Présentation

Alors voilà, moi aussi j’ai décidé de faire mon blog. J’ai lu quelques lignes du blog de belle-de-jour, j’ai découvert et j’apprécie celui de la courtisane anglaise (the english courtesan) et bien sûr, j’ai lu un peu celui de Sacha love (mais sur un forum, de supposées vraies escortes disaient que c’étaient bourré de copié-collé de forums en tout genre, alors j’ai zappé.)

 Pourquoi ce blog ? D’abord parce qu’un secret, c’est fait pour être gardé. D’accord, mais si je peux le partager en tout anonymat, c’est encore mieux et moins lourd à gérer. Avoir une double vie, c’est pas vraiment simple. Deux numéro de téléphone. Deux attitudes. Deux coeurs, presque… Il y a mon journal intime, c’est vrai, mais je ne sais pas pour vous mais j’ai toujours tendance à écrire des « à ce moment là mon coeur était comme figé, tu vois, j’étais vraiment qué-blo. » Le « tu vois », il va dans le vent. Enfin dans les lignes, plutôt, mais vous voyez l’image. J’ai besoin de me sentir au moins lue, de raconter mes journées, mes peines, mes joies. Et puis pourquoi pas après tout ? Voilà, c’est ça la vraie réponse.

Avant je faisais des shows webcams. Ca allait, c’était sympa, et puis un jour j’ai eu envie d’aller sur le terrain, comme je dis toujours. De voir qui étaient ces mecs derrière la cam ou derrière les sites des escorts. Je voulais savoir ce que ça donnait d’être une des leurs. Il faut dire, je suis black, alors je voulais vraiment savoir ce que ça pouvait espérer une fille de mon genre dans une activité de ce genre. Alors j’ai regardé les sites, les bouquins, tout ce qui pouvait être lié de quelque manière que ce soit à cette occupation. J’ai trouvé le moyen de créer un site en trois minute, alors sur un coup de tête, je l’ai fait, sans vraiment savoir où me ménerait tout ça, en me disant que je ne bookerai qu’un appel dans les trois prochains mois, et que d’ici là je serait prête.

Et là, c’est le drame.

Enfin, pas vraiment, parce qu’en réalité ça a été un vrai boom. Ca appelait au moins deux fois par jours, toujours les mêmes conversations, prestations, tarifs, description. J’ai appris à gérer ma surprise ou mon indignation derrière une voix empruntée. Dans ma tête je me dis « voix sensuelle on… blabla… voix sensuelle off. » A l’heure où je parle ça fait déjà quatre rendez-vous que j’ai booké, bien sûr pour moi le feeling est hypra important. Certaines rencontres étaient juste histoire de voir quels visages les gus avaient, de tester le feeling et de franchir le pas. J’avais du mal à aller vers les clients, à sortir de mon trou d’ex super-webcameuse et de me lancer sur le champ de bataille.

 D’ailleurs, en parlant de champ de bataille, c’est un combat de tous les instants, cette occupation. Il faut virer gentillement les gros lourds qui te disent « quand tu vas me voir tu vas baisser tes tarifs, je suis plutôt jeune -(moi) euh pardon t’as quel âge ? -(le gros lourd) 39 ans. » Ok… Ca, c’est fait… Il faut rassurer les mecs qui te demandent si, parce que tu as trois secondes de retard (bon ok dix minutes) tu n’es pas en train de faire un faux plan avec hommes armés à l’appui. Il faut se rassurer soi-même et se dire « mais non, quand il a toussé c’était pas parce qu’il avait un mouchard dans la gorge. » Et être prête, sur le qui-vive.

Avec le temps, j’apprends. J’apprends qu’il faut toujours partir avec le nécessaire de survie dans le sac. Ne jamais croire que le client aura forcément tout à portée de main. Ne jamais croire que c’est gagné d’avance. Parfois les minutes sont trop longues, parfois trop courtes. J’ai pensé pendant une semaine entière à mon premier client, j’avais le souvenir de son odeur, des premiers instants passés ensemble, de nos discussions sur la conjoncture économique, la laïcité, sur les flûtes de champagne sur la table basse. Je ne l’ai rappelé qu’une fois, sous un prétexte fallacieux, comme ça, histoire de. Il m’avait même dit de le rappeler, j’ai trouvé ça vraiment sympa. Maintenant, j’attends qu’il rappelle.

 Cette histoire d’appel, d’ailleurs, ce n’est plus comme avant. Je veux dire, quand tu sors avec quelqu’un ou que tu le souhaites du moins, tu te dis toujours quelque part « s’il a passé un bon moment, il rapelle d’ici 24 heures » et pendant les heures suivantes, tu tournes en bourrique, tu caresses le clavier de ton téléphone portable, tu t’imagines mille scénario où il a perdu le numéro, où il a craqué pour une grosse vache (une fille super belle qu’on croise souvent) et nous a carrément oublié, où tout est possible. Et puis un jour, parfois 24 heures pile poil, il rappelle. Et puis un jour, parfois 24 heures pile poil, il annule. En vérité, en vérité, je vous le dis : la vie c’est comme un coup de poker.

 Moi, non merci, je ne veux plus de relations longues. Trop étouffantes. Trop prises de tête. Je suis un esprit libre, j’aime vaquer à mes occupations comme bon me semble, filtrer les appels que je veux, sortir faire la fête pendant des heures sans avoir de comptes à rendre. Ne me demandez pas en mariage. Ne me proposez même pas de vivre avec vous dans un appartement type T2 avec un grand balcon et une chambre tapissée de coeurs. A l’amour, je préfère le cul. Ce qui est dit est dit.

Disons qu’en fait, ce n’est pas aussi simple. Disons qu’en fait, j’aime l’érotisme. Des aventures comme ça, sans prise de tête, sans cette histoire de rappel, sans envisager le mariage et encore moins la vie à deux. Des aventures dont tu ne gardes pas le numéro. Et puis un jour, le portable vibre « 3615 Braquemart appelle ». Je tiens ça de Sex and the City. J’adore la série, des amies m’ont saoulées avec ça, donc j’ai chopé deux-trois épisodes par-ci par-là en mattant la télé une fois. C’était vraiment sympa. J’aime leur concept de body-call, le mec que tu appelles uniquement lorsque tu as envies. De toutes les façons si je suis escort girl contrairement à beaucoup (pas toutes), ce n’est pas pour les faire raquer. Non, messieurs-dames, mais pour les rencontrer.

Quoi de plus plaisant que de se dire, ce quinqua sexy, je n’aurais jamais croisé sa route ni le chemin de ses lèvres si chacun avait suivit sa voie. J’aime me dire que tout est possible entre deux personnes qui ont le feeling, comme ça, en un claquement de doigts. Je suis pour le « girlfriend experience », rencontrer et partager tout pour un temps. S’oublier vite ou lentement. Tout est une question de sentiments. Tout dépend…

 J’en ai assez dit. Il faut bien se coucher aussi. Je vous souhaite une bonne nuit et vous à dit bientôt pour de fofolles aventures… Bises,

Chacha.

Publié dans : Non classé | le 17 octobre, 2007 |2 Commentaires »
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