d’habitude, ben j’ai quand même été pas mal en retard. En même temps, utiliser les transports en commun quand la ville s’éveille, c’est carrément hardcore.

J2 m’accueille presque déshabillé comme toujours. Le chauffage est aux max, comme j’aime ; je m’allonge sur le lit, comme depuis notre première rencontre. Ca fait presque un mois qu’on ne s’est pas vu et il y a comme un échange de regards électriques dans l’air. Il allume son appareil photo et c’est reparti pour un shooting coquin, je prends des moues boudeuses et sensuelles, bien que je sais qu’il n’y a plus de flash. Je sais qu’il me filme… Je me dis… Merde ! Je joue le jeu encore un peu, mais ça trotte dans ma tête. Et s’il mettait ces photos et cette vidéo sur le net ou s’en servait plus tard pour me faire chanter ? Et si il la passait à des amis à lui et/où qu’il la balançait dans un réseau de mecs qui adorent les petites blacks qui font tout et n’imp’ pour trois billets (ce qu’ils s’imaginent) et si…? P*t@n ! Ca me rongeait de l’intérieur, ça me tracassait, ça me saoulait. Très classe, je me suis dit « laisse pisser. » Je me suis dit, fais lui confiance, c’est un truc énorme mais fais-lui confiance et je suis passée à autre chose.

Quelques jours auparavant, il m’avait dit qu’il avait une surprise pour moi, ça m’a fait pensé à la fois où sa surprise était de glisser ses doigts en moi, en profondeur. Je l’ai supplié dans toutes les langues de me la dire, mais il n’a pas cédé. A un moment, alors que nous nous manifestons passion et tendresse, il me dit qu’il va me… fister. Oh. My. God. Je l’ai regardé, genre apeurée… J’ai dit non, j’ai murmuré non. Il m’a dit si si, laisse toi faire, écarte tes jambes et laisse-toi faire. D’habitude c’est de la fausse protestation et d’habitude c’est de la fausse insistance. Je savais qu’ici encore tout était faux, alors j’ai continué mes caresses et mes baisers, il n’y avait toujours que quelques-uns de ses doigts qui se balladaient par là. Je savais que J2 ne me ferais jamais de mal ou quoi.

Quand il s’agit de mes « tabous » sexuels, il faut dire que c’est assez flou. Je n’aime pas le SM. Quoi que, tout dépend du contexte, mais je ne ferai pas (jamais ?) l’amour avec plus de deux personnes, hommes ou femmes. Je ne veux pas qu’on me frappe ou qu’on m’humilie durant mes relations sexuelles. Je ne veux pas impliquer tout ce que je trouve immoral, comme quelqu’un qui n’a pas l’âge adulte ou un animal, de quelque sorte. Dans le même genre, je ne pratiquerai jamais (ça c’est certain) l’urologie (aussi communément connu sous le nom de pluie dorée) ou la scatologie. Je ne dirai pas mon avis personel sur ces deux dernières pratiques, parce que chacun a ses limites et est libre de faire ce qu’il veut, tant que ces limitent ne violent pas celles des autres, ni leur consentement. A partir de ces tabous-là, tout est à peu près négociable. Même l’annulingus (sur mon partenaire.) Je crains la domination, j’ai peur de ne pas être faite pour ça, mais après tout, peut-être que si. La domination, c’est perçu comme excessif mais selon le livre de Kay Good, ce n’est pas vraiment exagéré comme truc, parce qu’au finish tout se passe plus dans le jeu de rôle, les paroles et l’attitude que dans l’action véritable. Faut voir. Pour l’instant je m’en tiens à tout ça, on verra bien.

J2. m’annonce donc… Je vais te fister. Or, le fist-fucking, c’est carrément le truc que je ne peux pas voir… Je respecte totalement ceux qui pratiquent et aiment, mais franchement, pour moi, c’est trop. Je vois ce qu’il y a de sensuel dans quelques doigts, mais une main entière, un poing, franchement, non. J’ai vu un porno français l’autre jour, avec une hardeuse qui s’enfonçait une main dans le vagin dans une scène et dans une autre c’est un acteur qui la pénétrait de sa main entière. J’ai trouvé ça é-coeu-rant. C’est… ouais, carrément too much. Trop hard pour moi. Beaucoup trop hard. Connaissant ma sensibilité sur le sujet, j’ai répété encore et encore à J2 de ne pas le faire, et en même temps que je disais ça, il y avait toujours la pensée de la vidéo qui me tauradait (il n’enregistrait plus bien sûr, mais je me posais encore la question pour la vidéo que j’avais tourné plus tôt), devenue obsessionelle. Je me disait, mais qu’est-ce que tu fous là, prend tes affaires et casse-toi, n’accepte pas tout ça pour quelques billets… J’avais peur qu’il aille plus loin, qu’il le fasse vraiment. Je lui ai demandé d’arrêté, je l’ai repoussé, j’ai boudé. Il m’a dit « non, mais je plaisante, je ne l’aurais jamais vraiment fait, tu le sais ! » Ouf. Je le savais – mais au moins comme ça c’était clair. Après le coup-franc, reprise active des deux joueurs et buuuut… dans ma bouche. Le liquide séminal de J2 est fluide, transparent, léger. En un mot, délicieux.

Je traine un peu dans la salle de bain. J’ai remarqué que je ne m’essuie plus franchement comme avant, maintenant je tamponne doucement la serviette contre mon visage – j’ai remarqué que je laissais des trainées de maquillage avant et vu que je veux toujours rester plus ou moins fraîche après le « premier round », c’est pas plus mal comme ça… Retour dans la chambre avec J2 qui est silencieux et pensif. Je me glisse près de lui sous les draps, soupire profondément. Je me rapelle comment il m’a pris dans ses bras quelques minutes plus tôt, m’appelant sa Chacha d’amour, allant même jusqu’à me dire qu’il ne me forcerait jamais à quoi que ce soit, qu’il m’aime. J’ai trouvé ça chou - mais excessif. Excessivement chou. Il me demande, alors, qu’est-ce qui ne va pas aujourd’hui, du ton de l’homme inquiet. Je lui dit que je suis très préocuppée par ces photos et ces vidéos. Que j’avais peur qu’il en fasse n’importe quoi, que ça me faisait pas mal réfléchir, tout ça. Je lui ait dit que l’idée du fist non plus ne me plaisait pas, que les deux cumulés m’avaient plutôt destabilisés, parce que ça touchait à ce qui s’apparente comme mes limites. Il m’a prit dans ses bras, tout contre lui, m’a dit mais non, c’est juste pour moi, parce que tu sais pendant un mois tu me manques beaucoup, c’est juste pour moi, je t’assure, pour te voir quand tu me manques. Moi : et tu regardes ça avec d’autres personnes ou bien… Lui : Non ! C’est uniquement pour moi quand tu me manques trop, je ne ferais jamais rien avec ! D’ailleurs je te les envoie directement après, je ne vois pas avec qui je pourrais les partager ! Je lui ait dit que c’était de ma part une preuve de confiance énorme et que j’espérais qu’il s’en rende compte, parce que le fait qu’il possède ces vidéos et ces photos pouvaient, si utilisés à mauvais escient, briser ma vie. Il a dit non, ne t’inquiètes pas, j’en suis conscient, ce n’est que pour moi, sois-en sûr. Je pense beaucoup à toi, je t’envoie des mails sans arrêt, dès que je peux je te téléphone, tu vois, c’est vraiment juste pour moi quand tu me manques trop. J’ai soupiré encore, je me suis dit que j’avais été plutôt courageuse de lui dire tout ça, parce que quelque part c’était un peu lui donner les armes pour m’achever. Ca aurait pu lui donner des idées – mais bon au fond, j’imagine que n’importe qui prenant des photos de n’importe quoi aujourd’hui sait que mise sur le web ou entre de mauvaises mains peuvent être très dangereuses (bon la photo d’un chène tricentenaire, je suis pas sûre, mais vous voyez ce que je veux dire.) J’ai décidé de lui faire confiance, j’ai assumé de me dire qu’un jour ou l’autre je me rappellerais de ces photos et de cette vidéo et que c’est probablement très risqué. Boaf. Je ne pense pas devenir Miss France ou quoi, et si un jour je fait un truc plus ou moins reconnu, je n’accepterais que des rendez-vous privé, un peu comme ces chefs de guerre et ces auteurs qui requièrent une interview dans un cadre intime. On verra, hein.

Câlin de plusieurs heures s’ensuit. Je sors une phrase, il me vanne. Je sors une autre phrase, il me vanne doublement. Moi « euh ça va, je vais m’en prendre plein la tête comme ça toute la journée ? » Lui : « T’as bien fait de venir, tu vas voir ! » Explosion de rires. C’est assez énorme d’avoir avec J2 les délires que j’ai avec certains potes à moi, de pouvoir se vanner tranquillement à base de blagues au second degré, tout en faisant des allers retour entre ça et des sujets plus sérieux comme l’art, le cinéma, la littérature. Vers onze heures, il me demande s’il veut qu’on aille au restaurant, que cétait ça ma vraie surprise (tu parles, Charles…), question à laquelle je réponds par la négative. Je n’assume tout simplement pas de sortir de l’hôtel avec J2. L’image de la petite black et du mec plus âgé n’arrive pas à s’imposer dans mon esprit. Je bredouille juste que je suis plutôt fatiguée vu que j’ai pas dormi de la nuit (vrai) et que je vais profiter du temps où il n’est pas là pour faire la sieste. Il insiste un peu et quand je lui dit que je lui prépare une petite surprise, il dit ok et sors. J’ai fait un test à la con que j’aurais pu faire avec n’importe quel type d’amant – en fait, je me suis allongée et j’ai fermé les yeux pour voir sa réaction. Plutôt du type je me barre sans demander mon reste ou un dernier bisou avant de partir ? Réponse b. Ca m’a fait trop trop plaisir, ce petit bisou sur la joue avant de partir.

Il y a des femmes de ménage dans le couloir. Elles arrêtent pas de parler, de faire des va-et-vient, se marrent avec le type de la chambre d’à côté sur Dieu sait quoi. Je veux dire… Y’a moyen de fermer les yeux tranquille dans ce putain d’hôtel ? pff… Niveau réhaussement de l’image stéréotypée de la femme de ménage, n’allez pas chercher de ce côté là, si vous voulez mon humble avis. Du coup je passe mon temps à enlever mon fut et à le remettre, dans le cas où elles se mettraient aussi à frapper à ma porte et à me demander à passer l’aspi. Pffff. Quelles grosses pommes. Finalement, J2 n’a mit qu’une demi-heure à revenir et quand il est là de nouveau, je fais glisser mon jean discrètement hors de mes jambes et sur le côté du lit. Deuxième round…

…Enfin presque. J2 me dit qu’il souhaite se réserver pour plus tard, ce à quoi j’acquiesce et lui fait de la place dans le lit pour un méga câlin de plusieurs heures. Se sont fait taillés un costard : les femmes, les chinois, les cons. Non, J2 n’est pas mysogine et non J2 n’est pas raciste et non J2 n’est pas… con. Il est tout simplement hilarant ! On a discuté de tas de trucs et il prenait toujours tout au second degré, mais quand il fallait aborder certains sujets, il était très sérieux. J’étais tellement contente que ça se confirme qu’on pourrait s’entendre dans la vie de tous les jours, que tout n’étais pas purement une histoire de fesses et de fessées entre nous ! En plus de l’évidente connexion physique, il y avait à présent l’omni-présente connexion spirituelle et j’étais envahie, subjuguée, éblouie par sa capacité à m’écouter et à étayer mes propos. Je ne pense pas l’avoir sous-estimé, mais je me disais simplement que ce n’étais pas son truc, de parler. A un moment, je m’arrête :  »bon tu me dis si je te saoule, si je parle trop… bon ok c’est vrai que toutes les femmes parlent beaucoup trop », je dis avec un ton ironique. Il me regarde et fait une moue du style, tu l’as dit toi-même. J’étais morte de rire.

J2 c’est carrément le mec trop trip’ dans le genre et ça me fait vraiment trop halluciner de l’avoir rencontré. Je crois, ouais, c’est même carrément pour ça que je suis escort girl, pour rencontrer des gens que le chemin de la vie n’aurait jamais mit sur ma route. Je pense… je pense qu’on écrit notre destin. Ceux qui voient ça comme une fatalité perdent leurs temps (mon avis, mais je respecte le leurs.) Je veux dire… On passe trop de temps à se dire, si je fais ça, il se passera ça, si je fais ça au contraire, il se passera plutôt ça, etc. Il faut vivre. Il faut essayer de se poser la bonne question et foncer, foncer à toute vitesse, foncer dans n’importe quelle direction, juste foncer. On n’a qu’une vie à consommer alors au diable, la modération. « Hâtons-nous, jouissons ! L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive, il coule et nous passons » (Lamartine.)

 Troisième round éclair. Je note qu’il y a quelque chose qui a changé dans nos relations, ce n’est plus tellement cru, ce n’est plus tellement… En fait, si c’est toujours intense, masi en même temps qu’elle a changé de nature, l’intensité est plus forte. Il y a, je ne sais pas… Un truc spécial entre nous. Un truc vraiment, très très spécial. Je suis tellement heureuse de l’avoir rencontré ! Chaque minute avec lui est un bon moment. Pfouuu… Trop de bonheur.

Dernier câlin avant de se quitter. J2 est trop chou quand il s’y met. On partage la couette et les oreillers, il me fait des câlins, il me chambre, il remet en cause la condition de la femme dans tous les sens ce à quoi je réplique souvent piquée au vif et puis après je vois bien qu’il n’est question que de second degré. Un peu comme les gens avec qui j’ai le plus d’affinités. On parle au second degré, même de choses graves, mais pour qu’il n’y ait pas d’ambiguité, si on voit que la personne en face ne comprend pas, on redevient sérieux et on lui dit calmement notre véritable opinion sur la question. Je trouve ça énorme que J2 soit dans le même trip’ que moi. Le truc qui m’a fait déliré pendant des plombes c’est quand il a dit avec cette assurance inventée de toutes pièces « non mais je suis un mec exceptionnel, tu vas t’en rendre compte plus tard. Là t’arrives pas très bien à profiter du moment mais tu verras, d’ici quelques temps tu te diras mais… mais putain, j’ai pas vraiment réalisé que ce mec était unique ! » J’étais morte de rire. J’étais comme qui dirait ébahie par ses traits d’esprit. Ca me faisait halluciner que primo, il puisse encore m’étonner et secundo, sur ce plan-là. Je lui ait demandé s’il avait une bande de potes mysogynes, racistes et anti-con dans le genre, il a fait le mec évasif, non on est que deux, c’est un mec TRES bien d’ailleurs, les autres c’est des cons, quoi. Il empruntait à fond le ton des mecs prétentieux, de ces mecs que je suis parfois amenée à rencontrer ou à avoir au moins au bout du fil et ça me faisait délirer. J’ai toujours adoré qu’on me taquine, même sur des choses qui sont très sérieuses pour moi, comme la condition de la femme. C’est ça le charme du sarcasme, de l’ironie, de l’antiphrase, du persiflage : pouvoir se moquer derrière une mascarade de tournures sérieuses. Pour moi, l’ironie est un véritable art. Vraiment, vraiment. Très peu de gens le maitrisent vraiment, beaucoup ont trop peur d’etre politiquement incorrects ou de blesser involontairement, ou je-ne-sais-quoi-encore. C’est bon d’être enfin avec quelqu’un qui n’a pas peur d’aller au-delà de ces craintes. C’est bon de sentir que malgré le mauvais élève en français et en littérature qu’il dit avoir été, J2 maîtrise avec une adresse inimaginable l’art de l’antiphrase et du persiflage. Je suis carrément sous le charme.

Malheureusement, le dicton dit vrai : toutes les bonnes choses ont une fin. » La phrase de l’année vient de lui, avant de nous quitter : « ceux qui ne se croient pas cons et sont cons sont de vrais cons tandis que ceux qui croient qu’ils sont cons et qui ne sont pas cons ne sont pas de vrais cons. » Là, c’était le summum. J’ai rit pendant dix minutes…! J2 me répétais qu’il espérait que j’ai passé un bon moment (un peu, mon n’veu) et me disais qu’il faudra que je lui raconte mes futures rencontres et qu’il savait bien que de toutes les façons, ça ne sera jamais aussi bien qu’avec lui ! Je l’ai embrassé une dernière fois, en espérant que je tombe tout de même sur un homme avec autant de charme (plus, ce serait mettre la barre un peu haut, haha.)

On est sensés se revoir la semaine prochaine. J’ai pris une douche et je me suis remaquillée pour le rendez-vous suivant, un homme qui avait booké pour plus tard dans la soirée. Je ne le savais pas encore, mais ça allait être l’une des plus grosses déceptions de ma vie d’escort girl.

Chacha, total in love avec J2.

Publié dans : Coup de coeur, Non classé | le 16 janvier, 2008 |Pas de Commentaires »

Jusque là, tout va bien.

(Non mais au niveau des titres, c’est la débandade.)

Je me sens comme un vendredi matin plutôt gris. Je suis sensée me faire une nouvelle coupe de cheveux dans l’après’m', celles que j’adore, avec une grosse frange et du vo-lume. J’adore quand ça boucle un peu partout autour de mon visage. Le truc c’est que je dois me préparer et je suis genre prostrée dans mon pieu avec une méchante flegmite aigüe. Dieu que la vie est dure. *Soupir.*

Hier soir, discussion avec J2 sur la messagerie instantanée qui a coupé court – il devait absolument retourner au boulot. J’ai profité lâchement de ce retournement de situation pour lui écrire un mail disant grosso modo que je l’appréciais énormément que que j’étais contente que comme moi il sente que quelque chose de spécial se passait entre nous, et que j’étais encore plus ravie de savoir qu’il voudrait que je ne soit qu’à lui mais que compte tenu de la nature de notre relation, compte tenu du fait que je sois une escort girl avec des milliers d’envies et des projets concrets sur le court et long terme, je ne saurais vraiment me réserver pour lui, et que finalement, je voulais qu’il me dise clairement ce qu’il attende de moi, arrêter l’escorting ? ou qu’il soit mon seul amant ? Que l’on se débarasse de cette question avant de se revoir en début de semaine.

J’ai tourné en rond pendant des heures, j’ai pris un bain, j’ai fait une sieste, j’ai joué à des jeux à la con, j’ai trainé devant la télé, j’ai léché du Nutella du bout de la cuillère, j’ai matté des films adultes, j’ai soupiré, soupiré et soupiré encore. Et finalement elle est arrivée. La réponse.

Dans son mail J2 me dit qu’il a adoré me lire, et qu’il est vraiment très content que ça se passe comme ça entre nous, mais qu’en fait à chaque fois que l’on se voyait il fallait pour lui aussi compter les frais de déplacement et le cout de la chambre d’hotel et que de pars le fait il ne pourrait le faire que rarement dans le mois. *Soupir devant l’écran* Il me dit qu’il comprend tout à fait que j’ai des projets et des besoins et que du coup il souhaiterait qu’on se mette d’accord sur une certaine somme chaque mois, en parallèle de quoi on aurait une sorte de relation passionelle, où mon rôle d’escort auprès des autres hommes se résumerait à ne pas prendre mon pied, à me réserver spirituellement (méchant, le concept) à lui. *Deuxième soupir derrière l’écran.* Il m’embrasse fort, m’appelle sa chérie, dit que je lui manque. Là, j’ai pensé : j’ai besoin de cinq minutes.

Et en fait ça a pris deux heures. Accepter. Pas accepter. Plouf plouf. J’ai fait les cent pas et je me suis posé dix millions de questions. D’un côté y’a mon coeur, de l’autre mon c… Enfin mon corps, quoi. Je veux dire, les deux ont généralement tendance à ne pas marcher ensemble. D’un côté j’apprécie beaucoup J., il m’apporte, je ne sais pas, quelque chose de sympa dans ma vie, une touche de folie dans nos relations physiques et puis j’hallucine toujours autant de vibrer quand il me dit que je lui manque. Je ne pense pas qu’il ait quoi que ce soit derrière la tête, au contraire c’est plutôt moi qui m’inquiète du jour où je devrais partir à l’autre bout de la france (du monde?) pour ces voyages dont j’ai tellement envie. J’ai peur qu’il s’attache à moi et en même temps, j’ai envie qu’on vive tout ça à fond… On verra bien. De l’autre côté il y a le fait de le voir deux fois plus pour presque rien – considérant ce que je pourrais demander. Mais je pense que quelque chose de sympathique est en train de se créer entre nous. Un truc où les amants savent qu’il y a un monde qui les sépare et qu’il faut qu’ils fassent gaffe à « leurs sphères privées » (lui sa famille, moi ma vie privée évidemment mais aussi ma vie d’escort girl.) Un truc où les amants se voient pour s’amuser sans se prendre la tête, sans s’imaginer qu’il y a une suite possible du grand amour, fiançailles, mariage (arf, j’ai horreur de ces mots. Enfin pas horreur, mais en ce moment les relations longues c’est vraiment pas mon truc. Moins il y a de prise de tête, mieux c’est.) Et puis avec cet « accord » financier proposé, ça m’assure déjà pour une durée indéterminée d’avoir cette somme chaque mois. Donc au finish, aucune de mes suppositions du post précédant n’étaient à la con. En fait, J2 est officialement mi-amant et mi-sugar daddy.

Woahhh – toute cette prise de tête pour ça. Pfff. Ca aurait au moins pu se finir dans un bain de sang inouie ou quoi, genre tragédie grecque. Hé ba non. Au moins comme ça qu’on ne vienne pas me dire que je ne réfléchis jamais :)

Et non, je ne réfléchit pas trop. On ne réfléchit jamais trop. Qui a osé pensé ça ? Je rêve.

Finalement c’est pas plus mal, comme compromis. Parce que ça m’aurait fait un peu bizarre de n’être vraiment vraiment dédiée qu’à lui. Mais je l’aurai fait je pense, j’aurais essayé de ne penser qu’aux moments avec lui.  Et puis ça me fait plaisir que finalement ça ait clairement évolué vers maîtresse-amant, ça me fait tripper d’être à mon âge la « maîtresse » d’un homme qui a la quarantaine avancée. Du coup j’ai remarqué que je commençais pas mal à m’intéresser à la lingerie. Je veux dire, avant c’était genre quand j’en voyais, j’en voulais et quand je n’en voyais plus, je n’en voulais plus (dans les pages mode des magazine, dans les rayons des hypermarchés…) Maintenant, je prévois, je caresse l’étoffe, je m’imagine dans dix mille position avec (ou sans.) J’ai dit qu’à chaque fois que je rencontrerai J2 (dans l’idéal et dans la mesure du possible) je m’achèterai de la nouvelle lingerie. Je trouverais ça marrant si dans quelques mois j’ai une « collection » de bas… Marrant et sexy :p

J2 a une journée entière libre exceptionnellement dans la semaine. Alors on va passer toute la journée ensemble. Je me demande ce qu’on va faire, ce qu’on aura à se dire - comme avec un vrai amant, finalement. Avec un client, je ne me demande jamais, disons que je vais à tâtons et je me lance dans la conversation qui semble le plus l’appeler, même si c’est l’élevage du lapin nain dans le Périgord (vrai de vrai.) J2 est vraiment terre-à-terre, cartésien. Il est tellement l’anti-thèse de l’homme type pour moi. L’homme « type » est plutôt cultivé, plutôt raffiné, assez charnel. J2 est charnel à mort, pas vraiment bourru mais pas loin, plutôt matheux que littéraire. Ceci dit les matheux sont très cultivés, c’est juste que je préfère la culture littéraire. Le monde éthéré au monde pragmatique. Au début de tout ça, et toujours maintenant, je n’en revenais pas d’être capable de m’intéresser à un homme avec qui j’ai si peu de points communs.

Et puis en règle général, c’est plutôt trip’ d’avoir une double vie. Des fois je suis dans le bus, avec mon petit jean qui est le résultat d’heures entières de dur labeur, mon petit manteau, démaquillée, négligée, et je m’amuse à m’imaginer que je puisse croiser un client. Est-ce qu’ils me reconnaitraient ? Surement, mais il n’y croiraient pas. Ou seraient déçu. Je trouve ça trip’ qu’un coup je sois dans un bus genre habillée comme l’étudiante basique avec mes oreilles qui « crachent » son de bad boy, arborant l’attitude mi-fière mi-relax de la jeune fille seule dans le transport en commun qui n’a pas envie de l’aborde ; et qu’un autre coup je sois tirée à quatre épingles, habillée comme une femme en devenir sexy avec du mascara et du fond de teint Iman, arborant l’attitude raffinée-à-mort de l’escort girl en tête à tête avec un client qu’elle a envie de dévorer. C’est vraiment une vie rêvée.

Arf, je ne vous ait pas dit. La dernière fois qu’on s’est vus avec J2 on a pris des photos coquines. C’était la première fois de toute ma vie que je faisais ça, étant de ces filles qui se disent qu’un jour ou l’autre tel ou tel c… va les mettre sur un site et briser de par là-même notre intimité et à une autre échelle notre vie. Mais J2 c’est différent, au moment où ça s’est fait, j’ai genre hésité dix bonnes minutes, et puis après je me suis laissée aller, ça s’est fait naturellement. Il me les a envoyé l’autre jour sur le net, j’ai trouvé ça carrément trippant, mais je vais les effacer dans genre deux minutes parce que autant je trouve que matter les autres dans leur plus simple pas pareil (comme dirait Georgia Nicholson) je trouve ça trip’, autant me regarder moi dans la même situation ça ne me fait ni chaud ni froid. Enfin les détails que je matte c’est la lumière et le maquillage plutôt que de regarder ce qui est supposé être le plus intéressant. Vous les voulez ? Oui, alors levez le doigt… Voilà, bien dans l’oeil, le doigt. Dans une minute je les efface de toutes les façons.

Je suis crevéeeee de chez crevéeeee. Evidemment je ne tiens pas mes bonnes résolutions du nouvel an – j’ai franchement mieux à faire. Je suis tombée sur une annonce de boulot à l’étranger pour au moins quatre mois. J’ai envie d’y aller. Je sais que j’ai plus ou moins 60% d’être prise mais j’ai peur de ne plsu être intéressée une fois que je serai prise. Ca fait peur de partir. Ca fait peur d’aller à l’étranger. Une fosi que j’y serais (si j’y vais) ça sera super et tout ça, mais je me demande, est-ce que j’ai vraiment envie de partir ? En même temps ici, rien ne me retiens.

Je suis probablement la fille la plus égoiste du monde. Ou au moins j’ai une place éligible dans ce club-là (des plus égoistes du monde.) Je ne pense qu’à moi, je n’ai envie d’écouter que mon instinct, je ne veux pas me prendre la tête avec des responsabilités, des engagements, des ordres. Keny Arkana vient juste de le dire dans mon oreille : « je n’ai besoin de personne. » Ohhh… message de J2 qui vient d’arriver.

Hier soir il m’a dit que je lui manquait au téléphone, chose qu’il n’avait jamais fait que par écrit. Sur le coup, ça m’a moins touché, parce que pour moi le papier ou plutôt l’écrit crée un effet particulier, il illustre la distance romantique des amants, le manque de contact, l’envie de fusion, l’aveu de la passion secrète. Et puis une fois que c’est dit, c’est différent, c’est toujours aussi plaisant, mais c’est différent. Ca me touche plutôt, parce que J2 c’est le genre d’homme que vous voyez dans la vie et vous ne pouvez pas vous imaginez qu’il est aussi doux et aussi chou. Au boulot ou avec les autres il doit être tellement, je ne sais pas… Je l’imagine autoritaire ou bien… juste cool.  J’aime bien m’imaginer comment mes amants sont dans la vie de tous les jours et comparer avec la façon dont ils se comportent avec moi. Je trouve ça plutôt marrant de voir que J2 est fou de moi. Je sais, ça fait vraiment fille qui se la pète, mais je ressens aussi quelque chose pour lui, je ne dit pas ça dans le ton de la fille qui s’en tape complètement. Au contraire, ça me flatte beaucoup que je lui manque tant, qu’il panique dès que je m’absente trois secondes de devant l’écran en me demandant s’il m’a vexé, s’il y a quelque chose qui ne va pas, si machin, si truc…

Je n’aime pas la façon dont procèdent (ou sont forcées de procéder) les webcameuses. Ou sans parler d’elles, certaines femmes en général. Je veux dire… Laisser un homme tomber amoureux de vous pour qu’il vous couvre de cadeaux alors que vous vous en tapez complètement, c’est carrément dégueulasse. Des fois je me dis – et toi avec le PA, c’est mieux peut-être ce que tu fais…? Et en fait, je finis par me dire que je suis la reine des p.o.u.f.f.e.s. (Petites Obsédées Uniquement Folle de Fessées Et de S…ucreries.) Mais en fait le truc c’est que le PA ne me couvre pas de cadeaux, c’est plutôt équitable dans l’échange, voire des fois je donne plus. Je trouve ça plutôt normal puisqu’il est le légitime et de toutes les façons, en règle général je ne laisse pas les hommes me couvrir de cadeaux parce qu’un jour ou l’autre j’imagine qu’ils peuvent devenir amers et s’imaginer pour dieu seul sait quelle raison que je leur appartiens et/ou que je suis une sale profiteuse. Je veux dire – qui sème le vent récolte la tempête.

J’ai vécu dans un monde où l’homme dominait pendant un longtemps. Et puis quand mes parents se sont séparés, ma mère m’a martelé qu’il ne fallait jamais se laisser marcher sur les pieds, que les valeurs valaient justement plus que n’importe quelle sorte de matériel sur terre. Et puis il y a eut l’adolescence et j’ai pris exemple sur celles qui étaient mes modèles féminins à l’époque, parce qu’on se détache bien vite de sa mère avec le temps. Ces modèles-là c’était ma grande soeur qui était comme qui dirait ma best à l’époque. J’adorais quand elle me racontait ses histoires de garçon, j’adorais quand elle me prêtait ses fringues, j’allais même parfois au collège en cachette avec certains de ses vêtements et quand on se croisait dans les couloirs par surprise, au lieu de me crier (ce qu’elle était tout à fait dans le droit de faire mais qui m’aurait soulé au plus haut point) elle me prenait par le cou et on marchait un peu, elle murmurait des insultes mais c’était pour qu’on explose de rire devant les autres sans qu’ils comprennent… Bref, je la trouve (et je la trouve toujours) trop belle, trop ceci, trop ceci. Pour le trop ceci et trop cela ça a changé (on se détache bien vite de sa soeur avec le temps), mais enfin bref – ses histoires de garçons me manquaient. Ici, y’avait machin qui lui avait offert cette paire de shoes. Là, y’avait truc qui lui avait offert un t-shirt de marque, le même t-shirt qui apparaissait à l’époque dans toute la presse féminine et battait des records de vente. J’étais pas jalouse, j’étais pas envieuse, j’étais juste admiratrice. Parfois elle me passait ces fringues hyper chic et me promettait qu’on partirait en voyage toutes les deux – arf, j’attends toujours. Non mais tout ça pour dire que je me suis pas mal « adapté » à leurs système de pensées, de rencontre, de relation avec les hommes. Ma soeur et ses bests, je veux dire. Ses best me racontaient toujorus leurs vies, elles me prenaient pour leurs petites soeurs quand elles même n’en avait pas, ou bien quand leurs soeurs avaient déjà entendu cent fois toutes leurs histoires (mdr!) Je luttais intérieurement contre la vision de l’homme comme un chéquier sur pattes, parce qu’au fond ce que ma mère m’avait martelé m’avait beuacoup plus touché que le prix de leur billet de train aller-retour remboursé par Machin ou dont l’amende avait été envoyé à Truc.

Je pense qu’au fond j’ai toujorus lutté contre ça, mais quelque part, on est dans un monde qui sous des airs de changement reste toujorus très machiste. Tenez, les contes de fées. C’est toujorus une paysanne qui se marie à un prince, rarement le contraire. Ce qui signifie clairement à la petite fille « marie-toi avec un mec qui pèse » et au petit garçon « get rich or die tryin’. » Véridique. Ensuite, prenez la même petite fille et le même petit garçon quand ils deviennent ado. Qu’est-ce qu’ils regardent à la télé ? Newport Beach. Ou Laguna Beach (le soi-disant « vrai » newport beach), ou je-ne-sais-quoi-encore-bitch… Euh, Beach (c’est encore pour toi Dyosnos. Ne me remercie pas.) Tout est fait pour dire que soit t’es riche, soit on ne veut pas entendre parler de toi. Alors la petite fille vise le big mac, pendant que le petit garçon vise math sup. Pas de flouze, pas de salut. Triste réalité.

 Tout ça pour dire que j’ai toujours été plus ou moins en relation avec des femmes à hommes (oui oui c’est bien ça) et que pour la plupart, chaque fois qu’elles faisaient un truc pour profiter de leurs trois millions d’amants, ça finissait par se retourner contre elle. Je ne veux pas être de ces femmes là, donc, qui laissent les hommes leurs payer des choses qu’elles ne méritent pas, qui laissent les hommes tomber amoureux d’elles et tout dépenser pour elles alors qu’elles savent pertinemment qu’elles n’ont aucun avenir avec eux. Je trouve ça tellement immonde. Aujourd’hui ma grande soeur est comme qui dirait total in love avec un type mi-bien mi-pas bien, je ne l’ai jamais vu que deux ou trois fois, je ne peux pas dire. Mais bon ils vivent ensemble et ils passent leurs vies à s’engueuler. Je veux dire – quelle interêt de vivre ensemble si jeune ? Je ne comprendrais jamais. Fin bref. Du plus loin que je me souvienne, le truc le plus ouf que j’ai fait, de façon involontaire hein, c’est avec N., le client cam irlandais que j’ai évoqué vaguement dans un des posts précédants. N. vit dans un petit pays où il n’y a aucune black et je trouvais ça assez trippant. Un jour je lui ait fait une cam et il est comme qui dirait tombé sous le charme. Par la suite, on a souvent discuté de tout et de rien, et il m’a envoyé des photos de lui (il est plutôt chou). Un jour il me dit qu’il a envie de venir me voir et qu’il va réserver des billets d’avions. J’étais là, genre « euh? » Et puis après tout je me suis dit pourquoi pas, je lui avait clairement dit qu’il ne fallait pas qu’il s’imagine qu’on ferait quoi que ce soit, que j’avais arrêté les cams (c’était le cas à ce moment-là) et que ça me ferait hyper plaisir qu’on devienne des amis. C’était début décembre.

L’autre jour il me fait un petit coucou sur la messageire instantannée, je réponds rapidement, zappe un peu par la suite. Il m’explique en fait qu’il avait vraiment booké les billets d’avions, qu’il m’avait même acheté un cadeau, qu’il n’a pas réussi à revendre les billets qui étaient très chers et que c’était dommage… Je me demandais ce que j’avais foutu ce week-end là et il me semble que j’étais par là, avec le net allumé et tout. Je ne me rappelle meme plus – ça craint. Mais très honnêtement je ne pensasi pas qu’il irait jusqu’à payer des billets d’avion alors qu’il n’avait même pas ma propre confirmation :s Les hommes peuvent être tellement… crétins. Bon disons passionés, ça passera mieux :)

Bref, cette longue digression pour dire qu’il me tarde de revoir J2 mine de rien… Bon je vais peut-être penser à répondre à son mail…

Chacha, mi-ange, mi-démon et re mi-ange derrière (j’adore Kamelott.)

Publié dans : Non classé | le 11 janvier, 2008 |Pas de Commentaires »

Des nouvelles en pagaille du front suivi d’un dilemne (presque) cornélien.

J’ai parlé à P. l’autre jour. Il y a des semaines. Il regardait sur le net si Laure Manaudou faisait d’aussi bonnes fellations qu’on le disait. Je me suis dit, mais qu’est-ce qu’il raconte, ce type ? Et là j’ai appris le titre choc de la presse. Pff… Non mais quel gros con. Non mais quel gros porc. Le mec, il a la trentaine avancée, une calvitie naissante, il fait le mondain avec son boulot de commercial, la joue tranquille, la joue homme généreux quand je sais qu’il est si égoiste (et si peu performant…) en intimité, et tout ce qu’il fait, c’est de matter les photos d’une fille qui s’est encore fait avoir par un pauvre type ? Les mecs qui vendent (ou font circuler) des photos dans le genre, ça me débecte. Il faudrait leur arracher les tripes et leur faire des colliers avec (c’est pas de moi, mais je trouve l’image sympathique.) Quel manque de respect, quelle sournoiserie, quelle lâcheté ! Je reste toujours sans mot quand ça arrive. Et ce P., non mais quel connard ! Tiens, je vais le bloquer sur la messagerie instantanée. Ca, c’est fait.

A propos de E. Il m’a appelé plein de fois, chaque fois en inconnu, donc j’hésitais à répondre et j’avais les messages vocaux. Il a finit par laisser tomber, par ne plus m’appeler. Ah si, l’autre jour j’ai reçu un texto me disant bonne année, genre de texto copié/collé que t’envoies à tout ton répertoire. J’ai répondu, il n’y a pas eu de suite. De toutes les façons, c’est finit de chez finit. Ainsi va la vie…

Je dialogue souvent avec J2 sur la messagerie instantanée. J2 est trop choupi… On avait rendez-vous dans la semaine, mais oh bien sûr, la période de cycle a commencé et je ne serais pas dispo d’ici la fin de la semaine (je renonce par là-même à deux rendez-vous, un avec un inconnu qui a renouvelé avec gentillesse pour bientôt, un autre avec G. et ça devait être une soirée sympa à l’extérieur de la ville… pfff…) Il m’a dit que je lui manquais, il y a quelques mails de cela. J’ai adoré. J’ai vibré, même. Comme oui, un vrai amant. C’est fou à dire, mais notre relation évolue d’escort girl-client et tend vers maîtresse-amant. Je veux dire, ce n’est pas uniquement une évolution étymologique, c’est aussi et surtout physique. Hier soir, discussion sur le net et pour la première fois depuis que je fais cette activité (quelques mois), et pour la première fois avec un client régulier, on a prononcé les mots interdits. Moi « bisous mon coeur. » Lui « merci, je t’adore. » Arf – j’ai encore des frissons quand j’y pense. Je ne me suis jamais imaginée pouvoir atteindre ce niveau de complicité avec un client. Mais maintenant, j’ai plein de questions qui me trottent dans la tête…

Il y a l’aspect sentimental déjà. Bien sûr que je me sens bien près de lui, bien sûr que j’ai envie de le revoir souvent, bien sûr qu’il me redonne toujours le sourire même quand je fulmine, mais (car il y a un mais) que répondre maintenant qu’il me demande de me réserver pour lui ? Parce qu’au fond, je reste une escort girl. Ce qui me pousse, c’est les rencontres avec différents hommes, c’est la possibilité d’assouvir des fantasmes que je ne connais pas, de découvrir d’autres pratiques sexuelles et de goûter à d’autres saveurs. J2 m’a demandé de me réserver pour lui, et m’a dit clairement que si je le faisais, on se verrait plus souvent. Et au fond, je ne sais pas vraiment quoi faire, ni quoi penser. Parce qu’un d’un côté, il se dessine comme le client idéal, l’amant parfait, mais de l’autre, il se présente comme – je ne sais pas. Se profile à l’horizon deux possibilités.

Primo, qu’il devienne un *sugar daddy* (un homme riche, habituellement plus âgé, qui offre à quelqu’un de beaucoup plus jeune des présents hors de prix en récompense de sa compagnie ou de faveurs sexuelles.) Ce qui très franchement, me plait plutôt parce que je saurais au moins à quoi m’attendre chaque mois et que je sais qu’avec lui il ne peut se passer que des choses bien (tant qu’il garde le caractère qu’il a aujourd’hui.) Je pourrais enfin prendre un appart où on se verra (plus cet – affreux - hôtel cheap…), je pourrais enfin me dédier totalement à son bien être, à la satisfaction de ses désirs et à l’évolution de notre relation. Mais bon, très honnêtement, je ne sais pas si je serais fidèle longtemps. Au fond, je sais que le fait qu’il soit finalement une sorte de tuteur pour moi me retiendrais pas mal d’aller voir ailleurs, mais je me suis habituée à rencontrer de nouvelles personnes, j’aime l’excitation des cinq minutes avant la rencontre, la vague dans le ventre (ou pas) lors du premier baiser, l’échange des regards, les nouvelles positions… Je me dis que bien sûr, je pourrais être fidèle à J2 s’il me le demande, mais est-ce que ça ne me rendra pas un peu triste quelque part de ne plus rencontrer de nouveau ? Auquel cas il faudra absolument lui dire que ça ne peut pas continuer et j’imagine bien qu’il perdrait toute confiance en moi – ce que je ne peux pas me permettre, parce que je l’apprécie beaucoup.

Secundo, et si par « voyons-nous plus souvent », il suggère l’on ne se voit plus que par « passion. » Erm. Question délicate. Que faire quand un client veut devenir ou plutôt peut devenir un amant dans le sens premier du terme ? (c’est-à-dire n’impliquant pas le côté « vénal. » Je n’aime pas ce mot, « vénal », ça sonne comme quelque chose de péjoratif. Disons sans le côté « financier. » Mais ça fait rapport d’un plan marketing. Enfin vous voyez l’idée.) C’est une question assez dure, parce que ça implique dans n’importe quelle réponse, de donner de soi. Dans un premier cas, puisqu’il s’agit de J2 que j’adore, je pourrais évidemment dire oui. [ JM m'a dit dans les premières minutes de notre rencontre que ça devait être une occupation assez difficile, parce qu'il faut que je sache arrêter, si un jour je rencontre l'homme de ma vie. J'ai répondu avec le sourire que si un jour je rencontre cet homme-là, j'arrêterais tout niveau escorting. En tout cas à l'heure actuelle, je suis persuadée que je le ferais. Mais c'est comme avec tout, les vieux démons nommés Cupidité et Avarice rodent, tels des tentateurs et hantent nuits et jours pour saisir la bonne occase. Pour l'instant je lutte, je triomphe, je lutte, je triomphe - mais dans un monde où finalement tu n'es qu'une cible commerciale et où ton revenu par an définit qui tu es, dur de dire que par amour on échangerait la vie de château pour un quotidien qui serait plutôt métro-boulot-dodo. Pour l'instant en tout cas j'y crois. On verra bien... ] Dans le cas où j’accepte sa proposition, je peux alors décider de suivre ou non ses requêtes vestimentaires lors de notre rencontre, de repousser, d’annuler un rendez-vous ; de tout arrêter à n’importe quel moment durant notre rencontre si ça me chante. L’amant est par définition un jouet pour moi. Il n’y a rien qui nous lie en dehors de notre envie commune et de fait, chacun fait ce qui lui plait – et de ce pouvoir-là, j’use et j’abuse.

J’ai remarqué un truc, dernièrement. J’ai trois hommes dans ma vie. Le PA, l’ex-PA et J2. Ce qui se traduit respectivement par l’amant légitime, l’amant illégitime, l’amant-client. Or, envers chacun, j’ai des droits et des devoirs qui diffèrent selon la nature de notre relation. Prenons pour commencer le PA. En tant que légitime, je suis comme qui dirait une « Madame de » (expression tirée du récit de la bloggeuse dont je parle dans « à noter »), non pas une prostituée de luxe, mais je suis aux yeux de tous sa seule et son unique. Ce qui veut dire clairement que j’ai le droit de refuser chaque fois qu’il a envie de moi, que j’ai le droit de ne pas avoir de relations avec lui dirant le temps que je veux sur n’importe quel prétexte (ne pas avoir envie est un très bon prétexte) et que quoi qu’il arrive, il sera là pour moi. En échange, je souris sur les photos de couple, je lui tiens la main dans la rue, on est des amoureux transis devant nos familles et nos amis respectifs. Ne dites pas que c’est honteux, parce que ce n’est rien de moins que la réalité. J’ai mit le temps, mais j’ai réalisé que c’était ça. Un PA vous aime, vous doit le respect la compréhension. En échange de votre (pseudo) fidélité, vous vous devez de lui rendre cette affection et de vous afficher en publique comme sienne. Et l’avantage non négligeable d’être une « madame de » c’est que vous pouvez dire non à ses avances quand bon vous semble et pour Dieu sait quelle raison, et il sera toujours là à vous chérir. Maintenant, parlons de l’amant illégitime. Il sait plus ou moins que j’ai un amant légitime et je me tamponne complètement si un jour il a quelqu’un dans sa vie. On a conclu un pacte du style si un jour on est ensemble et que nos amants légitimes respectifs sont à l’autre bout du monde, on se saute dessus – carrément. L’amant illégitime gère au pieu et dans mon cas a été le premier de tous les premiers niveau plumard et par conséquent restera dans mon coeur et dans ma tête pour un moment encore. Pour maintenant la relation, on s’appelle, on se textote, on se prend la tête de temps en temps pour jouer les couples sérieux, mais lui comme moi savons que l’on se voit quand je le désire et je le désire de moins en moins. Parfois comme ça, j’ai des pulsions et j’ai une envie folle de monter le voir. Mais mon compte en banque me rappelle aussitôt à la réalité. L’amant illégitime sera toujours là si un jour j’ai comme une urgence niveau érotisme, mais ses devoirs s’arrêtent là. Il m’apporte du romantisme, un sentiment de vivre de façon un peu périlleuse de par la nature cachée de notre relation, aussi on a d’autres délires qu’avec l’amant légitime donc c’est comme une bouffée d’air et bien sûr, il m’offre des cadeaux par-ci par-là mais ça n’a pas la ponctualité de l’amant légitime ni le prix de l’amant-client. D’ailleurs, parlons de l’amant-client. Lui, je me dédie totalement à son bien-être, son plaisir, l’exécution immédiate de ses moindres désirs. En retour, il m’offre une sorte de sécurité financière et des cadeaux de (plus ou moins) grande valeur. Evidemment, je dis toujours quand quelque chose ne me plait pas, ou quand je n’ai pas envie – mais le fait que notre relation soit basée sur une relation « vénale » m’incite moi-même naturellement à être plus apte à accepter les avances. Très complexe tout ça, vous voyez (y’a des gens comme ça qui passent leurs vies à finir leurs phrases par « vous voyez. » Genre M. McKay dans South Park !)

Enfin bref, tout ça pour dire que ça risque aussi pas mal de changer nos relations, si d’aventure on en venait à se voir « par passion. » Du coup, son statut passerait d’amant-client à amant illégitime (deuxième du nom bien sûr.) Et pour être honnête, ça me ferait un peu bizarre que dès lors les frais de taxi et ses requêtes spéciales soient à mes frais après avoir été habituée à ce que ça soit aux siens. Ca me motivera beaucoup moins, très franchement, de faire tous ces efforts. Bien sûr, ça me fera toujours super plaisir de le voir et je sais que niveau physique, ce sera toujours le top, mais je ne pense plus accepter ses rendez-vous le matin par exemple parce que je ne suis pas matinale, je ne le ferai plus passer dans mes priorités puisque ma vie d’escort girl fera en sorte que les autres clients passeront toujours avant, donc on aura probablement à reporter quelques fois le rendez-vous, avec parfois des semaines entières d’écart puisqu’il n’est jamais dispo qu’en début de semaine. D’un autre côté, si je refuse, j’aurai l’impression – nous aurons l’impression ? - que notre relation n’est basée que sur l’argent, or je ressens vraiment quelque chose de particulier pour lui. Pfff, ça craint. C’est comme si j’étais composé d’un coeur et d’une carte de crédit. C’est hyper craignos comme image, mais c’est carrément ça la vérité, ça ne sert à rien de faire comme si je m’en foutais totalement. Si je m’en foutais totalement je serais actuellement dans le top des sites d’amateurs et inscrite dans tous les sites proposant des rencontres « non-vénales. » Or, si l’argent ne fait pas le bonheur, il y contribue grandement. Et comme dirait ma best qui est probablement la fille la plus démente que je connaisse « attend mais… on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche ! »

Bref, en guise de solution hier soir, alors qu’il me demandait une autre fois si ça me plairait que l’on se voit plus souvent, j’ai dit que ça dépendait de si oui ou non il me demanderait de ne plus voir d’autres hommes. Il a dit que ça ne le dérangerait pas, mais que dans ce cas il faudrait que je lui raconte tout. J’ai insisté genre t’es sûr, tu ne m’en voudrais pas. Et il a dit que non, qu’il était ok avec ça. Je ne sais pas vraiment ce que ça signifie au final. Je voulais être un peu plus clair par rapport au fait que je ne pense pas être prête à être uniquement à lui mais finalement ça n’a pas l’air de vraiment le déranger. Au fond je me dit que ça le dérange quand même un peu, qu’il aurait souhaité que je réponde que je ne voulais que lui. En fait, ce qui me fait penser ça, c’est que quelque minutes avant il m’avait avoué qu’il adorait quand je lui disait que je ferais toujours tout ce qu’il voudra. Et puis durant notre dernière rencontre, il a murmuré alors qu’il était en moi, « tu n’es qu’à moi, d’accord? » de façon assez autoritaire et j’avais hoché la tête aussitôt – à ce moment précis je me rapelle à quel point ça m’avait troublé et excité, l’idée d’être à lui et j’imagine que ça a dû être la même chose pour lui. Je devrais peut-être être plus honnête et lui demander très franchement dans quelle optique il voit notre relation. Le truc c’est que pour la première fois je n’ose pas vraiment aborder la question du « vénal » parce que ça risque de détruire quelque chose, cette magie qu’il y a entre nous.

J’avoue que l’idée me gêne, mais finalement ce qui crée cette magie c’est un composé de l’intensité de nos relations physiques et oui, c’est vrai, l’échange « vénal » qui en découle. Alors est-ce que je suis une femme vénale ? Est-ce que je suis aussi répugnante que ça ? Est-ce que j’ai renoncé à mes valeurs les plus profondes pour devenir ça ? Pff… Je ne pense pas être vénale. Je ne pense pas que l’argent soit uniquement ce qui me guide – mais comme tout le monde j’en ai besoin pour vivre et ça m’arrangerait de compter sur telle ou telle somme de façon plus ou moins régulière et après tout, pourquoi me poser toutes ces questions – je suis escort girl par définition pour lier l’utile à l’agréable. Et J2 m’a connue avec cette philosophie de vie-là et si nous passons vers une autre relation, nous perdons au change. Ca me fait penser à cette phrase qui me gonflait quand je mattais Full Metal Alchimist, à l’époque « On ne peut rien obtenir sans faire de sacrifices. On doit offrir un objet d’une valeur équivalente pour obtenir ce que l’on veut. C’est le principe de l’équivalence en alchimie.  »

Or, entre J2 et moi plus qu’avec n’importe qui, il est question dune forte alchimie humaine. Je sens qu’au final plutôt que de tourner autour du pot il va falloir que je lui avoue de façon très concrète et très franche ce qu’il entend par « se voir plus souvent. » Parce qu’au final, ce post est bourrée de supposition qui sont, suivant la réponse qu’il donnera, des suppositions à la con. Ca me fait vraiment bizarre de me dire qu’il y a comme 50% de chance que l’on ne se revoit plus après que la question soit posée et ça, ça me ferait vraiment trop suer (on se comprend.) Ou au moins, ça va changer quelque chose dans notre relation puisqu’après ça soit il décide qu’on continue de se voir de façon occasionelle mais avec l’impression que je ne ressens pas vraiment quelque chose pour lui alors que c’est vraiment le cas, en gros qu’il me prenne pour une escort comme une autre alors qu’entre nous c’est vraiment magique ; soit il décide que l’on ne se voit plus parce qu’il s’attendait vraiment à ce que ça évolue dans le « passionel » entre nous ; soit dans le meilleur des cas il devient mon sugar daddy officiel (mais finit l’escorting – avec d’autres hommes.) En fait, aucune des solutions n’est plaisante si on va par là – mais puisqu’il souhaite un changement, autant être claire par rapport à comment celui-ci s’amorce.

Comme toujours, je tourne en rond, je me questionne, j’hésite. Parce qu’après tout J2 a la quarantaine et bien qu’il ne parle jamais que de ses enfants, j’imagine qu’il est marié et si j’en crois ce que la relation amant-sugar daddy impliquerait, je serais sensée renoncer à voir tous les autres hommes, ce qui inclut le PA et l’ex-PA. Je serait tout simplement incapable de lui mentir et d’aller voir ailleurs, compte tenu de la nature de notre relation. Mais est-ce que ce n’est pas frustrant de ne toujours voir qu’une seule personne ? Pardon aux couples fidèles tout ça, mais je suis habituée au contraire, donc je ne sais pas si je tiendrais. J’imagine que oui. Et puis c’est pour quelques mois – je ne sais pas si j’accepterai de rester ici encore quelques années, quand bien même il me supplierait. J’ai vraiment envie d’aller vivre ailleurs. De découvrir autre chose.

Pfff, toutes ces questions… Bon, je lui envoie un mail et je vous tiens au courant. Promis. Arf – il vient de se connecter. Petite discussion s’impose – on verra bien.

Chacha, l’hésitation, connaît pas.

Publié dans : Non classé | le 9 janvier, 2008 |Pas de Commentaires »

JM, ou comment se prendre la tête sur une décision pendant des heures.

JM m’appelle il y a quelques jours. Questions habituelles : comment se passe le rendez-vous, quand peut-on se voir, tout ça. On finit par se donner rendez-vous près d’un aéroport, puis nous irons chez lui en voiture. Les vestiges de mes rencontres passées seront pour le taximan – et cette fois, pas de pourboire l’ami, sorry. Il me rappelle un matin vers dix heures pour… un rendez-vous à onze heure. Il ‘avait prévenu la veille que le rendez-vous serait sûrement le matin, mais je me suis déjà préparée et/ou déplacée quleques fois pour des faux rendez-vous alors j’ai tendance à ne pas brusquer les choses. Mais là, niveau brutal, on fait pas mieux…

Une rencontre une heure plus tard, alors que je viens de me lever ? Non, ça va pas être possible, je crois… Douche, fringues, check-ups, maquillage dans le taxi. Une heure après l’heure fixée, je lui dis vers quel repère je me trouve. Il m’appelle et me dit qu’il est non loin du point de rencontre indiqué et je vois ce type, pas loin, téléphoner et raccrocher en même temps que moi. Oh mon dieu… Oh mon dieu… Le type a le look et la carrure du pépé de base, les cheveux blancs, le jean de mécano, il est en train de mettre des cartons dans son coffre. Je me dis, c’est ça le rendez-vous ? J’ai envie de me barrer en courant, mais non, j’y vais. Au pire, je dirais vous êtes bien gentil, mais ça va pas le faire.

Je prend mon courage à deux mains, je m’avance. Le type n’arrête pas son manège pour autant. Je souris, je lui dis bonjour, je me demande en fait pourquoi il ne s’arrête pas, est-ce qu’il ne m’a pas reconnu. Un mec qui a sûrement mon âge et une dégaine de rubgbyman arrive avec un bagage et me dévisage, l’homme (beaucoup) plus agé me sourit, genre « mais qu’est-ce qu’elle veut elle. » Là, j’ai compris. Il y a erreur sur la personne.

J’étais morte de rire quand je me suis éloignée de la voiture, morte de rire parce que le mec a dû s’imaginer ue j’étais une réfugiée clandestine ou un truc dans le genre qui cherchait un mec pour cinquante euro de l’heure (on se comprend), morte de rire parce que le petit rugbyman, je me le serai bien fait, mais trop tard, il doit s’imaginer la même chose que son père (ou son grand-père.) Bref, séquence marrade finie, faut trouver qui est le vrai JM.

Recompose le numéro. « Euh en fait, je croyais vous avoir vu, mais ce n’étais pas le cas… » Tu parles d’une erreur… Cette-fois ci, je vois un homme pile au lieu de rendez-vous en train de téléphoner. Taille moyenne, les yeux bleux, plutôt matheux dans l’allure (oui oui, j’ai bien écrit ça.) Mais bon, il y a un fond de démarche athlétique. Ouffffffffffffffff. Je rencontre toujours des hommes charmants.

Dans la voiture. Il me demande de monter derrière, me dit qu’il faudra que je me fasse discrète quand on passera dans le quartier où est sa maison, sans quoi il risquerait de… il n’a pas finit sa phrase. Je réponds mais bien sûr, je comprends. Discrétion, quand tu nous tiens… On entamme la conversation. Il me demande ce qui me motive, me dit que ça ne doit pas être facile comme activité, me demande à quelle fréquence je fais ça chaque mois, si je fais ça depuis longtemps… Le genre de questions dont franchement, je me passerai bien lors d’un premier rendez-vous. Je veux dire, les mecs, vous rencontrez une fille pour la première fois rapport à une activité qui est, nous serons tous d’accords, peu banale. Qu’est-ce que vous allez cherchez les statistiques de combien de fois machin, pourquoi truc… Encore les motivatiosn je comprends tout à fait, mais qu’est-ce ça apporte, déjà à la conversation, de savoir combien de fois je fais ça chaque mois ? Et est-ce que vous vous imaginez que quelqu’un que vous n’avez jamais vu auparavant déjà 1, va répondre honnêtement et 2, va se sentir en confiance ? Pfff… Chacha, calme toi et répond.

Je lui dit qu’en fait c’est très simple : tout est une question de pulsions. Il y a des périodes comme ça où je n’ai pas envie de sexe, où j’ai plus ou moins besoin d’affection, plus ou moins besoins de caresses platoniques, plus ou moins besoin de baisers. Et là, avoir un P.A ou un copain avec qui on flirte, ça passe. Et puis il y a des périodes ou… ça deveint pressant, urgent, ça démange de l’intérieur… Il faut tout simplement que ça explose. Tenez, pendant une semaine (la période des fêtes), j’ai comme qui dirait été sage comme une image, enfin de façon relative bien sûr. Et puis hier soir, comme ça, on ne sait pas pourquoi j’ai dû matter cinq ou six films adultes. Non pas que j’en raffole, mais il y a des fois où j’en ai « besoin. » C’est comme une alarme qui se déclenche pour signaler l’alerte… rose. Besoin d’érotisme.

Je lui explique sur le chemin que non, je ne fais pas ça souvent, tout au plus deux fois par mois. Parce que le reste du temps, je suis une fille super sérieuse et que justement, personne ne s’imaginerait une seconde que j’aime l’érotisme à ce point. Je lui dis que je le vis comme un rêve éveillé qui me permet de réaliser tous mes fantasmes et que comme je suis plutôt soumise dans les rapports physiques, je tire 70% de mon plaisir de la satisfaction des désirs de l’autre, donc finalement l’escorting est le moyen idéal de m’épanouir sexuellement et d’assouvir mes fantasmes en découvrant et en réalisant celui des autres. Il sourit, il frétille. Je le sens moins réticent, moins juge, moins observateur. Il acquiesce, me dit qu’en effet, ce sont de bonnes raisons. J’insiste en lui disant que s’il ne m’avait pas plu, j’aurais fait demi-tour, de façon polie certe, mais demi-tour quand même, que l’escorting n’étais en aucun cas comme les autobiotiques (petite blague rien que pour vous… « les antibiotiques, c’est pas automatique… haha… super… qu’est-ce qu’on se marre… des fois je me demande si je devrais pas essayer les cuites finalement, vu l’était dytirambique dans lequel me met la rédaction de ces posts, parfois. Fin bref. Fin de la parenthèse.) Il me dit que ça le rassure, que j’ai une conversation charmante. On descend de la voiture quand il ferme le garage et il me mène dans la cuisine.

J’accepte avec sourire la tasse de café qu’il me sert. Il me regarde, il regarde à côté, il sourit, il plonge ses yeux dans mon décolleté, il me déshabille du regard. Et moi, je continue ma diatribe sur pourquoi et comment je suis devenue escort girl, sur le fait que je ne fais certainement aps ça pour l’argent – que ça, bien sûr, c’est le côté utile mais qu’il y a plus d’agréable, au final. Il me sourit franchement. Il me dit qu’il ne regrette vraiment pas de m’avoir appelé, parce que j’ai de la conversation, et que je ne suis vraiment pas vulgaire. Il ajoute que mon site l’avait appelé parce qu’il ne semblait pas vulgaire. Il me confesse qu’il aime la façon dont je suis habillée, des bottes à talons, un pantalon droit et un chemisier avec un beau décolleté. Je souris.

Il me dit comme ça, en m’apportant la poubelle pour jeter mon chewing-gum, que s’il m’appelle en fait, c’est parce qu’il est en procédure de divorce. Dans sa voix, je sens l’amertume quand il m’annonce quand elle avait prit la décision de « se barrer. » J’ai fait une grimace, pour exprimer que c’était malheureux et que j’étais désolée. Je l’ai senti redevenir froid. J’ai repensé alors qu’il avait était précisément la vingt-et-unième personne à avoir rappelé, rapport à mon activité et ça remonte déjà à il y a quelques mois. Un ou deux, tout au plus. Alors, est-ce qu’à ce moment-là il plannifiait de la tromper ? Ou est-ce qu’ils étaient déjà divorcés ? J’ai chassé cette pensée de ma tête. D’un côté, il n’a pas l’air du tout de l’homme qui trompe sa femme. Il a trois filles, il est ingénieur, il a l’allure de l’homme sérieux… et fidèle. De l’autre, une procédure de divorce ça prend des années de lumière. J’ai opté pour la deuxième option à ma réponse, mais en fait, je m’en tamponnais. J’ai fait basculer la conversation sur un autre sujet, l’air de rien. Je n’aime pas que mes partenaires pensent à autre chose qu’à l’instant présent… Et puis je suis là pour ça, non ?

Je lui raconte que j’aime l’érotisme, que j’ai été sage pendant cette période de fêtes et qu’à présent, il faut que je me libère. Il sourit à nouveau, dit qu’il espère être à la hauteur. Je le sens attentif, je le sens réceptif. Beaucoup d’hommes sont entre deux rendez-vous, ou bien ont prévus ce qu’ils voulaient longtemps avant même que tu sois là et te laissent discuter trois secondes avant de te sauter dessus, tel le lion sur la gazelle. Non, JM est plus qu’à l’écoute. Il argumente, il étaye, il apporte son opinion. Il me demande s’il doit me régler avant, à quoi je décline gentiment (ça enlève la magie du moment mais je suis rassurée quant à leur honnêteté chaque fois qu’ils demandent auparavant ou au mieux, qu’ils le « mentionne ») et il finit par me mener dans sa chambre, à quelques pas de là. Et maintenant que j’y pense… arf… l’ex-chambre conjugale. Sur le coup, je l’ai tout simplement pris comme la chambre d’un homme célibataire. Papa peut-être, mais homme avant tout. Ce n’est que maintenant, que je fais le rapprochement… Et ça fait un peu bizarre. Mais j’imagine que je m’en remettrais !

Dans la chambre. Je lui dis en fait que je trouve ça incroyable tous ces couples qui vivent ensemble quinze, vingt ans, et qui finissent par divorcer parce qu’ils ne se sont pas réalisés pleinement et je pense sexuellement avec leurs partenaires. Je lui dis que moi, au contraire, je pense qu’il est nécessaire d’avoir des rencontres très variées avant de se poser avec la personne de son choix – me rappelant ce client (qui…? ah oui, F.) qui m’avait parlé d’un philosophe qui a écrit une théorie comme quoi poru qu’un couple dure, il faut une période de dépendance puis d’indépendance qui aboutira à une inter-dépendance.  Il se passionne, acquiesce, sourit. Je me demande si je ne vais pas trop loin en disant tout ça, si je ne ferais pas mieux de me taire – mais il m’encourage, me dit que c’est vrai après tout. Finalement, il a compris que je disais dans l’optique de « vous avez encore tant de choses à découvrir » plutôt que dans celui de « non mais qu’est-ce que les gens foutent quand ils s’imaginent que le mariage à vie existes ?  » J’enlève mes talons et grimpe sur le lit pour mieux jouer sensuellement (l’air de rien) avec le coussin qui traine sur le lit.

Il fait le même commentaire que tous les hommes sur mon débit de paroles… Ca va… Pas de vieilles vannes à propos de ça… Une femme est de toutes les façons plus communicative qu’un homme. Alors chut… Quoi qu’il en soit, JM-le-lion attaque doucement… Il m’embrasse doucement, glisse ses mains sur mon corps encore habillé, me couvre de baisers… Oh non, l’alerte rose est de nouveau enclenchée… Comme il découvre mon corps et me déshabille, je sens que l’envie monte en moi, envie sourde et obsédante, de la pénétration… Je ferme les yeux, le guide de mes mains moites, gémis… Mon corps git sous son corps, agit sous ses requêtes, réagit à chaque minute. Il y a dans l’air la complicité que je recherche tant avec mes partenaires. Il m’embrasse, il sourit, on rit un peu quand il a du mal à enlever mon pantalon… Et il sourit jusqu’aux oreilles en découvrant mes bas…

C’est la première fois que tout est aussi bien depuis longtemps… J’aime ses coups de reins. Chacun d’eux, je les attends, je les guette, impatiente, brulante de désir, j’ai envie, et j’exige, j’ai besoin de le sentir en moi… On change de position… Une fois… Deux fois… Et puis… Et puis la tension retombe - pour lui. Je n’insiste pas quand je le ressens. Je le regarde avec je l’espère, aucune expression, ni de déception, ni de reproches dans les yeux. Je comprends, bien sûr, je comprends, je dis en me rhabillant. Il me regarde m’affairer, me dit avec fierté – une fierté qui m’a touché – qu’en fait, au fond, il souffre. Il ajoute que ce n’est pas de ma faute cet incident parce que comme il m’a dit tout est très bien, les vêtements, le moment ensemble… C’est juste qu’au fond de lui, il fait un blocage. En fait c’est dur parceque après toutes ces années en couple… »vous pensez toujours à elle ? »… Il secoue la tête. Il dit qu’après toutes ces années en couple il a perdu l’habitude de séduire. Je lui dit qu’il n’a absolument aucun soucis à se faire, avec un grand sourire. Il me dit que non, qu’il ne faut pas lui mentir, que c’est vraiment sérieux comme question. Toujours mon sourire au livre, je lui explique calmement que s’il ne m’avait pas plus, je ne l’aurai pas suivit et je n’aurais pas passé un aussi bon moment. Il hausse les épaules, acquiesce, reste stoïque dans ce moment où plus d’un se serait confondu en excuses. Il me demande si j’ai déjà connu des hommes qui ont eut des blocages. J’ai dit oui, une fois. En voyant qu’il ne demandait pas à aller dans les détails, j’ai compris son angoisse et je lui ait dit que je garderai ça pour moi. Alors ça reste entre nous, ok ?

De retour dans la cuisine, il me demande combien il me doit. Chacha, tais-toi. Je le regarde compter les billets et les mots franchissent le seuil de ma bouche sans que je ne puisse rien y faire. « Non, on n’est pas restés ensemble très longtemps. » Et je lui ai demandé une centaine d’euros. Il a sourit. Je veux dire, évidemment, il a sourit. Je m’en suis voulue pendant une heure après ça. Enfin, pendant des heures. Je me suis dit, et la course, et tes projets, et les frais. Parce qu’en comptant les frais de course de taxi, je n’ai pas gagné énormément. En même temps, on n’est pas restés ensemble si longtemps que ça. Et puis, je me serai sentie mal si j’avais pris le tarif habituel. Je me serais sentie très mal. Je veux dire… Je ne veux pas faire mon « biz » sur la misère – je laisse ça à une certaine chaine que je ne nommerai pas mais que tout le monde connaît. Je ne veux pas finir comme tous ces gens qui se font du fric sur la misère sexuelle et morale des autres. Non. J’avais enfin finit par me convaincre que j’avais pris la bonne décision quand j’ai repensé à S. Lui aussi a eu un blocage et pourtant lui, j’ai demandé le tarif habituel… Et puis en y réfléchissant bien, S. a jouit. Il a eu un blocage certes, mais il est allé jusqu’au bout de son plaisir – je l’ai vu de mes propres yeux. Alors que JM, lui, c’était psychologique mais aussi physique. J’ai ressenti la tristesse chez JM. Il ira jusqu’à me dire même, qu’il a peut-être plus apprécié encore notre conversation, parce qu’il a besoin de discuter. Or, qu’on paie pour discuter avec moi, c’est carrément hors de question (j’ai entendu des filles dire que pour de l’accompagnement classique, elles demandaient 50 € de l’heure… je veux dire, ça rime à quoi ? Sois je le fais par amitié et/ou sentiment de bienveillance et/ou envie de m’éclater et de goûter à quelque chose de nouveau, soit je le fais dans le cadre bien définit de l’escorting, soit je ne le fais pas. Pas de rabais, pas d’entre-deux, pas d’intermédiaire possible… C’est tout Chacha, ça.)

Au final, il y a peut-être eut un moment où je me suis sentie vraiment en accord avec moi-même. Je me suis dit, c’est ça la conscience professionelle (si on peut oser ce mot dans ce contexte…) ? C’est ça que ressent le médecin qui soigne quelqu’un gratuitement quand il aurait pu opérer un mec avec des c… en or et être promu chef de service ? Je veux dire, ce sentiment d’avoir fait le bon choix, d’avoir fait quelque chose de juste, qui soit indépendant de toutes implication matérielle. Je ne sais pas trop, mais j’étais finalement heureuse de ne pas avoir demandé plus, en me disant que si je l’avais fait de toutes les façons, je me serais sentie mal parce que au contraire, j’aurais eu l’impression d’avoir profiter de JM. Bref, tout ça pour dire que ça peut être fatiguant intellectuellement de chercher à être juste. Ce serait tellement plus simple d’être une raclure (Dyosnos, c’est pour toi.)

Chacha, sans commentaires.

Publié dans : Coup de coeur, Non classé | le 4 janvier, 2008 |Pas de Commentaires »
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