Archive pour la catégorie 'Mes peines'

Le blues, partie I.

Il y a un type qui m’a appelé, samedi matin. Très content à l’autre bout du fil, il me dit qu’il a vu mon annonce et souhaiterait ardemment découvrir quels mystère je cache. Je souris, je me dis ouf, il connaît les tarifs vu qu’il est tombé sur mon nouveau site, ouf il a l’air super sympa. Il se décrit comme un double de Rocco Siffredi, on lui aurait proposé de faire du porno quand il était plus jeune tant le calibre est impressionant et la semence est abondante. Je me comprends…. Ce que je peux me foutre de la taille. A la limite, ça m’effraie plus que ça m’excite. Je ne sais pas trop. Je crois qu’au fond c’est surtout comment la personne se donne et se présente, se présente et se donne plutôt, qui m’intrigue. Conversation : L. est plutôt connu dans le coin, et malgré le fait que je lui dise en plaisantant qu’il se vend bien, n’est pas commercial. Il me proposé une centaine d’euro pour une première rencontre, juste pour que je vérifie que ses dires ne sont pas des mythes et il m’assure une seconde rencontre qui seront alors à ce moment là, à mes tarifs habituels. Il me dit, bon j’imagine qu’au premier rendez-vous les types qui paient vous les prenez un peu pour des guignols donc moi je veux vous prouver que je vais vraiment vous faire passer un bon moment. J’ai pesté contre le mot « guignol », j’ai dit qu’il était hors de question que j’aille le voir dans ce cas, parce que contrairement à ce qu’il pense, je ne prends aucun de mes clients pour des guignols. Avec les guignols, justement, la conversations s’arrête au téléphone.

Il se vend de plus belle, me raconte cette femme qui s’est découverte fontaine quand elle pratiquait des gorges profondes avec lui. Je lève les yeux au ciel, soupire en silence, me demande si la modestie est en vente libre quelque part. Il me tape son speech, je respecte tout à fait vos tarifs, je vous propose simplement que l’on se voit pour une centaine d’euro, et je vous assure que ça mènera à un second rendez-vous, j’ai toujours fait ça. Je lui dit que ce n’est même pas la peine d’y penser. Aller voir un type contre une centaine d’euro ? Est-ce qu’il y a marqué prostituée sur mon annonce ?

Je ne sais pas comment marche le monde de la prostitution, et je ne veux pas le savoir. Le truc, c’est que pour moi, une fille à moins de deux cent euros de l’heure est une prostituée. Comment les hommes peuvent-ils s’imaginer tomber sur quelqu’un d’un peu classe et d’un peu attentif qui ne bosse pas à la chaîne dans le commerce de son corps à moins de ce tarif-là ? Il faut comprendre dans ce tarif, le prix de la course du taxi (ou de l’essence), le prix des communications téléphoniques engendrées par la rencontre, le prix du maquillage et des soins autour de la rencontre, le prix des fringues si le client a une certaine requête, etc. Alors très franchement, quand le calcul est fait, ce n’est pas vraiment énorme. Et puis ils s’imaginent quoi ? Qu’on dira « allez donnez-moi 200€ pour six heures et bien sûr vous faites ce que vous voulez de moi, pas de soucis » ? Je commence vraiment à être fatiguée de ces types qui cherchent des « escort girls » à moins de cent euro, qui misent tout sur la quantité. Les mecs, tapez franchement « prostituées » et allez dans les quartiers dit glauques de votre ville. Une fille qui demande moins de cent euro de l’heure est tout sauf une escort girl.

Je lui ai finalement dit que c’était ou tout, ou rien. Et que en fait j’étais intriguée, que je voulais bien le voir, mais que je ne voulais pas entendre parler de cet argent. Que je n’accepterais jamais qu’on me donne si peu pour une rencontre sympa, que soit c’était dans le cadre de l’escorting, soit dans le cadre de la rencontre imprévue. Pas d’entre-deux, pas de rabais, pas de négociation possible. Il m’a dit que non, qu’il donnerait quand même pour le déplacement, que blabla. J’ai tout simplement refusé et dit que j’irais le voir, mais que je n’accepterait pas cet argent. Il m’a dit merci, que mon approche était rare, et tout ça. Il a rappelé deux fois, une pour me féliciter par rapport à mon site web qui est très bien , une pour me dire qu’il était en route et qu’il se demandait si je n’avais pas envie de me caresser au téléphone. Là, je dis stop. Tous ces trous du schmoll que l’on rencontre, tout ces types avares de grignoter un peu de ton temps, un peu de ton corps, un peu de ta jeunesse pour pas un rond. J’ai décliné poliment et on a discuté gentiment. Je savais que l’on n’allait pas se revoir.

A force, ça gave. Vous êtes gentille, polie, courtoise, vous essayez de ne pas être une fille qui est près de ses sous, vous souriez à la volée, vous complimentez, vous êtes humble… Et on vous écrase. On vous insulte en négociant vos tarifs, on élabore une stratégie marketing à base de membre surdimensionné et qui vaut les cent euro pour être vu, on se fout ouvertement de vous.

Oui, ouvertement. N. m’a appelé il y a quelques jours. Il est commercial, à la question tu es sur la ville, il hésite une minute, dit qu’il est sur Orléans mais souvent de passage. Il est originaire d’Afrique du nord, gagne bien sa vie, a des primes sympa qu’il pourrait partager avec moi, puisqu’il souhaiterait me voir sur du long terme. Je souris, on discute. Il doit me rappeler le lendemain. Le lendemain, avec N. au téléphone. « Ouais t’as vu on pourrait pas se voir euh… genre je sais pas… vers chez toi, t’as vu parce que j’ai des amis en ville… Donc euh… y’a pas un centre commercial près de chez toi ou quoi… un endroit tranquille t’as vu genre un parc ou bien… » Ca a été le déclic. J’avais eu un doute la veille et je l’avais zappé, mais là, c’était grillé de chez grillé. Comment N. peut-il avoir des amis sur la ville alors qu’il la découvre à peine, n’a jamais vraiment vécu par là et n’est là qu’une ou deux fois par mois ? Ensuite, vous voulez que je vous dise le pourcentage de personnes qui savent ce qu’il y a près de chez moi quand ils ne sont ni originaires ni familier avec la ville ? Vous le devinez vous-même, N. est très certainement, et j’en suis persuadée, un ami de D. Je bredouille, hésite, lui dit que je le rappellerai le lendemain. Il rappellera trois fois, laissera un message me disant que du coup comme ça fait un moment qu’il essaie de me joindre, c’est à moi de rappeler. La nuit même, j’ai rêvé que j’étais chez un très bon pote (ou le PA?) et que un type du style N. m’appelait, je déclinais poliment mais le type me disait que c’était vraiment dommage, parce qu’il avait conduit toute la journée depuis Orléans et qu’il souhaitait vraiment me voir. Moi, toujours éprise des causes perdues et des gros efforts, je disais « toute la journée ! » Et je finissais par rappliquer chez lui. Là, des détails ont dû me paraître louche, parce que la dernière chose dont je me souvienne, c’est que je disais qu’il me prenait pour une conne, que ça se voyait qu’il habitait sur la ville et que tout ce qu’il voulait, c’était m’avoir gratuitement. J’évoquais D. et il souriait. C’est après ça que j’ai décidé de ne plus accepter de mecs en-dessous de 30 ans et de screener les origines sociales. Ca choque, ça fait rire, ça énerve. Je m’en tape complètement.

Vous essayez d’aller au-delà des préjugés, vous vous dites que non, ce ne sont pas de pauvres branleurs qui, même agés de trente ans, se refilent votre numéro entre eux, disant non mais elle je l’ai eu gratos, vous espérez qu’ils ne soient pas comme ces stéréotypes du gentle-beur à la télé. Et vous vous heurtez à la dure réalité, à la déception de trouvez chez ceux qui sont supposés être des clients et qui ressemblent tant à vos potes plus tard, de la bêtise, de l’avarice, de l’irrespect. C’est bête de croire que je vais foncer dans le piège du commercial qui veut me payer avec ses primes, c’est avare d’essayer de m’avoir gratuitement, c’est irrespectueux de se refiler mon numéro entre eux et de s’imaginer que comme ils sont jeunes et commerciaux et qu’on a des origines sociales proches, il y a un échange gratuit possible.

Vous vous battez pour avoir une éthique, vous clamez partout ou vous passez que vous ne courrez pas après l’argent. Et pour preuve, c’est lui qui vous court après. J’ai vraiment essayé, mais non, dorénavant, je serais une fille de plus à dire l’argent avant, le fun après. Je vais raccrocher au nez des types qui négocient, même du bout des lèvres, je vais me concentrer sur une clientèle totalement différentes. Jusque là, un black m’a appelé, il habite sur la capitale. C’était le troisième homme à appelé, par rapport à mon activité. Il a une voix de banlieusard, a l’air gentil quand même, mais les blacks c’est pas mon kiffe. Une fois, on échange des textos. Il est toujours prompt à me répondre, propose encore et toujours de m’héberger gratuitement si je passe par là. Pour qu’on essaie de me toucher toute la nuit, t’es gentil Paupaul, mais ça ira. Il finit par me dire « dis-moi vers quel jour tu viens, histoire que je ne fasse pas trop de dépenes. » Je réponds qu’il m’insulterait, s’il s’imaginait pouvoir négocier mes tarifs. Bizarrement après ce texto, plus de nouvelles. Un jour sur le répondeur, il laisse un nom différent de celui qu’il utilisait depuis qu’on avait discuté au téléphone. Je le rappelle, lui demande son nom, et il me dit qu’il en a deux, blabla. Je lui ait dit que je pensais arrêter l’escorting, même mode d’exécution qu’avec A. (a.k.a Monsieur Pignon.) A la différence que lui, je crois qu’il a compris. Pas sûre.

Alors voilà, je tiens juste à dire que si un jour vous tombez sur un gus qui vous propose d’aller voir le monstre qu’il a entre les jambes pour cent euros, dites oui mais non (j’ai finit par envoyer un texto pour décliner.) Primo, cent euro, c’est vraiment prendre les gens des cons. Même s’il est bien fait, je ne vois pas quelle est la différence avec un autre client, si vous alliez, ce serait comme dire que tous les autres sont des pigeons et comme j’imagine que vous n’acceptez pas d’échange d’intimité avec des pigeons, refusez jusement et poliment à celui qui vous propose autre chose. C’est une très bonne stratégie quand j’y pense, d’appâter une escorte girl en lui disant tout ça et puis pour la payer moins de la moitié de ce qu’elle demande habituellement. [En apparté : je pense que cet homme ne ment pas, bien que je ne sois pas et ne souhaite pas aller vérifier, il a un discours qui est très conscient que la vérification doit être à la hauteur de la prétention. Maintenant, si il est si bien fait que ça, il n'a qu'à écumer les bars à chagasse quand il est en déplacement. Il y a un tas de femmes seules qui attendent un type monté comme un âne et qui se damnerait pour se le faire. Pas besoin de faire perdre du temps à une escort à essayer de négocier et blablabla. Pfff. Bonne chance, mec.] C’est le côté fêtes ça, les mecs deviennent encore plus radins que le reste de l’année. Je ne cèderais pas, je n’irais plus voir un client gratuitement, je n’entretiendrais plus de relations amicales dès le départ avec un client. Ah, un début de bonnes résolutions ?

Je suis juste triste de constater à quel point Kay Good a raison, quand elle mentionne tous ces hypocrites, mythomanes, chronophages, pervers, négociateurs qui peuplent le monde et qui se passent le mot pour t’appeler. Elle a juste très raison sur un point, et c’est l’expérience qui me l’apprend, si tu ne poses pas les barrières, si tu te laisses aller, le monde ne se gênera pas pour user et abuser de toi.

J’en ai marre d’être gentille. Je crois que je vais rester polie, courtoise et diplomate. Mais plus gentille. Je crois que ce qui se rapproche le mieux de ce que je dois rechercher à être, c’est agréable. C’est un mix de tout ça. Gentille, ça fait trop bobonne, trop mais-marche-moi-sur-les-pieds-je-t’en-prie. A présent ce sera mes conditions contre le reste du monde.

Chacha, la Xéna des temps modernes.

Publié dans:Mes peines |on 17 décembre, 2007 |6 Commentaires »

Ethique Versus Fric, le combat continue.

Dimanche matin (comprendre vers quatorze heures), je me lève et fonce sur ma messagerie. Deux mails de G. Le premier demande si j’ai bien reçu le mail précédant. Très utile. J’ouvre l’autre message électronique et trouve les informations de dernières minutes : il a réservé sous son vrai nom à un hôtel dans une ville tout près en disant qu’il sera avec sa femme et me donne rendez-vous pour environ huit heures sur le parking de l’hôtel. Il me demande aussi de lui envoyer ma photo, de façon à ce qu’il puisse me reconnaître et espère recevoir ma réponse d’ici quatorze heures (il a envoyé le mail à dix heures) parce qu’après cela il passe l’après-midi avec sa femme. Il est déjà quatorze heures trente quand je note les informations, renvoit que oui j’ai reçu le mail mais que non, je n’envoie pas de photos de moi parce que je souhaite être le plus discrète possible et j’ajoute que j’aimerais avoir son numéro de portable pour pouvoir le joindre dans les minutes précédant la rencontre. Puis j’appelle la même compagnie de taxi que d’habitude pour une estimation de la durée (trois quart d’heure) et du tarifs (une trentaine d’euro.) Je me rendors, rêvant à la soirée. Je me demande s’il va m’inviter au restaurant, ce que j’aurai à dire, comment sera la chambre d’hôtel (même si malgré les prix affichés elle m’a l’air plutôt standard, d’après les photos du site web.) Je me réveille deux heures avant que le taxi arrive, bain, sélection des fringues, check-up des indispensables et quand je vois l’heure, je décide de zapper la phase maquillage car le taxi est à dix minutes de la maison. Je checke ma boîte mail en speed : pas de réponses. Je hausse les épaules, me dit que de toutes les façons les indications sont assez claires, que j’ai la marque et la couleur de sa voiture, qu’il doit sûrement rencontrer d’autres escorts girls comme ça, alors pourquoi pas. Je rappelle le taxi et on mettra cinq minutes à se trouver. Et vous savez quoi ? Le conducteur est tout simplement canon. Je commence à me maquiller dans la voiture pendant qu’il rappelle la compagnie pour avoir l’adresse et cherche sur son GPS. Si j’avais su que les réceptionnistes se fichent de l’adresse, j’aurai pensé à regarder une fois encore sur internet pour redonner le point de rencontre au conducteur. Fin bref. Je dis au taximan que c’est la première fois qu’un conducteur de taxi ne me parle pas. Je lui raconte les deux mecs assez cool de la même compagnie que j’ai déjà rencontrés, je lui raconte la mésaventure avec Monsieur Bacon. Il dit que c’est abusé des mecs comme ça, que oui dans sa compagnie comme c’est des mecs indépendants ils ont tendance à être relativement tranquilles. Je hoche du chef. Alors que j’applique le mascara, il me demande ce qu’il se passe si il doit freiner, parce qu’il tient à mon oeil. Je dis non, mon oeil est important, il n’a qu’à foncer dans la voiture en face. On se tapera des petits délires sympas et j’aurais le smile à jouer les princesses qui va en boîte avec des potes super friqués qui travaillent dans le milieu de la nuit. J’ai dit qu’on avait rendez-vous pour dîner dans cet hôtel et qu’après ça on irait sûrement faire la fête tous ensemble. Je me demande si je suis belle quand je mens :D Il était vraiment sympa, il doit avoir la trentaine, probablement moins, ça fait deux ans qu’il fait ce job. J’imagine que taxi c’est aussi très sympa comme métier. Si j’étais un mec, j’imagine que je considérerais pas mal cette carrière. Il doit y avoir comme dans n’importe quel boulot des hauts et des bas, mais bon il y a des pourboires, il y a le fait de rencontrer des milliers de gens différents, il y a la petite conversation, la petite monnaie, la grande satisfaction de ne pas trouver d’embouteillage sur une route que l’on craint etc. Enfin, je ne sais pas, j’imagine. Mais vraiment à considérer un job plutôt (bien ?) payé et assez sympathique au demeurant, j’imagine que taximan fait l’affaire. Mon opinion.

On arrive avec une demi-heure… d’avance. Oui, moi, la championne du retard arrive avec une demi-heure d’avance au point de rencontre. Je lui dit de baisser les feux et de faire un tour dans le parking. Il n’y a pas la voiture décrite dans le mail. Je lui dit bon, je ne vais pas attendre une demi-heure seule, venez on fait un tour dans la ville, essayons de trouver une pharmacie de garde (pour acheter les capotes… J’avais carrément oublié ça. Mais bon avec une pharmacie de garde l’erreur peut être réparée. Au pire du pire, j’irais avec G. en ville pour en acheter, il n’y a pas mort d’hommes. Mais j’avoue que je me sens bête d’avoir oublié ça.) Evidemment, il n’y en n’a pas. Mais ça a ajouté un quart d’heure en voiture, à parler de tout et de rien (« le premier qui trouve la pharmacie a gagné »), de ma future carrière de prof, des boîtes afro de la ville. Il m’accorde cinq minutes de plus à rester dans la voiture, après s’être un peu perdu dans la ville pour revenir sur le parking. Je lui laisse un pourboire de trente euros, pour une course qui en valait cinquante. Il me demande si je suis sûre que ça ira, que rester avec seulement vingt euro (j’avais envie de flamber mon billet de cent, ma manière à moi de fêter avec quelqu’un la grosse somme de ce soir) c’est un peu risqué, me dit qu’il ne veut pas me voir dehors, qu’il veut que je rentre et me pose au bar en attendant mes amis. Je dis que ça ira. Je descends de la voiture mais ne rentre pas dans l’hôtel tourne en rond en appelant l’ex PA pour passer le temps. Il fait froid. Il y a du vent. Il y a des voitures qui passent, la lumière des phares menaçante et rassurante, la chair de poules causée parla température mais plus fort que tout, j’ai envie de croire qu’il est là. Quand l’heure du rendez-vous est un peu passé, je retourne vers l’hôtel. Il n’est pas là. Je prends mon courage à deux et rentre dans l’hôtel. Je demande à la réception, en bégayant un peu mais en me forçant à avoir un air convaincu si monsieur untel a réservé. Le réceptionniste me répond que oui, dit qu’il a prévenu qu’il arriverait avant vingt heures, propose de l’appeler. Premier essai : le réceptionniste semble s’être trompé d’un chiffre. Deuxième essai : toujours la même femme qui répond. Il me demande comme ça, en essayant de cacher sa surprise dans un sourire, vous n’avez pas son numéro, non parce que je tombe toujours sur une dame…(sous-entendu : elle ne peut pas être sa femme, puisque c’est vous…) Je dis que si, que comme on est très occupés tous les deux, on n’arrive pas à se joindre parfois, avec des gestes et l’air de dire qu’on a tous les deux trois numéros de portable. Je me réchauffe un peu. Le réceptionniste part cinq minutes et revient, m’annonce gentiment qu’il va devoir fermer.

Il n’est tout simplement pas venu au rendez-vous. C’est aussi simple que ça. Je ne vous dis pas à quel point j’ai pu me sentir seule à ce moment-là. Vraiment très seule.

J’étais au milieu de nulle part, une zone industrielle avec un hôtel et rien d’autre à la ronde, seule, j’avais froid, je venais tout simplement de me faire avoir. Je m’en voulais. Je m’en voulais d’être là malgré toutes mes précautions, de ne pas avoir trouvé ça louche qu’il ne me donne pas son numéro. J’avais trouvé mille excuses à ça : sa femme est dans le coin, il n’a pas le temps, ceci, cela. Mais il avait mon numéro, à moi. Il aurait pu m’appeler en inconnu. Il aurait pu s’isoler cinq minutes en prétextant aller faire une course en ville et m’appeler sur le trajet. On vit dans une ère communicatique : on peut appeler qui on veut, quand on veut. J’étais seule, à la nuit tombée, le vent soufflait comme jamais. En jupe. Avec mon manteau blanc et mes petits escarpins. Maquillée. Avec le regard triste et perdu, perdu dans ce million de pensées où je luttais contre mon envie de pleurer et mon sentiment de mal-être grandissant. Je n’avais pas tant que ça envie de pleurer, en fait, mais je m’en voulais – ça, c’est certain. Je m’en voulais d’être une pauvre cruche qui a couru après l’appât du gain, comme toutes ces filles stupides que je blâme tant. Quand c’est trop beau pour être vrai, ça ne veut rien dire d’autre que… c’est trop beau pour être vrai. J’ai appelé le PA en attendant que le même taximan vienne me chercher (parce que la réceptionniste a évalué le cout du transport retour à un prix supérieur à ce que j’avais, de cinq à dix euros. Et en rentrant à la maison, je me voyais mal demander à qui que ce soit cette somme, en expliquant qu’il y avait un taxi en bas. Il aurait fallu trouver mille réponses à mille questions imprévues. C’était trop. La réceptionniste a négocié avec le taximan pour qu’il revienne me chercher, compte tenu du généreux pourboire que je lui avait fait.) A mon sentiment de solitude allait alors s’ajouter mon sentiment de honte, de rappeler un mec en fin de service depuis quelques minutes. Je me suis sentie bête. Tellement bête.

En rentrant dans la voiture, il a regardé dans le rétro, a demandé ce qui s’était passé. J’ai dit que mes potes avaient dit que je m’étais trompée de lieu de rendez-vous, qu’ils m’avaient eu l’air louches au téléphone, qu’ils étaient sûrement déjà un peu saouls. Je n’ai pas voulu m’étendre et j’ai appelé le PA puis l’ex PA. J’avais une conversation charmante, drôle, comme pour prouver au conducteur que non, on ne me faisait pas de faux plans, que j’étais toujours la fille guillerette qui partait en soirée quelques minutes plus tôt sur cette même banquette arrière. Il écoutait d’une oreille, conduisait tranquillement. Plus je riais au téléphone et plus mon mal-être creusait un trou dans les profondeurs abyssalles de la solitude et de la honte au fin fond de moi. J’ai racroché cinq minutes avant qu’il se gare dans le parking devant chez moi. Je lui ai laissé trente euro pour une course qui en valait une vingtaine (pfff cette réceptionniste surrestime vraiment les coûts… j’aurais pu prendre un autre taxi je me suis dit, mais bon au final il vaut mieux qu’elle surestime, ça évite toute confusion. J’étais contente aussi d’avoir trouvé ce billet de dix euro un peu avant de partir et de l’avoir rangé « au cas où » comme on m’a toujours appris mais comme je ne fais jamais… en fait, dès à présent, je le ferais toujours), m’excusant de l’avoir fait se déplacer à nouveau. Cette fois-ci il m’a sourit franchement, me disant qu’il s’appelle V. quand je le lui ai demandé, pour que je puisse le demander la prochaine fois que j’appellerai la compagnie de taxi.  Il m’a dit oui, ou alors directement sur mon numéro de portable, ça sera avec un grand plaisir. J’ai lâché mon dernier sourire de la journé et monté les escaliers en quatre vitesses. Je pense à ma conclusion de la veille : je me dis qu’évidemment, j’ai (encore) tiré des plans sur la comète.

Posé devant l’ordinateur, je fulmine. Les mots les plus grossiers passent en boucle dans ma tête. Je me rappelle des sensations de peur quand des types m’ont klaxonné, de froid quand je sentais le vent passer sous ma jupe, de solitude et de tristesse. Je me dis, essaie de relativiser, il vaut mieux un mec qui ne vient pas qu’un mec qui essaie d’abuser de toi – ok, mais j’aurais aussi très bien pû rester à la maison. Je me sens tellement mal. J’ai envie de lui faire savoir. J’aurai pu commencer par « cher pauvre type », mais je me rappelle de l’éducation que j’ai eu et que les mots font parfois plus mal que les coups. Finalement le message dira que j’étais au point de rencontre (je donne les détails qu’il m’a lui-même donné plus tôt) mais que lui n’y était pas. Je lui dit que je peux comprendre s’il a eu un empêchement mais que j’aurais fortement apprécié avoir son numéro de portable et qu’il en ait laissé un vrai à la réception. Je lui ais dit que je lui passait les inconvénient d’attendre un quart d’heure (quand j’en ai attendu le double) sur un parking en jupe par le temps qu’il faisait ce soir-là, que je lui passait aussi bien les frais de taxi engendré par ce faux rendez-vous. J’ai dit de ma plus belle plume qu’il voyait, que si j’avais les tarifs que j’affichais et si je demandais un accompte c’était justement pour éviter de me retrouver seule à la tombée de la nuit, sur le parking d’un hôtel que je ne connaissais pas, par un temps glacial, avec pas ou peu d’indications sur comment joindre quelqu’un qui n’a pu ou pas voulu prendre la peine d’annuler au préalable. Au final, je lui ai souhaité une très bonne soirée, en ajoutant que c’était histoire qu’au moins l’un de nous deux ce soit amusé. Efficace, cinglant mais poli. Le style craché de ma mère. Et par conséquent, je suis bien sa fille.

Evidemment, il n’a pas répondu et je doute qu’il réponde un jour. Il peut se faire dessus, je m’en tape complètement d’user son nom à mauvais escient. Et qu’est-ce que ça m’apporterai ? Je dis souvent que les bonnes choses arrivent aux gens honnêtes. Alors les types comme lui ont du soucis à se faire – mais pas de moi. Je me demande après coup, et si c’était un policier qui voulait enregistrer ma tête à la réception ? Et si pire, c’était un pervers psychopate, de ceux qui aiment se la péter avec leurs métiers inventés qui leurs rapportent un max et leurs voitures imaginaires qui sont de vrais bolides et qui aiment jouer jusqu’à faire se déplacer l’escort girl pour rien, en prétextant donner leurs vrais noms ? Pire : il m’a demandé ma photo. Vous imaginez si je l’avais donné ? Vous imaginez, si j’avais donné l’une de mes plus belles photos à un espèce de pauvre type qui est très probablement derrière son écran un raté de première (ce qui lui permet, quelque part d’être au moins premier en quelque chose) ? Je me félicite d’avoir, dans les dernières minutes du combat éthique versus fric, gardé mon sang froid. J’étais tellement persuadée que le rendez-vous allait bien se dérouler que j’ai hésité cinq bonnes minutes avant de décider que non, lui expliquant alors que si cela ne me dérangeait pas j’aurais mon visage à découvert sur mon site web. Je me sentais moins mal, à force de relativiser, sur le pervers, le mythomane, le proxénète, le violeur et autres horreurs que ce type aurait pû être et qu’en comparaison, un rendez-vous raté, c’était presque à prendre avec philosophie. Je me suis blâmée cependant, d’avoir jouée la flambeuse avec le taximan, parce que du coup j’ai beaucoup moins fait la maligne quand j’ai vu son regard interloqué au retour et je me dis que j’ai trop donné, un pourboire de presque quarantes euro c’est énorme, bien que cette nuit-là j’étais sensée me faire un mois de salaire en quelques heures. Je ne le rappellerai pas, V. (j’ai la côte avec les V.) Parceque je pense qu’il est maqué, parce que je pense qu’il s’en fiche un peu de ses clients en général, qu’il discute s’ils veulent discuter, qu’il se tait s’ils veulent du silence, qu’il caresse dans le sens du poil, quoi. Et puis au mieux, il me voit comme une flambeuse déchue, comme une pigeonne qui faute d’avoir des amis fiables a un compte en banque fort sympathique. C’est comme ça que je me serai vu, à sa place. C’est con, il était sympa, assez mignon, le genre de taximan de rêve. Mais bon de toutes les façons je ne peux pas m’offrir le luxe d’appeler le même taximan à chaque fois que j’ai un rendez-vous avec un client, tout simplement parce que je ne veux pas avoir de taximan attitré. J’ai entendu parler de ça, mais j’imagine qu’en France ça se fait très peu. Ou je ne suis pas au courant. De toutes les façons, dans ce milieu, on ne peut se fier qu’à son instinct. Tout le monde est suspect.

Vous imaginez bien que malgré le fait d’avoir relativisé et malgré avoir pris des décisions beaucoup plus fermes par rapport à mon éthique, j’étais pleine d’amertume. Ma revanche devait être à mon image : classe et fatale. C’est pour ça que j’ai passé quelques heures à créer une toute nouvelle rubrique sur mon site web, appellée « Etiquette. » A l’instar de mes collègues anglaises, j’ai expliqué sous formes de questions et de réponses comment me joindre, comment se comporter lors d’un rendez-vous, ce que j’acceptais ou non. En gros, j’ai résumé les questions que l’on me pose souvent au téléphone et les questions auxquelles je n’avais pas pensé, en m’inspirant de la FAQ du site web d’une escort girl américaine. Et devinez quoi ? J’ai ajouté une question spécialement à l’attention de ce cher c… de G., s’il repasse par là un jour : « Viendrais-tu chez moi si j’ai un 4×4 couleur crème et si je t’offre des centaines d’euro en extra ? » Il m’a dit qu’il avait une 4×4 couleur crème et qu’il m’offrirait 100 euro de plus, après tout. Quand j’y pense… c’est tellement gros. Je suis persuadée, à la minute où j’écris, que c’est un pauvre type. Ca m’a fait pensé au bouquin de Kay Good, avec l’anecdote de cette escort qui s’est fait embauché une fois par un type qui avait une limousine, avait payé rubis sur ongle pour passer une soirée avec elle, avait répété toute la soirée qu’il bossait avec les acteurs les plus courus (surement un producteur lui-même) du moment et qui au second rendez-vous l’avait tout simplement insulté de la pire manière qui soit et l’avait fait descendre de voiture en plein milieu d’un no man’s land, très loin de sa ville. En rentrant elle avait fait part de son histoire sur un forum et il s’était avéré que quatre autres filles avait vécu ça avec le même mec. Il faudrait sûrement que je poste à propos de cette histoire moi aussi, histoire d’éviter cette galère aux autres filles. Ca aurait pourtant dû me paraitre évident, que son prénom et nom sur le mail soit tellement différent du soi-disant vrai nom qu’il avait donné à la réception. Je me suis dit que c’était sans doute par mesure de discrétion, que c’était aussi sa manière à lui de screener pour voir si j’étais fiable. Au final, je me suis juste trouvé trois millions d’excuses pour ne pas avouer que le gain m’appâtait comme la carotte pour l’âne. Quelle cruche.

J’ai ajouté trois questions de plus qui avaient trait de façon déguisée à la mésaventure de dimanche soir (je ne donne aucune information requise mais tu sais je suis mec sympa, on peut se rencontrer quand même? réponse : non et blabla; tu m’envoies une photo de toi ? réponse : hors de question et blabla.) Si G. (ou plutôt M. si j’en crois son vrai nom) passe par là, il risque d’avoir une attaque. Quel pauvre type. En même temps, heureusement que ça m’arrive maintenant, ça me permet de durcir mon éthique et de screener au mieux, même si dans ce monde on parle de relations humaines donc il n’y a pas de risques zéro, il faut quand même que je lutte pour avoir le résultat s’en approchant. Dans l’étiquette je dis clairement qu’un contact téléphonique est obligatoire même avec échange de mails, que je ne rencontrerais jamais hors de la ville quelqu’un que je n’ai pas vu au préalable, que je n’aurais pas de rendez-vous supérieure à trois heures avec des clients qui n’ont pas déjà réservé trois fois et dont chaque rendez-vous s’est très bien passé. Tant pis si je passe à côté de très bons clients qui me prendront pour une snob de première, tant pis si je n’ai plus autant d’appels qu’auparavant. Maintenant au moins je serais sûre que les appels que je recevrais seront d’hommes plus ou moins avertis et qu’il n’y aura plus qu’à passer à l’étape suivante du processus de selection. En conclusion G., tu as été le pire c… que j’ai rencontré jusque là, et lâche, et frimeur. Cependant, sache que grâce à toi, j’ai appris qu’il ne fallait pas se faire passer pour quelqu’un qu’on n’est pas (une Paris Hilton black en taxi en l’occurence), qu’il ne fallait pas claquer sur la belle gueule du taximan les vestiges de mes rencontres passées quand des fêtes si importantes se profilent à l’horizon, qu’il fallait absolument le numéro de téléphone du client mais surout ne pas mettre foi en ce que de pauvres types mythomanes pouvaient déblatérer, par écran interposé. Evidemment, je t’en veux G. mais je m’en veux encore plus de t’avoir cru ne serait-ce q’une seconde. Au final, mon éthique a cependant triomphé, et je m’en félicite. Réglement de comptes à O.K Chacha Town. Fric-0, Ethique-1. You loose.
Chacha, sur le ring. Mais pourquoi est-elle si cinglante ? Parce queeeee.

Publié dans:Coup de gueule, Mes peines, Non classé |on 11 décembre, 2007 |2 Commentaires »

Rencontre du troisième type. Enfin, si on veut.

Le rendez-vous est fixé pour jeudi, il y a deux semaines. G. est plutôt du genre cool. On s’est donné rendez-vous devant ce théâtre pas loin du centre-ville. J’arrive avec un petit quart d’heure de retard (prévu et prévenu) et attend comme convenu devant les marches. Je zieute un peu tout le monde, voit ce mec avec une veste en cuir marron tourner en rond. J’espère que c’est lui, mais je me dis que non, que peut-être il s’est posé à un café en attendant, qu’il peut arriver, par ici, par là, de n’importe où. Il y a deux mecs qui déjeunent pas loin de moi. Je me demande comment est-ce qu’on va se dire bonjour, genre rendez-vous professionel, ou genre quoi. Je regarde un peu partout, en faisant gaffe à pas avoir l’air trop perdue, ou un air de la fille qui cherche quelque chose – sois naturelle, je me répète, comme si j’étais un mannequin. Il arrive. Dans mon dos, j’entends « C’est vous Chacha ? » Je me retourne. C’est le type avec la veste en cuir marron. Oufffff.

On se fraye un chemin jusqu’à un café devant lequel j’ai dû passé une ou deux fois dans ma vie, à tout casser. On se pose, il me dit qu’il a besoin de fumer un cigare, que c’est son petit moment dans la journée à lui et que ça l’aide à se relaxer. On change de place, parce que la fumée venait vers moi (il a insisté pour que l’on change, moi ça me dérangeait moyen.) On a discuté de mes études, de ce que j’aime faire dans la vie, de ses passions, de sa vie d’étudiant à l’époque, de comment est le système éducatif en belgique. Il me fait souvent rire, je le sens à l’aise, décontracté. Les serveurs qui passent écoutent la conversation d’une oreille, avec leur tablier sérieux, leur attitude rigide. On est à un café BCBège dans le genre. Ca doit faire bizarre de voir une petite black et un grand blond qui discutent de voyages en Egypte et de littérature anglaise. Et passionément.

Le temps est passé très vite. Trop vite. Il est déjà temps de se lever. Je remarque qu’il me demande si je veux un autre café, ou quoi que ce soit, je décline poliment et sourit. Il prend un second cappucino, éteind son cigare et nous voilà en route vers sa voiture. Il marche avec élégance. Il a les cheveux un peu long, à la Brice de Nice, mais ça fait très surfeur et très sexy pour quelqu’un qui est aussi charismatique. Il m’a dit qu’il était conseiller, financier ou je ne sais plus trop. On rejoint son 4×4 qui est garé dans une rue adjacente à une grande place. Il ira jusqu’à m’ouvrir la porte de la voiture et à la refermer derrière moi. C’est la première fois véritablement qu’un client le fait.

Dans la voiture, on discute de ses garçons, de l’avenir que les parents veulent que l’on ait et que l’on a, des clients que je recherche, que j’élimine, que je garde, que je revois souvent. Il me dit qu’en fait, il ne sait pas comment il devrait agir, qu’il ne sait pas comment faire, finalement, pour que j’ai envie de le revoir. Je lui dit qu’il faut qu’il soit naturel, tout simplement. Je le sens pensif. Dans ses mots même, il est trés évasif. C’est comme si il voulait me transmettre une idée, et n’avait pas les mots. Je connais ça. J’essaie de l’encourager à me dire ce qu’il veut – je réponds ici et là que je suis assez exclusive, que je recherche des hommes qui sont courtois, qui me font rire, qui me font me changer les idées. Je lui dit que ça ne m’intéresse pas de rencontrer quelqu’un qui ne rit jamais, qui ne me fait pas rire non plus, qui ne savent pas parler d’autre chose que de leur boulot. Je lui dit que oui, je revois des clients, que mon but à moi c’est de « construire » quelque chose, que le mot est mit pour dire que je ne cherche pas à voir quelqu’un une fois, et puis plus rien. Que je recherche le contact sur du plus ou moins long terme. Il me dit que c’est bizarre, à mon âge, d’avoir déjà des idées arrêtées sur certains sujets. Je lui demande s’il trouve que c’est bien ou mal. Il me dit que c’est selon.

Quand on atteind le lieu où l’on doit se séparer, je vois bien qu’il voudrait que l’on aille chez moi - mais non, je ne fais pas d’Incall. Je lui explique que j’ai des colocs, que je ne voudrai pas pour eux comme pour lui, que quelqu’un se sente à l’aise parce que d’uen manière il pénétrerai leur intimité – que mon intimité à moi, j’aimerai la partager avec lui, mais que je ne peux pas imposer la trace de sa présence aux autres. Il acquiesce silencieusement. Il me dit, comme ça, en cherchant ses mots, qu’il m’apprécie beaucoup, qu’il a adoré le moment qu’on vient de passer ensemble, que dès le contact téléphonique il avait su que j’étais quelqu’un d’agréable. J’ai sourit. Mais… Il y a un mais. Mais… En fait, pour lui, aller dans un hôtel, ça se résumerait à une vulgaire transaction, ça se rapporterait beaucoup trop grossièrement à de la prostitution. J’acquiesce à mon tour. Je dis désolée, mais sans ça, il n’est pas possible de se revoir. Il me dit qu’il voudrait me donner son vrai numéro, et que je n’hésite pas à le contacter, si par quelque chance, un jour, je reçois dans mon appartement. Je prends son numéro, je souris, je me penche vers lui pour lui faire la bise. Il me demande, alors, je te dois combien maintenant. Surprise, je lui dit qu’il ne me doit absolument rien, que je ne vois pas pourquoi il me paierait pour une rencontre aussi sympathique. Surpris, il dit ah bon. Je descends de la voiture et rentre à la maison. J’aurais voulu. J’aurais vraiment voulu que ça aille plus loin, découvrir comment sont ses gestes sous la couette (lents ? rapides?) s’il est plutôt du genre anal ou vaginal, s’il est plutôt du genre câlin… Je suis sûre que oui. Sur le chemin du retour, j’entends mes bottines frapper sur le macadam et la musique m’enchante.

Je recevrai un message vocal de lui dans la journée, disant qu’il aurait vraiment voulu aller plus loin et qu’il regrette que notre rencontre ce soit écourtée. Il ajoutait qu’il espérait que je ne perde pas son numéro, qu’il avait espoir que je le rappelle vite. J’ai dû écouter ce message dix fois, depuis. Ca m’a décidé à faire des incalls un jour.

Chacha regrette pour la première fois un client potentiel.

Publié dans:Coup de coeur, Mes peines, Non classé |on 2 décembre, 2007 |Pas de commentaires »

Du lard ou du cochon (au niveau des titres, je sais pas si vous avez remarqué, mais je me lâche… allez, c’est la fête… HAPPY HALLOWEEN… Ahem, non, rien.)

J’ai l’impression de vivre à Coltarland et d’avoir élu domicile à l’hôtel de ville. Pourquoi l’hôtel de ville ? Allez savoir… Bref. En gros j’ai rien de spécial à raconter. Une heure avant la rencontre, S. n’a pas appelé. Un quart d’heure après je lui envoyé un texto genre neutre pour lui dire que j’attendais son appel de confirmation, me disant qu’il avait peut-être oublié. Finalement il n’a pas rappelé du tout, tant mieux, j’avais la flegme de faire deux heures dans la salle de bains pour un faux rendez-vous. Le truc de la confirmation une heure avant le rendez-vous, c’est vraiment le bon plan. Ca sauve de précieuses minutes dans la vie d’une escort girl en service. Vraiment. Du coup comme j’avais rien de spécial à faire, j’ai glandé. J’ai trainé sur l’une de mes drogues à mes heures perdues : second life. Je ne dirai rien sur ma seconde vie, juste que ça me permet de me détendre quand tous les potes de la première vie sont en vadrouille et ne font pas signe. Si ça se trouve on s’est déjà frôlé une fois. Qui sait. A part ça, j’ai appelé V. assez tôt dans la matinée pour savoir si il bookait pour deux heures ou pour une nuit, il a dit on verra, j’ai insisté, il a dit deux heures. Il avait l’air fatigué, ennuyé peut-être ? Préoccupé, c’est sûr. En début d’après-midi, il me rappelle pour me dire qu’en fait, il est vraiment pas bien aujourd’hui, qu’on ne pourra pas se voir. Plusieurs hypothèses. La première, hier soir on a discuté quand même assez tard par rapport à son créneau habituel, alors forcément il était plus crevé que d’habitude, et vu qu’il accumule les grosses journées, ben c’est vraiment pas cool. La deuxième, il a chopé la crève, qui avec la fatigue le rend k.o. Incluse dans les deux précédentes, l’hypothèse comme quoi il m’a promit d’être « en forme » la prochaine fois qu’on se verrait. Du coup, il a peur de pas assurer. La dernière, il a envie de me faire voir ce que ça fait, quand on se voit annuler deux fois de suite un rendez-vous auquel on tenait à honorer. Bah, de toutes les façons, oh se croisera bien un jour. Je trouve ça un peu suspect de n’avoir pas vu A. online, et de n’avoir aucune news de ce qu’il a ressenti, comme V. m’avait promis de me raconter la veille au soir. Si ça se trouve, comme d’habitude, je me prend tout simplement trop le chou. Enfin au final, les faits sont là : côté accompagnatrice, rien n’est booké pour les prochains jours, à part ce pharmacien qui a appelé pour booker dans la matinée en début de semaine prochaine, mais faut voir s’il rappelle et faut voir s’il confirme, et faut voir s’il me plaît. Tout un programme. Et c’est pas gagné.

J’ai vraiment gaspillé mes premières thunes. Je n’ai pas encore eu le temps de me servir du plan d’épargne proposé par l’auteur du bouquin sur l’escorting, mais promis juré craché, dès que je peux, je le fais. J’ai vraiment envie de vivre bien plus tard, de ne pas regretter un centime de ce que je gagne maintenant. Il y aussi de nouveaux budgets que je dois régulariser, comme manicure et pédicure, esthéticienne tout ça. A propos de la pédicure, un client souhaiterai booker une cam de 30 min, un show hard mais qui satisferai aussi son fétichisme… des pieds. Je n’ai jamais compris ce penchant là, je suis assez curieuse. Je me disais comme ça, tout à l’heure, j’ai probablement les limites sexuelles plus poussées que 99% des filles de mon âge. Je ne dis pas ça parce que je suis sexuellement très ouverte et que j’ai un appétit sexuel plutôt grand, disons que mes limites, sont vraiment, vraiment, vraiment très poussées. Il n’y a que deux hommes au monde qui les connaissent, N. avec qui j’ai fait des jeux de rôle virtuels assez jouissifs, et C., un client cam. Ces limites là, je me laisse quelques années pour les découvrir vraiment, les explorer, les tester. En matière de sexe, je suis loin de vouloir goûter à tout, mais je voudrais au moins satisfaire certains de mes fantasmes… et les fantasmes des autres. Le pire, je crois, c’est d’être consciente à mon âge de l’avantage que j’ai sur les autres filles de la profession. Je sais que beaucoup d’hommes cherchent mon profil de fille, assez jeune, très open, sans prise de tête. Et du coup, quand je suis en train de me laisser aller, je me prend parfois pour une actrice porno, qui doit réaliser la scène selon les indications du metteur en scène. La plupart du temps, c’est même ce que je fais, parfois je prends mon pied, parfois, j’avoue, je simule. Ca fait partie du personnage, du jeu, de l’instant. Je me met même des fois dans la tête du client, pour mieux encore être apte à le satisfaire, même si je trouve ce qui lui plaît moyen, ou vraiment pas top. Je prends mon pied quand mon partenaire est heureux, c’est pour ça que je me dis que finalement, je suis plutôt soumise. Mais j’imagine que dans le « trip » domination, c’est aussi essentiel d’essayer d’avoir une longueur d’avance sur les désirs de l’autre. Au final, je me dis que ça doit être assez similaire, niveau désir/assouvissement du désir. J’ai pensé deux-trois fois à devenir actrice porno, mais non vraiment, je n’assumerai pas ce choix. Ma sexualité je l’assume à fond, mais dans la discrétion. L’afficher, ce serait un peu la sacrifier sur l’autel du Désir et là, c’est trop risqué, et quand c’est risqué c’est hors de question. Tout simplement.

Le directeur de l’agence a rappelé. Il m’a dit de renvoyer encore des photos, qu’il était impressionné par mon expérience sexuelle (j’ai mit trois quart d’heure à décider si oui ou non j’en parlais dans un mail, comme je trouais ça incroyablement impersonel et puis je l’ai fait finalement, me disant, je ne sais pas, fais-le), que wow pour une fille de mon âge, j’en connaissais un rayon. J’ai juste rit. Il a dit comme quoi il serait en France la semaine prochaine, qu’on devrait essayer de se rencontrer, qu’il y aurait un formulaire à remplir, qu’il prendrait les photo, et qu’on verrait comment on devrait procéder, à l’avenir. Il a dit qu’il descendrait à un hôtel, qu’on discuterait, qu’il prendrait les photo. Il a ajouté « et vous rentrerez le lendemain matin? » Et moi aussitôt de dire « Ou le jour même! » Je me suis rappelée dans la foulée que D. habite là-bas et que ça pourrait être un moyen de le voir, dans le cas où il n’est pas super busy, comme tous les hommes de ma vie. Finalement, le directeur en question m’a renvoyé un texto pour me dire d’envoyer encore des photo. Là, je dis stop. Le coup de « vous rentrerez le lendemain matin« , ça sous-entend de façon trop grossière « on dort à la bonne franquette avec Bébère » et ça c’est no way; c’est au moins la troisième fois qu’il demande des photos de moi, je veux bien qu’elles soient trop sombres, ou trop claires, ou trop machin mais faut pas abuser; n’importe quelle agence assez ok peut au moins se payer les services d’un photographe – et je ne veux pas bosser dans une agence qui n’en n’a pas les moyens. Non seulement je ne vais pas renvoyer de photos, mais en plus je dirai que je ne suis plus intéressée. C’est sûr, j’ai envie de me casser, de découvrir plein de trucs, mais mollo mollo, ça arrive tous les jours que des jeunes filles naïves se retrouvent dans des plans foireux avec des macs déguisés qui tirent les ficelles du traquenard. Matrioshki ok, mais sans moi. De toutes les façons, maintenant j’en suis persuadée, même si tout le monde recommende de passer par une agence en premier, je n’aurai jamais autant de succès qu’en indépendante. D’abord, et c’est normal, parce qu’une agence mettra en avant les filles blondes aux yeux bleux, plantureuses, taille mannequin. Ne disons pas « mais non… » parce que si. L’auteur du bouquin sur l’escorting a géré deux grosses agences et l’avoue sans détours, c’est la loi de la demande et de l’offre, et comme j’offre, je dois m’y plier. Ensuite, parce que j’ai lu pas mal de témoignage de filles d’agences, ces mêmes filles plantureuses, qui se retrouvent collées-serrées contre des mecs un peu obèses, pas toujours très propres, mais qui lâchent de gros billets verts. Moi, jusque là, je suis toujours tombée sur des mecs cleans, et je ne suivrai jamais un type qui ne me plaît pas, sous prétexte qu’il a le compte en banque d’Ali Baba – si tant est qu’il en ait jamais eu un. Enfin, je verrai peut-être plus tard, d’ici qui sait quelques mois, si je ne peux pas aller à l’étranger, et là je ferai ça sérieusement. L’auteur du bouquin sur l’escorting blâme les sites qui permettent de donner des notes aux agences et aux indépendantes. Moi, quelque part, ça m’arrange, ça permet de savoir à quoi s’en tenir, même si certains mecs sont un peu hardcores niveau descriptions (« je l’ai bien b***, elle m’a bien s*** », je cite. Oui je pense comme vous : la plume de Casanova a dû passer par là.) De plus, à ce que je constate, c’est toujours la course aux plus cheaps, au rapport qualité/prix le plus attractif, un peu comme un touriste avec des tours opérators. Evidemment, de ce côté là, ce sont les filles de l’Est qui sont les plus plébicitées. Ce que j’en pense…

Et donc, rien de neuf à raconter. V. ne me verra pas avant au moins deux semaines, j’en ai plutôt marre du jeu du chat et de la souris, et puis ça nous fera du bien à tous les deux, de se zapper de temps en temps. J’ai dit que dès aujourd’hui, j’économise pour le future site, j’ai trouvé un webmaster anglophone assez sympa qui fait de bons sites à des prix raisonnables, pas comme certains qui ont des prix énormes pour les mêmes résultats. Je pense à deux sites en fait, pour les cams, et pour l’accompagnement. J’en ai ma claque de mon actuel moyen de paiement, je voudrais quelque chose qui ne coupe la cam que quand le client l’a décidé. Du coup, je me fais moins de soucis par rapport au temps offert… En plus, j’en ai franchement marre des mecs qui recherchent mes services en ce moment. J’ai fait la rencontre de trou du schmoll troisième du nom, aujourd’hui. C’est un client qui avait demandé un show hard d’un quart d’heure, une fois, il a adoré. Aujourd’hui il se reconnecte, alors que ça faisait genre un baille qu’on s’était pas vu. On chatte cinq minutes. Il se déconnecte et deux heures plus tard, dès qu’il se reconnecte, il me dit « tu me fais une cam gratuite ? » Bon, je réexplique pas le truc de l’amitié et de la relation amicale, sinon je vais arracher l’oreille de quelqu’un sur un ring de boxe. Je ne lui ai pas répondu, histoire de ne pas m’énerver. Simplement, voilà une autre leçon à tirer : ne vous imaginez pas que parce que vous avez payé une hotesse webcam une fois, vous aurez droit à des free à vie, là, c’est du fantasme pur et dur. Il y a des clients qui vont voir tous les soirs ou presque une amie/concurrente. Depuis que j’ai repris l’activité de façon presque soutenue, un client m’a déjà contacté plusieurs fois, aux mêmes horaires et a payé toutes ses cams – avec quelques minutes gratuites à chaque fois. Ce que je demande pour une cam, je sais que je le mérite, sinon je n’aurai pas la base de clients fidèles que j’ai. S’il m’arrive de faire des free, c’est quand je sais que le client veut bien payer, mais que JE DECIDE de lui en faire cadeau, parce qu’il est déjà venu me voir plein de fois et non pas comme certains se le permettent, parce qu’il me rappelle qu’il est déjà venu plein de fois et que du coup, il a droit à un rabais : je décide TOUJOURS. Je ne suis pas un magasin de discount, le client est P(r)ince, je suis la Reine. C’est comme ça. Je n’ai jamais aimé que les clients reviennent me voir trop souvent, parce que je pensais à eux dans la vie de tous les jours, aux fantasmes qu’ils pouvaient développer de me voir un jour, à la relation amicale qu’on créait qu’il pouvait à tout moment confondre avec de l’amitié et même de l’amour. Je n’aime pas me dire qu’ils peuvent passer à côté de quelque chose dans leurs vies de tous les jours à cause de moi. Quand j’ai expliqué ça à D., qui m’a d’une certaine manière lancé et épaulé dans mes débuts pour les shows, il m’a dit que c’était assez stupide, parce qu’au final, les mecs iraient ailleurs. Certes, mais au moins j’ai la conscience tranquille, je sais que je ne leur fait rien croire, et qu’ils savent que je suis honnête avec eux. Je ne flirte pas quand je sens que le mec est porté sur les relations longues, je coupe court quand le mec revient souvent, et commence à donner de gros pourboires. Je ne sais pas, c’est comme ça, J’aime me dire que quelque part, je ne les rend pas accro, je leur donne juste la bouffée d’air dont ils ont besoin, rien de plus, rien de moins. Avec le futur site et le nouveau moyen de paiement, ça va bien changer tout ça. Mais bon, au fond, on ne se débarasse jamais complètement d’une éthique.

Le PA et moi, c’est game over au fait. Il continue d’appeler et d’envoyer des texto, mais vu comme je suis busy (à ne rien faire), je ne répond pas. Ca ne sert à rien de languir sur des choses qui n’aboutiront pas, sinon à soufrir plus et à avoir du mal à passer à autre chose. Nous deux c’est finit, si on est réellement faits l’un pour l’autre, alors on se retrouvera, sinon ciao bambino. Alea jacta est.

Non, j’insiste, appelle-moi Chacha.

Publié dans:Coup de gueule, Mes peines, Non classé |on 1 novembre, 2007 |1 Commentaire »

Chacha a le coeur brisé

Comme pour un livre, le titre dit tout.

C’est officiellement finit avec le PA. Je ne supporte pas ses parents hypocrites. Je ne supporte pas d’avoir à échaffauder des plans de la mort pour qu’on se voit quoi, quelques jours, et que je redescende dans ma réalité. Le PA vit dans le Nord, et je vis dans le sud. Le PA a toujours ses parents derrière lui, hypocrites et menteurs, qui font comme s’ils le protégeaient devant lui pour mieux l’empêcher d’évoluer derrière – quelle sacré bande de paysans ; je suis indépendante. Le PA ne sortira jamasi de son trou, je veux découvrir le monde. Pour vivre à fond mon histoire avec le PA, je devrais attendre quelques années et c’est hors de question. Comme dirait cet ami de la famille que j’adore « bon dieu de bon dieu » ! L’amour, que c’est chiant.

J’ai encore des sentiments pour le PA. On ne peut pas dire qu’on n’aime plus quelqu’un comme ça, du jour au lendemain. Ca faisait quelques mois quand même, c’était sympathique, on ne se prenait pas la tête, on s’appelait souvent, on se voyait ponctuellement. Mais là, c’est trop, je ne veux rien à voir à faire avec ses parents les faux-cul, j’ai besoin de mon espace de liberté, il est ma faiblesse, je suis tentée d’aller le voir et de les cotoyer rien que pour être avec lui, mais j’en ai marre d’être faible. Les histoires de coeur, ça craint.

Non, je vais appeler V. ce soir et lui annoncer que finalement je ne pars pas en vacances. Je vais me chercher un appart’. Je vais le trouver. Je vais me demander si oui ou non j’accepte les incalls et comment je procède si tel est le cas. Je vais me concentrer sur mes plans d’épargne, mes plans de carrière, mes plans de vacances, tout ces trucs que je faisais avec le PA. J’ai le coeur brisé et je suis au bord d’éclater… Un jour ou l’autre il aurait fallu que ça s’arrête de toutes les façons. Ca ne pouvait pas continuer comme ça. Chacha est en bad total…

 Faut que je parte, au moins quelques jours. La capitale, prendre des photos de la Tour Eiffel, flâner devant le magasin de Lancel et rêver de porter tous ces sacs hors de prix que je n’achèterai jamais, penser à ma future caisse (une ford escort décapotable :p ), penser à mon futur. Plus jamais de PA, de toutes les façons c’était incompatible avec mon activité, mais il était mon hâvre de paix dans un monde où tout n’est que sexe et argent, amour et haine, religion et guerre, suicide et compagnie. Comme toujours Chacha doit se dire « on a vécu ce qu’on avait à vivre, tourne la page. » Et puis je suis pas seule, il y a V. à qui je peux tout (ou presque) raconter. V. est présent, V. est doux, mais V. ne sera jamais qu’un client.

Tiens, il y a P. sur ma messagerie instantanée. Il me demande qui m’a brisé le coeur. Vu la relation tendue qu’on a tous les deux, je trouve ça un peu déplacé et très con-con de me demander ça. J’ai envie qeu tout le monde aille se faire voir, manger du chocolat jusqu’à l’overdose et écouter de la soul music à fond.

Bon à plus, faut vraiment que j’aille me poser et réfléchir à ça.

Pssst, appelle-moi Chacha. Mais pas tout de suite, je suis triste.

Publié dans:Mes peines |on 28 octobre, 2007 |10 Commentaires »
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