Archive pour la catégorie 'Coup de gueule'

La guerre du net n’aura pas lieu (la vraie histoire de la fausse fin de ce blog)

Il y a longtemps que ce blog est défunt, et je n’ai pas célébré ses funérailles en grandes pompes, malgré toute l’affection que j’ai pour lui. Il est donc temps à présent de mettre un terme définitif à ce qui aura été le temple de mes souvenirs pendant plusieurs mois décisifs de ma vie. J’ai connu et partagé ici le meilleur comme le pire, j’ai grandi, j’ai mûri, je me suis rendue compte de la grandeur de l’homme en quelques occasions et malheureusement bien plus souvent de sa lâcheté et de sa bassesse.

Il y a plusieurs raisons à la fin de ce blog. D’abord, la trahison. Ah, c’est toujours une histoire de trahison.
Jamais au grand jamais je n’aurai crû que rencontrer un de mes lecteurs, Dyosnos, qui commentait beaucoup et échangeait par mails avec moi, pourrait se finir mal. A l’époque de notre rencontre, Dyosnos (don’t j’ai omis le véritable nom) fêtait ses 30 ans. J’en avait 19. La façon dont il s’est comporté avec moi, en étant attentif avant la rencontre et absent après (sans aucun signe de vie) m’a rendue très triste à  l’époque. Il m’a écrit récemment (ou peut-être étais-ce l’année dernière?), en s’excusant de son comportement. Je lui ait dit que « faute avouée, à  moitié pardonnée. » Bien sûr que non, je ne lui ait pas fait part du dégoût et de la déception qu’il m’inspirait. C’eut été lui donner de l’espoir quand à la naissance d’un long échange de mails que je n’avais définitivement pas envie d’entamer avec lui. C’en est resté là, lui de s’excuser, moi de lui pardonner et de ne pas répondre à son mail de relance. Ouf. Mais, car il y a toujours un mais, il m’a encore écrit cet été. Cette fois, il a prétexté « avoir un coup de blues » et rechercher du réconfort auprès de moi ou un truc dans le genre. Ah. Moi, c’était le cas il y a deux ans, il aurait fallu se réveiller à ce moment-là. J’ai découvert son message sur ma boîte mail un mois après qu’il me l’ait envoyé – en Août 2010. J’ai trouvé ça lamentable. Je me rends compte maintenant à quel point à l’époque j’étais naïve et ce que je prenais pour de l’affection chez lui n’était rien d’autre qu’un pari passé avec lui-même pour me rencontrer – et plus si affinités. Je reste extrêmement polie dans ma façon de parler de lui, mais oui je le trouve pathétique. Je n’ai jamais donné suite à son message et je ne pense pas le faire un jour. A l’époque où il pouvait échanger avec moi, il ne l’a pas fait. Je ne vois pas pourquoi ce serait à moi aujourd’hui de renouer contact avec quelqu’un qui m’a tout bonnement méprisé. Je te souhaite le meilleur dans ta vie, Dyosnos. Sincèrement. Sache simplement que pour moi, tu n’existes plus depuis la minute où tu m’as blessée.

La seconde raison à  la fin de ce blog, c’est la consternation.
Jamais au grand jamais je n’aurai crû qu’ouvrir mon coeur et mes pensées sur le net susciterait un sentiment de challenge chez des hommes de plus de 40 ans. Un jour, en lisant mes commentaires, un certain J-L me contacte en me laissant deviner qu’il souhaiterait qu’on échange des mails. C’est assez sympa, au début (vous noterez que c’est toujours comme cela au début). Puis, c’est un certain « Deuce », qui me contacte. Il fait part de la même requête, discuter, échanger, et peut-être un jour, pourquoi pas, se rencontrer. Je note que contrairement à J-L qui est un plaisir à lire, Deuce est lourd. Il étale sa culture, il parle anglais puis français, il veut parler avec moi mais ne vivant pas seul il ne peut pas – bref, je l’éconduis rapidement, car il est loin de correspondre au genre d’homme que j’apprécie pour diverses raisons. Entre-temps, il a insisté sur le fait que si j’avais un doute sur lui, je devrais contacter un certain J-L, qui serait une sorte de garant de sa personne – ou plutôt, pensais-je, de sa personnalité grossière et rustre. A ces mots, c’en était finit de ma relation épistolaire avec J-L. J-L démentit vivement connaitre le caractère et les véritables pensées de Deuce, mais je ne lui faisait plus confiance. Dans ma tête alors, J-L et Deuce étaient deux trous du schmoll qui se la touchaient en jouant à qui me rencontrerait le premier. Lamentable. Impensable. Pathétique. J’ai continué ma vie, en ignorant les mails de relance de l’un comme de l’autre.

C’est à cette époque-là que je reçois un commentaire sur ce blog, d’un certain « Alextrek » qui dit en bref « on parle de vous sur ce lien », avec redirection à  l’appui sur un topic d’EscortForum, où des parties entières de mon blog ont été copiées et collées sans ma permission pour le plaisir littéraire de ces messieurs. Ce topic dit en gros que je ne suis pas raffinée, que les récits de l’escort suisse (dont je parle dans la catégorie « liens » de mon blog, mais bien sûr aucun crédit ne m’a été donné quand à cette trouvaille) sont beaucoup plus sensuels, que je suis une espèce de gamine immature qui discute sur MSN et qui crible mes conversations de « lol » et autres mots du même accabit. Ah, aussi, mon système de sélection, qui consiste tout simplement à m’assurer du sérieux des personnes que je vais rencontrer en leur parlant par IM (et certainement pas par MSN), serait selon la personne qui a ouvert le topic, dépassé. Ah, les hommes. Enfin plutôt, cet homme. Cet homme, qui a ouvert le topic, c’est Deuce.

Vous aussi vous êtes étonnés ?

J’ai contacté la personne qui m’avait fait part de ce lien, cet « alextrek », lui ait fait part de ma tristesse d’être ainsi malmenée sur un post où j’ai dû m’inscrire pour lire des choses peu plaisantes sur moi. Il n’a pas répondu. Alors j’ai commencé à me demander… Pourquoi est-ce que quelqu’un de sain et d’épanoui, voudrait partager un lien aussi peu flatteur avec moi? Une personne avec de bonnes intentions n’aurait jamais fait ça. Elle l’aurait gardé pour elle, ou m’aurait abordé en parlant d’autres choses et éventuellement, aurait évoqué le sujet un jour, en passant. Mais non. Cette personne-là devait savoir que ça me ferait mal. Elle devait savoir que je n’appréçierait pas ma découverte et que je serais, sujet de cette deuxième partie si vous suivez bien, consternée. Ah. Nous y voilà.

Vous savez ce que j’ai fait ?

J’ai comparé les adresses IP à partir des commentaires sur ce blog de ce cher Deuce, que j’avais gentiment envoyé baladé, et celles de ce cher « Alex »/ »Mario » (je le connais sous ces deux pseudos.) Elles étaient sensiblement les mêmes. J’ ai envoyé un mail à Deuce qui confrontait les adresses IP, ce qui m’a valu un :

« Et ça prouve quoi ??? Que veux tu démontrer ???
Et puis quel intérêt… Au revoir et à jamais….Ciao
 »

C’est cela, ais-je pensé. Au revoir et à jamais. Cela a mit fin au chapitre blog et partage de mes pensées avec le visiteur internet de base. Ceci est arrivé en 2008, il y a deux ans, à la même époque où j’ai cessé d’écrire ici. Il y a toujours une dizaine de posts que je n’ai pas publié et que d’ailleurs je ne publierai jamais, parce que des personnes comme Deuce m’ont complètement dégoûté du concept même d’un blog. S’ouvrir, oui, partager, oui, mais avec qui. Avec des personnes grossières qui ont à l’évidence beaucoup trop de temps entre les mains, tellement de temps qu’ils montent un plan minable, à 40 ans, pour blesser une fille de 20 ans leur cadette.

Est-ce que vous imaginez ce que j’ai ressenti ?

Une trahison ça passait. Dyosnos, c’était l’archétype du mec qui se sentait en confiance, qui jettait des fleurs, qui lorsqu’il obtenait ce qu’il voulait ne rappelait pas et s’imaginait être un mâle dominant, grâce à cette manière primaire de se comporter avec les femmes, j’imagine. Portrait pas très glorieux, mais il s’est au moins excusé, donc passons. J’aurait pu continué, aller de l’avant, poursuivre ce blog – mais me rendre compte que j’attirais des personnes comme Alex/Mario/Deuce m’a complètement déconcerté. Nos échanges désastreux, son approche mesquine pour que je lise ce qu’il avait délibérément écrit sur moi, m’ont laissé présager ce qu’il aurait pu advenir de ma personne physique, de mon image et de ma réputation en tant qu’escort mais aussi en tant que Chacha de la vie de tous les jours (celle qui n’est pas escort girl), si je l’avais rencontré. Heureusement, il a été possible de mettre fin à tout ça. Mais je suis restée très longtemps silencieuse et blessée. Non pas par lui, ce serait lui donner trop de crédit pour ce qu’il vaut vraiment en tant qu’homme (ses actes parlent plus que ses mots), mais par cette attaque constante faite à ma personne. J’étais devenue une cible, qui, selon le degré de stupidité du visiteur mâle de mon blog, devait plus ou moins être malmenée. Qu’il y a de la profondeur, dans la stupidité!

Avec le temps, j’ai mit le doigt sur le problème.
Parce que j’étais une escort girl qui ouvrait son coeur sur le net, et que j’étais jeune, j’apparaissais comme naîve et j’attirais des prédateurs.
Prédateur au sens de personnes qui me voyaient comme une proie facile, comme une personne dénuée de tout sens critique, comme une prostituée bas de gamme, qui, si l’on sait la flatter, s’ouvrira davantage.

Ah, quelle leçon.
Dyosnos, J-L, Deuce, étaient tout trois des prédateurs à leur façons qui ont réagit différemment après avoir obtenu ou non ce qu’ils attendaient de moi. Je me dis avec le temps, vous savez, 27000 visites plus tard, qu’en ne poursuivant pas ce blog, je me suis protégée de la dizaine d’autres qui auraient pu me blesser. L’ironie, c’est que je n’étais supposé rencontrer ce type d’homme que par l’activité d’escort girl. Comme quoi les préjugés ont bon dos, n’est-ce pas?

La seule personne qui à ce jour (et à ma connaissance) ait trouvé un lien entre ce blog et mon activité s’est toujours comportée de façon charmante et m’a toujours intrigué. Je ne lui ai pas demandé comment, il ne m’a pas demandé pourquoi, on a échangé quelques mails très sympathiques et j’aime à savoir que ce genre de personnes existe. Je ne pense pas que l’on se rencontrera un jour, mais l’idée que ce soit une personne saine et équilibrée, qui ne se gargarise pas de sa découverte – comme d’autres l’aurait fait – me rassure.

Soupir.

Je finis sur une note positive. Grâce à ce blog j’ai rencontré l’homme de ma vie, qui a sû m’écouter, m’épauler, me transformer en femme. Nous vivons heureux depuis plusieurs années et il connaît toute cette histoire. Et je l’aime à la folie.

Ce blog a été le théâtre de changements profonds pour moi. Ma vision de l’homme n’est plus la même, j’ai perdu des idéaux, j’ai perdu beaucoup de numéros aussi, de certains hommes que j’ai apprécié. Il m’arrive de revenir sur le bout des pieds et de relire avec nostalgie ce que j’ai vécu. Je ne regrette rien, ça fait parti de moi pour toujours. Ce blog, c’est un bout de moi, du moi d’il y a deux ans, gravé sur la toile.

« La guerre du net n’aura pas lieu » est le titre qui met une fin officielle à ce blog, car je n’ai pas voulu continuer à me « battre » contre des personnes telles que Deuce, par mails, posts sur un forum, messageries instantanées interposée. Il m’a fallu deux ans pour raconter cette histoire, parce que je n’arrive toujours pas à croire qu’une personne qui a l’âge d’être mon père puisse se comporter comme ça, comme un gamin de 15 ans qui n’arrive pas à conclure et se met en tête de se venger – pour compenser, j’imagine. Je n’ai pas de mots.

Je vous laisse vivre heureux et je souhaite le bonheur de tout le monde, oui, même de ceux qui m’ont blessé. Je suis une personne saine, heureuse et bien intentionnée. Cela implique d’être capable de pardonner, d’oublier et d’avancer.

Un peu d’anglais pour la route, pour rire et oublier: « Never argue with a fool, they will lower you to their level and then beat you with experience », Woody Allen.

Je vais de ce pas me blottir dans les bras de l’homme que j’aime.

Ci-gît les mémoires d’une courtisane en herbe.
Chacha, escort girl hors service.

Publié dans:Coup de gueule |on 13 octobre, 2010 |4 Commentaires »

L’homme du voyage.

S. m’appelle un jour de pluie (je me rappelle pas mais ça fait hyper romantique comme intro.) Il me pose les questions habituelles, insiste un peu plus lourdement que tout un chacun à propos de mes pirouettes – le hic, c’est que je ne tarifie pas les appels que je reçois pour la simple et bonne raison que je ne suis pas une « hotline. » Donc, prise de rendez-vous pour les jours suivants autour d’un café où il aura le temps de me découvrir et si tout se passe bien, de me dévorer.

S. passe me prendre dans une voiture plutôt classe et nous voilà en route pour le centre commercial le plus proche, où, bien sûr, je ne mets jamais les pieds. Il est plutôt charmant dans l’ensemble, pas du tout mon type de mecs pourtant, a un petit ventre rond et ses dents sont formés comme si il avait sucé son pouce jusqu’à un age tardif. Il n’est pas trop bavard non plus, nos conversations se bornent à ce qu’il fait dans la vie, ce que je fais dans la vie, voilà… Comme j’ai horreur de ces minutes de silence qui s’installent, comme autant de moments de malaise. J’aimerais dans l’idéal bien sûr, que mes futurs partenaires cherchent à me séduire autant que je le fais, cherchent à créer une vraie magie dans ces instants privilégiés – au lieu de bêtement me déshabiller du regard.

En tête-à-tête avec S., un cappucino et un expresso nous séparent. Quand je me déshabille, S. sort la phrase de gros pervers type « tu es couverte ! » Erm, on est en début de soirée, il fait dans les deux degrés celsius à l’extérieur, selon toi c’est pas une raison assez évidente pour être couverte ? D’autant plus que ce n’est qu’un rendez-vous autour d’un « café », pas du tout sujet au et-plus-si-affinités. Pff. L’imbécile commence à me poser des questions sur mes pirouettes, là, en plein milieu du centre commercial où j’ai dû quand même squatter pas mal durant mon adolescence, avec cet air du mec qui ne touche pas qu’à sa femme durant la semaine. Je lui dis que ce sont des questions qui me mettent mal à l’aise, regarde autour de moi, guette cette employée de café qui regarde ailleurs mais m’imagine qu’elle a l’oreille tendue dans notre direction. « Vous voyez cette jeune fille elle pourrait très bien être en train de nous épier. » Il se retourne. « Quoi ? Mais c’est une chinoise… Les chinois ils n’entendent rien ! » Très fin. Dites moi, ce type, ce serait pas la doublure de l’inspecteur Derrick quand les enquêtes deviennent trop difficiles ? Et il dit quoi quand c’est les blacks ? « Quoi ? Mais c’est une black… Elle ne mange que des bananes ! » Bon je le prends avec humour mais franchement les préjugés raciaux ç’a ma toujours choqué.

J’arrive bon gré mal gré à lui sortir deux-trois positions qui pourraient lui faire fermer son clapet pour un bout de temps et continue de me sentir profondément mal à l’aise. Quel sale con. Il me tarde de me casser de là et je commence à me faire chier quand Monsieur lance un sujet des plus intriguants : son activité professionel. D’abord, il est gérant d’un salon de coiffure un peu caché dans la rue commerçante mais qui ma foi a l’air d’être un commerce fort florissant. Ensuite, il est à la tête d’une de ces entreprises de meubles dont M6 parlait récemment. Il me dit, j’ai noté que tu as la tchatche (bah faut bien vu que tu parles pas, pff!), peut-être que tu pourrais rejoindre l’équipe de vendeurs de mon magazin. Tu aimes l’argent ? Je le regarde en gardant le sourire – j’ai tellement envie de le mépriser. Je veux dire, il me prend pour une conne ou quoi ? C’est quoi ces questions « tu aimes l’argent » ? Il croit que tous le monde se la joue chevalier de la légende arthurienne à faire voeu de pauvreté ? Nan mais franchement, y’en a…

Il enchaine vite. Tu peux te faire de 4 à 10,000 euro par mois avec mon magazin. On appelle les gens suivants un centre de télé-travail qui épluche le repértoire d’une région puis quand c’est finit on bouge dans un autre secteur et rebelotte. On attire jusqu’à 200 personnes par week-end dans nos magazins. On leur dit de venir chercher un cadeau (style fer à repasser) dans le magazin, et puis après on leur dit qu’ils ont gagné au loto et on leur offre d’acheter un canapé affiché à 10,000 euro à 50% moins cher, puis on offre des réductions diverses jusqu’à ce que le canapé ou l’ensemble salon ne coûte que 3,000 euros. Moi « et vous faites ça à crédit? », avec un froncement de sourcil caché. Lui « oui, on fait essentiellement du crédit. » Tu m’étonnes. Devant les chiffres qu’il me sort (des magazins qui font des chiffres records de plus de 20,000 euro en journée), je reste sceptique, très sceptique et pense à tous ces pigeons qui ne regardent pas les émissions qui dénoncent ce genre d’arnaque. J’en ai parlé à des proches plus tard, qui m’ont dit « tu sais Chacha les gens préfèrent regarder à la télé quand on dit que tous les noirs et les arabes sont des voleurs et des profiteurs du système social plutôt que de s’informer sur leurs propres voisins qui les volent et les escroquent. » Quand même, une émission sur une chaîne hertzienne…

Bien sûr, plus les chiffres sont gros, moins j’y crois. Je garde pourtant le sourire, et il se confie de plus belle. « Si t’as la tchatche tu peux te faire beaucoup de sous, bon bien sûr on cherche des vendeurs qui fassent plus de 2,000 euros par mois sinon ça ne nous intéresse pas. Mais si tu y arrives ben on prend en charge tous les frais quand on déménage (tous les deux mois) nos magasins et puis de toutes les façons y’a deux mois où on bosse pas dans l’année (période de grands départs et de fêtes) donc en étant en vacances tu peux toucher le même salaire que d’habitude. » Je reste là, interdite à l’intérieur de moi, m’efforcant de donner le change. Je suis là, avec un type qui es issu des gens du voyages (il n’a pas daigné à ma question « tu as des origines? », a dit un « oui » sec mais a laissé trainer deux-trois indices qui m’ont mené à cette conclusion) et pardon mais il est juste l’incarnation des préjugés qui circulent à leurs propos. Porté sur le uc’, escroqueur de première et flambeur. Bon, je dois pas genre me tirer, moi ?

On prend le chemin du retour – il est sensé me déposer. Cette fois-là, j’aurais dû prendre un taxi. Bien sûr dans la voiture, il a continué à me poser des questions sur ce que je pratiquais ou pas. Je donne des détails, essaie de rester sensuelle malgré le peu de sensualité évoqué durant notre brève rencontre. Il se gare dans un petit coin, entre deux magazins, il fait nuit noire. Il me dit « non mais je m’arrête parce que je suis intrigué. » Je fronce les sourcils. Je continue pourtant ma diatribe, comme si de rien n’étais, il passe son bras derrière mon siège, me regarde avec le regard du prédateur prêt à fondre sur sa proie. Je sais très bien ce qui se passe.

Je sais très bien qu’il fera allusion à mon art de faire des fellations, suggérera quelque chose, que je devrais me mettre à l’aise, me courber et m’exécuter. Et je le fais, machinalement. Je ne sais pas ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là. Je pourrais très bien dire non, descendre de voiture et me casser, mais non, je m’exécute. Il ne me force pas, pourtant, alors pourquoi je le fais ? Je le fais parce que je suis persuadée que c’est mon rôle, qu’après avoir donné tant de détails je dois le faire. Et tant pis si ce mec me répugne, au moins, son hygiène corporelle est irréprochable. Elle est loin, la voix de ma conscience qui m’avait dit dès qu’il avait prononcé les mots « tu es couverte ! » de me casser. Je l’entends comme dans un rêve me hurler que je ne suis pas une pute à cinquante euro la passe, que je n’ai rien à foutre entre deux magazins, à la tombée de la nuit, entre les jambes de ce type qui ne fait rien d’autre que me salir et m’avilir. Je m’exécute comme un robot. Je ne suis plus maîtresse de moi. Il y a mon coeur qui me dit de me casser mon corps qui me dit de me caser. Je suis juste là.

Est-ce que je m’exécute parce que sinon j’ai peur qu’il tente de me forcer ? Est-ce que je m’exécute parce que je n’ai pas envie de rentrer à la maison à pied ? Qu’est-ce que je fous là ? Mon cerveau est en mode on, mais mon corps n’est plus opérationel. Je le méprisais bien, cinq minutes plus tôt. Mais là je suis l’escorte girl naïve qui a très bien vu le coup venir mais s’est fait piégé avec une facilité déconcertante. Mais tu croyais vraiment que ce type allait te ramener sans te demander de contre partie ? Et le voilà qui tente de glisser ses doigts en moi. Je suis dégoûtée, je me dégoute moi-même. Je ferme les yeux forts, secoue la tête quand il me demande si je n’ai pas de capotes, en me rappelant les deux carrés de latex dasn la petite poche dasn mon sac. Il finit par venir dans ma bouche. Je vois trouble. J’ouvre la portière et crache son sperme. Je crache de toutes mes forces ce qui est le fruit du plaisir d’un gros porc que j’ai détesté de toutes mes forces. Je crache de toutes mes forces l’image de Chacha en pute bas de gamme qui fait des pipes à l’arrière d’un magazin pas éclairé. Je crache le dégoût de moi-même, j’ai envie de me faire vomir, de ne plus être là, de disparaître.

Respire Chacha. C’est finit, Chacha, c’est finit.

Il est satisfait, sourit et me regarde, me complimente sur mes gorges profondes. Je regarde ailleurs. Durant tout le trajet, je répondrais de façon laconique, n’aurait en tête que l’idée de ne plus jamais voir ce type, qu’il ne me touche plus jamais. Pourtant, je reste courtoise, je joue la comédie quand au fond de moi je m’effondre totalement et que c’est la tragédie. En arrêtant la voiture il me dit « allez attend je te fais voir le dossier des clients… » Il fouille dans la boîte à gants – sans succès. Je suis sûre que c’est sa dernière tactique de pervers pour me faire croire qu’il va m’embaucher et tout ça. Je hausse les épaules, essaie de ne pas montrer que j’ai envie de me barrer. Il me dit qu’il va m’appeler le lendemain pour que je commence à bosser le samedi suivant. Je dit aurevoir poliment.

C’est à la maison que je m’effondre. Je me brosse les dents frénétiquement, je prends un bain de plus d’une heure, je fous mes vêtements dans la panière à linge. Mon dieu, qu’est-ce que je suis en train de devenir ? Je vire totalement folle ! JE NE SUIS PAS UNE PUTE QUI TAILLE DES PIPES GRATUITEMENT ENTRE DEUX MAGAZINS A LA TOMBEE DE LA NUIT ! Je n’arrive même plus à me regarder dasn la glace, je me sens sale. Je ne me l’avoue pas, parce qu’il faut que je fasse bonne figure devant tout le monde mais j’ai envie d’exploser, de hurler, de me mutiler, de… je ne sais pas, mais je me dégoûte. D’abord le crapaud, ensuite C., et maintenant S. Est-ce qu’aucun homme sur terre ne me respecte ? Est-ce qu’il me voient tous comme une grosse pute qui ne mérite pas qu’on la paie ? Mais je ne suis pas une putain ! J’ai un coeur, merde, j’ai un coeur !

Tout est tellement violent dans ma tête. Tout est tellement dur. J’arrive pas à croire que je me sois encore faite avoir, comme une pauvre conne. Et pourquoi j’ai pas demandé à être payée ? Pourquoi je me suis exécutée comme uen pauvre conne ? Et les autres fois putain, y’avait bien des signes alarmants mais qu’est-ce que tu es en train de devenir Chacha ! T’es en train de devenir une pute qui se fait arnaquer, c’est ça la vie glamour que tu voulais menais ?

Calme toi…

Tout vole en éclats autour de moi. Je réalise enfin que je n’ai rien pour moi. La fac, ça fait des mois que je n’y vais plus. Ma famille, je leurs ment effrontément et je n’assume qu’à moitié ce que je fais. Ma seconde vie, c’est un prétexte pour ne pas regarder en face la première. Je m’effondre, je craque sous la pression. TRois hommes entrent dans ma vie, se servent de moi et ne me paient pas. Je suis devenue une pute qui se fait avoir. Je n’écoute jamais ma conscience et je me fous de la réalité. Et voilà où j’en suis. A pleurer sur mon lit.

J’ai sentit que c’était mes limites. J’ai senti que je ne pouvais pas continuer comme ça. J’ai pris un matin de janvier la décision de ne pas continuer, de tout arrêter. Temporairement ? Eternellement ? Je ne savais pas, mais je ne voulais pas des solutions qui m’étaient imposées. Je ne voulais pas baisser mes tarifs – car alors j’aurais méprisé les clients qui allaient me passer sur le corps aussi vite que j’allais dépenser leurs billets. Je ne voulais pas devenir le genre de filles que l’on paie 100 euro de l’heure pour lui faire toute sorte d’horreur. Je suis à l’aube de la vingtaine et putain, je suis déjà brisée de l’intérieur. IL faut que j’arrête – alors j’ai arrêté.

Pendant quatre semaines, je n’ai rencontré personnes. JE me suis reconstruite. J’ai retrouvé les bancs de la fac, croisé quelques amis, je me suis appliquée à être une bonne fille, une bonne soeur, une bonne amie, une bonne petite amie. Bien sûr, j’étouffais, mais je préférais ça à tout ce que j’avais pu vivre. J’avais fait en sorte qu’aucun clients ne puisse me joindre, j’avais effacé mon numéro professionel de tous les sites où il était inscrit, j’avais brouillé les pistes. Mes vieux démons me hantaient, j’avais besoin de gagner des sous, les factures s’accumulaient encore et encore. Mais tout sauf être une pute. J’ai décidé d’être une accompagnatrice de charme, pas une vulgaire prostituée. J’ai décidé qu’on me respecte, pas qu’on me crache dans la bouche. J’ai décidé de me reconstruire, pour mon bien mais aussi pour le bien des gens que j’aime et de mes clients réguliers. Parce qu’après plusieurs semaines, j’ai enfin réussit à répondre à un appel qui fut des plus charmants et à rencontrer un nouveau client, qui a su me redonner confiance en l’avenir et a su trouver les mots, sans le savoir, pour me faire sourire à nouveau.

Voilà pourquoi je n’ai aps édité ce blog pendant des semaines entières. SI c’est arrivé à qui que ce soit, une expérience aussi violente, il faut absolument tout arrêté, quelque soit le nombre de factures qui s’accumulent, quelque soit la situation financière dans laquelle vous êtes. Les factures peuvent attendre, votre santé mentale non. C’est très sérieux.

Il m’a fallu du temps pour faire confiance à nouveau, pour rire à nouveau, il m’a fallu du temps pour me rendre compte que ce qui compte dans la vie, c’est d’avoir de l’ambition positive (loin du carriérisme et de l’arrivisme). L’ambition peut vous porter loin au-delà de vos objectifs et vous nourrir pendant de longues journées de diètes.

Et puis je t’ai rencontré, toi. Tu postais tout le temps des commentaires sympathiques sur ece blog-même et on avait le même humour, les mêmes délires. Très vite je t’ai adoré. Aujourd’hui plus de nouvelles, mais comme je te l’ai dit un jour, si c’était à refaire, je referais exactement tout pareil pour revivre les premières minutes avec toi. De notre idylle il ne reste qu’un ticket de bus et une écharpe rouge. Si tu lis ça, sache que tu seras toujours dans mon coeur.

Chacha, qui se demande pourquoi tu n’as jamais rappelé…

Publié dans:Coup de gueule, Non classé |on 23 février, 2008 |3 Commentaires »

Ethique Versus Fric, le combat continue.

Dimanche matin (comprendre vers quatorze heures), je me lève et fonce sur ma messagerie. Deux mails de G. Le premier demande si j’ai bien reçu le mail précédant. Très utile. J’ouvre l’autre message électronique et trouve les informations de dernières minutes : il a réservé sous son vrai nom à un hôtel dans une ville tout près en disant qu’il sera avec sa femme et me donne rendez-vous pour environ huit heures sur le parking de l’hôtel. Il me demande aussi de lui envoyer ma photo, de façon à ce qu’il puisse me reconnaître et espère recevoir ma réponse d’ici quatorze heures (il a envoyé le mail à dix heures) parce qu’après cela il passe l’après-midi avec sa femme. Il est déjà quatorze heures trente quand je note les informations, renvoit que oui j’ai reçu le mail mais que non, je n’envoie pas de photos de moi parce que je souhaite être le plus discrète possible et j’ajoute que j’aimerais avoir son numéro de portable pour pouvoir le joindre dans les minutes précédant la rencontre. Puis j’appelle la même compagnie de taxi que d’habitude pour une estimation de la durée (trois quart d’heure) et du tarifs (une trentaine d’euro.) Je me rendors, rêvant à la soirée. Je me demande s’il va m’inviter au restaurant, ce que j’aurai à dire, comment sera la chambre d’hôtel (même si malgré les prix affichés elle m’a l’air plutôt standard, d’après les photos du site web.) Je me réveille deux heures avant que le taxi arrive, bain, sélection des fringues, check-up des indispensables et quand je vois l’heure, je décide de zapper la phase maquillage car le taxi est à dix minutes de la maison. Je checke ma boîte mail en speed : pas de réponses. Je hausse les épaules, me dit que de toutes les façons les indications sont assez claires, que j’ai la marque et la couleur de sa voiture, qu’il doit sûrement rencontrer d’autres escorts girls comme ça, alors pourquoi pas. Je rappelle le taxi et on mettra cinq minutes à se trouver. Et vous savez quoi ? Le conducteur est tout simplement canon. Je commence à me maquiller dans la voiture pendant qu’il rappelle la compagnie pour avoir l’adresse et cherche sur son GPS. Si j’avais su que les réceptionnistes se fichent de l’adresse, j’aurai pensé à regarder une fois encore sur internet pour redonner le point de rencontre au conducteur. Fin bref. Je dis au taximan que c’est la première fois qu’un conducteur de taxi ne me parle pas. Je lui raconte les deux mecs assez cool de la même compagnie que j’ai déjà rencontrés, je lui raconte la mésaventure avec Monsieur Bacon. Il dit que c’est abusé des mecs comme ça, que oui dans sa compagnie comme c’est des mecs indépendants ils ont tendance à être relativement tranquilles. Je hoche du chef. Alors que j’applique le mascara, il me demande ce qu’il se passe si il doit freiner, parce qu’il tient à mon oeil. Je dis non, mon oeil est important, il n’a qu’à foncer dans la voiture en face. On se tapera des petits délires sympas et j’aurais le smile à jouer les princesses qui va en boîte avec des potes super friqués qui travaillent dans le milieu de la nuit. J’ai dit qu’on avait rendez-vous pour dîner dans cet hôtel et qu’après ça on irait sûrement faire la fête tous ensemble. Je me demande si je suis belle quand je mens :D Il était vraiment sympa, il doit avoir la trentaine, probablement moins, ça fait deux ans qu’il fait ce job. J’imagine que taxi c’est aussi très sympa comme métier. Si j’étais un mec, j’imagine que je considérerais pas mal cette carrière. Il doit y avoir comme dans n’importe quel boulot des hauts et des bas, mais bon il y a des pourboires, il y a le fait de rencontrer des milliers de gens différents, il y a la petite conversation, la petite monnaie, la grande satisfaction de ne pas trouver d’embouteillage sur une route que l’on craint etc. Enfin, je ne sais pas, j’imagine. Mais vraiment à considérer un job plutôt (bien ?) payé et assez sympathique au demeurant, j’imagine que taximan fait l’affaire. Mon opinion.

On arrive avec une demi-heure… d’avance. Oui, moi, la championne du retard arrive avec une demi-heure d’avance au point de rencontre. Je lui dit de baisser les feux et de faire un tour dans le parking. Il n’y a pas la voiture décrite dans le mail. Je lui dit bon, je ne vais pas attendre une demi-heure seule, venez on fait un tour dans la ville, essayons de trouver une pharmacie de garde (pour acheter les capotes… J’avais carrément oublié ça. Mais bon avec une pharmacie de garde l’erreur peut être réparée. Au pire du pire, j’irais avec G. en ville pour en acheter, il n’y a pas mort d’hommes. Mais j’avoue que je me sens bête d’avoir oublié ça.) Evidemment, il n’y en n’a pas. Mais ça a ajouté un quart d’heure en voiture, à parler de tout et de rien (« le premier qui trouve la pharmacie a gagné »), de ma future carrière de prof, des boîtes afro de la ville. Il m’accorde cinq minutes de plus à rester dans la voiture, après s’être un peu perdu dans la ville pour revenir sur le parking. Je lui laisse un pourboire de trente euros, pour une course qui en valait cinquante. Il me demande si je suis sûre que ça ira, que rester avec seulement vingt euro (j’avais envie de flamber mon billet de cent, ma manière à moi de fêter avec quelqu’un la grosse somme de ce soir) c’est un peu risqué, me dit qu’il ne veut pas me voir dehors, qu’il veut que je rentre et me pose au bar en attendant mes amis. Je dis que ça ira. Je descends de la voiture mais ne rentre pas dans l’hôtel tourne en rond en appelant l’ex PA pour passer le temps. Il fait froid. Il y a du vent. Il y a des voitures qui passent, la lumière des phares menaçante et rassurante, la chair de poules causée parla température mais plus fort que tout, j’ai envie de croire qu’il est là. Quand l’heure du rendez-vous est un peu passé, je retourne vers l’hôtel. Il n’est pas là. Je prends mon courage à deux et rentre dans l’hôtel. Je demande à la réception, en bégayant un peu mais en me forçant à avoir un air convaincu si monsieur untel a réservé. Le réceptionniste me répond que oui, dit qu’il a prévenu qu’il arriverait avant vingt heures, propose de l’appeler. Premier essai : le réceptionniste semble s’être trompé d’un chiffre. Deuxième essai : toujours la même femme qui répond. Il me demande comme ça, en essayant de cacher sa surprise dans un sourire, vous n’avez pas son numéro, non parce que je tombe toujours sur une dame…(sous-entendu : elle ne peut pas être sa femme, puisque c’est vous…) Je dis que si, que comme on est très occupés tous les deux, on n’arrive pas à se joindre parfois, avec des gestes et l’air de dire qu’on a tous les deux trois numéros de portable. Je me réchauffe un peu. Le réceptionniste part cinq minutes et revient, m’annonce gentiment qu’il va devoir fermer.

Il n’est tout simplement pas venu au rendez-vous. C’est aussi simple que ça. Je ne vous dis pas à quel point j’ai pu me sentir seule à ce moment-là. Vraiment très seule.

J’étais au milieu de nulle part, une zone industrielle avec un hôtel et rien d’autre à la ronde, seule, j’avais froid, je venais tout simplement de me faire avoir. Je m’en voulais. Je m’en voulais d’être là malgré toutes mes précautions, de ne pas avoir trouvé ça louche qu’il ne me donne pas son numéro. J’avais trouvé mille excuses à ça : sa femme est dans le coin, il n’a pas le temps, ceci, cela. Mais il avait mon numéro, à moi. Il aurait pu m’appeler en inconnu. Il aurait pu s’isoler cinq minutes en prétextant aller faire une course en ville et m’appeler sur le trajet. On vit dans une ère communicatique : on peut appeler qui on veut, quand on veut. J’étais seule, à la nuit tombée, le vent soufflait comme jamais. En jupe. Avec mon manteau blanc et mes petits escarpins. Maquillée. Avec le regard triste et perdu, perdu dans ce million de pensées où je luttais contre mon envie de pleurer et mon sentiment de mal-être grandissant. Je n’avais pas tant que ça envie de pleurer, en fait, mais je m’en voulais – ça, c’est certain. Je m’en voulais d’être une pauvre cruche qui a couru après l’appât du gain, comme toutes ces filles stupides que je blâme tant. Quand c’est trop beau pour être vrai, ça ne veut rien dire d’autre que… c’est trop beau pour être vrai. J’ai appelé le PA en attendant que le même taximan vienne me chercher (parce que la réceptionniste a évalué le cout du transport retour à un prix supérieur à ce que j’avais, de cinq à dix euros. Et en rentrant à la maison, je me voyais mal demander à qui que ce soit cette somme, en expliquant qu’il y avait un taxi en bas. Il aurait fallu trouver mille réponses à mille questions imprévues. C’était trop. La réceptionniste a négocié avec le taximan pour qu’il revienne me chercher, compte tenu du généreux pourboire que je lui avait fait.) A mon sentiment de solitude allait alors s’ajouter mon sentiment de honte, de rappeler un mec en fin de service depuis quelques minutes. Je me suis sentie bête. Tellement bête.

En rentrant dans la voiture, il a regardé dans le rétro, a demandé ce qui s’était passé. J’ai dit que mes potes avaient dit que je m’étais trompée de lieu de rendez-vous, qu’ils m’avaient eu l’air louches au téléphone, qu’ils étaient sûrement déjà un peu saouls. Je n’ai pas voulu m’étendre et j’ai appelé le PA puis l’ex PA. J’avais une conversation charmante, drôle, comme pour prouver au conducteur que non, on ne me faisait pas de faux plans, que j’étais toujours la fille guillerette qui partait en soirée quelques minutes plus tôt sur cette même banquette arrière. Il écoutait d’une oreille, conduisait tranquillement. Plus je riais au téléphone et plus mon mal-être creusait un trou dans les profondeurs abyssalles de la solitude et de la honte au fin fond de moi. J’ai racroché cinq minutes avant qu’il se gare dans le parking devant chez moi. Je lui ai laissé trente euro pour une course qui en valait une vingtaine (pfff cette réceptionniste surrestime vraiment les coûts… j’aurais pu prendre un autre taxi je me suis dit, mais bon au final il vaut mieux qu’elle surestime, ça évite toute confusion. J’étais contente aussi d’avoir trouvé ce billet de dix euro un peu avant de partir et de l’avoir rangé « au cas où » comme on m’a toujours appris mais comme je ne fais jamais… en fait, dès à présent, je le ferais toujours), m’excusant de l’avoir fait se déplacer à nouveau. Cette fois-ci il m’a sourit franchement, me disant qu’il s’appelle V. quand je le lui ai demandé, pour que je puisse le demander la prochaine fois que j’appellerai la compagnie de taxi.  Il m’a dit oui, ou alors directement sur mon numéro de portable, ça sera avec un grand plaisir. J’ai lâché mon dernier sourire de la journé et monté les escaliers en quatre vitesses. Je pense à ma conclusion de la veille : je me dis qu’évidemment, j’ai (encore) tiré des plans sur la comète.

Posé devant l’ordinateur, je fulmine. Les mots les plus grossiers passent en boucle dans ma tête. Je me rappelle des sensations de peur quand des types m’ont klaxonné, de froid quand je sentais le vent passer sous ma jupe, de solitude et de tristesse. Je me dis, essaie de relativiser, il vaut mieux un mec qui ne vient pas qu’un mec qui essaie d’abuser de toi – ok, mais j’aurais aussi très bien pû rester à la maison. Je me sens tellement mal. J’ai envie de lui faire savoir. J’aurai pu commencer par « cher pauvre type », mais je me rappelle de l’éducation que j’ai eu et que les mots font parfois plus mal que les coups. Finalement le message dira que j’étais au point de rencontre (je donne les détails qu’il m’a lui-même donné plus tôt) mais que lui n’y était pas. Je lui dit que je peux comprendre s’il a eu un empêchement mais que j’aurais fortement apprécié avoir son numéro de portable et qu’il en ait laissé un vrai à la réception. Je lui ais dit que je lui passait les inconvénient d’attendre un quart d’heure (quand j’en ai attendu le double) sur un parking en jupe par le temps qu’il faisait ce soir-là, que je lui passait aussi bien les frais de taxi engendré par ce faux rendez-vous. J’ai dit de ma plus belle plume qu’il voyait, que si j’avais les tarifs que j’affichais et si je demandais un accompte c’était justement pour éviter de me retrouver seule à la tombée de la nuit, sur le parking d’un hôtel que je ne connaissais pas, par un temps glacial, avec pas ou peu d’indications sur comment joindre quelqu’un qui n’a pu ou pas voulu prendre la peine d’annuler au préalable. Au final, je lui ai souhaité une très bonne soirée, en ajoutant que c’était histoire qu’au moins l’un de nous deux ce soit amusé. Efficace, cinglant mais poli. Le style craché de ma mère. Et par conséquent, je suis bien sa fille.

Evidemment, il n’a pas répondu et je doute qu’il réponde un jour. Il peut se faire dessus, je m’en tape complètement d’user son nom à mauvais escient. Et qu’est-ce que ça m’apporterai ? Je dis souvent que les bonnes choses arrivent aux gens honnêtes. Alors les types comme lui ont du soucis à se faire – mais pas de moi. Je me demande après coup, et si c’était un policier qui voulait enregistrer ma tête à la réception ? Et si pire, c’était un pervers psychopate, de ceux qui aiment se la péter avec leurs métiers inventés qui leurs rapportent un max et leurs voitures imaginaires qui sont de vrais bolides et qui aiment jouer jusqu’à faire se déplacer l’escort girl pour rien, en prétextant donner leurs vrais noms ? Pire : il m’a demandé ma photo. Vous imaginez si je l’avais donné ? Vous imaginez, si j’avais donné l’une de mes plus belles photos à un espèce de pauvre type qui est très probablement derrière son écran un raté de première (ce qui lui permet, quelque part d’être au moins premier en quelque chose) ? Je me félicite d’avoir, dans les dernières minutes du combat éthique versus fric, gardé mon sang froid. J’étais tellement persuadée que le rendez-vous allait bien se dérouler que j’ai hésité cinq bonnes minutes avant de décider que non, lui expliquant alors que si cela ne me dérangeait pas j’aurais mon visage à découvert sur mon site web. Je me sentais moins mal, à force de relativiser, sur le pervers, le mythomane, le proxénète, le violeur et autres horreurs que ce type aurait pû être et qu’en comparaison, un rendez-vous raté, c’était presque à prendre avec philosophie. Je me suis blâmée cependant, d’avoir jouée la flambeuse avec le taximan, parce que du coup j’ai beaucoup moins fait la maligne quand j’ai vu son regard interloqué au retour et je me dis que j’ai trop donné, un pourboire de presque quarantes euro c’est énorme, bien que cette nuit-là j’étais sensée me faire un mois de salaire en quelques heures. Je ne le rappellerai pas, V. (j’ai la côte avec les V.) Parceque je pense qu’il est maqué, parce que je pense qu’il s’en fiche un peu de ses clients en général, qu’il discute s’ils veulent discuter, qu’il se tait s’ils veulent du silence, qu’il caresse dans le sens du poil, quoi. Et puis au mieux, il me voit comme une flambeuse déchue, comme une pigeonne qui faute d’avoir des amis fiables a un compte en banque fort sympathique. C’est comme ça que je me serai vu, à sa place. C’est con, il était sympa, assez mignon, le genre de taximan de rêve. Mais bon de toutes les façons je ne peux pas m’offrir le luxe d’appeler le même taximan à chaque fois que j’ai un rendez-vous avec un client, tout simplement parce que je ne veux pas avoir de taximan attitré. J’ai entendu parler de ça, mais j’imagine qu’en France ça se fait très peu. Ou je ne suis pas au courant. De toutes les façons, dans ce milieu, on ne peut se fier qu’à son instinct. Tout le monde est suspect.

Vous imaginez bien que malgré le fait d’avoir relativisé et malgré avoir pris des décisions beaucoup plus fermes par rapport à mon éthique, j’étais pleine d’amertume. Ma revanche devait être à mon image : classe et fatale. C’est pour ça que j’ai passé quelques heures à créer une toute nouvelle rubrique sur mon site web, appellée « Etiquette. » A l’instar de mes collègues anglaises, j’ai expliqué sous formes de questions et de réponses comment me joindre, comment se comporter lors d’un rendez-vous, ce que j’acceptais ou non. En gros, j’ai résumé les questions que l’on me pose souvent au téléphone et les questions auxquelles je n’avais pas pensé, en m’inspirant de la FAQ du site web d’une escort girl américaine. Et devinez quoi ? J’ai ajouté une question spécialement à l’attention de ce cher c… de G., s’il repasse par là un jour : « Viendrais-tu chez moi si j’ai un 4×4 couleur crème et si je t’offre des centaines d’euro en extra ? » Il m’a dit qu’il avait une 4×4 couleur crème et qu’il m’offrirait 100 euro de plus, après tout. Quand j’y pense… c’est tellement gros. Je suis persuadée, à la minute où j’écris, que c’est un pauvre type. Ca m’a fait pensé au bouquin de Kay Good, avec l’anecdote de cette escort qui s’est fait embauché une fois par un type qui avait une limousine, avait payé rubis sur ongle pour passer une soirée avec elle, avait répété toute la soirée qu’il bossait avec les acteurs les plus courus (surement un producteur lui-même) du moment et qui au second rendez-vous l’avait tout simplement insulté de la pire manière qui soit et l’avait fait descendre de voiture en plein milieu d’un no man’s land, très loin de sa ville. En rentrant elle avait fait part de son histoire sur un forum et il s’était avéré que quatre autres filles avait vécu ça avec le même mec. Il faudrait sûrement que je poste à propos de cette histoire moi aussi, histoire d’éviter cette galère aux autres filles. Ca aurait pourtant dû me paraitre évident, que son prénom et nom sur le mail soit tellement différent du soi-disant vrai nom qu’il avait donné à la réception. Je me suis dit que c’était sans doute par mesure de discrétion, que c’était aussi sa manière à lui de screener pour voir si j’étais fiable. Au final, je me suis juste trouvé trois millions d’excuses pour ne pas avouer que le gain m’appâtait comme la carotte pour l’âne. Quelle cruche.

J’ai ajouté trois questions de plus qui avaient trait de façon déguisée à la mésaventure de dimanche soir (je ne donne aucune information requise mais tu sais je suis mec sympa, on peut se rencontrer quand même? réponse : non et blabla; tu m’envoies une photo de toi ? réponse : hors de question et blabla.) Si G. (ou plutôt M. si j’en crois son vrai nom) passe par là, il risque d’avoir une attaque. Quel pauvre type. En même temps, heureusement que ça m’arrive maintenant, ça me permet de durcir mon éthique et de screener au mieux, même si dans ce monde on parle de relations humaines donc il n’y a pas de risques zéro, il faut quand même que je lutte pour avoir le résultat s’en approchant. Dans l’étiquette je dis clairement qu’un contact téléphonique est obligatoire même avec échange de mails, que je ne rencontrerais jamais hors de la ville quelqu’un que je n’ai pas vu au préalable, que je n’aurais pas de rendez-vous supérieure à trois heures avec des clients qui n’ont pas déjà réservé trois fois et dont chaque rendez-vous s’est très bien passé. Tant pis si je passe à côté de très bons clients qui me prendront pour une snob de première, tant pis si je n’ai plus autant d’appels qu’auparavant. Maintenant au moins je serais sûre que les appels que je recevrais seront d’hommes plus ou moins avertis et qu’il n’y aura plus qu’à passer à l’étape suivante du processus de selection. En conclusion G., tu as été le pire c… que j’ai rencontré jusque là, et lâche, et frimeur. Cependant, sache que grâce à toi, j’ai appris qu’il ne fallait pas se faire passer pour quelqu’un qu’on n’est pas (une Paris Hilton black en taxi en l’occurence), qu’il ne fallait pas claquer sur la belle gueule du taximan les vestiges de mes rencontres passées quand des fêtes si importantes se profilent à l’horizon, qu’il fallait absolument le numéro de téléphone du client mais surout ne pas mettre foi en ce que de pauvres types mythomanes pouvaient déblatérer, par écran interposé. Evidemment, je t’en veux G. mais je m’en veux encore plus de t’avoir cru ne serait-ce q’une seconde. Au final, mon éthique a cependant triomphé, et je m’en félicite. Réglement de comptes à O.K Chacha Town. Fric-0, Ethique-1. You loose.
Chacha, sur le ring. Mais pourquoi est-elle si cinglante ? Parce queeeee.

Publié dans:Coup de gueule, Mes peines, Non classé |on 11 décembre, 2007 |2 Commentaires »

Heart to heart avec Chacha (voir le commentaire laissé par Léo à l’article « les affaires reprennent »)

Cher Léo,

Merci de ton commentaire, ne te fais pas de soucis quant à sa longueur, on ne sera jamais que trop trivial en affirmant comme l’oncle Bébère, que plus c’est long, plus c’est bon (rires gras.) De toutes façons la littéraire que je suis s’est souvent fait huée par ses camarades de classe en rendant trois copies doubles quand eux avaient de la peine à en rédiger une. Je dirais alors, de la même manière, ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité. Et mon ami, il y en a beaucoup dans tes lignes. Je voudrai aussi te remercier parce que ça fait comme qui dirait un baille que j’ai envie de faire des heart-to-heart, shows à l’américaine où on met son coeur à nu, pour le trip, comme ça, pour voir ce que je vaux niveau conseils. Je peux enfin cocher cette case dans ma liste de fantasmes, et pour cela, très cher ami, je t’en remercie.

Tout d’abord, parlons de cette hôtesse webcam, qui a tenu à ce que tu restes avec elle pendant des heures. Personellement, je n’ai jamais bossé pour une boîte, j’ai commencé assez jeune à faire des cams to cam avec mes petits copains, j’en ai fait pas mal de free par la suite, et dès que j’ai été majeur, j’ai commencé en tant qu’indépendante – ça ne m’avait même pas effleuré l’esprit de faire ça en étant payée à la base, mais on rencontre tellement de trou du schmoll sur la route… Tous ces types qui se refilaient mon adresse entre eux alors qu’ils avaient surement le double de mon âge ça m’a dégouté ! Je me suis dit bon là, va falloir restreindre le flot de galériens… Et le seul moyen pour stopper des mecs très lourds et/ou très en manque, c’est de les faire payer. Pour moi, c’est aussi un moyen de screener, pour avoir des mecs qui ne vont pas m’insulter à négocier mes tarifs, qui ne vont pas me harceler parce qu’ils sont venus trois minutes avant la fin de la durée du show demandée, etc. Mais bon, ça ne veut pas dire que les filles qui bossent pour des boîtes n’ont pas la même éthique que moi. En réalité, on m’a déjà proposé quatre fois de bosser pour un site, les différences étant que j’aurai été légèrement moins bien payée (de quelques centimes donc ça va, c’est pas la mort), que quelque part ça me fait chier qu’un pourcentage parfois élevé de mon dur labeur aille dans les poches d’un gus/d’une gussette qui n’a pas d’autre aptitudes que de créer un site et encaisse le fric sans trop se bouger les fesses, que je ne suis pas à fond pour les plans voyeurs (les clients peuvent te voir devant ta cam sans que tu en sois vraiment avertie… au bout d’un moment c’est net, t’es naturelle mais merde quoi, big brother is watching you c’est démodé!), et que D. m’a d’une certaine manière montré ce que l’on attendrai de moi : apâter le chaland, le fidéliser au site, le faire revenir souvent et fair en sorte que son fric parte lentement mais sûrement. Je suis persuadée que les sites te virent et t’embauchent (inversion logique dans ma phrase pour souligner ce que je pense d’une telle pratique) suivant ta capacité à fidéliser le client… et à le ruiner. Deux des propositions pour bosser dans une boîte étaient par rapport à des connaissances/concurrences francophone, une est allée jusqu’à me proposer d’aller vivre à l’étranger pour bosser dans un salon dit de « massage » ou bien de bosser dans un appartement (de tourner quoi) dans la capitale. D. était sensé être le commercial dans le truc et il m’a dit très rapidement de lâcher l’affaire, que ça sentait le plan foireux, la prostitution à fond. D., c’est vraiment un mec bien. La troisième proposition était par rapport à une boîte américaine, qui ont eu vent de mon profil, je n’ai pas eu de retour jusqu’à aujourd’hui, ils ont l’air de galérer niveau décision et création du site. Galérez bien entre vous, quand vous êtes prêts, vous me passez un coup de bigo les mecs. J’adore les clients anglophones, ils ne discutent pas, ils lâchent les sous, ils jouissent, ils te font des compliments, ils partent, ils reviennent. Les francophones sont plus lourds dans l’approche, ou alors ils sont adorables mais uniquement à la première rencontre, après ils deviennent suspicieux, sarcastiques, ils se prennent pour des Julien Courbet qui ont découvert un filon arnaques à proposer à TF1. Hé les mecs, on n’est pas toutes pourries et vous savez pourquoi vous cherchez des indépendantes, il n’y a personne au-dessus de moi, personne au-dessous, je n’ai pas à nourir absolument mon chat à la fin du mois. D’ailleurs mon chat, il est noir, il s’appelle Salem, il joue dans Sabrina l’apprenti sorcière et il touche probablement plus de billets que moi, rien que pour un épisode. Non mais plus sérieusement, restons concentrés sur le sujet n’est-ce pas, cette fille a dû être enfin ravie de tomber sur quelqu’un qui a un peu d’esprit, qui a un peu d’humour, qui la fait se détendre elle aussi. J’imagine que t’es le genre de clients rares que je rêve de rencontrer tous les jours - moi, et toutes les indépendantes et les filles qui bossent pour les sites en général. En plus, si j’ai bien comprit, les sites ne facturent pas le chat entre animatrice et client. Alors fonce, parle avec elle, faites vous rêver. Je dirai juste attention, la première fois c’est toujours magique, essaie de voir si c’est toujours aussi sympa de discuter avec elle par la suite, si elle ne te met pas la pression pour que vous fassiez des cams en te faisant comprendre d’une manière ou d’une autre qu’il y en a mille derrière avec qui elle pourrait se faire des sous (ce genre de sites, à moins d’avoir un panel de clients européens voire mondiaux ne tourne pas tant que ça à fond), fais gaffe à l’illusion qu’elle peut créer, te faire croire que vous pouvez vous rencontrer un jour, et si tel est le cas pour être sûre qu’elle est sincère tiens toi au résultat du premier dit « rendez-vous in real life (IRL.) » On est loin de ça, mais tu sais comme moi que c’est facile de créer l’artifice derrière une cam, fais attention à toi et à ton coeur, en ce bas monde, trop de gens malhonnête pour quelques centimes. Elle peut aussi très bien être une fille comme moi qui est curieuse d’aller voir qui est vraiment ce mec trop adorable derrière l’écran… Une fille curieuse avec qui un plan vite fait/un plan sur le long terme est possible. En conclusion, j’utiliserai cet adage latin : festina lente (qui signifie littéralement, « hâte-toi lentement. ») Si après ces lignes, tu ne vois pas plus clair, c’est pas de ma faute. C’est simple : c’est jamais de ma faute.

 Je te préviens, tu vas m’adorer :D

Parlons maintenant de ta copine qui souhaitait devenir escort girl et travailler au fameux « pussy cat » club. (Je me demande si les patrons embauchent des poètes lyriques pour choisir le nom de leurs établissements ?) Tout d’abord, je te reprendrai sur ton expression, on ne dit pas « faire l’escort girl », mais « travailler en tant qu’escort girl. » En effet, par ta tournure, tu montres déjà ton point de vue sur l’activité, on ne fait pas l’escort girl comme on fait une omelette. Comme je l’ai dit, je le réitère et l’affirmerai toujours, être escort girl est une occupation de tous les instants, pas un vulgaire job. Je vais essayer de te donner la réponse qui me semble être la plus juste, compte tenu de mon expérience personelle et de ce que tu m’as dit dans tes lignes… Concernant l’hypothèse comme quoi elle cherchait simplement à réveiller ton désir, je dirai qu’il y a quelque chose en effet, à considérer de ce côté là. Les relations à distance c’est sympa, se voir ponctuellement c’est sympa aussi, mais il existe des partenaires qui ont besoin de plus de tendresse, de plus de présence et là c’est inévitable, pour tirer la sonnette d’alarme tous les moyens sont bons. Je pense cependant que ton amie avait sérieusement envie d’être strip-teaseuse et call girl (strip-teaseuse me semble être le terme adéquat pour son travail dans le club, et si elle devait aussi aller plus loin avec le client, alors dans ce cas j’utiliserai le terme de call girl, qui évoque un peu plus ces filles que tu contactes par téléphone, ou que tu rencontres dans un bar spécialisé. Au final, call girl escort girl et courtisane signifient la même chose, désigne la même activité, mais par des voies différentes, des moyens de contact différents, des « niveau » de prestation différents – courtisanes sont ainsi supposées être le top question accompagnement de charme, suivi par les escort girl et les call girls viennent en dernier.) En effet, ton amie était influencée par l’image de cette jeune fille qui gagnait beaucoup de sous et qui devait sûrement lui faire avaler de belles couleuvres en lui racontant que son job consistait à « caresser les cheveux d’un client. » Bien sûr, il y a surement des soirées où les filles de ces bars ont des pourboires venant d’un mec sympa, qui a juste besoin d’un peu d’affection. Cependant, à moins d’exercer un des métiers liés à la coiffure, très peu de personnes sur cette terre passent leurs temps à tripoter les cheveux des autres et à être plus ou moins bien payées pour cela. J’ai personellement toujours fait gaffe aux exemples qui me sont donnés, je pense que l’éducation assez conservatrice que mes parents m’ont donné me permettent chaque jour de faire mes choix de vie. Je dis merde aux hôtesses webcam qui cherchent à ruiner leurs clients, je dis merde aux escort girls qui cherchent à ruiner leurs clients, je dis merde à tous ces gens qui font tout pour du fric. D. m’a dit un jour en voulant me motiver, que ma concurrente/amie qui a les même clients tous les soirs ou presque, S.,  s’était payée le dernier modèle de voiture de Peugeot. A cette époque, c’était LA caisse par excellence dans ma tête, mais j’ai répondu séchement « wow, quelle vie. » Il n’a pas su quoi répondre. On ne devrait jamais se laisser influencer/écraser par ces gens qui ont peu ou pas de scrupules, qui touchent plus mais écartent plus aussi - si vous voyez ce que je veux dire. Ma dignité et ma quête du plaisir valent toutes les Peugeot du monde, ainsi que les Jaguar, les Mercedes, les 4×4 et les jets privés. Souvenez-vous en. Aussi, ça peut être un argument contraignant dans la plaidoirie de ton amie, qui en parlant d’une de ses conaissances qui touche autant de fric (qui est le nerf de la guerre, ne nous voilons pas la face) s’imaginait que tu te dirait que ça t’éclaterait bien de coucher avec une fille qui a plein de pépétes et qui en plus plaît à tous les mecs à la ronde. Y’a des mecs que ça éclate, ne soit pas choqué, j’en ai eu le témoignage. C’est juste que tu n’es pas ce genre de mecs, après que ça soit bien ou mal, chacun décide.

En conclusion, je dirai que non, tu n’avais absolument pas tort de te faire du soucis quant aux relations qu’elle aurait pu avoir avec des mecs en tant que Call Girl. Tu sais très bien la nature de ces relations, et si tu as besoin d’un dessin, tu m’envoies le numéro de ton fax, je fais de véritables oeuvres d’art quand j’y met de la volonté. Plus sérieusement, même si elle n’aurait pas été obligée d’aller plus loin avec un client potentiel, si déjà elle se lançait dans le milieu parce qu’elle admirait les autres filles qui (disaient) gagner (beaucoup) d’argent, c’est cette même motivation qui l’aurait poussé à aller plus loin avec les clients potentiels, et là DANGER, elle aurait pu vraiment finir mal. Si il est vrai que tu l’as détournée de cette voie ou elle ne serait rentré que par apât du gain, alors bravo, Léo, tu es un Saint. Trop de personnes finiront mal en ce bas monde parce qu’ils seront aveuglés par la quête de l’argent. En vérité, en vérité, je vous le dit : il faut avoir les pieds sur terre, du sang-froid et de l’affection qui vient de la famille, des amis ou d’un éventuel petit ami (PA) pour ne pas sombrer. Les histoires glauques, et dans tous les domaines, n’arrivent pas qu’aux autres. Avec ça en tête on devrait tous être suffisamment avertis.

Mes derniers mots à Jean-Pierre, pour ce qui est de la lecture de mon journal intime, tu peux en user et en abuser, fais toi plaisir, c’est gratuit.

Je t’embrasse virtuellement, Chacha.

Publié dans:Coup de coeur, Coup de gueule, Non classé |on 1 novembre, 2007 |1 Commentaire »

Du lard ou du cochon (au niveau des titres, je sais pas si vous avez remarqué, mais je me lâche… allez, c’est la fête… HAPPY HALLOWEEN… Ahem, non, rien.)

J’ai l’impression de vivre à Coltarland et d’avoir élu domicile à l’hôtel de ville. Pourquoi l’hôtel de ville ? Allez savoir… Bref. En gros j’ai rien de spécial à raconter. Une heure avant la rencontre, S. n’a pas appelé. Un quart d’heure après je lui envoyé un texto genre neutre pour lui dire que j’attendais son appel de confirmation, me disant qu’il avait peut-être oublié. Finalement il n’a pas rappelé du tout, tant mieux, j’avais la flegme de faire deux heures dans la salle de bains pour un faux rendez-vous. Le truc de la confirmation une heure avant le rendez-vous, c’est vraiment le bon plan. Ca sauve de précieuses minutes dans la vie d’une escort girl en service. Vraiment. Du coup comme j’avais rien de spécial à faire, j’ai glandé. J’ai trainé sur l’une de mes drogues à mes heures perdues : second life. Je ne dirai rien sur ma seconde vie, juste que ça me permet de me détendre quand tous les potes de la première vie sont en vadrouille et ne font pas signe. Si ça se trouve on s’est déjà frôlé une fois. Qui sait. A part ça, j’ai appelé V. assez tôt dans la matinée pour savoir si il bookait pour deux heures ou pour une nuit, il a dit on verra, j’ai insisté, il a dit deux heures. Il avait l’air fatigué, ennuyé peut-être ? Préoccupé, c’est sûr. En début d’après-midi, il me rappelle pour me dire qu’en fait, il est vraiment pas bien aujourd’hui, qu’on ne pourra pas se voir. Plusieurs hypothèses. La première, hier soir on a discuté quand même assez tard par rapport à son créneau habituel, alors forcément il était plus crevé que d’habitude, et vu qu’il accumule les grosses journées, ben c’est vraiment pas cool. La deuxième, il a chopé la crève, qui avec la fatigue le rend k.o. Incluse dans les deux précédentes, l’hypothèse comme quoi il m’a promit d’être « en forme » la prochaine fois qu’on se verrait. Du coup, il a peur de pas assurer. La dernière, il a envie de me faire voir ce que ça fait, quand on se voit annuler deux fois de suite un rendez-vous auquel on tenait à honorer. Bah, de toutes les façons, oh se croisera bien un jour. Je trouve ça un peu suspect de n’avoir pas vu A. online, et de n’avoir aucune news de ce qu’il a ressenti, comme V. m’avait promis de me raconter la veille au soir. Si ça se trouve, comme d’habitude, je me prend tout simplement trop le chou. Enfin au final, les faits sont là : côté accompagnatrice, rien n’est booké pour les prochains jours, à part ce pharmacien qui a appelé pour booker dans la matinée en début de semaine prochaine, mais faut voir s’il rappelle et faut voir s’il confirme, et faut voir s’il me plaît. Tout un programme. Et c’est pas gagné.

J’ai vraiment gaspillé mes premières thunes. Je n’ai pas encore eu le temps de me servir du plan d’épargne proposé par l’auteur du bouquin sur l’escorting, mais promis juré craché, dès que je peux, je le fais. J’ai vraiment envie de vivre bien plus tard, de ne pas regretter un centime de ce que je gagne maintenant. Il y aussi de nouveaux budgets que je dois régulariser, comme manicure et pédicure, esthéticienne tout ça. A propos de la pédicure, un client souhaiterai booker une cam de 30 min, un show hard mais qui satisferai aussi son fétichisme… des pieds. Je n’ai jamais compris ce penchant là, je suis assez curieuse. Je me disais comme ça, tout à l’heure, j’ai probablement les limites sexuelles plus poussées que 99% des filles de mon âge. Je ne dis pas ça parce que je suis sexuellement très ouverte et que j’ai un appétit sexuel plutôt grand, disons que mes limites, sont vraiment, vraiment, vraiment très poussées. Il n’y a que deux hommes au monde qui les connaissent, N. avec qui j’ai fait des jeux de rôle virtuels assez jouissifs, et C., un client cam. Ces limites là, je me laisse quelques années pour les découvrir vraiment, les explorer, les tester. En matière de sexe, je suis loin de vouloir goûter à tout, mais je voudrais au moins satisfaire certains de mes fantasmes… et les fantasmes des autres. Le pire, je crois, c’est d’être consciente à mon âge de l’avantage que j’ai sur les autres filles de la profession. Je sais que beaucoup d’hommes cherchent mon profil de fille, assez jeune, très open, sans prise de tête. Et du coup, quand je suis en train de me laisser aller, je me prend parfois pour une actrice porno, qui doit réaliser la scène selon les indications du metteur en scène. La plupart du temps, c’est même ce que je fais, parfois je prends mon pied, parfois, j’avoue, je simule. Ca fait partie du personnage, du jeu, de l’instant. Je me met même des fois dans la tête du client, pour mieux encore être apte à le satisfaire, même si je trouve ce qui lui plaît moyen, ou vraiment pas top. Je prends mon pied quand mon partenaire est heureux, c’est pour ça que je me dis que finalement, je suis plutôt soumise. Mais j’imagine que dans le « trip » domination, c’est aussi essentiel d’essayer d’avoir une longueur d’avance sur les désirs de l’autre. Au final, je me dis que ça doit être assez similaire, niveau désir/assouvissement du désir. J’ai pensé deux-trois fois à devenir actrice porno, mais non vraiment, je n’assumerai pas ce choix. Ma sexualité je l’assume à fond, mais dans la discrétion. L’afficher, ce serait un peu la sacrifier sur l’autel du Désir et là, c’est trop risqué, et quand c’est risqué c’est hors de question. Tout simplement.

Le directeur de l’agence a rappelé. Il m’a dit de renvoyer encore des photos, qu’il était impressionné par mon expérience sexuelle (j’ai mit trois quart d’heure à décider si oui ou non j’en parlais dans un mail, comme je trouais ça incroyablement impersonel et puis je l’ai fait finalement, me disant, je ne sais pas, fais-le), que wow pour une fille de mon âge, j’en connaissais un rayon. J’ai juste rit. Il a dit comme quoi il serait en France la semaine prochaine, qu’on devrait essayer de se rencontrer, qu’il y aurait un formulaire à remplir, qu’il prendrait les photo, et qu’on verrait comment on devrait procéder, à l’avenir. Il a dit qu’il descendrait à un hôtel, qu’on discuterait, qu’il prendrait les photo. Il a ajouté « et vous rentrerez le lendemain matin? » Et moi aussitôt de dire « Ou le jour même! » Je me suis rappelée dans la foulée que D. habite là-bas et que ça pourrait être un moyen de le voir, dans le cas où il n’est pas super busy, comme tous les hommes de ma vie. Finalement, le directeur en question m’a renvoyé un texto pour me dire d’envoyer encore des photo. Là, je dis stop. Le coup de « vous rentrerez le lendemain matin« , ça sous-entend de façon trop grossière « on dort à la bonne franquette avec Bébère » et ça c’est no way; c’est au moins la troisième fois qu’il demande des photos de moi, je veux bien qu’elles soient trop sombres, ou trop claires, ou trop machin mais faut pas abuser; n’importe quelle agence assez ok peut au moins se payer les services d’un photographe – et je ne veux pas bosser dans une agence qui n’en n’a pas les moyens. Non seulement je ne vais pas renvoyer de photos, mais en plus je dirai que je ne suis plus intéressée. C’est sûr, j’ai envie de me casser, de découvrir plein de trucs, mais mollo mollo, ça arrive tous les jours que des jeunes filles naïves se retrouvent dans des plans foireux avec des macs déguisés qui tirent les ficelles du traquenard. Matrioshki ok, mais sans moi. De toutes les façons, maintenant j’en suis persuadée, même si tout le monde recommende de passer par une agence en premier, je n’aurai jamais autant de succès qu’en indépendante. D’abord, et c’est normal, parce qu’une agence mettra en avant les filles blondes aux yeux bleux, plantureuses, taille mannequin. Ne disons pas « mais non… » parce que si. L’auteur du bouquin sur l’escorting a géré deux grosses agences et l’avoue sans détours, c’est la loi de la demande et de l’offre, et comme j’offre, je dois m’y plier. Ensuite, parce que j’ai lu pas mal de témoignage de filles d’agences, ces mêmes filles plantureuses, qui se retrouvent collées-serrées contre des mecs un peu obèses, pas toujours très propres, mais qui lâchent de gros billets verts. Moi, jusque là, je suis toujours tombée sur des mecs cleans, et je ne suivrai jamais un type qui ne me plaît pas, sous prétexte qu’il a le compte en banque d’Ali Baba – si tant est qu’il en ait jamais eu un. Enfin, je verrai peut-être plus tard, d’ici qui sait quelques mois, si je ne peux pas aller à l’étranger, et là je ferai ça sérieusement. L’auteur du bouquin sur l’escorting blâme les sites qui permettent de donner des notes aux agences et aux indépendantes. Moi, quelque part, ça m’arrange, ça permet de savoir à quoi s’en tenir, même si certains mecs sont un peu hardcores niveau descriptions (« je l’ai bien b***, elle m’a bien s*** », je cite. Oui je pense comme vous : la plume de Casanova a dû passer par là.) De plus, à ce que je constate, c’est toujours la course aux plus cheaps, au rapport qualité/prix le plus attractif, un peu comme un touriste avec des tours opérators. Evidemment, de ce côté là, ce sont les filles de l’Est qui sont les plus plébicitées. Ce que j’en pense…

Et donc, rien de neuf à raconter. V. ne me verra pas avant au moins deux semaines, j’en ai plutôt marre du jeu du chat et de la souris, et puis ça nous fera du bien à tous les deux, de se zapper de temps en temps. J’ai dit que dès aujourd’hui, j’économise pour le future site, j’ai trouvé un webmaster anglophone assez sympa qui fait de bons sites à des prix raisonnables, pas comme certains qui ont des prix énormes pour les mêmes résultats. Je pense à deux sites en fait, pour les cams, et pour l’accompagnement. J’en ai ma claque de mon actuel moyen de paiement, je voudrais quelque chose qui ne coupe la cam que quand le client l’a décidé. Du coup, je me fais moins de soucis par rapport au temps offert… En plus, j’en ai franchement marre des mecs qui recherchent mes services en ce moment. J’ai fait la rencontre de trou du schmoll troisième du nom, aujourd’hui. C’est un client qui avait demandé un show hard d’un quart d’heure, une fois, il a adoré. Aujourd’hui il se reconnecte, alors que ça faisait genre un baille qu’on s’était pas vu. On chatte cinq minutes. Il se déconnecte et deux heures plus tard, dès qu’il se reconnecte, il me dit « tu me fais une cam gratuite ? » Bon, je réexplique pas le truc de l’amitié et de la relation amicale, sinon je vais arracher l’oreille de quelqu’un sur un ring de boxe. Je ne lui ai pas répondu, histoire de ne pas m’énerver. Simplement, voilà une autre leçon à tirer : ne vous imaginez pas que parce que vous avez payé une hotesse webcam une fois, vous aurez droit à des free à vie, là, c’est du fantasme pur et dur. Il y a des clients qui vont voir tous les soirs ou presque une amie/concurrente. Depuis que j’ai repris l’activité de façon presque soutenue, un client m’a déjà contacté plusieurs fois, aux mêmes horaires et a payé toutes ses cams – avec quelques minutes gratuites à chaque fois. Ce que je demande pour une cam, je sais que je le mérite, sinon je n’aurai pas la base de clients fidèles que j’ai. S’il m’arrive de faire des free, c’est quand je sais que le client veut bien payer, mais que JE DECIDE de lui en faire cadeau, parce qu’il est déjà venu me voir plein de fois et non pas comme certains se le permettent, parce qu’il me rappelle qu’il est déjà venu plein de fois et que du coup, il a droit à un rabais : je décide TOUJOURS. Je ne suis pas un magasin de discount, le client est P(r)ince, je suis la Reine. C’est comme ça. Je n’ai jamais aimé que les clients reviennent me voir trop souvent, parce que je pensais à eux dans la vie de tous les jours, aux fantasmes qu’ils pouvaient développer de me voir un jour, à la relation amicale qu’on créait qu’il pouvait à tout moment confondre avec de l’amitié et même de l’amour. Je n’aime pas me dire qu’ils peuvent passer à côté de quelque chose dans leurs vies de tous les jours à cause de moi. Quand j’ai expliqué ça à D., qui m’a d’une certaine manière lancé et épaulé dans mes débuts pour les shows, il m’a dit que c’était assez stupide, parce qu’au final, les mecs iraient ailleurs. Certes, mais au moins j’ai la conscience tranquille, je sais que je ne leur fait rien croire, et qu’ils savent que je suis honnête avec eux. Je ne flirte pas quand je sens que le mec est porté sur les relations longues, je coupe court quand le mec revient souvent, et commence à donner de gros pourboires. Je ne sais pas, c’est comme ça, J’aime me dire que quelque part, je ne les rend pas accro, je leur donne juste la bouffée d’air dont ils ont besoin, rien de plus, rien de moins. Avec le futur site et le nouveau moyen de paiement, ça va bien changer tout ça. Mais bon, au fond, on ne se débarasse jamais complètement d’une éthique.

Le PA et moi, c’est game over au fait. Il continue d’appeler et d’envoyer des texto, mais vu comme je suis busy (à ne rien faire), je ne répond pas. Ca ne sert à rien de languir sur des choses qui n’aboutiront pas, sinon à soufrir plus et à avoir du mal à passer à autre chose. Nous deux c’est finit, si on est réellement faits l’un pour l’autre, alors on se retrouvera, sinon ciao bambino. Alea jacta est.

Non, j’insiste, appelle-moi Chacha.

Publié dans:Coup de gueule, Mes peines, Non classé |on 1 novembre, 2007 |1 Commentaire »
12

artscellement |
FaiS GaFfe A mon BloG ^^ |
un bout de chemin......... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | UN AN DE MA VIE
| angelca29
| Monde en noir