Tu quoque, mi Jiji !

Le lendemain de mon rendez-vous avec M., très tôt le matin, j’avais rendez-vous avec mon VIP, mon chouchou à moi, mon semi-suggar daddy, J2.

Pour ceux qui connaissent l’histoire, J2 c’est le number one dans ma liste de clients. Il est toujours prévenant, un peu foufou, c’est mon client fétiche – et fétichiste. Vous savez, c’est celui qui adore les mini-jupes (très mini), les talons et j’allais le découvrir, les foulards qui attachent. Symbolique des menottes, sans doute.

 Vous savez, je ne suis pas seulement la fille trop capricieuse et trop chieuse sur les bords – je suis également une grosse feignasse. Or, je m’étais couchée à minuit, endormie à une heure après l’une de mes plus grosses soirées niveau escorting et j’avais rendez-vous… six heures plus tard avec J2, ce qui me laissait exactement cinq heures de sommeil. Cinq heures de sommeil, vous imaginez ? Nan, vous imaginez pas. Du coup, évidemment, j’ai laissé mon réveil sonner et je me suis ramené à l’heure habituel (vers dix heures) au rendez-vous. J2 fulmine mais reste chou, il a une surprise pour moi.

« Reste en jupe, ma chérie. »

Ok… De toutes les façons, j’ai aps tellement le choix. Mini-jupe, talons, top avec décolleté. Me voilà à présent un foulard me couvrant les yeux et un autre me maintenant les mains dans le dos, plaquée contre le mur froid. Au début, j’adorais vraiment tout ces jeux de rôles, tant que c’était gentillet. Maintenant, ça tourne au peu au… malsain. Ou au ridicule. Je ne savais plus trop. J2 me caressait, passait ses doigts sur moi, glissait ses doigts en moi… « Tu aimes ça, hein? », il sussurait dans mes oreilles. Je hochais la tête, ravie qu’il ne puisse découvrir le mépris que j’avais pour toute cette scène, le ridicule que je trouvais dans ce jeu de rôle trop cliché. Il a finit par glisser ses doigts derrière et devant, et derrière et devant… Et ses doigts se rapprochaient soudainement de ma bouche. Je veux dire… QUOI ? Je ne veux pas goûter à ce qui se rapproche de près ou de loin à mon derrière. J’ai profité de quand il est parti dans la salle de bain (j’ai horreur des chambres des hôtels cheaps mais je viens quand même parce que j’aime bien J2 – d’ailleurs, je n’ai jamais rencontré que J2 dans un hôtel cheap.) pour baver sur les murs… Une sorte de mini-rejet de ce qu’il avait essayé de me faire lécher…

D’ailleurs, une chose. J’ai HORREUR quand un homme te pénètre derrière PUIS devant. C’est IMMONDE. C’est DEGUELASSE. C’est ANTI-SEX à mort ! Quand un homme te pénètre devant et finit derrière UNE FOIS, ça va. Mais quand EN PLUS il essaie de te faire lécher ce qui se passe dans ce petit trou que nous appelons communément un anus, ça m’écoeure. J’ai des clients qui adorent les annulingus, vous voyez ? Je n’ai rien contre les annulingus. Je les pratique, ça m’arrive, mais comme j’ai horreur de ça, je ne vais jamais en « profondeur », je le fais quand je sais que ça plait à quelqu’un. Mais vous voyez, je ne me permet pas d’embrasser un client après un annulingus ! Il y aurait peut-être des hommes que ça ne dérangerait pas, mais ça m’étonnerais VACHEMENT que la majorité soit à ce point « open. » J2 était simplement en train de me prendre pour une… pute. Une pute, qui se laisse faire, lèche ce qu’on lui dit de lécher et ferme sa bouche. Le truc, c’est que s’il m’avait demandé ET s’il avait écouté mes gémissement de protestations et les mouvements de ma tête, il aurait su qu’il n’aurait jamais dû faire ça. Et ce con, il a continué.

Il revient dans la chambre. Il m’allonge sur le lit, me pénètre en profondeur. Un doigt, puis deux. Non, non, pas trois… PAS TROIS ! Je n’ai aps envie d’avoir un vagin qui peut accueillir une courgette plus tard (j’ai entendu que des femmes passaient leurs temps à se mettre des courgettes dans… ah nan mais vous imaginez le truc ? Arf, ce post est cru, mais pardon, c’est ce qui me passe dans la tête parfois, v’voyez.) Je secoue la tête, dit « non, juste deux… » à J2 qui enfin m’écoute. Pas trois. Oufff. J2 continue comme un bourrin, tout de même. Ses doigts vont de plus en plus vite en moi et ça me dégoute, ça me fait penser à la veille quand M. enfonçait ses doigts boudinés en moi comme si j’étais une grotte inexplorée qu’il fallait absolument piller. Ca me brule. Ca m’énerve. Mais quel con, mais quel con ! Il est en train de glisser ses doigts derrière PUIS devant ! J’ai envie de hurler arrête, je me contente de manifester mon mécontentement en bougeant dans tous les sens. Evidemment, l’abruti ne comprends rien.

Finalement, il m’enlève le foulard autour des yeux et le foulard autour des mains. Je m’agenouille devant lui et puis… je ne vous fait pas un dessin, vous connaissez la suite ? J2 est très bien fait. Long juste ce qu’il faut. Large plus qu’il ne faut. Son membre a un gout que j’adore. Et son liquide séminal est un régal pour mon palais. Ok, j’arrête. Mais ce n’est pas mon VIP pour rien… Faire des gorges profondes à J2 est presque impossible sans que je risque l’étouffement. J2 est du genre à me tenir la tête, à me donner des ordres, à me mumurer des choses crues. Très honnêtement, pendant que tout cela se fait, le cynisme m’envahit. Ma bouche dit « mmm c’est bonnn… » et ma tête dit « oh oui c’est bon… bon, quand est-ce que c’est finit ? » Et quand le cynisme m’envahit, c’est très mauvais signe.

Viens le moment de la pénétration… Autant J2 est un délice quand il s’agit de fellation, autant sur le plan horizontal, c’est pas top. Je ne me suis pas remis de l’espèce de traumatisme que mon vagin a subit après l’assaut de ses doigts immonde beaucoup trop profondément en moi. Et la douceur, merde ? Et la douceur ? Elle n’est pas dans la pièce…

Quelques gémissement plus tard, J2 est totalement en moi. J’ai mal. J’ai extrêment mal. J’ai envie d’être ailleurs et qu’il arrête d’être en moi et d’aller et venir en moi. Je repense aux autres fois où j’ai ressenti ça et je me demande ce que je fous encore dans une chambre avec lui. Ok, J2 est adorable sur le plan communication mais sur le plan physique, ce n’est qu’un fétichiste bourrin et égoïste. L’attitude des hommes dans la vie de tous les jours et dans leurs vies sexuelles est parfois antithétique. Et J2 en est l’exemple flagrant.

C’est pour ça, que j’arrive en retard tout le temps. Parce que je sais qu’il va fantasmer sur la « punition » qu’il va me donner, qu’il va me faire le supplier de me pardonner, qu’il ne va pas tenir compte quand je lui dirait d’arrêter parce que j’ai vraiment mal, parce qu’il s’imaginera que je suis en train de jouer. C’est mon corps qui vient à reculons à ces rendez-vous et mon esprit qui en a marre de subir les assauts de ses délires fétichistes. Ca me gave.

Il m’ordonne  de lui dire que j’ai envie qu’il vienne dans ma bouche. Je lui dit que j’ai envie qu’il vienne dans ma bouche. Il m’ordonne de le supplier pour obtenir son pardon. Je le supplie pour obtenir son pardon. Je vois son visage se crisper, il me pénètre très vite, j’ai mal, ça me brûle… Il s’arrête… Il ne veut pas jouir tout de suite… Son visage grimace, il transpire, transformé par l’effort… Finalement, après moult supplications il viendra dans ma bouche. Cette fois-là, je n’ai accepté qu’un dixième de son liquide séminal et l’ai recraché dans les secondes suivantes.

Au-dessus du lavabo.

Ce qui est énorme quand on est une escort girl, c’est qu’après chaque « performance » on doit faire face à un miroir. Un miroir sournois, au-dessus du lavabo, au-dessus d’un bureau, derrière la porte d’entrée. Parfois, ils sont partout. Souvent, j’aimerais qu’ils soient au-dessus du lit – mais bien sûr il n’y en n’a jamais (si je me marie un jour, dans notre période de couple sans enfants, je demanderais à mon mari de mettre une glace énorme au-dessus du lit. Ah et des caméras. Ah et des webcams. Ah et… mouais non, le mari idéal est sensé dire non à tout ça. Faut que je fasse ça avec un fuck buddy, dans le genre. Je note.) En tout cas, le plus dur, c’est de se regarder après. Après, il y a les trace de l’effort (les perles de sueuer, le liquide séminal au bord des lèvres ou ailleurs parfois, les yeux pétillants ou ternes, la moue générale qui traduit ou l’excitation ou la tristesse. Pour moi, c’est la tristesse.)

Il y a quelque chose dans mon reflet qui me dit qu’il ne faut plus que je revois J2. J2, mon chouchou, mon bébé, mon client à moi. J2 me détruit. Ses délires sont trop hard pour moi et ce qu’il m’a fait sans me demander (essayer de me faire lécher ses doigts après qu’ils aient pénétré mon anus, me pénétrer indifféremment avec le même préservatif plusieurs fois devant puis derrière, en sachant que par conséquent ce qui était derrière était en contact avec ce qui était devant… DEGUEU!), toutes ces choses, ça a achevé de me dégouter de lui. Je me rince le visage, essaie de sourire, m’essuie en vitesse.

Retour dans la chambre. J’ai tout sauf envie de me blottir contre lui. Je m’avance quand même. Soupir. Même conversation qu’il y a quelques semaines. Deux-trois blâmes, à propos de moi qui ne rappelle jamais, de moi qui n’envoie jamais de messages, de moi qui arrive toujours avec des heures de retard aux rendez-vous. A part ça, on papote machisme et compagnie. En fait, je n’arrive pas à réellement m’épanouir dans cette relation. On ne peut pas parler d’autre chose que de machisme, de son boulot, de mes projets, de ce qu’on fera la prochaine fois. Je le sens aigri. Il ne voit plus la pseudo-générosité que j’ai de passer deux fois plus de temps avec lui pour le même tarif (j’ai même passé près de huit heures avec lui pour le tarif d’une heure, une fois) – non, il voit juste mes retards (par rappor tà l’heure à laquelle il s’IMAGINE que je dois arriver – mais compte tenu de mon tarif horaire, j’arrive tout à fait à l’heure et même un peu trop à l’avance), il voit juste que je ne répond pas à ses mails, il voit juste que ne l’appelle jamais. Ca me fatigue.

Il est temps de se quitter. J2 est habillé devant la porte, m’envoie des baisers de la main. Je suis allongée, presque nue sous la couette, j’attrape ses faux baisers. Il me dit comme ça « hep, je te mets ça ici ? » Je hoche la tête en voyant la liasse de billets, ferme les yeux, fait mine de m’endormir. Quand je réouvre les yeux, il est au-dessus de mon sac. Il me regarde : « non mais je suis bête, je t’ai mit des papiers avec ! » Il range les dit papiers dans la poche intérieure de sa veste.

 Prise de douche, re-maquillage, clin d’oeil à Chacha dans la glace. Je m’habille lentement, attrape mon sac, farfouille, compte les billets… Un, deux, trois… Erm, je dois me tromper. Un, deux, trois…

Vous ne devinerez jamais.

J2 m’a volé. J2 n’a pas donné ce qu’il me devait, de près de cinquante euro. Je me suis dit « il a oublié ! simplement ! comme J., la dernière fois ! » Non. Je n’ai vu J. que deux fois dans ma vie et il a probablement oublié mes tarifs horaires. J2, je le vois tous les mois depuis près de quatre ou cinq mois. Il n’a pas oublié. Les fameux papiers, c’était la cinquantaine d’euros qu’il a repris dans sa veste.

C’était un peu la fin du monde pour moi. Parce que quelque part, je ne savais pas vraiment comment ça se faisait tout ça. Peut-etre qu’il avait un espèce d’énorme péage à payer. Ou peut-etre que ça l’avait vraiment rendu furax que je ne sois pas arrivée à l’heure (selon lui. En fait J2 s’imagine toujours que je vais me pointer à 7h du mat et repartir à environ 12h… et tout ça, en me payant pour l’équivalent d’une heure. Vous voyez le tableau ? Qu’il devienne exigeant après toutes ces fois où je n’ai pas bronché et j’ai d’ailleurs apprécié de passer des heures avec lui pour seulement une heure, ça me débecte.) C’était bizarre. Le monde n’était plus pareil. Mon client fétiche me volait. Mon corps me brûlait et hurlait à la mort. Du sang coulait un peu entre mes jambes – témoin du côté bourrin de J2. Alors c’était ça.

Alors c’était ça, être une escort girl sympathique. Trop bonne, trop c… bon, c’est pas avec ce genre de phrases qu’on avance. En attendant, que mon client VIP me fasse ce coup-là, ça m’a calmé.

De toutes les façons, dès les premières minutes du rendez-vous, je savais que je ne reverrais pas J2. J’était trop déçue. Disons que tout cela ne faisait que participer de mon dégout, cette fin sordide et malhonnête de l’amant mal-aimé. Cette relation ne m’apportait plus rien.

On s’est échangé des mails quelques jours plus tard. Je ne lui ait jamais dit que je ne voulais plus le revoir, mais il m’a comprit. Il m’a dit « si un jour tu veux qu’on se revoit, tu sais comment me contacter. Sinon… Sinon tant pis. » Dans sa voix, il y avait à la fois de la tristesse et de la colère, du desespoir et de la rage. J’étais juste là, loin de lui. Avec mon corps meurtri.

Il m’avait fait mal – très mal. Après mon rendez-vous de la veille qui avait été aussi physique, je n’en pouvais plus d’enchainer les rendez-vous. J’ai annulé celui que je devais avoir avec ce type, G. (un nom italien) le même jour. J’étais trop mal.

Dans ce monde, vos amis sont vos meilleurs ennemis, vos repères des mirages. On ne peut pas tellement se confier. Le plus dire, comme l’a dit cette courtisane dans une interview, c’est de se donner complètement plusieurs heures et puis de devoir reconstruire la relation à chaque nouveau rendez-vous.

Physiquement, je me suis reposée, je me suis soignée, j’ai guérit. Mais les blessures de l’âmes, alors ? Les blessures de l’âme, c’est donc ça. Les blessures de l’âme, elles mettent du temps et il faut vivre avec l’idée que peut-être elles ne se fermeront jamais.

Ca fait plusieurs semaines et je me demande encore aujourd’hui, si je ne devrais pas appeler J2 et lui dire posément ce pourquoi il m’a décu, ce pourquoi je trainais les pieds pour aller à nos rendez-vous et tout ça, et tout ça ?

Et puis à quoi bon ?

A quoi bon… Je n’aime pas quitter quelqu’un sans lui avoir dit ce que je pensais et sans lui avoir dit aurevoir. Je sais ce que ça fait. Or, j’évite de faire à mon prochain ce que je n’aimerais pas (ou plutôt que je n’ai pas aimé) qu’on me fasse. C’est décidé, je le rappellerais. La vraie question est… quand ?

Chacha, entre ciel et terre.

Publié dans : Non classé | le 19 mars, 2008 |1 Commentaire »

Sans nom (la suite, que diable)

Malheureusement nous y voilà.

Un pas devant l’autre. Un pas devant l’autre. Chacha, avance, bon sang de bonsoir, ou bien il va voir que tu n’es pas super jouasse d’être là ! Sourire forcé, la main qui se crispe sur la poignée de la porte, mon coeur qui bat à tout rompre. Je pense aux billets. Je pense aux tonnes de choses que je pourrais faire après cette soirée. Je pense qu’il suffira simplement que mon coeur ne soit pas dans cette pièce. Déjà, je regrette d’être là.

La chambre fait plutôt office de suite. Une sorte de studio au design simple, à l’allure de séjour courte-durée pour l’étudiant en stage, le practicien en séminaire, le commercial en vadrouille. Je pose mes affaires sur le bureau surmonté d’une énorme glace qui reflète le lit. Chouette. J’ai toujours rêvé de me matter en faisant l’amour (en fait je n’aurais même pas ce plaisir vu que sur le plan de la distance, la glace était méga-loin, quand même. Et j’aurais pas pu me regarder (nous regarder?) sans me faire griller. Trop dommage…)

M. est avenant. On parle cinq-six minutes. Je sais qu’il ne me reste que quelques heures à passer avec lui, mais je voudrias déjà être loin. Je m’allong sur le lit, me déshabille sensuellement. Il s’approche, glisse sa main sous mon corset et sourit. Il m’embrasse.

Ouch.

M. a mauvaise haleine. C’est pas insupportable comme truc – mais merde, c’est peut-être la première fois en plusieurs mois « d’expérience » si je puis dire qu’un homme a mauvaise haleine lorsqu’il m’embrasse. Inspiration. Expiration. J’essaie d’éviter ses lèvres, mais évidemment, il en redemande. Je ne le repousse pas. Je me contente juste de ne pas respirer en même temps que lui (ce qui est plus facile à dire qu’à faire, croyez-moi bien !) Je pense au café qu’on a pris et je remercie cette manie que j’ai depuis que je suis une escort girl en service de porter à la bouche dans les minutes vide des chewings et autres bonbons sans sucres qui rendent l’haleine. Je ne fais pas de pub, mais vive les Ricola.

Après quelques minutes de gesticulations et autres tendresses qui commencent à être mécaniques pour l’escort girl plus ou moins rôdée que je suis, n’est-ce pas, M. vient dans ma bouche. Je crois que c’était plus ou moins la première fois qu’on lui faisait des gorges profondes, parce qu’il n’arrêtait pas de gémir et de faire des commentaires qui me faisaient me demander à l’intérieur de moi « et si on écoutait, merde? moins fort… » (arf l’escort girl qui se soucie du bien-être des voisins… C’est tout moi ça, v’voyez…) Je finis par me rincer la bouche dans la salle de bain. Et merde. J’ai oublié ma brosse à dent (vous ne vous imaginez pas, mais pour moi c’est pas loin d’être le drame, vu la colgate-addict que je suis. Boaf je m’en suis remis.)

Retour dans la chambre. Je compte les minutes dans ma tête. Je farfouille dans mon sac, attrape un deuxième bonbon non sucré à la menthe. Mmmmm.

Entre-deux qui s’installe avec M. Il me demande si j’ai bien réfléchit à sa proposition, si j’aimerais qu’il prenne des photos nues de moi. Je me rappelle alors de son site et de ses modèles – mon dieu, certaines étaient tellement moches (-_-) ! Arf, c’est méchant je sais, mais croyez moi, c’est la vérité. Vous pouvez dire que je suis moche si ça vous plait, mais au fond je sais que vous m’adorez. Ne dites pas le contraire.

Bref, j’ai hoché la tête, j’ai dit merci (pour la proposition et tout ça) – mais non merci. Il a haussé les épaules – ça m’a plus ou moins fait plaisir que ça ne le vexe pas. On parle de tout et de rien. De la conjoncture économique. De notre président. De la politique actuelle. M. est le genre de type avec qui je pourrais discuter pendant des heures et dont chaque minute de la conversation m’enrichirait. Il me sort des petites blagues, rien de très hilarant mais dans le contexte, ça me faisait sourire. C’était un échange charmant. Et puis petit à petit, il effleurait ma peau avec ses doigts, sa bouche – sa mauvaise haleine – se rapprochait à nouveau de la mienne, sa main glissait et glissait encore, fleurtait avec mon épiderme, mes seins puis mes fesses, mes jambes puis ce que d’aucuns appellent les voies du paradis…

Ce round-là fut le plus bizarre de ma vie.

Comprenez… Le deuxième round est généralement très… Très plan-plan. Je pense à autre chose. Je simule. Je grimace. Je réagis et interagit à la manière dont j’imagine que mon partenaire veut me voir me mouvoir (arf j’adore cette phrase, je vais la relire dix fois.) Mais là… J’en pouvais plus d’être là. M. et sa mauvais haleine. Mon bonbon qui allait se finir sous peu. Ses doigts qui me pénétrait de plus en plus profondément, et mon corps, mon corps incontrolable, mon corps esclave de son désir. J’étais bloqué.

Je n’avais pas d’issue. Mon esprit ne pouvait pas s’en aller de la pièce. Non, je suis trop cérébrale comme fille, je ne peux tout simplement pas penser que je suis ailleurs que là où mon corps est. J’étais au prise au piège. Mes pensées étaient condamnées à vagabonder entre ces murs, mon corps ressentait avec un plaisir que je ne pouvais repousser l’assaut de ses doigts avides de plaisir. Tout à coup, quelque chose à changé en moi.

Je savais !

Je savais… Je n’était pas Chacha. Je n’était pas une escort girl qui ne pensait qu’aux sous qu’elle allait engranger. J’était une wannabe assisante de direction, une petite black ambitieuse, qui avait finit par céder aux avances de son patron, et qui aimait se faire prendre dans tout les sens, dans tous les côtés, qui aimait se faire b… pour gagner en grade. J’était une petite coch… qui cédait aux avances de son patron, en sachant qu’en le satisfaisant elle aurait une jolie prime à la fin de la partie de jambes en l’air…. C’était donc ça !

A partir du moment où j’était cette fille. Ni mon vrai-moi. Ni Chacha. Juste cette petite black ambitieuse – à partir de ce moment-là, disais-je, tout a changé. J’ai enfin pu jouir comme il se devait. Même le corps de cet homme avec son embonpoint immonde ne me gênait plus. Il n’était pas immonde son embonpoint. Il était mignon. C’était mon patron. Mon boss. L’homme qui pouvait me faire ce qu’il voulait parce qu’il allait me promouvoir à la fin de ce test. Voilà. On était dans un film, un scénario, j’était une acrice du porno, on jouait. On jouait, voilà tout.

M. vient dans ma bouche quelque dizaine de minutes plus tard qui malgré ce dédoublement (détriplement?) de personnalité, m’ont tout de même paru longues. Je me rince la bouche. J’hésite à avaler. Encore des fellations, toujours plus profondes, toujours plus longues. La montre mentale sonne. Tic tac. Tic tac. Au signal, il ne restera qu’une heure.

Tiens bon, ma vieille.

Retour dans le lit, sourire voilé. M. est aux anges – vraiment, il adore les gorges profondes. Vraiment, je les fais très bien. Vraiment, c’est très profond. Je souris, évite de soupirer. J’ai tellement envie de me c… Je me lève, marche de façon sexy et provocatrice jusqu’à mon sac – l’ex-PA deuxième du nom adorait quand je faisais ça - et attrape un troisième bonbon. (J’imagine qu’une escort trash s’envoit des petites cuites avec un flacon de sky’ entre chaque service. Je dis ça, je dis rien. Le goût de l’alcool me dégoute assez vite. Je me la joue juste glam, quand ça me prend, en buvant plus ou moins trois coupes de champagne. Mais vraiment, l’alcool, c’est genre pas mon truc.)

Nouveau moment câlin. M. est très doux. La conversation repart sur plein de choses, il me fait rire, nous poursuivons les conversations que nous avons eut plus tôt. Bientôt, c’est le silence complet. On n’entends pas une mouche voler… Mais M. ronfler, parcontre, oui. Boaf. Je trouve pas ça spécialement marrant ou spécialement honteux quand quelqu’un ronfle. Je me suis juste dit « oufff la bonne aubaine… laisse le roupiller une heure et vive la liberté ! » Bien sûr, au bout d’un quart d’heure, l’entendre pioncer – en sachant que j’était comme coincé dans ses bras – m’a gonflé. J’ai un peu bougé, il s’est réveillé.

Putain, ça me gonfle.

Ca me gonflait d’être là, avec ce type qui était loin d’être un Apollon, qui avait mauvaise haleine et qui me ronflait dans l’oreille. J’aurais voulu avoir le don de téléportation à l’autre bout de la terre. J’aurais voulu être n’importe où, sauf dans un pieu, coincé dans les bras de ce type. Non mais vous y croyez vous ? Chacha… Bon. J’avais tout sauf envie de remettre le couvert. Il se rapprochait de moi, avec ses baisers immondes, ses mains immondes qui me caressait. Je l’ai repoussé gentiment « non mais… j’ai envie de… mmm… rentrer chez moi. »

Chacha, faut pas rêver.

Bien sûr que non, j’allais pas rentrer chez moi. Il l’avait payé cher, cette soirée. Il m’a un peu calmé, pris dans ses bras – je me suis laissée faire. J’ai même pensé à ces arguments que j’ai confronté aux miens. C’est une de mes plus grosses soirées niveau rentrée d’argent, certes. Mais niveau argent, c’est aussi  une de ses plus grosses pertes à lui. Putain. Je suis beaucoup trop sage pour faire ce boulot. Sage, euh ? Disons honnête avec le sens des affaires et tout ça. Je préfererais être une fille totalement jetée qui dirait « nan mais coco, c’est finit là, hép hép, regard le timing, au top ça fera 3 heures alors cassos. » Et evidemment, je suis pas comme ça.

Troisième round qui s’installe tant bien que mal. Devant l’enjeu économique, d’une part comme de l’autre, je finis par me laisser faire. J’incarne à nouveau la petite black ambitieuse. Je devrais donner un nom à ce personnage que mon inconscient à soudainement créer pou rne pas me faire péter un plomb… Mmmm faut que je matte les noms des actrices de porno black. Tina ? Naoma ? Kieisha ? Pfff je vois pas. Si vous avez une idée, faites moi signe. Je suis preneuse (et pas de mauvais jeu de mots avec ça, hein. Avec « preneuse ».)

Enfin, c’est la fin du rendez-vous. J’en avais marre. J’en avais vraiment très marre. Je voulais juste rentrer chez moi et je ne souhaitait absolument pas converser avec lui ou quoi que ce soit dans la genre. « Hep, attend, n’oublie pas ça, ça serait dommage. »

Du biiiif.

J’avais mon cash entre les doigts. J’ai compté vite fait. Le compte y était. Erm… J’ai dit que je ne voulais plus lui parler, moi ? Ah c’est bizarre, je ne m’en souviens pas…

C’est vrai que j’aurais pu oublié mine de rien. J’en avais tellement marre de faire des gorges profondes qui duraient trois heures… Pouah… Enfin libérée. Dernier bonbon à la bouche, sourire aux lèvres.

Nous reprenons cet ascensceur. Ouf, cette fois c’est pour descendre. Pour me réconforter quand ça m’arrive de ne pas avoir envie d’un homme, je pense à comment je me sentirais à la fin, à ce million de conneries que je vais pouvoir acheter grâce à tout le cash que je me ferais. En réalité, parfois ça aide, parfois non. Cette fois-ci, c’est cet alter-ego étrange et soudain qui m’a sauvé de la folie mentale. C’était fou quand j’y pense – c’est fou comme le corps humain réagit.

Peut-être que c’est une sorte d’auto-sauvetage ? Peut-etre que quand les émotions sont trop fortes, le corps se met à construire d’instinct une image ou un personnage basé sur des expériences vécues ou souhaitées, sur des fantasmes qui font que l’expérience vécue est moins brutale ? Je ne sais pas ce qui s’est passé ce jour-là. J’ai essayé de ne pas penser à ce Dieu auquel je crois, qui pourrait être derrière tout ça. Ce Dieu qui a selon moi toujours été là pour moi, qui a fait en sorte que je ne tombe jamais dans des situations trop malsaines, que ce jour-là je ne pète pas un plomb et que je sois encore maitresse de moi. Ce Dieu-là après tout… Peut-être qu’il est aussi le dieu des prostituées comme le dit le livre qui le célèbre ? En tout cas quand je pense à Lui, j’ai honte de ce que je fais. Mais bon. Je sais que si j’en suis là où je suis, solide comme je suis, fragile comme je suis, bornée et docile… C’est grâce à Lui.

Il y a du mystère dans tout ça. Peut-être est-ce le mécanique humain. Peut-être est-ce Dieu. Sûrement est-ce les deux.

En tout cas, mon avatar, la super-star du porno black et de l’épreuve sous-table m’a permit de ne pas virer totale maboule et fille crade qui se fait sauter sans rien ressentir, ou plutôt en ressentant le malaise à chaque minute…

M. m’a rappelé. C’est carrément ouf. Il m’a rappelé parce qu’il voudrait remettre ça. Le même tarif. Le même lieu. Il a vraiment, vraiment, vraiment adoré. Arf – je ne pensais pas qu’il rappelerait. Mais bon, ça ne me dérange pas.

Chacha, toujours partante quand il s’agit de cash. Surtout que depuis que mon nouvel avatar est né, je m’éclate sous la couette…

Publié dans : Non classé | le 16 mars, 2008 |4 Commentaires »

Sans nom.

Je suis pas d’humeur à faire des titres (et pourtant je compte pas le nombre de fois où j’ai souris bêtement dans la journée. Bon ok, je suis hyper-lunatique.)

Un vendredi soir, pelotonnée sous ma couette, mon portable sonne. Je reconnais le numéro (l’écran affiche « M44photos ») et je me rappelle que le type m’a déjà appelé quelques semaines voir quelques mois plus tôt, qu’il m’avait expliqué qu’il faisait des photos comme une passion et puis bah qu’il a 44 ans.

D’ailleurs, c’est hallucinant les pseudos que je donne aux mecs qui appellent ou qui lâchent des textos – en regardant mon répertoire ça me fait toujours tripper : ici « pauv’type » (sûrement parce que le gus m’a demandé si je pratiquais ou non la sodomie par… texto…arf, le boulet) ; là « botrocher » (un gus qui m’a dit qu’il était hyper beau et tout ça et qui a déchanté quand après avoir consulté mes tarifs en live au téléphone il a réalisé que malgré son incroyable charme je ne négociais pas mes tarifs) ; ici encore « Jéres65id45non »… euh ça, je me rappelle pas. Mais ça veut sûrement dire un truc, hein.

 Ca fait déjà une demi-heure qu’on papote et M. m’apprends qu’il a apprécié mes mails, parce que selon lui, « c’est un critère de savoir faire une phrase avec sujet, verbe, compliments. » Je fronce du sourcils, je ne me rappelle pas du tout d’un gus s’appelant M. avec qui j’ai échangé des mails, même si la plupart de ceux que j’écris n’ont jamais de réponses ou bien des réponses inattendues (voire un de mes posts précédents. Précédent-précédent, dans le genre. Ca doit faire un bail que j’ai écrit ça. Fin bref.)

Chacha, redresse-toi. Je sais pas si vous avez remarqué mais on se tiens toujours voûté devant l’écran, quand on tape. J’ai comme une hantise d’avoir une scoliose, à cause des trucs trop horribles qu’on t’apprends sur ça au CM2. Ah et puis aussi de ce gus que j’avais vu au Marché quand j’étais gamine – il était mmm… voûté en deux. Il avait pt’être travaillé depuis le CM2 lui-aussi. Fin tout ça pour dire quoi déjà ? Ah oui.

Je fais donc part de mon doute à M. qui me confirme que je ne suis pas tout à fait folle : en réalité, il a prit un nom et un prénom différent quand il m’a envoyé ces mails. Il préférait être comme qui dirait incognito. Moi : « mmm, ok. » Mmm ok comme dans « non mais attends je rêve ». Ou alors mmm ok comme dans « mouais bon, ça ira pour cette fois. » Je crois que c’était un peu des deux. Quoi qu’il en soit, M. et moi partons dans une discussion folklorique sur les racines du reggae et tous ces groupes qu’il adore. Boaf j’en connais vaguement deux-trois (j’imagine que c’est une question de génération, hein – et puis aussi il a l’air beaucoup plus pointu que moi en manière de musique reggae et de rock anglais), j’acquisce pendant cinq bonnes minutes, rajoute mon grain de sel, il me donne même le lien vers son site de photos amateur. Site que je note mentalement et me promet d’aller checker. Il est un peu géné, quand il me le donne, parce que ben comme c’est hébergé par un serveur plus ou moins connu, il a été plus ou moins forcé de nommer le site avec son vrai nom. S’il savait comme je m’en tape. Je lui dit ok, sans soucis.

Ca fait bientôt une heure qu’on est au téléphone et je sens un bon feeling entre nous, c’est carrément sympa de chatter avec ce mec que je connais à peine, et puis ben s’il a un peu triché sur son identité, c’est pas super super grave. Il me dit qu’il s’offre un petit cadeau de temps en temps, qu’en début de semaine il a du temps pour se faire plaisir et comme il est tombé sur mon site web il voudrait que l’on se rencontre. Je la joue fille habituée, je dis que je ne fais pas ça très souvent mais que quand ça arrive c’est toujours des soirées très sympa etc. Je lui demande ce qu’il penserait de booker trois heures, parce que c’est ce que je fais d’habitude (je sais à force de mentir aussi éffrontément, je finirais en enfer). Il est ok, et quand je lui dis mon tarif, il balbutie un peu, négocie du bout des lèvres. Il n’a prévu qu’un budget de quelques dizaines d’euro inférieur à ce que je réclame d’habitude. On raccroche en se promettant de se contacter bientôt.

Lundi soir, dans la voiture. M. a une caisse assez classe, très je-bosse-dans-la-finance mais rien de snobinard (j’en ai tellement rien à taper des modèles et des prix des voitures mais généralement j’arrive à noter le côté classe/pas classe – après c’est pas la voiture qui compte tellement tellement. Mais j’avoue que ça compte un peu, que même. Surtout après ma petite histoire avec C.) M. n’est pas hyper attirant comme type. Il a un embonpoint, il a un style vestimentaire d’hommes d’affaire mais… une veste en cuir. Il fait très mec-qui-fume-et-qui-clope mais ouf, il ne pue pas la clope. Il me dit qu’il a réussit à réserver dans cet hotel type appart’hotel et que si je veux on peut aller boire un verre pas loin. Je dis ok, allons-y.

Hum. L’appart’hotel n’est pas loin du tout de la fac. En clair, je passerais devant tous les jours, si j’allais tous les jours à la fac. Evidemment dans le bar, c’est plutôt étudiant comme clientèle. J’ai envie de rentrer sous terre. Je me dis « arf non… » mais j’avance quand même. Je suis sapée super chic, donc je peux toujours passer pour une fille super vieille avec un visage de bébé (y’a plein de blacks comme ça. Fin je dis ça, je dis rien. C’est peut-être juste des exceptions que je connais mais bon plein d’exceptions ça fait pas mal quand même.) Je commande mon irremplaçable cappucino et lui un café tout simple (note pour moi-même : homme pas exigeant?) Un jour faudra que j’écrive un article intitulé « l’addition, ou comment démasquer les habitudes sexuelles d’un homme suivant  sa commande au restaurant du coin. » Nan mais je vise pas non plus le Prix Nobel.

On parle un peu de tout. De l’Afrique, de son job, de pourquoi je suis devenue escort girl. J’aime bien sa façon de penser, mais malgré tout ça, je n’arrête pas de penser qu’il va « falloir » que je couche avec cet homme. Je suis prise au piège. Intellectuellement, M. est très proche du type d’hommes que j’aime, ouvert, très tolérant (plus que moi même, pff, ça m’a vexé.) Mais physiquement tout de même… Même si c’était une des plus grosses soirées que j’ai jamais faite niveau cash, y’avait quand même un truc qui me donnait pas tant que ça envie de rester. Je sens les regards d’un groupe d’étudiantes qui veulent faire comme si elles ne nous regardaient pas, je ne note rien de spécial dans la façon dont on nous sers mais globalement je suis très mal à l’aise. C’est exactement pour ça que je ne pourrais pas être étudiante et escort girl. Parce que je veux rencontrer tous mes clients avant d’aller plus loin. Or, si j’avais été étudiante et que je m’étais pointé à la fac le lendemain, ça aurait un peu jasé, nan ?Après on peut dire que toutle monde s’en fout, mais la parano aurait atteint son paroxysme pour moi.

Après notre petit verre, M. me propose de « monter. » Je hoche du chef. Il me tiens la porte, deviens un peu nerveux mais arrive à me donner le change. En passant devant un groupe d’étudiants on parle de la matière la plus naturelle qui soit d’un sujet qui était probablement barbant au possible – juste pour faire comme si rien de spécial n’allait se passer entre les deux protagonistes.

Le voyage en ascenseur me parait interminable et pourtant ça ne dure que quelques minutes. Il ne me tarde pas d’être dans la chambre.

[A Suivre. A venir : Tu quoque, mi J2 ; Le Squelette ; Le Dernier Jour ; Pourquoi je suis devenue Escort Girl (comment devenir Escort Girl) ]

Publié dans : Non classé | le 7 mars, 2008 |6 Commentaires »

L’homme qui m’a redonné le sourire.

Il s’appelle G. Au téléphone il m’explique qu’il a envie que l’on se découvre très vite et on convient d’un bar en centre-ville. Je suis encore au téléphone avec toi (voire « l’écharpe rouge ») lorsque je l’aperçois et raccroche à la va-vite.

On s’installe dans le bar. Ca me fait bizarre, parce que je ne connais pas ce café, il fait très bourgeois dans l’ensemble. Il y a les couples dans un coin, les collègues d’un bureau (d’avocats ou d’expertise comptable) dans un autre, les serveurs sont des vieux garçons de café avec tenue traditionnelle. J’espère que notre couple ne casse pas trop l’ambiance et décide de prendre place dans un coin reculé à deux-trois tables du reste du monde. Il y a dans l’air une atmosphère de luxe, les lumières sont tamisées, le tout est très relaxant et très charmant. G. me sourit et nous entamons la discussion.

« Alors cet amphi est toujours à la bonne place ? » G. a suivit le même cursus universitaire que moi, une dizaine d’années plus tôt. On discute réformes universitaires et on discute sec – selon lui, très peu d’enseignants font autre chose que de photocopier les cours années après années et du coup perdent cette gniac d’apprendre. Et c’est vrai. Enfin, mon opinion… On en vient à parler de ce roman qu’il est en train d’écrire, une intrigue policière qui se déroule dans la ville. Il écrit quatre heures par jour. Non, il n’a pas fait de schéma actantiel avant de se lancer dans l’écriture – d’ailleurs, c’est de la connerie tout ça. Mon cappucino arrive (je ne boirais jamais rien d’autre dans un café et pour rien au monde – enfin sauf si y’a genre plus du tout de cappucino dans le reste du monde, je serais bien forcée…) et la conversation s’intensifie. Cela fait bientôt une heure et demi que nous sommes ensemble et G. évoque l’idée, l’éventualité, que l’on puisse partir 8 jours ensemble si tout se passe bien après notre rendez-vous. Il dit ça du bout des lèvres, c’est presque un secret. Je regarde dans le vide, hoche la tête, me dit surtout que j’attends le premier rendez-vous. G. est aussi pensif que moi.

Physiquement, il fait très stéréotypé, on dirait l’exact caricature du mec dans la finance : un peu chauve, avec une mèche de cheveux qui se balade à droite et à gauche suivant la façon dont il bouge la tête, habillé en costard-sans-cravate pour paraître décontract’, niveau écriture il s’y connaît et c’est surtout de cela dont on s’est entretenu. Je suis carrément abasourdie d’être avec quelqu’un qui aura prochainement son livre dans les kiosques de ma ville et j’imagine que ça pourrait être un bon modèle, si, d’aventure, tout irait bien entre nous. Je n’ose alors pas me prononcer, attend la suite des évènements en hochant la tête, les épaules, en souriant tour à tour face à ses questions et suggestions.

Nous sortons du café. G. se rapproche de moi, attrape mon bras, me demande quel type de restaurant j’aime. Mmmm. Italien, africain… J’aime ce qui est relevé (quand en réalité ce n’est pas tout à fait vrai.) Il suggère que nous nous retrouvions le lendemain soir dans un restaurant après quoi nous irons chez lui. J’acquiesce. Dans la voiture on parle de tout et de rien, je lui confie ces mots que j’avais réservé pour le blog, avant que toutes ces pannes de coeur m’arrive : « je trouve ça sain de tomber amoureuse de mes clients. » En réalité, c’était la première et dernière fois que je prononçais ces mots car lorsqu’un homme sait qu’il peut tirer avantage de vous, il ne se gênera pas – enfin, en règle général.

Le lendemain, G. rappelle. Finalement il préfèrerait que l’on se voit directement chez lui, c’est lui qui fera à dîner – un repas italien – et puis on verra la suite des évènements. Je dis ok, à plus tard. Il passe me prendre dans la soirée.

Dans la voiture, G. pose les conditions très clairement : il a lu en long, en large et en travers mon site web et est près à suivre mes recommandations à la lettre. Grosso modo, il va me couvrir de compliments et de marque d’attention, je serais « la reine » dans son appartement, il faut absolument que je sois à l’aise. Dans ma tête ça fait : woah. J’ai regardé dernièrement les statistiques de visite de mon site web (celui que j’ai crée moi-même) et chaque visiteur lit en moyenne 1,5 pages des 6 présentées (autant dire tout de suite la présentation générale et les honoraires…) Or, G. semble avoir lu ma rubrique « étiquette », ce qui n’est pas pour me déplaîre. Il me fait du baise-main, me dit que je suis jolie, en rajoute encore un peu sur ma fraîcheur, mon intelligence, le fait que j’ai une personnalité « exceptionnelle »… Je tourne la tête et lève les yeux aux ciels. « Tu n’es pas forcé de me faire des compliments, tu sais… », je murmure. Il met sa main sur ma cuisse et me dit que non, pour lui c’est naturel, ça vient du coeur.

On arrive chez lui. Je m’attendais très franchement à un appartement style Louis je-ne-sais-combien dans un quartier huppé, mais non, c’est dans une résidence tout à fait acceptable avec parking à l’extérieur. Avant que l’on descende de la voiture il me dit « à partir de maintenant tu es chez toi ! » Je souris.

L’appartement est confortable. Il y a de la moquette épaisse (celles où vous mettez votre pied et vous avez l’impression qu’il disparait dans le tissu… arf, terrible), des meubles anciens (quant à eux du style Louis je-ne-sais-combien), une bibliothèque impressionante avec des collections prestigieuses. Bien sûr, les livres sont en majorité de Hugo, l’auteur fétiche de G. Je me sens bien, là. Je me rappelle que G. m’a proposé de faire un jeu de rôle ce soir : je serais la wannabe assistante de direction dans un grosse boîte qui doit se décider entre moi et une autre fille. Or ce poste je le veux, je le veux, je le veux. Enfin je dois passer l’épreuve sous-table, si vous voyez ce que je veux dire… En tout cas, moi je vois !

Il me fait faire un tour du propriétaire. La cuisine – traditionnelle. Le côté bureau – basique mais confortable. Le salon – plutôt bourgeois. Les toilettes – sans commentaires mais je dois avouer qu’on dirait les toilettes dans les suites des hôtels qui ont plusieurs étoiles, ce qui est assez marrant quand on pense que je suis dans un appartement comme un autre. Bref. La salle de bain – petite et mignone. La chambre numéro 1. Là, très théâtralement, G. m’annonce que si je décide de rester avec lui un de ces quatre, ce sera ma chambre à moi. Un peu comme dans toutes ces séries TV, je me suis imaginée qui avait dormit là. Sa fille, sa soeur, sa mère ? Quand on me refile une chambre, je suis toujours un peu parano. S’cusez. Je me contente de hocher du chef en souriant. La chambre numéro 2, la sienne, ordonnée avec des couleurs pastelles.

Je m’assois sur le canapé, il me donne l’ordre de faire ce que je veux (ce qui n’est pas totalement un ordre si on va par là mais je ne vais pas par là donc laissons tomber, ok ?) Je m’assois sur un fauteuil, laisse mes jambes pendre sur un bras, ce qui révèle les bas que je porte. Je jette des coups d’oeil furtif en direction de la cuisine, il a annoncé qu’il ramenait du champagne (arf j’adore le champe…) alors je fais bien gaffe à avoir l’air égaré bien que tout ce que j’espère c’est qu’en revenant dans la pièce il me découvre dans cette position lascive.

Il arrive avec un gros sourire aux lèvres. Il m’a prévenu dans la voiture que je peux lui poser les questions les plus indiscrètes qui’l soit sur sa vie. Or, ça peut paraître snobinard de dire ça, mais on m’a trop bien éduqué pour que je devienne indiscrète. Je ne fais pas (ou rarement) aux autres ce que je n’aimerai pas que l’on me fasse. Il y a un tableau accroché, je crois déceler la technique du pointillisme et nous voilà en train de discuter de Van Gogh, des cours d’art pla’, de sa tante qui était prof d’art pla’ à l’époque et puis des profs en général. On conclut que les profs d’arts et de sport sont à part entière dans le corps enseignant et que les profs d’arts sont généralement super cool. Je crois que sa tante n’est plus, mais je n’en parle pas, je me contente de faire des allusions sur un ton général, je veux le mettre à l’aise.

La conversation s’élargit, on discute arts, puis philosophie, puis littérature. Je lui parle de mes projets, de ma manie de vouloir bâtir et construire dix mille projets à la fois. Il me dit qu’en fait, selon lui, cela est propre aux personnes issues du même pays que moi… première nouvelle. C’est alors que je me rappelle que son ex a la même origine que moi et il en profite alors pour me raconter les fiesta locales, à quel point l’afrique est chaleureuse et aime les grosses fêtes et l’apparat. On commence à discuter de mes rapports avec mon paternel et je lui dit très clairement que de ce côté là tout va bien. Si ça n’allait pas, je ne serais pas avec lui… Fin, je ne pense pas. En tout cas tout est ok et j’espère qu’il ne va pas insinuer des choses fausses pour faire le pseudo-néo-psychologue. D’façon, j’ai rien à cacher.

Finalement je décide que j’ai faim, alors que ça fait probablement une heure et demi qu’on est affalés sur le canapé. Des pâtes un peu relevées avec du parmesan arrivent quelques minutes plus tard. On grignote des biscuits apéritifs à côté de ça. Ca me rapelle mon rencard avec E. et je dresse un profil de mes amants-éphémères : la quarante approchante ou avancé, sait faire à manger des plats basiques voir d’étudiant, a toujours des biscuits apéritif dans ses placards et du champagne pour les soirées arosées…! Bien sûr, je ne bois pas excessivement, bien qu’à un moment G. me dit « tu as les yeux qui brillent. » Moi, guillerette « euh, c’est pas le champe par hasard? » Il a secoué la tête, m’a dit que c’était mes traits qui étaient magnifiques, que ma peau était douce et jeune, que mes regards étaient invitant. J’ai toujours eu horreur des compliments. D’abord, parce que ça met mal à l’aise. Ensuite parce que par courtoisie tu es sensé en faire en retour. Enfin, parce qu’on m’a appris à être jugée sur mes actes, par sur la fraîcheur de ma peau qui dans dix ans ne sera plus d’actualité. Je souris et hausse les épaules, gênée.

En plein milieu du repas, la conversation devient intéressante. Je marche à quatre pattes de ma place jusqu’à la sienne et l’embrasse doucement. Il me demande si je veux toujours faire ce jeu de rôle et je secoue la tête lentement… « J’ai envie de toi maintenant…! » Il sourit, me prend la main et nous nous dirigeons vers la chambre numéro 1.

Là, G. m’aide à me déshabiller, me caresse, me fait des compliments sur les courbes de mon corps, déclare que je suis telle le stradivarius… Euh… C’est pas genre un tout petit peu exagéré ? Il me sourit, me regarde avec ce regard que je sais reconnaître maintenant chez un homme : le regard de l’homme qui attend tout de toi, qui est subjugué, charmé, enchanté. Celui qui compte bien prendre son pied… Et bien sûr, je suis celle qui compte bien lui faire prendre son pied !

Nue sur le lit, allongée sur le dos. G. casse l’ambiance avec une phrase-clichée : « tu es prête…? je vais te sucer à fond… » Umph… G. est entre mes jambes. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’a un peu refroidit qu’il dise le mot « sucer », ça sonne tellement, oui, vulgaire… Et puis c’est inapproprié. Enfin, c’est mon avis. En tout cas, ce genre de phrase sonne très pervers, très j’ai-pensé-toute-la-journée-à-cette-soirée et très je-regarde-des-films-pour-savoir-comment-je-vais-te-parler, très acteur porno dans un film de catégorie X (bah forcément.)

Je jouis une première fois. Il me confie qu’il veut me voir utiliser mes jouets, qu’il souhaite que je me fasse du bien devant lui avec mes toys. Je sors mon meilleur ami (arf, je dis toujours ça à mes clients cams, ça nous fait marrer…), une petite chose rose et sympathique, qui est là dans mes plus grands instants de solitude, héhé ! Je m’amuse comme une folle, oublie même un instant le contexte dasn lequel je suis. Il me sourit, glisse ses doigts dans ma bouche, écarte mes jambes, essaie de voir jusqu’où ça rentre, comment ça rentre. J’espère qu’il ne va pas se mettre à triturer mon meilleur ami parce qu’en général les hommes font ça comme des sagouins et ça finit par me brûler. Dieu merci, il ne fait pas. Il reste là, contemplateur, dubitatif. Et puis il veut passer à l’action, lui aussi, avec ses doigts.

Ses doigts glissent en moi, frottent, piquent. Très vite la salive disparait et ses doigts me pénètrent de plus en plus vite, alors que je n’ai aucun lubrifiant – naturel ou non. Je pense au gel qui est dans mon sac mais que j’ai laissé à l’entrée. Les capotes aussi sont là-bas, mais je me demande si G. me pénètrera ce soir. On se calme un peu, après que j’ai jouit (ou plutôt fait semblant de jouir) une seconde fois. Il y a un truc d’ailleurs avec les orgasmes, avec les clients que je vois pour la première fois j’ai toujours tendance à faire semblant. C’est peut-être que spirituellement je m’interdis de jouir avec un homme que je ne suis pas sûre de revoir. Or, revoir un client signifie qu’il place sa confiance en moi et à ce moment-là je veux bien me laisser aller. Enfin ça marche comme ça avec la plupart des hommes -mais parfois je jouit malgré moi. Et c’est exquis.

Le silence s’installe. Je pense à l’heure, G. me la donne sans que je ne la lui ait demandé. Il est déjà onze heure ! Trois heures et demi qu’on est ensemble, alors que G. a booké pour deux heures… J’ai envie de rentrer, de t’appeler (voire l’écharpe rouge), j’espère que tu ne m’en veux pas trop d’être si loin… Finalement, G. guidera sa main vers son caleçon et trouvera ainsi les voies de son plaisir… Je l’ai observé quand il jouissait – comme j’observe quasiment tous les hommes que je rencontre. Ca faisait bizarre. On aurait dit – je ne sais pas, que ça lui faisait beaucoup de mal. Peut-être que c’est ça vieillir ? G. est le client le plus âgé que j’ai rencontré jusque là (il a la cinquantaine avancée.) Je trouve ça un peu triste, qu’il reste prostrée pendant de longues minutes, sans rien dire. Je me dirige dans la salle de bain, prend une douche rapide, me brosse les dents, et hop direction la voiture.

Après m’avoir innondé de compliments et de remerciements, G. me dit très clairement que c’est à moi de rappeler. Je hoche du chef et le remercie à mon tour. Il ne me dépose pas loin de chez moi.

Je ne sais pas si c’est parce qu’il avait mal compris mes honoraires ou si c’était conscient, mais il m’a donné une cinquantaine d’euros en plus que ce que je demande habituellement pour deux heures (bien qu’on soit resté près de quatre heures ensemble.)

Je l’ai rappelé la semaine dernière. Il a expliqué le mystère des « 8 jours » (je me demandais pourquoi 8 jours ? il y a une épidémie qui se prépare ou quoi?) Bref. Il m’a expliqué en gros que courant mai il compte louer une maison, un truc classe, qu’il souhaiterait que l’on reprenne un rendez-vous ensemble avant que je donne ma décision. Mmmm. Je lui demande s’il voit ça dans le cadre de l’escorting ou s’il met ça sur un rapport affectif ? Il balbutie, tourne autour du pot, je crois bien qu’il s’imagine que je vais aller dans une maison au bord de la mer 8 jours avec lui pour… que dalle. Erm, je suis gentille et tout ça, mais je ne suis pas la vierge Marie. Huit jours à rester 24 heures sur 24 avec un homme qui m’a rencontré rapport à l’escorting, sans être rémunérées…? Et pour quelles raisons ? Pour l’amour d’une belle maison ? Euh – faut arrêter l’alcool… Donc on est resté sur ce cafouillis verbal mais le jour il rappelle je compte bien lui faire comprendre que j’aime bien escorter et tout ça, mais si ce n’est que pour le côté agréable je peux aller voir ailleurs… Money, money, money… MONEY !

Chacha, quand elle chante, c’est la cataaaa…

Publié dans : Non classé | le 26 février, 2008 |2 Commentaires »

L’écharpe rouge (deuxième et dernière partie)

Tu n’es pas spécialement mon type de mec, je te trouve normal-beau (sur une échelle de moche à canon). Tu es très mince mais globalement tu es charmant. ON marche pendant quelques minutes. Mes talons claquent su rle macadam, je te raconte mon rendez-vous de la veille, tu m’envoies deux-trois vannes, tu es prolifique en matière de méchancetés et chacune de tes piques sonnent dans mes oreilles comme autant de « j’t'ai cassé » d’un Brice de Nice en pleine forme. Je boude.

Ta main glisse parfois autour de mes hanches. Tu me souris, tu me regardes franchement dans les yeux, tu m’aides à porter ce sac en plastique qui contient tous mes féminins (et même mon sac à main l’instant de cinq malheureuse minutes – j’espère que tu as apprécié !) J’ai surtout retenu quand tu m’as demandé si ça ne me saoulait pas trop de ne pas être en taxi, parce que selon toi et selon mes posts, je serais une fana de taxis. J’ai retenu ça parce qu’en sachant que je prends le bus tous les jours ça m’a fait froncé du sourcil. Je me suis demandé si tous les lecteurs du blog me percevaient comme une pauvre snobinarde ou si bien au contraire ils avaient compris que le taxi était lié à ma seconde vie. Fin bon. Je ne sais si tu as dit cela dans un sens ironique (« ça lui fera les pieds! ») ou par pure camaraderie. Je décide de ne pas y penser.

La journée se passe toute en douceur. On regarde quelques DVD, je me réchauffe contre toi. Je n’aime pas ton trois-quart noir et je n’aime pas tes chaussures mais j’adore ton jean et ton sweat. C’est vrai que tu fais plus jeune que l’âge annoncé mais je sais surtout que c’est un jour spécial pour toi. Tu me chouchoutes, tu es aux petits soins, tu ris en regardant les épisodes d’une de nos séries préférées et je ris avec toi. Je suis bien, là. C’est bon d’être dans tes bras. Je décide de faire abstraction totale de mes préjugés et je te regarde du coin de l’oeil, je guette tes mains, ton visage, ton sourire. JE craque pour ces lèvres. Et je succombe face à ce regard charmeur. Avec les minutes qui passent, je te trouve même un petit côté Romain Duris non négligeable puisque je suis carrément fan. J’en ai rêvé longtemps de tes doigts sur ma peau, de tes lèvres contre mes lèvres, du symbole absolu de ta virilité enfouie en moi, de mon corps brûlant chevauchant ton corps à toi, dans un accès de passion. Ton visage grimace, se déforme, se défait. Tu m’avoues dans un souffle que ça fait une semaine qu etu as envie de moi. Je te murmure que je suis à toi (et c’est la première fois que je murmure cela), je te supplie de me faire jouir.

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Je te regarde fixement fumer ton joint et bosser sur ce rapport de stage. J’ai envie de toi, encore, encore, encore. JE sais que tu dois bosser alors je me freine, j’évite de te sauter dans les bras et de me frotter contre toi mais j’ai littéralement envie de te bouffer. Tu m’inspires l’envie d’écrire alors j’écris un début de parodie de romans d’ados, un truc qui pourrait me servir de base plus tard, quand je me remettrai sérieusement à l’écriture. « Tu n’auras pas de mal à remplir ton blog », tu dis. Je secoue la tête. J’explique : « j’écris à l’instinct, mes doigts doivent se libérer sur le clavier comme les doigts du musicien sur le piano ; je ne pense pas écrire un jour quoi que ce soit sur toi et moi sur le blog. » Tu hoches du chef. Je suis heureuse, tu sais. Parce que dans mes instants de bonheur j’ai toujours su graver en moi une seconde de ces états de liesse. Et quelque part au fond de moi, je me rappelle de cette image. Tu es assis devant ton bureau, cigarette-qui-fait-rire à la main, ta tête oscille entre l’écran télévisé et l’écran de ton ordinateur, de temps en temps tu regardes vers moi avec ce froncement de sourcil qui traduit ton étonnement – tu te demandes sûrement ce que je fous, à te regarder comme ça. Je voulais juste te peindre au fond de mon coeur, je jamais oublier ce moment, garder un fragment de cette journée dans une partie de moi pour ne jamais l’oublier. Tu es beau dans ce souvenir, tu sais. Tu es chou. Et même archi-chou. RIen ne viendra jamais remplacer la place spéciale que tu as pris dans mon coeur.

« Chouchou, j’ai froid. »… »Chouchou, je veux un bisou. »… »Chouchou, je veux un câlin »… »Chouchou, je ne peux pas me nourrir, j’ai pas de bras ! »…. »Chouchou ? Je t’adore ! »

La nuit tombe (trop) rapidement. Tu m’as montré les photos de ta vie, photos qui m’ont rendu un peu plus accro à toi, tu m’as fait des petits bisous et d’énormes câlins, tu m’a fait l’amour et chose étrange, alors que j’ai horreur de cela chez tous les autres hommes que je connais, le goût de tabac froid sur tes lèvres à croquer ne me dérange pas plus que cela. On s’endort dans les bras l’un de l’autre. JE me réveille souvent. Je t’embrasse et je vois ton corps n’être plus qu’un grand frisson et je souris. Parfois, c’est toi qui vient tout contre moi, tu m’entoures de tes bras et tu poses ta tête contre ma poitrine et tu souris. Je voudrais que cet instant dure toujours, ne jamais te quitter. Et le téléphone sonne…

Petit-déjeuner rapide, je m’habille, tu m’expiques comment me rendre à la gare. Tu insistes pour que je porte cette écharpe rouge et je m’amuse à jouer les bourges (« Chéri, ça ne fait pas du tout ton sur toi ! » ; toi : « Mmmm je pense qu’à cette heure-ci tout le monde s’en fout ! ») Aujourd’hui je m’en veux de ne pas t’avoir tenu la main sur le trajet jusqu’à l’arrêt de bus. Tu me tends deux euros pour un ticket de bus (qui est comme un vestige de cette journée avec toi), on s’embrasse une dernière fois et te voilà parti et me voilà seule. Soupir.

Je croise ce type sur le chemin de la gare qui m’indique où acheter les billets. On discute cinq minutes, il a le phyisque d’un rugbyman, du genre qu’on trouve beau gosse après avoir fait deux-trois fiestas avec lui, fort sympathique au demeurant. Il glisse dans la conversation qu’il habite à quelques kilomètres de ma ville et nous échangeons un sourire de chauvins. Il va sur la capitale et em souhaite bonne chance pour la suite d’un hochement de tête entendu. Vingt minutes plus tard, me voilà dans le train.

Je t’envoies quelques texto et t’appelles dans la matinée. Je n’ose pas te dire à quel point je suis pressée de te parler ce soir, je ne sais pas si tu m’aimes toujours bien, j’ai peur de la suite. Mais je n’ai aucune raison de m’inquiéter, tu me dis qu’on se retrouvera sur la messagerie instantannée dès que tu sortiras du taf et puis qu’il faut que l’on s’appelle ce soir, comme d’habitude. Je suis soulagée. JE suis heureuse que tu ressentes la même chose que moi, tellement, tellement heureuse ! J’apelle ma best (la deuxième) et on squatte un fast food toute l’après-midi, à se faire draguer par des blacks (on est black toutes les deux.) Je lui parle de toi très vaguement, j’évoque juste à quel point ce week-end était fa-bu-leux, j’évite de m’emballer, j’attends que ce nouveau nous veuille dire quelque chose de signifiant pour lui en dire plus, parce que je lui ait déjà parlé de mecs qui ont finit par me briser le coeur et que cette fois-ci je ne veux pas que ça arrive. Je t’appelle entre temps, j’ai envie de t’entendre, j’ai envie que l’on discute. Ta voix, arf, ta voix. Depuis le matin que je ne l’ai pas entendu, elle m’a littéralement fait craqué. On s’est promis de se connecter plus tard sur la messagerie instantannée pour discuter.

Me voilà devant l’écran. Je t’envoies un message bien qu’il soit indiqué que tu es occupé. Pas de réponse. JE t’appelles, pas de réponse. Je décide de prendre mon mal en patience et d’appeler le soir avec mon forfait spécial. Trois appels plus tard, tu me dis que tu es en train de célébrer ton anniversaire en famille. Je me sens bête, j’avais oulié que c’était ce soir-là. Tu me demandes, alors, tu as édité ton blog ? Je réponds que oui. Tu montes en quatre vitesses, allume ton PC, t’étonnes que dans les premières lignes je dis que j’ai passé le week-end en famille, avec la gastro en prime. J’explique : parce que je viens de pulier la suite de mes (més)aventures avec C. et de ce qui s’est passé avec J. Ta réaction : ah. Je te dis de em bipper quand tu as finit, que je te rappellerais. Tu réponds ok, à plus tard.

J’ai attendu toute la soirée.

Je suis un peu dépitée. J’arrive pas à croire que je n’ai pas de sms de toi cette nuit-là, wue tu ne m’appelles pas pour me réveiller le lendemain matin. PEut-être que tu ne veux pas abuser de ton hors-forfait. Ou alors peut-être que tu as compris dans le message que je t’ai laissé à onze heure la veille que j’étais fatiguée à cause du voyage et tu ne voulais pas me déranger. J’attendais avec une impatience folle l’heure où d’habitude tu te connectes sur la messagerie instantannée. Quelques heures plus tard, tu es là. De nouveau, la messagerie indique que tu es occupé. J’attends quelques minutes, n’ose pas t’envoyer de messagesparce que je sens que tu ne va pas répondre. J’attends que tu fasses le premier pas, parce que c’est moi qui t’aies contacté la dernière et je me demande si toi aussi derrière ton écran tu es hésitant. Après de longues minutes sans signe de toi, je décide de me déconnecter.

Le soir, je t’appelle. Premier message que je laisse sur ton répondeur, te disant de me bipper et que je te rappellerai.

Je me demande ce que tu fais. Où tu es. Avec qui tu es. Si tu penses à moi. Je me connecte de temps en temps pour voir si t’es par là. JE ne sait pas ce qui se passe. Es-tu à une soirée, quelque chose d’important ? En temps normal, tu aurais décroché à la première sonnerie, tu m’aurais envoyé un texto depuis la veille pour t’excuser de ne pas m’avoir rappelé, tu aurais répondu pour me dire de rappeler, tu m’aurais averti que tu faisais quelque chose qui te prendrait du temps.

Chaque minute qui passait voyait naître une nouvelle hypothèse dans mon esprit. JE guettais un texto, un appel, le mondre bruit suspect de mon portable qui pourrait traduire que tu allais me donner signe de vie. Je me disais mais… il avait l’air d’avoir passé un bon moment ce week-end. Je me disais mais… il doit y avoir un soucis, quelque chose. J’était terrifiée à l’idée que tu ne rappelles pas.

Mais tu n’as jamais rappelé.

A minuit moins le quart ce soir-là, je t’ai laissé un message vocal pour te dire que j’avais l’impression que tu en voulais plus me parler, que si cette impression était fausse alors je comptais sur toi pour me donner signe de vie et que si au contraire elle était bonne, alors je te souhaitais plein de bonnes choses. C’en est resté là.

Et puis deux jours plus tard, en me connectant dans un cybercafé, je vois que tu m’as laissé un message peu de temps après que je me sois déconnecté la veille. Une lueur d’espoir s’illumine dans mes yeux, je me dis mais oui, c’est évident, tu t’es connecté via ce fac-similé de messagerie instantannée donc tu n’a pas eu ses messages ! J’empoigne mon sac, fouille à l’intérieur, extirpe le fameux téléphone portable, t’appelles… Sans succès. Première sonnerie. Deuxième sonnerie. Troisième sonnerie. Je te laisse un message disant que je viens de lire ton message, que je ne comprends pas bien ce qui se passe, mais tant pis. A nouveau, l’espoir me quittait.

Je ne comprends pas bien ce qui s’est passé. Je me suis refait le week-end dans ma tête, j’ai ressasé le moindre souvenir enfouit dans ma tête. J’essaie de deviner, d’accuser une parole ou un geste, j’essaie de savoir ce que j’ai fait qui ait pu te mettre dans un état où tu décides qu’il n’est pas bon de me rappeler, de m’envoyer un texto, un mail. JE ne trouve pas. Je me demande si tu as fait ça pour découvrir qui était derrière ces lignes, si tu as fait ça pour voir si tu pouvais me modeler comme ces filles que tu décrivais comme « maléables », quelles étaient tes motivations. Je n’ose pas me dire que j’ai donné ma confiance à quelqu’un qui ne la méritais pas. Je n’ose pas me dire que toutes ces attentions étaient fausses, que tu savais avant même que je pose le pied dans ta ville que tu n’allais jamais me rappeler. Je n’ose pas me dire que tu es ce genre de mecs, parce que je me suis confiée à toi, j’ai cru en toi. Tu n’es pas comme ça.

Je suis passée par la case crise de larmes, je suis passée par la case où je me suis détestée, spirituellement et physiquement. Je suis passée par la case où j’ai dû me faire à l’idée que oui, c’est cru et c’est vulgaire, mais je me suis faite « baisée. » Je t’ai insulté de tous les noms, j’ai eu le sentiment d’avoir mit ma confiance dans un imposte qui n’attendrait de moi que de paraître dans un blog dont tout le monde se fout. Je ne comprends pas comment tout cela a pu arrivé, pourquoi j’en suis là. Il y a quelques semaines, il ne se passait pas une journée sasn que je n’ai de nouvelles de toi et tout à coup, plus rien. Ca fait mal au coeur – tellemement mal. Je t’ai ouvert le siège de mes sentiments et je me suis donnée à toi, corps et âme. Tu m’avais montré tellement d’affection… celle-là même que tu retirais d’un coup. C’était dur.

Il m’arrivait de fixer un point dans le vide pendant de longues minutes qui étaient peut-être de longues heures. Je soupirais. Je te voulais toi. C’était une erreur, tu avais oublié mon numéro, perdu ton portable, tu ne savais pas comment me joindre, un acident grave s’était produit et tu ne pouvais ni me joindre ni être joint momentanément. Peut-être aussi qu’en parlant de moi autour de toi tu avais découvert que finalement je ne plairais à personne ou peut-être… peut-être… je t’ai trouvé mille excuses.

« Non mais Chacha, je t’en voudrais trop si après notre petit week-end tu ne me dis pas franchement si tu veux me revoir ou non ! »

C’était toi, qui avait dit ça. Et c’était toi qui ne rappelait pas. Triste ironie du sort ou calcul machiavélique ?

Je fais toujours gaffe au comportement post-coïtal, or les 24h suivant notre jounée-sexe tout me portait à croire que la magie opérait toujours. Je t’ai inventé des prétextes pendant les 48h qui ont suivit. Sursautant à chaque coup de fil, vibrant à chaque texto, me connectant à chaque minute sur la messagerie instantannée. Et puis un soir, j’en avais marre d’éclater en sanglot toutes les dix minutes, de passer de la fille triste à la fille hystérique, de perdre tout ce temps à cause de toi. Je suis allée dans la salle de bain, face au miroir, et je me suis forcée à me scruter pendant de longues minutes. Je me suis forcée à me sourire et à garder ce sourire aux lèvres pendant quelques temps.

Non, je n’étais plus l’ado conne et naïve que deux mecs avaient fait souffrir de cette même manière quelques années plus tôt. Non, je n’allais pas me laisser ronger par le souvenir pendant des jours entier, des minutes entières, des secondes entières avec des plaintes et des complaintes, des songes et des mensonges – j’allais enfin agir comme une adulte. Je me suis rappelée la jeune femme ravissante que je devenais et puis je me suis forcée à arrêter de pleuer. Je me trouvais bête d’avoir les yeux rougis à cause d’un type trop lâche pour me dire ce qui ne lui avait pas plu chez moi. J’ai pris une grande inspiration et j’ai effacé tes textos après les avoir relu intégralement. J’ai effacé ton numéro, toute trace de ta présence sur mon portable. En réalité pendant des heures j’ai espéré que tu rappelles encore et que tu cries au malentendu, et à l’imprévu.

T’effacer de ma vie m’a permit de me libérer du point qu’était devenu le fait de t’attendre.

Moralité de cette histoire en dix points, by Chacha.

1/ Ne jamais faire confiance à un inconnu, qui plus est l’un de vos plus grands lecteur (c’est drôle de se dire que le scandal arrive par celui-là même qui en lisant de pareilles anecdotes aurait crié au manque de respect et à l’infâmie) Les inconnus trop charmant qui te respectent, c’est sous droit d’auteur dans les films, les téléfilms et les séries TV hollywoodiennes.
2/ Etre Chacha ne me protège de rien – je dirais même que ça incite des gens à me faire du mal. You-pi.

3/ Je suis toujours la jeune fille fleur bleue et naïve qui rêve au Prince Charmant bien qu’elle sache qu’il n’existe pas.
4/ Par conséquent, je ne veux plus jamais rencontrer qui que ce soit par rapport à ce blog. Les règles ne sont pas toutes faites pour êtres transgressées. Dura lex, sed lex (si vous ne savez pas ce que ça veut dire, faites du latin)

5/ Ne plus jamais insinuer que je peux tomber amoureuse d’un client/client potentiel. Le mal arrive toujours de ceux dont on pense/veut le plus de bien. Chacha désormais ça veut dire « le cash avant, le fun après. » Véridique.

6/ C’est bon de voir que mes pannes de coeur m’aident à mûrir et à me construire. C’est jouissif de constater que ceux qui criaient haro sur le capitalisme me poussent aujourd’hui à bâtir une forteresse de vénalité qui les boutera hors du royaume de mon coeur (et de mon cul) pendant un bon moment. (Suis-je vraiment ce genre de fille ? Qui devient mauvaise parce que quelqu’un s’est foutu d’elle ? Seul l’avenir nous le dira…)

7/ J’en ai marre d’écrire !

8/ J’ai envie au fond de moi de lui hurler de revenir et je me dis qu’après tout, s’il rappelle, je serais ok pour m’excuser et ça mais

9/ Y’a Chacha-la-garce qui crie « ben alors casse toi, pauvre con ! »

10/ Au finish, je n’attends plus rien de cette histoire et ne veux plus jamais être en contact avec toi. Je t’ai laissé 7 jours pour revenir. Tu avais mon numéro de téléphone, mon mail, tu as l’adresse de mon blog. Bien sûr je te trouve malhonnête parce qu’après tout, toi tu peux passer sur ce blog et lire le récit de mes aventures pendant que moi j’ignore totalement ce que tu fais. Chaque fois que je fais un choix dans la vie, je me demande si 10 ans plus tard je l’assumerais encore – j’imagine que tu vivras très bien avec l’idée de ne m’avoir jamais rappelé. Dans ce cas, on n’a plus rien à se dire. Veni. Vidi. Mais pas vici.

P.S : La discothèque du moment : « Ce que tu m’as fait » (Sofia Mestari) ; « Il avait les mots » (Sheryfa Luna) ; « I quit » (Hepburn – j’adore quand elle dit dans la chanson « si un jour je suis sur le point de mourir, s’il te plait ne me sauve pas ! ») Note pour moi-même : je vire midinette ou quoi ?

P.P.S : L’écriture est ma thérapie. Elle exorcise mes chagrins d’amour et magnifie ma souffrance tout en m’aidant à relativiser. Journal intime virtuel, que je t’aimeuh…

Chacha, qui est sur le cul parce qu’elle vient de recevoir un appel de C. qui l’invite à déjeuner. Après que je lui ait dit que je ne veux plus jamais le voir ? Arf – les hommes. Vous croyez qu’il a changé ? Chacha, toujours sur les starting blocks.

Publié dans : Non classé | le 25 février, 2008 |7 Commentaires »
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