Archive pour la catégorie 'Non classé'

Cela me manque…

…L’adrénaline de l’après-rencontre, les mains tremblantes qui tapent sur le clavier les mots incertains, le cerveau qui tente à la fois de se rappeler et d’oublier les faits récents. Ah… Déjà un an est passé. Si vous saviez ce qui est arrivé… Personnellement tout va bien, merci pour les messages entre temps, les 30000 hits sur le blog et tout ça. Peut-être qu’un jour je repasserais par là pour raconter ce qui n’a pas encore été dit. Ou peut-être que je ne repasserais pas. Je suis heureuse. Amoureuse. Je bosse. Escorting en hiatus, ou plutôt hors service – c’est selon. Juste un petit coucou rapide. Ca me brûlait les doigts, alors je l’ai fait.

A la revoyure,

Chacha.

Publié dans:Non classé |on 20 septembre, 2009 |2 Commentaires »

On prend les même et on recommence…

La seule raison pour laquelle j’écris aujourd’hui, c’est parce que je m’ennuie, hein. A part ça, le blog aussi m’a manqué (Paruzu – et les autres – je réponds dans quelques minutes.)

Je me connecte un soir sur la messagerie instantannée, comme ça, histoire de checker mes mails et de répondre par IM au charmant L. avec qui je chatte vite-fait depuis quelques semaines, par fenêtres de dial’ différé (dû à l’emploi du temps busy du mec.) Entre deux emails, j’entends vous savez, le bip de la connexion… Je vous le donne en mille. J2 vient de se connecter. Ca fait près d’un mois qu’on ne s’est pas parlé, pas vu, pas contacté. Il m’a envoyé des mails, ok, mais je n’ai pas répondu. J’avais d’autres chats à fouetter, très probablement. J2 me demande ce qu’li ne va pas, me wizze quand je me permet quelques minutes ailleurs que devant l’écran, se demande ce qui ne va pas, ce qu’il a pu faire de mal. Je dis mais non, rien, c’est juste que – j’avais le blues. Il écrit ah bon. Demande pourquoi. Je ne sais pas trop quoi lui dire, et au final, il doit se sauver, me somme gentiment de lui écrire, me dit que lui, je lui ait beaucoup manqué et qu’il a incroyablement envie de me revoir. Woah.

Woah comme dans woah. Je veux dire… J’ai laissé tombé ce mec pendant un mois, et je ne lui ait pas donné signe de vies. Je me suis ramené avec des heures de retards à nos rendez-vous, j’ai été jusqu’à faire une P.C.D.P.G (petite crise de petite garce, voire Fausses Blondes Infiltrées) en plein milieu de nos ébats et durant nos rencontres, je me permet de bouder et de jouer la fille trop gâtée. Et il est toujours accro…?

Je ne savais pas vraiment quoi faire. Lui envoyer un mail ? Et pourquoi ? Après tout, il m’avait bien piqué une cinquantaine d’euros la dernière fois. C’est lui qui avait voulu ça, pas moi (de toutes les façons, si vous avez bien lu ce blog, c’est jamais ma faute – non mais attendez, je suis l’héroïne de toutes les histoires, je vais pas en plus me taper le plan culpabilité, non ? ) N’empêche, je repensais à ce qu’on avait vécu – c’était marrant, quand même, nous deux. Ouais mais en même temps, je repensais à mon post sur le blog, je me rapellais que j’avais écrit que J2 me détruisais et qu’il ne fallait pas le revoir. Ses délires glauques, les séances de cynisme où ma bouche disait l’exact contraire de ce que je pensais… Je ne savais plus. Alors j’ai pris le choix de m’abstenir de faire un choix (parce que choisir c’est renoncer, on la connait tous, celle-là.)

Quelques jours plus tard, un type m’appelle pour booker le mardi suivant. Je dis ok, pourquoi pas. C’est sans compter que la nuit de lundi je ne dors pas et que je suis trop H.S pour quoi que ce soit le lendemain. Pourtant je me réveille 2 heures avant le rendez-vous et je pourrais me bouger les fesses, me doucher, prendre ces (maudits) transports en communs et y aller et toucher ma prime pour bougeage de fesses intempestif. Au lieu de ça, je reste sur le canapé de ma soeur, je zappe – et je matte. L’heure tourne. Mon portable n’a plus de batteries depuis la veille au soir et même si j’aurait pu trouver du crédit quelque part, je n’ai pas le numéro de téléphone de ce type. Il faudrait que je change ma puce avec un autre portable – or, n’importe qui sait que certains messages enregistrés sur la puce peuvent pour x raison s’enregistrer sur un autre portable, une fois la puce intégrée. Or, je ne veux pas prendre ce risque. Tic tac. Tic tac. L’horloge me rit au nez, les aiguilles tournent, ma tête aussi. Je me sens bête et tout ça, je sais que je devrais vraiment me lever et y aller, parce que ça ne se fait pas de laisser un mec comme ça, tout seul, sans prévenir et tout ça, mais non, je reste là. C’est vraiment la première fois que ça m’arrive et en même temps que je trouve ça nul, je me trouve des milliers de raisons de ne pas le faire (« ça ne sert à rien d’y aller si t’es même pas un peu fraîche ! » ; « 4h de sommeil, merci ! vive le dynamisme ! » ; « de toutes les façons, ça sera un gros con, tu sais… ») Et croyez moi, j’étais pas loin du compte.

Deux jours plus tard, messagerie vocale. « Vous avez neuf nouveaux messages. » Evidemment, les vrais « neufs » sont au nombre de trois. Le premier est de G., vous savez le belge, un client trop chou que j’aurai bien aimé me faire, me disant « il fait superbe sur les terrasses, j’aurais voulu vous inviter. » Sur les terrasses de ma ville, où toute ma famille et mes amis peuvent me croiser, avec un client ? Message effacé. Nouveau mesage, reçu hier à 14 heureeees trenteuuuh « Oui Chacha, voilà, j’arrive. » Message effacé. Nouveau message, reçu hier à 14 heureees trenteeeuh. « Oui Chacha, franchement c’est pas cool, j’ai fait 150 Km pour te rencontrer, c’est vraiment dégueulasse ! » Je n’ai pas compris votre commande. Pour retourner au menu principal, tapez…

Ca mérite un woah-bis.

Woah-bis parce que putain, je me sens super mal quand même. J’essaie de rire et tout ça, de trouver le mec ridicule (150 km pour une escort girl ? Bon ok, c’est tout de même Chacha mais bon faut pas abuser non plus…), de trouver une sorte de sensation qui me ferait me sentir bien quand même. Hé m… Je me sens nulle. Je me sens tellement… c’est un manque inqualifiable de professionalisme. J’aurais du me bouger le cul, appeler, et si je ne pouvais pas appeler, me rendre au rendez-vous, tant pis pour les dessous sexy que je n’aurais pas pu prendre au passage pour cause de big retard, tant pis pour… Pfff. Je me sens mal, ça s’explique pas. Ce mec a le droit d’être en colère contre moi parce que j’ai agit comme la reine des garces. Je vois maintenant ce que J2 a pû ressentir toutes ces fois où je suis arrivée en retard de plusieurs heures, et où parfois, alors qu’il était en route, je lui ait fait faux bond. Je suis vraiment une…

« une salope ! »

QUOI ?

Pour relire le message, tapez sur la touche 2. Ok, je la tape ta putain de touche 2. On est deux jours plus tard. La veille, j’ai laissé un message à ce type, en m’excusant d’avoir été absente et de n’avoir pas pu prévenir, en prétextant un impératif professionel et en m’excusant encore. En disant que je comprenait qu’il soit en colère et que si un jour il souhaitait que l’on se revoit, ce sera un plaisir pour moi de l’inviter pour un café, etc. Ca se finissait par un aurevoir, c’est tout ce dont je me rappelle. Je me trouvais donc sur le canapé, je venais d’effacer une myriade de messages vocaux inutile et mon portable avait reçu un message vocal de ce type – daté du jour même de la fameuse absence. « Franchement, j’ai perdu la journée pour venir te voir ! T’es vraiment une salope ! »

Errr – arrêt sur image.

Je veux dire… J’ai laissé la veille un message sympa et mea-culpa dans le style à ce type alors que deux jours plus tôt ce putain de portable de m… n’avait toujours pas affiché le BON message vocal ? NON MAIS ON EST OU LA ? ON CROIT REVER ! Alors ok, je ne me suis pas pointée au rendez-vous, ok je ne suis pas la fille qui se bouge les miches le plus facilement au monde, OK j’agis comme une garce par moment, OK je m’en prends dans la tête par moment mais il y a une chose qui est loin d’être vrai : je ne suis PAS une salope. Une salope, c’est une femme qui vous fait l’inviter au restau, lui acheter des Manolo Blahnik, l’inviter au ciné, lui acheter un manteau en fourrure et qui après avoir fait ses plans sur votre épargne vous taxe un max et ne vous rappelle pas. Une salope, c’est une femme qui vous fait croire que vous êtes intéressante dans le but de vous baiser et de pouvoir s’en vanter et ne vous rappelle pas (et les plus grandes sont des hommes, croyez-le bien.) Une salope, c’est une femme qui vous fait un faux plan et ne vous rappelle pas. Une salope, c’est une femme qui n’a pas besoin de se mettre dans tous ses états parce qu’elle sait que c’est une salope et ne vous rappelle pas. Je ne suis PAS une salope, ok ?

Inspiration. Expira… non mais c’est quoi ces techniques de relaxation de merde ?

Bon, si vous avez un peu lu mes posts (si c’est pas le cas, je n’ai que deux mots à la bouche : pas bien !), vous savez que je ne suis pas le genre de filles qui rapellent les mecs et les harcèlent. Je perdrai du crédit, j’enrichirais mon opérateur télécom, or, quitte à ce que quelqu’un s’enrichisse dans l’histoire, je préfère que ça soit moi, v’voyez. J’ai décidé de laisser pisser. J’avais toujours un peu de bave au bord de lèvres, vous savez comme quand vous avez explosé dans une rage noire ? Nan le détail de la bave c’est juste parce que j’aime en rajouter, j’avouuue. Mais c’est tellement bon. Enfin bref, je dirais n’importe quoi pour captiver l’attention moi, de toutes les façons. Vous me donnez 2 euro la minutes, je suis partie. Breffffffffff. Je me suis surtout dit « pense à la gueule du type quand il recevra ton message ! » Le culotté culloté (mouais ça le fait pas, hein ? C’était pour dire que le mec culloté avait trouvé plus culloté que lui.) En gros, ça veut dire qu’il y a beaucoup plus de quoi être sur le cul de recevoir un message gentil après avoir insulté une fille de, je cite, « salope », plutôt que de traiter une fille de « salope ». Perso, je trouve ça plus courageux. Après, chacun sa notion du courage, hein.

J’étais beaucoup plus relax, depuis que je m’étais rendu compte qu’après tout, je n’avais pas raté une perle. Si un type sans me connaître peut se permettre de me traiter de « salope » (je veux dire merde – qu’il attende au moins de me connaître, il sera pas déçu !), c’est que le type n’est que le prototype de la raclure lui-même. Or, de prototype de la raclure, je ne veux point. Une absence injustifiée ne méritera JAMAIS une telle insulte – surtout que quand on est poli on attend au moins 24 heures pour savoir ce qui est arrivé à l’autre. Non mais quel sagouin ! De toutes les façons, avec un accent pareil, c’était assuré d’être le mec-du-sud-type dans toute sa splendeur : macho et con. J’aime les mecs du sud dans toutes leurs pas-splendeur : tolérant et canons. Enfin, ce que j’en dis.

J’arrêtais pas de repasser le message dans ma tête (vu que je l’avais effacé illico presto amigo de ma messagerie vocale.) Moi une s… ? Bon ok, on se calme Mohamed Ali, raccroche tes gants. Pouah. Ce type avait le droit d’être en colère mais de t’insulter non. D’ailleurs, t’en connais un rayon sur les mecs en colère – tu t’amuses à les titiller. Et si y’en a bien un que t’as titillé, c’est J2.

Quelque chose a fait tilt dans ma tête.

Malgré toutes ces fois où je n’étais pas venu, où j’étais venu en retard, où j’avais boudé, où j’avais trainé les pieds, où j’avais repoussé ses tentatives, où je n’avais pas envoyé de mails, où… J2 ne m’avait jamais insulté. Jamais. Jamais. Jamais. Pas l’ombre d’une fois il n’avait même essayé d’hausser le ton, de montrer que je n’étais qu’une espèce de je-ne-sais-quoi, c’était même moi qui finissait toujours par lui demander, avec cette voix de petite fille qui je sais fait fondre les hommes (beaucoup) plus âgés « tu es fâché contre moi? » suivi aussitôt d’un « non mais tu sais… tu as le droit, je comprends. » Et lui de dire que oui, il était fâché, mais que non, il ne m’en voulait pas, mais qu’il espérait me revoir et tout ça.

Woah-number-three. J2 était carrément accro.

Finalement, je me suis posée devant mon portable et j’ai déplié mes doigts dans un geste incroyablement artistique pour écrire un mail à J2. Je lui ait dit que je voulais bien le revoir, mais avec mes conditions. D’abord, je ne voulais plus cet hôtel cheap, je voulais un hôtel un peu plus « standard », un truc avec un bon rapport qualité-prix sans avoir à passer par (l’éprouvante) épreuve de la réception (toujours seuls et différé mais ça fait toujours suer, les sourires hypocrites et de sentir son coeur battre à tout rompre en ayant peur qu’ils ait filmés quoi que ce soit, qu’ils nous arrêtent d’une main sur l’épaule pour dire « hep, vous étiez dans quelle chambre ? et pourquoi ? »). J’ai même dit que moi de mon côté, je concéderai une cinquantaine d’euros sur mon tarif habituel pour qu’il opte pour cette chambre. Je voulais le revoir ok, mais cette fois, avec des conditions beaucoup plus claires – plus d’hôtels cheaps et de délires glauques. Il a répondu en trombe quelques heures plus tard « tout ce que tu veux. » La plupart des hommes dominants au pieux sont tellement adorables sur le plan vie sociale qu’ils en paraissent soumis. ‘Trouvez pas ?

Après de terribles péripéties à propos de comment atterir vers chez moi, J2 s’est pointé sur le parking de chez moi à 9 heures 30 au lieu des 8h promis (en fait, j’ai glandé dans la salle de bain, comme d’hab.), mini-jupe sans sous-vêtement comme promis, bottes qui arrivent en-dessous des genoux, petit col roulé marron qui moule mon bonnet B (ouais maintenant vous savez.) J2 est comme qui dirait « merguez » de me voir.

Main qui glisse sur mes genoux, essaient de glisser entre mes jambes… « Mmmm », je dis, en guise de désapprobation. Il retire sa main. On traine dans ce quartier de mon enfance, et en plein centre-ville – ok il n’y a pas vraiment de risques de voir de la famille mais quand même, merde ! Je vais pas me faire tripoter comme ça ! Y’a pas marqué « jambonneau », sur mon front, pour info. J2 se résigne et conduit, on échange quelques mots, poussé par sa gentillesse je finis par lui dire tout ce que je pensais de notre rendez-vous dernier, le fait qu’il passe de l’anus au vagin avec le même préservatif plusieurs (« mais tu ne disais rien, je pensais que c’était ok ! » moi, offusqué : « ouais ça va, je mimais bien la fille pas contente quand même non ? T’écoutais pas mes gémissements ? ») Il hoche du chef, lâche le volant pour me caresser les genoux. Je lui parle de l’argent qui a disparu, que j’ai aps apprécié du tout – il dit qu’il a oublié, qu’il n’aurait jamais fait ça volontairement. Je conclus qu’en fait j’étais dans une période où tout le monde me décevait et que j’ai finit par me faire à l’idée que lui aussi m’avait déçu. Il a dit oui, tu devais être dans une mauvaise passe, parce que je ne t’aurais jamais fait ça volontairement. J’ai hoché du chef, lui ait sourit, attrapé d’un geste furtif le mini-ourson sur son tableau de bord et je l’ai caressé doucement. Arf – ce genre de trucs, c’est super chou. Ca veut dire que ses enfants montent souvent dans la voiture (ou non, sur l’étiquette au dos, y’avait l’enseigne d’une chaîne d’hôtels.) Mais on n’a pas parlé de ses enfants. Je lui ait dit que je voulais ce nounours – il m’a dit ok. J’ia dit grandeur nature. Il a rit, il m’a demandé où est-ce qu’il pourrait bien le foutre et qu’est-ce qu’il pourrait en faire, justement. On s’est sourit.

Perdus.

On était perdus dans la ville à cause de moi – je pensais pouvoir le guider jusqu’à l’hôtel de mon choix (qui se trouve à exactement cinq minutes à pieds de l’hôtel cheap habituel) et en fait, on n’en finissait pas de tourner en rond. J’ai finit par lui avouer qu’on était perdus – il a pas bronché, mais ça se voyait qu’il était contrarié. Je me sentais encore comme une petite fille qui allait se faire gronder. J’ai tourné la tête vers la fenêtre, et j’ai attendu que ça passe. Et évidemment que non, ça ne passait pas. « Tu me fais la tête…? Tu ne me parles même plus. » Il a regardé vers moi, regardé les panneaux d’affichages, regardé vers moi encore, essayant de donner le change. « Mais non Chouchou, je te parle encore, c’est juste que je ne sai spas trop où on est… Et puis, parle moi toi. » Oufff, il ne m’en voulait pas. C’est tout ce que je voulais. Je trouvais ça trognon que malgré sa découverte (navrante) de mon sens de l’orientation (navrant) il soit toujours aussi mimi. Ca m’a plus ou moins fait craqué.

Tadam !

Après dix minutes, nous voilà devant l’hôtel de mon choix. Il va régler, je reste dans la caisse. Je pense à l’après. Comment ça va se passer dans la chambre, est-ce que ça sera encore glauque, est-ce que… ou bien… ou encore… Clic clic. Voiture dévérouillée, pied à terre, fouette cochet. Uh-dah. Chacha au trot jusqu’à la chambre.

Petit bisous, mains qui glisse, son corps qui se frotte contre mon corps nu, ma bouche qui – censuré – je m’allonge, il est au-dessus de moi, j’attends, je guette, je trépigne d’impatience et ça y est, c’est le coup de grâce, il est en moi.

Woah.

Oh mon dieu, mon dieu, mon dieu ! Il m’avait MANQUE ! Il m’avait manqué son membre trop puissant, ses coups de reins fabuleux, son regard perdu entre le désir et le plaisir, le rouge qui lui monte aux joues, les gouttes de sueur, son corps cambré me pénétrant encore et encore… Je lui dit spontanément ce qu’il a toujours rêvé que je lui dise, je le pense, je le pense vraiment… que je suis à lui, que je ferais toujours ce qu’il voudra, qu’il m’a tellement manqué… Mon coprs fait badaboum, je veux l’embrasser, l’étreindre, le goûter, le mordre, le… Ohhhh mon dieu… Ses doigts sur moi, en moi, partout… J’ai envie de lui ! J’ai envie de lui, encore, encore, encore. Bon bien sûr, je simule encore un peu, je soupire un peu dans ma tête d’avoir à faire semblant de jouir deux autres fois (ou plus)… Mais globalement, c’est bon, c’est très bon, c’est très très bon d’être là, avec lui, à lui.

C’est marrant parce que cette fois-ci, son liquide séminal n’était pas si goûtu que ça. Enfin – que demande le peuple.

Douche pour monsieur, serviettes en papier et lavabo pour madame. Test miroir : Chacha est ravissante et épanouie. Gégé. Douche pour madame. Posture allongée sur le dos pour monsieur. Test regard-en-speed-dans-la-chambre : J2 est souriant et détendu. Gégé.

Douche express pour monsieur. Longuette pour madame, qui se fait attendre.

Je sors avec regret, le rejoint sur le lit. Je dégouline d’eau, mes cheveux enroulés négligeamment dans la serviette, font de petites perles dans mon dos, sur mes reins, sur le bout de mes seins. J2 veut me prendre dans ses bras. « Ah, t’es mouillée ! » On explose de rires. Je reste près de lui, on échange quelques mots, il me dit qu’il est très content, que comme toujours c’était très bien, on se fait un bisou plein de tendresse. Il me dit qu’on est là pour s’amuser, pas pour se prendre la tête (référances aux pratiques – qu’il a évité – dont je n’étais pas contente.) Il me caresse le menton, sourit, glisse les billets dans mon sac. Je ne regarde pas, lui dit du menton « vas-y, je te fais confiance. » Lui : « ah non mais vu que la dernière fois j’ai oublié et que je me suis fait engueulé ! » Je souris, lui tire la langue, il explose de rires. Il m’a tellement, tellement manqué…

Ce que j’aime avec J2, c’est l’après. Après, on parle toujours d’un tas de trucs (les mêmes trucs qui me gonflaient la dernière fois me manquaient ce jour-là), de nos vies respectives, de la prochaine fois. Cette fois-ci, il ne me dit pas la prochaine date, je doute un peu du coup, mais je préfère le prendre bien, me dit qu’il a mon mail et mon téléphone. Il m’embrasse sur le front, me dit qu’il regrette qu’on n’ait pas eu le temps de vraiment se parler – j’ai pris trop de temps sous la douche – me dit à très vite, me dit – comme toujours – que si j’ai oublié quelque chose, je lui rapporterais la dernière fois. Il part à pas de loups. Sur la table, la facture de la chambre – une cinquantaine d’euros. Et pourtant, quand je compte la liasse de billets, il n’a pas enlevé un euro à mon tarif habituel. Sourire.

Douche encore plus longue, habillage en speed, clin d’oeil au miroir. Il n’y a qu’avec J2 que je met une tenue de rechange dans mon sac du coup ça fait très James-bond-girl quand je sors à nouveau de la chambre d’hôtel (je passe des talons aux Converses.) C’est pour ça que passer l’épreuve de la réception dans l’hôtel cheap était si embêtante… Et aujourd’hui, enfin, j’étais à l’aise dans mes pompes et je pouvais sortir de l’hôtel sans qu’on m’épie d’un oeil. Ouuuuf. Finalement, ça valait le coup de renouer avec J2.

Chacha, qui se rapelle avec plaisir ce que ça faisait d’être dans ses bras. J2, mon chouchou, mon favori, mon VIP. Je l’adore…

Publié dans:Non classé |on 15 avril, 2008 |4 Commentaires »

Meilleur espoir masculin.

T. m’appelle un de ces soirs où je m’imagine que rien ne se passera avant un petit bout de temps. Voix intéressante et séduisante, il sait ce qu’il veut, va droit au but (comme Trezeguet). On conclut assez rapidement un rendez-vous pour le jeudi prochain dans un hôtel dont je n’ai jamais entendu parler (enfin l’enseigne si, mais je ne savais pas qu’il y en avait un dans cette ville-là. Bref.)

Rendez-vous pris pour onze heure et demi. Je suis là à minuit. Le taximan est un mec plutôt costaud, type qui roule sans te faire la causette – et même quand il l’a fait, ça n’est rien de transcendant. Plutôt mignon, vu de dos. Il me manque une dizaine d’euros pour la course et je trouverais une excuse le lendemain pour le rappeler et ajouter une quinzaine d’euros à la course, comme pourboire. J’ai horreur d’avoir à faire ce genre de choses.

Dans la chambre.

T. est plus ou moins en caleçon, il y a la télé de l’hôtel qui diffuse en boucle des images de la ville qui font pensé à ce qu’on peut voir dans un office de tourisme. Cela avec un fond sonor qui ne sera jamais au top des ventes, si vous voulez mon humble avis. T. a un embonpoint, grisonnant, mais très doux. Il n’a rien de charmant, rien de repoussant non plus, et je suis plutôt soulagée d’être enfin avec quelqu’un avec qui je peux créer une connexion aussi physique que spirituelle. Il me sourit.

Je m’allonge près de lui, nous commençons à échanger quelques mots. Ce que je fais dans la vie, ce qu’il fait dans la sienne, pourquoi nous sommes là tous les deux. Je le trouve super très charmant, dans l’approche. Quand un homme prend ce temps, ces quelques minutes pour me parler et me découvrir, ça me touche toujours. C’est toujours mieux que ces espèces d’abruti qui me sautent dessus sans m’adresser un mot.

T. s’avance lentement mais surement vers moi. Je me laisse faire. Je pense à ma petite black qui viendra surement, si tout tourne mal et je me sens rassurée. Depuis que cet alter-ego existe, je suis moins stressée quant à ce à quoi je devrais penser et autres types d’issues que je devrais trouver si le plaisir n’est pas au rendez-vous… Au fait, j’ai décidé de l’appeler Kiesha. Ne me demandez pas pourquoi, hein. Je ne sais pas moi-même.

Ce qui est remarquable avec T., c’est qu’il est d’une douceur incroyable. Sa bouche a un gout délicieux… Ses doigts glissent sur moi… Il y a une alchimie énorme qui se crée et bien sûr, dans nos élans les plus physiques, la présence de Kiesha se fait sentir et j’irais même jusqu’à l’embrasser de mon propre chef et à inviter ses doigts à aller et venir en moi, encore plus vite, encore plus profondément. C’est fou comme cet homme-là sait réveiller la bête qui est en moi… D’habitude, je laisse faire, je participe un peu, j’agis comme mon partenaire voudrias que j’agisse, essayant de devancer ses désirs, de m’éxécuter à chacun de ses ordres, et toujours avec en tête cette obsession de l’accompagner jusqu’à ce que le fruit de son plaisir me recouvre… Chacha, arrête tes cochonneries. Ok, ok…

Entre-deux qui s’installe (Fab – oui je t’ai cité une troisième fois, t’imagines ? Pfff, les groupies je vous jure… – il appelle ça le « social time » et j’adore cette appellation. Malheureusement, comme je n’ai aps envie de lui reverser des royalties à chaque fois que j’userai de ces termes, je préfère ne pas en user.) Donc je disais, social time qui s’impose (ouais bon Fab’, t’es gentil, tu me fais un prix hein…) T. s’enquit tout de suite de savoir que j’ai froid et me met à l’aise, me prend dans ses bras, m’embrasse. Il m’avoue qu’il rencontre souvent des escort girls – ce qui me fait penser à cette catégorie d’hommes dont Kay parle dans son bouquin (c’est une référénce pour moi, ce bouquin :p) qui sont accro à la relation payée. Ca me fait sourire.

Très vite, l’échange devient intéressant. Il m’avoue que ce que pratique est assez déluré pour une fille de mon age, et comme je suis en train d’éclater de rires, il me dit que c’est vrai, après tout, je prend ce que je fais de façon assez cool et que ce n’est pas forcément ce à quoi on s’attend d’une escort girl. Il me parle de ces rendez-vous où, il se rend bien compte que la fille court après son argent et que lui dans sa tête il a qu’une envie, que ça s’arrête. Ces fois où il se dit « c’était nul… je ferais mieux d’arrêter » et puis quelques semaines après, le revoilà avec une autre fille. Il me dit qu’il sait que ce qu’il fait est nul, mais que d’un autre côté ça fait du bien et que si le but est vraiment de s’éclater, alors après tout, ça ne peut pas être si mal. Un autre sourire s’esquisse sur mes lèvres.

Je me sens juste bien, j’oublie complètement l’heure qu’il est. Tard, surement. Je me laisse aller, lui demande des questions de plus en plus intimes, des questions auxquelles il répond avec un éclat de rires. Ton fantasme le plus fou, je finis par demander. Il est pensif… Un fantasme gay !

Ouch.

C’est la première fois qu’un homme est aussi sincère avec moi et je trouve ça incroyablement touchant. Il me dit comme ça, t’as du remarqué que je suis « un peu sensible du derrière » (on éclate de rires), « hé ben je sais pas, j’aimerais bien avec un mec… pour voir. » Je hoche la tête. Je trouve ça incroyable qu’il m’ait dit ça, alors que finalement on ne se connait que depuis une poignées de minutes.

Pour tout vous dire, j’ai toujours pensé que les hommes qui aimaient plus ou moins les annulingus étaient plus ou moins des gays refoulés. Honnêtement, hein. J’avais discuté de ça avec mon super pote S., un mec assez déluré qui en fait est juste bi mais n’arrive pas à tenir une érection en présence d’une fille. En gros, il m’avait dit que dans un couple, un mec qui disait fermement qu’il n’était pas gay et pourtant acceptait que sa copine pratique l’annulingus sur lui, signifiait que le mec refoulait des fantasmes gays. Pour lui, la fille devenait la transition soft qui empêchait de penser à un mec, tout en sache que basiquement elle agissait comme l’autre mec dans un couple gay. J’ai pas mal hoché du chef, durant cette conversation, parce que je pense vraiment comme lui. Maintenant, je ne sais pas si tous les mecs qui ont des fantasmes doivent passer ou non à l’action. Je ne sais pas si tous les mecs qui adorent l’annulingus ont pour autant des fantasmes gays. Mais c’est vrai que ça prête à confusion.

Deuxième round qui s’approche… Noonnn… Vous savez, depuis que je suis passée « pro » (même si ce coup-là, c’est T. qui m’a remit une enveloppe au début du rendez-vous sans poser de question), je comprends de mieux en mieux les « courtisanes. » Les courtisanes dans tous les mondes (virtuels et réels) et de tous les horizons sont les escort girls les plus expérimentées et les plus chères. En fait, je me suis rappelée cet article que j’avais lu sur certaines d’entre elles, qui avouaient (enfin!) ne pas être des mordues du sexe et ne pas avoir que des clients cleans, et qui disaient que si elles avaient parfois des prix aussi exhorbitants, c’est parce qu’elles avaient ce qu’elles faisaient en horreur et que le fait de tarifier ces services le double de ce qu’ils valaient suivant les tarifs du marché, ça les aidaient à « supporter » ça. Par exemple, les maîtresses fétichistes qui n’aiment pas certains services, demandent le double pour les pratiquer. Ou encore, vous savez la jet-setteuse Lara que j’ai bloggé dans la rubrique « à noter » ? Peut-être qu’au fond, elle ne rencontre que des trous du schmoll et que c’est pour cela qu’elle peut demander autant pour seulement deux jours dans le mois. C’est pour cela que je ne supporterais pas de passer courtisane un jour. Je pense à ces femmes qui « tournent » à un à six mecs par jour, gagnent des sommes énormes, mais au fond, ont cet espèce de ras-le-bol de l’acte sexuel, ne sont plus que des cartes de crédits et des bouts de viandes pour chien-chien friqué. Je ne veux pas devenir ça. Les deuxième rounds ont de plus en plus tendance à me saouler pour être honnête avec vous et bien sûr, c’est l’une des règles de l’escorting, soit on dit clairement qu’il n’y a qu’un rapport par heure (auquel cas on s’expose à n’avoir aucun coup de fil), soit on invoque son alter-ego et on se laisse aller. J’ai choisi mon camp.

Le deuxième round n’était pas prévu, d’autant que j’avais la forte impression que cela faisait plus d’une heure que l’on était ensemble (malgré mon retard.) J’ai grillé que ça allait arriver quand T. a sorti de façon hypocrite, en remettant une mèche derrière mon oreille, « tu sais, il se fait tard… et puis des taxis, je pense pas qu’à cette heure-ci il y en ait des tonnes… je crois que je vais te ramener, ok ? » Je trouvais ça che-lou de chez che-lou. J’ai sourit timidement, remercié du bout des lèvres. Ca voulait tout simplement dire que j’étais coincé là jusqu’à ce qu’il décide de me ramener.

Deuxième round qui confirme qu’il est « sensible du drrière. » Enormément de caresse et de tendresse et de douceur. C’est très surprenant et très agréable à la fois. Je me laisse aller et cette fois-ci, avec plaisir.

Ce rendez-vous là était très sympathique. Petit moment de pur interêt et d’hypocrisie (le coup de « j’te ramène »), petit moment de confusion (le taxi que je n’ai pas payé assez), grand moment de complicité (le pseudo coming-out) et gros câlin. Et j’avais besoin de créer l’illusion de l’amour entre deux êtres, entre mon partenaire et moi et T. a su effacé les mauvais souvenirs des rendez-vous précédents.

Je ne pensais pas spécialement le revoir, j’avais un mince espoir et finalement, ça s’set fait. C’était hier soir – et c’était génial.

Chacha, toujours en train de rêver, jamais en train de bosser. La devise des rois de la glande.

Publié dans:Non classé |on 29 mars, 2008 |Pas de commentaires »

Le squelette (ou la vérité sur les hommes minces)

Nan mais le titre est juste genre attrape-couillons dans le genre. Désolée si vous atterissez là. Il n’y aucune vérités sur qui que ce soit dans ce blog – ou alors, ce serait genre pas intentionel et tout ça. Vous croyez que je devrais faire un disclaimer type « tout ce que vous lirez est purement de la fiction » et tout le toutim ? C’est pas la question ? Ok, pigé.

Vous vous rappelez du rendez-vous que j’ai dû annulé après mon rendez-vous décevant avec J2 ? Hé bien j’avais déjà annulé un rendez-vous la veille (alors que j’avais rendez-vous avec M.) ce qui la foutait plutôt mal parce que annuler deux rendez-vous après en avoir confirmé un à moitié et l’autre totalement – et avec aplomb en plus – ça ne se fait tout simplement pas. Or, Chacha est douce, chacha est intelligente et surtout Chacha est polie.

J’ai donc pris mon téléphone et composé le numéro de G. Il a un nom italien mais très honnêtement pas d’accent spécial au téléphone. D’ailleurs la voix de mes contacts me déroute bien souvent. Les suaves sont des obèses. Les sirupeux des pervers. Les normal-bof des squelettes.

G. me dit donc pas de soucis-tout-ça, ça m’a fait suer mais c’est ok, j’apprécie que tu rappeles-tout-ça. Une semaine plus tard mon téléphone sonne, c’est lui (bien sûr vous aviez deviné, pas la peine de triompher, ça veut tout simplement dire que vous suivez l’histoire, pfff.) Il me dit qu’il voudrait booker pour le début de semaine prochaine. N’y voyant aucune objection, je lui dit que je serais ravie de le rencontrer et lui dit à très vite.

Quelques jours plus tard, me voilà partie dans un cache-cache sans nom dans la ville. G. m’a dit qu’il serait à l’hôtel M., or c’est justement l’hôtel où j’ai rencontré mon (client) « Favori » (J.) et de par le fait je connais très bien la route. Enfin, c’est ce que j’ai cru jusqu’à ce que je me perde un peu dans le dédale des rues, avec mon sens de l’orientation sévèrement mis à mal (enfin il n’a jamais été très brillant de toutes les façons, ce sens-là) et mes nerfs qui commençaient à sérieusement être tentés de faire une crise. Coup de fil. G. décide de passer me prendre. Nom de la rue donné, GPS mit en route, roues qui crissent. On dirait un film d’action et puis en fait, bah nan, c’est que ma vie.

Heureusement, c’est pas comme ça tous les jours.

Après beaucoup de pensées du style « putain ça va durer encore combien de temps ce manège! » et autres tentatives (ratées) de rester zen, le moteur de la caisse de G. s’avance, tel le carosse dans le conte de fées. Je monte, à moitié ravie d’être enfin avec lui, à moitié totale larguée de n’avoir plus de batteries, ni de crédit, ni l’envie d’aller plus loin. G. ouvre la bouche.

Non, je veux dire, G. ouvre la bouche.

Il a un cheveux sur la langue. (-__-)

Comprenez, j’adore les seveux (euh cheveux) sur la langue chez une femme, je trouve ça mignon tout plein et à la limite érotique (mouais faut voir – bon vous avez compris – je sais pas y’a bien des mecs qui aiment ça chez des femmes non ? Non ? Ok, je reprends où j’en étais.) Mais chez un homme, c’est anti-sexe à mort. Pour moi en tout cas. Je veux dire, vous voyez un mec canon au bar d’un café, vous vous approchez style je-vais-te-lâcher-mon-06 m’voyez, et tout à coup il ouvre la bouche et dit des « s » à la place des « ch. » En plus de ça il est chti (bienvenue Chacha – merci, je m’en serais bien passée.) En plus de ça il aime la course à pied et a été plutôt bien classé (attention ça casse pas des briques niveau classement mais c’est pas mal pour un amateur) aux dernières courses de Chépluou. En plus de ça il a une passion : les chiens (il a des rott’.) Glamour, vous avez dit glamour ? Vous vous êtes trompés de blog.

J’essaie quand même de le trouver charmant, un petit air machin, un petit truc comme-ci mais malgré mes tentatives de sauver la face, il y a je ne sais pas… Rien. Rien comme dans rien. Rien de chez rien. Tout simplement rien. Il y a un vide intersidérale, un gouffre abyssale qui nous sépare. Pourtant il n’est pas repoussant (malgré qu’il soit chti avec un cheveux sur la langue et qu’il adore ce truc entre jogging et marathon et qu’il a des chiens qui font flipper comme passion) – je veux dire, il a visage plutôt commun. Chacha, putain, essaie de trouver un truc, vite, viiiite. On est déjà dans l’ascenseur et il faut que je trouve un truc parce que sans truc, cette petite étincelle qui fait s’allumer la flamme des deux amants éphémères, prendre son pied est impossible. Or, je compte bien m’éclater. (Au fait, l’hôtel M., en fait, il y en a deux dans la ville, deux grands, le même nombre d’étoiles – quatre – mais à deux endroits différents de la ville. You-pi.)

Puisqu’on est là, entre nous et tout ça, je vais vous dire la vérité. J’ai horreur des hommes minces. Ouuuuuf – ça y est c’est dit, c’est fait. Je veux dire, pas les mecs qui rentreraient dans une certaine « norme », type pas musclé ni rondouillet mais juste-ce-qu’il-faut. Je parle des hommes « minces » genre très minces, squelettiques presque. Ils me font flipper. Ils me font penser à cet ado anorexique que j’avais cotoyé lors d’une hospitalisation et dont j’avais hérité du dessert (on m’a annoncé qu’il était anorexique APRES que j’ai mangé son dessert, ça va je suis pas totalement une garce non plus – quoi que – non vraiment pas, je ne suis pas une garce. Enfin je me soigne. Enfin bref.) Ils me font penser à ces types mal dans leurs peaux, célibs de longue date, incapable de se trouver une fille et d’être à la hauteur pour la garder pour ceux qui en trouvent. Aucun sex-appeal. Et pourtant, vous allez rire, 98% des types minces avec qui il y a eu « rapprochement sévère au-dessous de la ceinture » veulent dominer au pieu, adore les gorges profondes, se comportent mal envers la gente féminine, ont des fantasmes plutôt SM (ou carrément pervers.) La plupart du temps, il faut que je fasse un travail sur moi pour éradiquer de mes pensées tout ces préjugés que j’ai à propos des hommes très minces. Je veux dire – et si ça venait de moi ?

Peut-être que c’est parce que c’est ma vision de l’homme : un homme, un vrai, est un homme fort physiquement, donc logiquememnt je préfèrerai me taper un type un peu rondouillard (type M.) parce qu’il confirmerait ma vision de l’homme qui rassure, de l’homme qui gère, de l’homme quoi. Je me suis dit – et si c’était dans mes gênes, cette vision de l’homme ? Ok, je suis obsédée par l’idée d’avoir des bébés métisses (demandez à Fab’, il vous le dira – Fab je veux la même que la tienne, elle est TROP belle…), ok je suis globalement plus attirée par des caucasiens que des blacks mais n’empêche, cette image de l’homme fort, de l’homme musclé et tout ça, est-ce que c’est pas une vision africaine de l’homme ? Où l’on en viendrait au fait d’admettre que malgré ma réticence à avoir des visions « clichés » de l’Homme et de la société, il y a quand même quelque part en moi une façon génétique de voir les hommes, une vision africaine de l’Homme. Peut-être que c’est comme vous savez quand j’étais en CM2 (ouais ben je raconte ma vie, c’est pour ça qu’il est fait ce blog, nan ?) et qu’on devait faire un masque. J’avais choisi comme couleurs dominantes le violet et le jaune et la prof s’était extasiée en voyant le résultat « ça fait très masque africain avec ces couleurs, c’est joli ! » alors que je n’avais pas DU TOUT l’intention de faire un masque africain. J’avais souris timidement. Dix ans plus tard, on m’a dit qu’elle était raciste, elle avait probablement voulu dire « c’est bien de l’artisanat de chez toi, petite négresse », mais à l’époque le racisme n’était plus so-hype (j’ai l’impression d’être la voix off de Tout le Monde Déteste Chris.) En gros, comme toujours avec moi, cette réflexion sur ma vision de l’homme comme fatalement liée à l’image de l’homme noir est prouvée et infondée à la fois. Fais chier.

En bref, j’ai toujours quelques « trucs » pour arriver tout de même à surmonter mes préjugés et à prendre mon pied avec un homme mince. Par exemple, je peux les rapprocher de tel ou tel acteur plutôt beau-gosse à qui je penserais si nécessaire durant l’acte finale de notre histoire (l’écharpe rouge.) Ou bien j’essaie d’esquiver à tout prix l’acte finale et je me contente de garder le souvenir d’une charmante conversation (A., le pervers.) Ou bien alors il est carrément canon (C., le businessman.) Il y a des trucs, comme ça. Mais on est déjà à l’étage et p… de b… de m… je n’arrive pas à trouver quoi que soit pour créer une connexion, même superficielle avec G.

On s’allonge dans la chambre. L’atmosphère est humide. Il met la télé en marche et on se détend. Je grimpe sur le lit, m’allonge nonchalament, m’apprête aux questions habituelles, à la mise en bouche qui consiste à parler un peu. Je croise virtuellement les doigts pour que cette conversation réveille quelque chose en moi. Peut-être est-il un gros fan de Burning Spears ? Peut-être qu’il a des chaussettes porte-bonheur dont il aimerait me parler ? Peut-être que… Ah ouais non, même pas ? G. est déjà en train de glisser sa main – glaciale – sous mon bustier. Un peu de tenue, quand même, non ! Non. G. est juste parti dans son délire sans moi. Il est juste là, et je suis juste là. Deux objets en collision.

Je vous avais prévenu.

Il m’annonce que s’il est extrêmement mince (oh mon dieu – « cachez moi ces os seillants que je ne saurais voir ») c’est justement à cause des marathons qu’il fait. Mouaif. Il enlève son t-shirt en disant ça, ce qui me dégoute encore un peu plus. Un homme avec des poignées d’amour, c’set mignon, on bondit dessus, on les mord, on les empoigne quand on est dans nos chevauchées fantastiques, nos envolées physiques. Un homme maigre ne fait pas rêver. En tout cas, pas moi.

Ses mains glaciales me visitent. « Bonjour petits seins, comment allez vous ? – Cassez-vous, choses glaciales! » (dieu que j’aurai aimé que mes seins aient la capacité de parler…) J’essaie par tous les moyens de trouver un truc, une connexion, je sais pas, n’importe quoi. Mais non. Je reste juste là à subir l’assaut de son corps trop mince contre ma forteresse de désillusion et à part mon dégout qui se creuse avec le temps, rien ne se passe.

Bien sûr, en plus d’avoir à peu près tous les défauts du monde (dois-je rappeler qu’il est trop mince, qu’il a pour passion des chiens qui font flipper et tout le reste ?), il a très mauvaise haleine. Et pour la première fois depuis que je suis escort girl en service, je découvre un homme qui a une mauvaise hygiène personnelle (bon niveau premières-fois trash je sature, y’a pas genre un beau mec super baraque avec un compte en banque énorme qui a envie de m’appeler ? Non parce que là, honnêtement, j’ai donné.)

Son pénis n’est ni beau ni moche – bien que évidemment, sur le coup, je le trouve très moche dans l’ensemble (son corps, sa tête est « potable » – comment mes potes appellent ça, déjà, quand il s’agit d’une fille ?… Mmmm, une crevette. Ah non, chez une crevette le corps est potable, la tête ne passe pas. Donc ben G. c’est genre l’inverse du « principe » de la crevette, v’voyez.) Mais ses testicules sont genre… énormes. Genre le mec qui n’a pas eu de relatiosn sexuelles depuis pfffffouuuu. Quelque chose comme un bail. J’ai eu deux-trois clients dans le genre, mais ça ne m’a jamais vraiment dérangé ou choqué ou amusé. Je respectais leurs intimité et ce n’était pas des détails qui « servaient » mes posts. Or, ma rencontre avec G. comme vous pouvez le constater est juste une succession d’échecs.

Position peu confortable, au-dessus de G. Je me dis qu’au moins, si la connexion spirituelle n’est pas au rendez-vous, peut-être que la connexion physique elle… Tu parles. J’essaie de le regarder – il ferme les yeux. J’essaie de l’embrasser – il a une très mauvaise haleine. J’essaie de, je ne sais pas, prendre sur moi, essayer de penser à autre chose pour prendre mon pied – rien ne me vient. A un moment, je lui demande de me régler mes honoraires, « parce que dans le passé… », je commence. « Tu t’es déjà fait avoir ? », il finit, triomphant. Moi, vexée : « pas du tout, c’est simplement que j’oubliais. » Il glisse les billets dans ma main et je me sens un peu triste – à présent, je ne peux plus le nier, je suis passée dans la catégorie professionelle. Je ne suis plus l’escort girl gentillette qui rêvait de les rencontrer et peut-être de tomber amoureuse d’eux et tout le blabla – dans ce monde, si on te paie, tu passes sous la table ; si on ne te paie pas tu passes à l’as. Or je compte bien survivre. Fin bref.

A partir du moment où j’avais accepté ses billets, je savais que ça allait être l’enfer. Je n’arrivais même pas à partager quoi que ce soit avec lui. J’était juste son jouet – sorte de poupée gonflable parfum chocolat qui se mouvait comme il le souhaitait.

Bien sûr j’avais des feintes comme accélerer le processus de la fellation (vous savez quand vous allez super vite avec la main gauche et que pendant ce temps la langue se… ouais non, laissez tomber) mais il y avait toujours sa main immonde (trop mince et qui sentait la… sueur?) qui se rapprochait de mon visage pour me dire d’aller « plus doucement. » Il a prononcé cette phrase au moins dix fois. Pfff.

Je pensais à ce témoignage dans le bouquin de Kay, cette femme qui mettait un CD pour calculer la durée du rendez-vous et du coup savait quand c’était la fin. Moi, la fin, je ne la voyais pas venir. Je regardais la télé de temps en temps – devinait avec plus ou moins d’exactitude que 30 minutes s’étaient déjà écoulées, mais à part les programmes télé, rien de spécial ne m’indiquait que le temps passait. Je m’ennuyais ferme. C’était la première fois que sur la couette, c’était autant la cata.

Ses doigts maigrichons essayaient de me découvrir, je me dérobais, je feintais l’envie de vouloir poursuivre la fellation qui déjà durait depuis des plombes. Je soupirais en mon for intérieur. J’essayais de penser à autre chose – un truc, une échappatoire, un projet que je pourrais finir virtuellement. Rien ne me venait. Dans une chambre d’un hôtel quatre étoile, une escort girl s’abandonnait.

G. faisait l’amour (on appelle ça comme ça, avec un type pareil?) comme un gamin de 15 ans qui découvrait le sexe. On les met où les doigts ? Et on la met comment la capote ? Pfff, je suis accompagnatrice de charme en chef, moi, pas responsable de l’éducation sexuelle de ces messieurs. J’ai esquivé ses doigts autant que possible. J’ai plutôt bien réussi à ce jeu-là mais la contrepartie n’était guère meilleure. Les gorges profondes, ça va quand ça fait cinq ou six fois – le double, ça commence légèrement à me gonfler. A un moment, il a été question de capote. Mais je voyais bien que ça lui serrait (malgré que ça soit des préservatifs d’une taille honorable – enfin c’est ce que le paquet indiquait en tout cas et très honnêtement je ne le trouvais pas mieux foutu que J2) et vu que le risque était quand même énorme que ça craque, j’ai préféré la lui enlever. Je note que je lui ai passé deux préservatifs, donc, très logiquement, je lui demande de me rendre l’autre histoire que je le glisse dans mon sac. « Non tu ne m’en a pas donné d’autre. »

Inspiration, expiration.

Si il y un truc qui me gonfle c’est quand JE SAIS PERTINNEMENT ce que j’ai fait et que par PUR INTERET on essaie de me faire croire que je n’ai pas fait ce qu’il faut. Qu’est-ce qu’il croyait, que je ne savais pas gérer mon stock de préservatif ? Franchement ? Bref, reprise de la même position qui commence sacrément à me fatiguer. Mon cerveau est en mode off, mon corps en mode off, ma libido en mode off. Niveau désastre, G. en connait un rayon. Ne me demandez pas son numéro, je l’ai jeté. Mais si un jour je fais un top cinq des boulets que j’ai jamais rencontrez, il risque d’avoir la première place. Ah nan je vous assure, c’est un bon.

Dix minutes plus tard, G. veut remettre le couvert. Bouche bée je reste l’instant de cinq secondes. Il extirpe derrière un oreiller la seconde capote que je lui avait passé. Je savais qu’il y aurait une autre tentative – et je savais que quelque part je n’y échapperait pas. Mais honnêtement à quoi ça lui a servit de me mentir en me disant qu’il n’y avait pas d’autre capotes ? Ca peut paraitre rien du tout, un détail, une broutille, une pécadille. Mais croyez-moi, pour moi, ça signifie beaucoup.

Je suis là, je m’évertue à trouver un truc avec lui, à établir un contact, une connexion, à faire flotter dans l’air la magie des amants qui se trouvent et se découvrent, qui s’enflamment et se dévorent pour quelques minutes. Or, ce connard, cet abruti, cet empaffé de première était en train de me mentir. Comment voulez-vous créer un contact avec quelqu’un qui a en tête de vous baiser et uniquement de vous baiser ? Comment après ce coup bas essayer encore de créer quoi que ce soit ?

On était à la je ne sais-combientième minute du match et après n’avoir marqué aucun point, niveau attaque mais plutôt bonne niveau défensif, j’ai décidé de déclarer forfait. Je ne le regardais plus, je ne le touchais plus, j’étais ailleurs. Tandis qu’il me pénétrait, je ne ressentais rien – rien, le néant.

Est-ce que je me sentais sale ? Cette homme avait une odeur insupportable de sueur. Il n’y avait rien d’attirant chez lui. Je lui avait demandé la monnaie de ma pièce sans même penser à déguerpir parce que cet argent, je le voulais. Je l’avais déjà dépensé dans ma tête et de toutes les façons il n’y avait pas d’autre issue. Est-ce que j’étais au fur et à mesure, prise au piège, happée dans mon rôle dégradant et avilissant de prostituée de luxe ? Est-ce que j’étais ça, une poule de luxe qu’on entrainait dans un 4 étoiles et qu’on sautait, qu’on sautait sans état d’ame contre quelques billets ? Je ne me sentais pas sale. J’avais oui, l’impression d’être une poule de luxe (je ne dis pas « pute », je trouve ça vulgaire et déplacé et insultant.) J’avais demandé pour la première fois à un type de me payer alors que je n’avais même pas envie de lui et que même si mon instinct ne hurlait rien cette fois-ci, déjà dans la voiture je pressentais que ça n’allait pas être top. Est-ce que je dois ressortir cette bonne vieille excuse prétextant que j’avais envie d’aller au-delà des préjugés ? Et pourtant c’est vrai, je voulais aller au-delà des préjugés. Mais j’étais aussi appelée par l’argent. Aveuglée ? non. J’étais consciente de ce que je fasais. J’avais mal évalué la situation. Je ne pensais pas qu’il serait si nul au pieu et si exigeant et qu’il n’y aurait pas moyen de me « connecter » à lui, de nous évader ensemble.

Alors que je sens la faille, je tente de m’y faufiller. Je mime la jouissance proche et bien sûr, il vient. Je ne me douche même pas j’ai juste envie de me barrer. Dans l’ascenseur, il parle de tout et de rien. Je n’écoute pas, je regarde juste mon visage éprouvée dans la glace. Fellation de trois plombes (une heure et quart) et pénétration peu impressionante (un quart d’heure montre en main.) Je suis fatiguée. Quand je suis reconnectée avec le monde je l’entends dire « ah non mais tu imagines ? Ils m’ont dit « vous pourriez un peu mieux vous habiller ! Alors que moi tu vois, je suis sapé comme ça tous les jours. » Je regarde ses fringues d’accro du trekking. Futal vert kaki, veste en faux cuir, lunettes d’intello. Physiquement il ressemble à E. C’est marrant au pieu c’est pareil – sauf que l’un n’arrive pas à tenir une érection. Remarquez, j’aime autant. Je soupire. « Ouais », je dis en guise de réponse.

Je repense à ce qu’il m’a dit – qu’il bosse pour une boite dans la sécurité, type qui met des caméras partout et des chiens pour la surveillance. Il m’a dit dans la voiture « ils m’ont saoulé pour que je vienne et blablabla ». Quelle modestie, vraiment.

Devant l’immeuble.

G. se penche vers moi, me fait la bise. « J’espère te voir bientôt. C’était sympa. » Attendez… LA BISE ? Devant l’hôtel ? Je crois que je suis en train de rêver…

Pince-toi, pince-toi.

Non, je ne rêve pas. Il ne feinte pas – il est très très con. Il y a un gus dans un utilitaire garé devant qui s’arrête de triffouiller des cartons pour nous regarder. En plus j’imagine qu’il y a une caméra qui filme ce qui se passe DEVANT l’immeuble. Et en plus, il ne me propose même pas de me ramener chez moi alors qu’il est près de dix heures et que je suis à minimum une heure de l’apparte ?

Je le regarde s’éloigner, sourit dit « oui c’était sympa, on se reverra », histoire de jouer la carte de la fille qui en fait adore tester les mecs un soir et décider si elle les revoit après – fille libérée, quoi. En réalité au fond je suis furax.

J’ai dévoré deux sandwichs, pris un bus spécial et pas un taxi, malgré que l’envie soit grande. Vous croyez qu’avec cette occupation vous gagnez de l’argent facilement ? Relisez bien ce post. Et le post d’avant. Et les posts d’avants. Vous le gagnez rapidement, mais c’est loin, très loin d’être facile. Maintenant que j’en ai pris conscience, je ne claque plus mes billets dans des taxis à la con. Mes pieds sont bien aussi. Les bus fonctionnent.

En utilisant le bus, je suis passée dans ce quartier de la ville que j’ai fréquenté toute mon enfance – ou au moins, une grande partie. Et devant ce bâtiment avec ces sigles étranges, qui m’appellaient. C’était le bâtiment de la boite qui avait engagé G. Avec la vue des lettres de la société sont revenus les souvenirs de G. J’ai mordu dans un sandwich, j’ai oublié.

Fab m’a écrit l’autre jour « tu deviens une escort girl tarifiée à l’heure, avec tout le dégout de ce qu’elle fait. » Et c’est vrai. Maintenant, est-ce que je trouve ça bien, est-ce que je trouve ça mal, est-ce que je peux continuer comme ça ? Je ne trouve pas ça bien, mais j’ai compris que je ne pouvais plus me permettre de rencontrer comme ça, au hasard. Bien sûr si ce type je l’avais rencontré au préalable autour d’un café je pense très honnêtement que comme A.-le-pervers je ne l’aurais jamais revu (remarquez l’autre type mince-là, avec ses pattes de grenouilles qui me faisait penser à Satre niveau du visage… v’voyez ? Le crapaud, voilà. Bah malgré l’entrevue peu prometteuse j’ai été plus loin, donc ça ne veut rien dire.) Ce n’est pas « mal » non plus, dans le sens où j’ai essayée comme une dingue de créer quelque chose avec lui et c’est son égoisme patent qui nous empêcher de communiquer. De par le fait, je ne me sens pas comme une prostituée. Mais mon éthique est sérieusement mise à mal.

J’ai pensé et pensé et encore pensé. J’ai même dit que j’allais arrêter mais bien sûr que non je ne peux pas arrêter – vite Chacha, trouve trois bonnes raisons. Mmm. D’abord, j’ai des clients que j’adore (type J2), ensuite il faut que j’ai assez pour mon future apparte (je mettrai une grosse pancarte sur la porte avec marqué « liberté ») et enfin il faut que j’épargne histoire que pendant quelques temps je puisse enfin me consacrer à ce que j’appelerai « l’expérience interdite. » Et voir si ça me rapporte assez – ou non.

Bref, tout ça m’a laissé encore pleine de reflexions pour la suite… Et la suite, croyez moi, c’est-de-la-bombe-bébé.

Chacha, qui avait trop la flegme pour faire une fin avec une morale potable. De toutes les façons, tout le monde s’en tape (dieu merci.)

Publié dans:Non classé |on 24 mars, 2008 |10 Commentaires »

Tu quoque, mi Jiji !

Le lendemain de mon rendez-vous avec M., très tôt le matin, j’avais rendez-vous avec mon VIP, mon chouchou à moi, mon semi-suggar daddy, J2.

Pour ceux qui connaissent l’histoire, J2 c’est le number one dans ma liste de clients. Il est toujours prévenant, un peu foufou, c’est mon client fétiche – et fétichiste. Vous savez, c’est celui qui adore les mini-jupes (très mini), les talons et j’allais le découvrir, les foulards qui attachent. Symbolique des menottes, sans doute.

 Vous savez, je ne suis pas seulement la fille trop capricieuse et trop chieuse sur les bords – je suis également une grosse feignasse. Or, je m’étais couchée à minuit, endormie à une heure après l’une de mes plus grosses soirées niveau escorting et j’avais rendez-vous… six heures plus tard avec J2, ce qui me laissait exactement cinq heures de sommeil. Cinq heures de sommeil, vous imaginez ? Nan, vous imaginez pas. Du coup, évidemment, j’ai laissé mon réveil sonner et je me suis ramené à l’heure habituel (vers dix heures) au rendez-vous. J2 fulmine mais reste chou, il a une surprise pour moi.

« Reste en jupe, ma chérie. »

Ok… De toutes les façons, j’ai aps tellement le choix. Mini-jupe, talons, top avec décolleté. Me voilà à présent un foulard me couvrant les yeux et un autre me maintenant les mains dans le dos, plaquée contre le mur froid. Au début, j’adorais vraiment tout ces jeux de rôles, tant que c’était gentillet. Maintenant, ça tourne au peu au… malsain. Ou au ridicule. Je ne savais plus trop. J2 me caressait, passait ses doigts sur moi, glissait ses doigts en moi… « Tu aimes ça, hein? », il sussurait dans mes oreilles. Je hochais la tête, ravie qu’il ne puisse découvrir le mépris que j’avais pour toute cette scène, le ridicule que je trouvais dans ce jeu de rôle trop cliché. Il a finit par glisser ses doigts derrière et devant, et derrière et devant… Et ses doigts se rapprochaient soudainement de ma bouche. Je veux dire… QUOI ? Je ne veux pas goûter à ce qui se rapproche de près ou de loin à mon derrière. J’ai profité de quand il est parti dans la salle de bain (j’ai horreur des chambres des hôtels cheaps mais je viens quand même parce que j’aime bien J2 – d’ailleurs, je n’ai jamais rencontré que J2 dans un hôtel cheap.) pour baver sur les murs… Une sorte de mini-rejet de ce qu’il avait essayé de me faire lécher…

D’ailleurs, une chose. J’ai HORREUR quand un homme te pénètre derrière PUIS devant. C’est IMMONDE. C’est DEGUELASSE. C’est ANTI-SEX à mort ! Quand un homme te pénètre devant et finit derrière UNE FOIS, ça va. Mais quand EN PLUS il essaie de te faire lécher ce qui se passe dans ce petit trou que nous appelons communément un anus, ça m’écoeure. J’ai des clients qui adorent les annulingus, vous voyez ? Je n’ai rien contre les annulingus. Je les pratique, ça m’arrive, mais comme j’ai horreur de ça, je ne vais jamais en « profondeur », je le fais quand je sais que ça plait à quelqu’un. Mais vous voyez, je ne me permet pas d’embrasser un client après un annulingus ! Il y aurait peut-être des hommes que ça ne dérangerait pas, mais ça m’étonnerais VACHEMENT que la majorité soit à ce point « open. » J2 était simplement en train de me prendre pour une… pute. Une pute, qui se laisse faire, lèche ce qu’on lui dit de lécher et ferme sa bouche. Le truc, c’est que s’il m’avait demandé ET s’il avait écouté mes gémissement de protestations et les mouvements de ma tête, il aurait su qu’il n’aurait jamais dû faire ça. Et ce con, il a continué.

Il revient dans la chambre. Il m’allonge sur le lit, me pénètre en profondeur. Un doigt, puis deux. Non, non, pas trois… PAS TROIS ! Je n’ai aps envie d’avoir un vagin qui peut accueillir une courgette plus tard (j’ai entendu que des femmes passaient leurs temps à se mettre des courgettes dans… ah nan mais vous imaginez le truc ? Arf, ce post est cru, mais pardon, c’est ce qui me passe dans la tête parfois, v’voyez.) Je secoue la tête, dit « non, juste deux… » à J2 qui enfin m’écoute. Pas trois. Oufff. J2 continue comme un bourrin, tout de même. Ses doigts vont de plus en plus vite en moi et ça me dégoute, ça me fait penser à la veille quand M. enfonçait ses doigts boudinés en moi comme si j’étais une grotte inexplorée qu’il fallait absolument piller. Ca me brule. Ca m’énerve. Mais quel con, mais quel con ! Il est en train de glisser ses doigts derrière PUIS devant ! J’ai envie de hurler arrête, je me contente de manifester mon mécontentement en bougeant dans tous les sens. Evidemment, l’abruti ne comprends rien.

Finalement, il m’enlève le foulard autour des yeux et le foulard autour des mains. Je m’agenouille devant lui et puis… je ne vous fait pas un dessin, vous connaissez la suite ? J2 est très bien fait. Long juste ce qu’il faut. Large plus qu’il ne faut. Son membre a un gout que j’adore. Et son liquide séminal est un régal pour mon palais. Ok, j’arrête. Mais ce n’est pas mon VIP pour rien… Faire des gorges profondes à J2 est presque impossible sans que je risque l’étouffement. J2 est du genre à me tenir la tête, à me donner des ordres, à me mumurer des choses crues. Très honnêtement, pendant que tout cela se fait, le cynisme m’envahit. Ma bouche dit « mmm c’est bonnn… » et ma tête dit « oh oui c’est bon… bon, quand est-ce que c’est finit ? » Et quand le cynisme m’envahit, c’est très mauvais signe.

Viens le moment de la pénétration… Autant J2 est un délice quand il s’agit de fellation, autant sur le plan horizontal, c’est pas top. Je ne me suis pas remis de l’espèce de traumatisme que mon vagin a subit après l’assaut de ses doigts immonde beaucoup trop profondément en moi. Et la douceur, merde ? Et la douceur ? Elle n’est pas dans la pièce…

Quelques gémissement plus tard, J2 est totalement en moi. J’ai mal. J’ai extrêment mal. J’ai envie d’être ailleurs et qu’il arrête d’être en moi et d’aller et venir en moi. Je repense aux autres fois où j’ai ressenti ça et je me demande ce que je fous encore dans une chambre avec lui. Ok, J2 est adorable sur le plan communication mais sur le plan physique, ce n’est qu’un fétichiste bourrin et égoïste. L’attitude des hommes dans la vie de tous les jours et dans leurs vies sexuelles est parfois antithétique. Et J2 en est l’exemple flagrant.

C’est pour ça, que j’arrive en retard tout le temps. Parce que je sais qu’il va fantasmer sur la « punition » qu’il va me donner, qu’il va me faire le supplier de me pardonner, qu’il ne va pas tenir compte quand je lui dirait d’arrêter parce que j’ai vraiment mal, parce qu’il s’imaginera que je suis en train de jouer. C’est mon corps qui vient à reculons à ces rendez-vous et mon esprit qui en a marre de subir les assauts de ses délires fétichistes. Ca me gave.

Il m’ordonne  de lui dire que j’ai envie qu’il vienne dans ma bouche. Je lui dit que j’ai envie qu’il vienne dans ma bouche. Il m’ordonne de le supplier pour obtenir son pardon. Je le supplie pour obtenir son pardon. Je vois son visage se crisper, il me pénètre très vite, j’ai mal, ça me brûle… Il s’arrête… Il ne veut pas jouir tout de suite… Son visage grimace, il transpire, transformé par l’effort… Finalement, après moult supplications il viendra dans ma bouche. Cette fois-là, je n’ai accepté qu’un dixième de son liquide séminal et l’ai recraché dans les secondes suivantes.

Au-dessus du lavabo.

Ce qui est énorme quand on est une escort girl, c’est qu’après chaque « performance » on doit faire face à un miroir. Un miroir sournois, au-dessus du lavabo, au-dessus d’un bureau, derrière la porte d’entrée. Parfois, ils sont partout. Souvent, j’aimerais qu’ils soient au-dessus du lit – mais bien sûr il n’y en n’a jamais (si je me marie un jour, dans notre période de couple sans enfants, je demanderais à mon mari de mettre une glace énorme au-dessus du lit. Ah et des caméras. Ah et des webcams. Ah et… mouais non, le mari idéal est sensé dire non à tout ça. Faut que je fasse ça avec un fuck buddy, dans le genre. Je note.) En tout cas, le plus dur, c’est de se regarder après. Après, il y a les trace de l’effort (les perles de sueuer, le liquide séminal au bord des lèvres ou ailleurs parfois, les yeux pétillants ou ternes, la moue générale qui traduit ou l’excitation ou la tristesse. Pour moi, c’est la tristesse.)

Il y a quelque chose dans mon reflet qui me dit qu’il ne faut plus que je revois J2. J2, mon chouchou, mon bébé, mon client à moi. J2 me détruit. Ses délires sont trop hard pour moi et ce qu’il m’a fait sans me demander (essayer de me faire lécher ses doigts après qu’ils aient pénétré mon anus, me pénétrer indifféremment avec le même préservatif plusieurs fois devant puis derrière, en sachant que par conséquent ce qui était derrière était en contact avec ce qui était devant… DEGUEU!), toutes ces choses, ça a achevé de me dégouter de lui. Je me rince le visage, essaie de sourire, m’essuie en vitesse.

Retour dans la chambre. J’ai tout sauf envie de me blottir contre lui. Je m’avance quand même. Soupir. Même conversation qu’il y a quelques semaines. Deux-trois blâmes, à propos de moi qui ne rappelle jamais, de moi qui n’envoie jamais de messages, de moi qui arrive toujours avec des heures de retard aux rendez-vous. A part ça, on papote machisme et compagnie. En fait, je n’arrive pas à réellement m’épanouir dans cette relation. On ne peut pas parler d’autre chose que de machisme, de son boulot, de mes projets, de ce qu’on fera la prochaine fois. Je le sens aigri. Il ne voit plus la pseudo-générosité que j’ai de passer deux fois plus de temps avec lui pour le même tarif (j’ai même passé près de huit heures avec lui pour le tarif d’une heure, une fois) – non, il voit juste mes retards (par rappor tà l’heure à laquelle il s’IMAGINE que je dois arriver – mais compte tenu de mon tarif horaire, j’arrive tout à fait à l’heure et même un peu trop à l’avance), il voit juste que je ne répond pas à ses mails, il voit juste que ne l’appelle jamais. Ca me fatigue.

Il est temps de se quitter. J2 est habillé devant la porte, m’envoie des baisers de la main. Je suis allongée, presque nue sous la couette, j’attrape ses faux baisers. Il me dit comme ça « hep, je te mets ça ici ? » Je hoche la tête en voyant la liasse de billets, ferme les yeux, fait mine de m’endormir. Quand je réouvre les yeux, il est au-dessus de mon sac. Il me regarde : « non mais je suis bête, je t’ai mit des papiers avec ! » Il range les dit papiers dans la poche intérieure de sa veste.

 Prise de douche, re-maquillage, clin d’oeil à Chacha dans la glace. Je m’habille lentement, attrape mon sac, farfouille, compte les billets… Un, deux, trois… Erm, je dois me tromper. Un, deux, trois…

Vous ne devinerez jamais.

J2 m’a volé. J2 n’a pas donné ce qu’il me devait, de près de cinquante euro. Je me suis dit « il a oublié ! simplement ! comme J., la dernière fois ! » Non. Je n’ai vu J. que deux fois dans ma vie et il a probablement oublié mes tarifs horaires. J2, je le vois tous les mois depuis près de quatre ou cinq mois. Il n’a pas oublié. Les fameux papiers, c’était la cinquantaine d’euros qu’il a repris dans sa veste.

C’était un peu la fin du monde pour moi. Parce que quelque part, je ne savais pas vraiment comment ça se faisait tout ça. Peut-etre qu’il avait un espèce d’énorme péage à payer. Ou peut-etre que ça l’avait vraiment rendu furax que je ne sois pas arrivée à l’heure (selon lui. En fait J2 s’imagine toujours que je vais me pointer à 7h du mat et repartir à environ 12h… et tout ça, en me payant pour l’équivalent d’une heure. Vous voyez le tableau ? Qu’il devienne exigeant après toutes ces fois où je n’ai pas bronché et j’ai d’ailleurs apprécié de passer des heures avec lui pour seulement une heure, ça me débecte.) C’était bizarre. Le monde n’était plus pareil. Mon client fétiche me volait. Mon corps me brûlait et hurlait à la mort. Du sang coulait un peu entre mes jambes – témoin du côté bourrin de J2. Alors c’était ça.

Alors c’était ça, être une escort girl sympathique. Trop bonne, trop c… bon, c’est pas avec ce genre de phrases qu’on avance. En attendant, que mon client VIP me fasse ce coup-là, ça m’a calmé.

De toutes les façons, dès les premières minutes du rendez-vous, je savais que je ne reverrais pas J2. J’était trop déçue. Disons que tout cela ne faisait que participer de mon dégout, cette fin sordide et malhonnête de l’amant mal-aimé. Cette relation ne m’apportait plus rien.

On s’est échangé des mails quelques jours plus tard. Je ne lui ait jamais dit que je ne voulais plus le revoir, mais il m’a comprit. Il m’a dit « si un jour tu veux qu’on se revoit, tu sais comment me contacter. Sinon… Sinon tant pis. » Dans sa voix, il y avait à la fois de la tristesse et de la colère, du desespoir et de la rage. J’étais juste là, loin de lui. Avec mon corps meurtri.

Il m’avait fait mal – très mal. Après mon rendez-vous de la veille qui avait été aussi physique, je n’en pouvais plus d’enchainer les rendez-vous. J’ai annulé celui que je devais avoir avec ce type, G. (un nom italien) le même jour. J’étais trop mal.

Dans ce monde, vos amis sont vos meilleurs ennemis, vos repères des mirages. On ne peut pas tellement se confier. Le plus dire, comme l’a dit cette courtisane dans une interview, c’est de se donner complètement plusieurs heures et puis de devoir reconstruire la relation à chaque nouveau rendez-vous.

Physiquement, je me suis reposée, je me suis soignée, j’ai guérit. Mais les blessures de l’âmes, alors ? Les blessures de l’âme, c’est donc ça. Les blessures de l’âme, elles mettent du temps et il faut vivre avec l’idée que peut-être elles ne se fermeront jamais.

Ca fait plusieurs semaines et je me demande encore aujourd’hui, si je ne devrais pas appeler J2 et lui dire posément ce pourquoi il m’a décu, ce pourquoi je trainais les pieds pour aller à nos rendez-vous et tout ça, et tout ça ?

Et puis à quoi bon ?

A quoi bon… Je n’aime pas quitter quelqu’un sans lui avoir dit ce que je pensais et sans lui avoir dit aurevoir. Je sais ce que ça fait. Or, j’évite de faire à mon prochain ce que je n’aimerais pas (ou plutôt que je n’ai pas aimé) qu’on me fasse. C’est décidé, je le rappellerais. La vraie question est… quand ?

Chacha, entre ciel et terre.

Publié dans:Non classé |on 19 mars, 2008 |1 Commentaire »
12345...12

artscellement |
FaiS GaFfe A mon BloG ^^ |
un bout de chemin......... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | UN AN DE MA VIE
| angelca29
| Monde en noir