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Les amants se cachent pour s’aimer.

Rencontre avec J2. Il me réveille comme convenu aux alentours de six plombes du mat’, je me douche, m’exécute à des tâches que je m’étais promis depuis ma dernière rencontre avec lui de faire bien à l’avance (chacha est toujours aussi feignante en 2008), puis petit check-up et transports en commun. Malgré que je me sois probablement pris dix fois moins la tête et bougé dix fois plus les miches que d’habitude, ben j’ai quand même été pas mal en retard. En même temps, utiliser les transports en commun quand la ville s’éveille, c’est carrément hardcore.

J2 m’accueille presque déshabillé comme toujours. Le chauffage est aux max, comme j’aime ; je m’allonge sur le lit, comme depuis notre première rencontre. Ca fait presque un mois qu’on ne s’est pas vu et il y a comme un échange de regards électriques dans l’air. Il allume son appareil photo et c’est reparti pour un shooting coquin, je prends des moues boudeuses et sensuelles, bien que je sais qu’il n’y a plus de flash. Je sais qu’il me filme… Je me dis… Merde ! Je joue le jeu encore un peu, mais ça trotte dans ma tête. Et s’il mettait ces photos et cette vidéo sur le net ou s’en servait plus tard pour me faire chanter ? Et si il la passait à des amis à lui et/où qu’il la balançait dans un réseau de mecs qui adorent les petites blacks qui font tout et n’imp’ pour trois billets (ce qu’ils s’imaginent) et si…? P*t@n ! Ca me rongeait de l’intérieur, ça me tracassait, ça me saoulait. Très classe, je me suis dit « laisse pisser. » Je me suis dit, fais lui confiance, c’est un truc énorme mais fais-lui confiance et je suis passée à autre chose.

Quelques jours auparavant, il m’avait dit qu’il avait une surprise pour moi, ça m’a fait pensé à la fois où sa surprise était de glisser ses doigts en moi, en profondeur. Je l’ai supplié dans toutes les langues de me la dire, mais il n’a pas cédé. A un moment, alors que nous nous manifestons passion et tendresse, il me dit qu’il va me… fister. Oh. My. God. Je l’ai regardé, genre apeurée… J’ai dit non, j’ai murmuré non. Il m’a dit si si, laisse toi faire, écarte tes jambes et laisse-toi faire. D’habitude c’est de la fausse protestation et d’habitude c’est de la fausse insistance. Je savais qu’ici encore tout était faux, alors j’ai continué mes caresses et mes baisers, il n’y avait toujours que quelques-uns de ses doigts qui se balladaient par là. Je savais que J2 ne me ferais jamais de mal ou quoi.

Quand il s’agit de mes « tabous » sexuels, il faut dire que c’est assez flou. Je n’aime pas le SM. Quoi que, tout dépend du contexte, mais je ne ferai pas (jamais ?) l’amour avec plus de deux personnes, hommes ou femmes. Je ne veux pas qu’on me frappe ou qu’on m’humilie durant mes relations sexuelles. Je ne veux pas impliquer tout ce que je trouve immoral, comme quelqu’un qui n’a pas l’âge adulte ou un animal, de quelque sorte. Dans le même genre, je ne pratiquerai jamais (ça c’est certain) l’urologie (aussi communément connu sous le nom de pluie dorée) ou la scatologie. Je ne dirai pas mon avis personel sur ces deux dernières pratiques, parce que chacun a ses limites et est libre de faire ce qu’il veut, tant que ces limitent ne violent pas celles des autres, ni leur consentement. A partir de ces tabous-là, tout est à peu près négociable. Même l’annulingus (sur mon partenaire.) Je crains la domination, j’ai peur de ne pas être faite pour ça, mais après tout, peut-être que si. La domination, c’est perçu comme excessif mais selon le livre de Kay Good, ce n’est pas vraiment exagéré comme truc, parce qu’au finish tout se passe plus dans le jeu de rôle, les paroles et l’attitude que dans l’action véritable. Faut voir. Pour l’instant je m’en tiens à tout ça, on verra bien.

J2. m’annonce donc… Je vais te fister. Or, le fist-fucking, c’est carrément le truc que je ne peux pas voir… Je respecte totalement ceux qui pratiquent et aiment, mais franchement, pour moi, c’est trop. Je vois ce qu’il y a de sensuel dans quelques doigts, mais une main entière, un poing, franchement, non. J’ai vu un porno français l’autre jour, avec une hardeuse qui s’enfonçait une main dans le vagin dans une scène et dans une autre c’est un acteur qui la pénétrait de sa main entière. J’ai trouvé ça é-coeu-rant. C’est… ouais, carrément too much. Trop hard pour moi. Beaucoup trop hard. Connaissant ma sensibilité sur le sujet, j’ai répété encore et encore à J2 de ne pas le faire, et en même temps que je disais ça, il y avait toujours la pensée de la vidéo qui me tauradait (il n’enregistrait plus bien sûr, mais je me posais encore la question pour la vidéo que j’avais tourné plus tôt), devenue obsessionelle. Je me disait, mais qu’est-ce que tu fous là, prend tes affaires et casse-toi, n’accepte pas tout ça pour quelques billets… J’avais peur qu’il aille plus loin, qu’il le fasse vraiment. Je lui ai demandé d’arrêté, je l’ai repoussé, j’ai boudé. Il m’a dit « non, mais je plaisante, je ne l’aurais jamais vraiment fait, tu le sais ! » Ouf. Je le savais – mais au moins comme ça c’était clair. Après le coup-franc, reprise active des deux joueurs et buuuut… dans ma bouche. Le liquide séminal de J2 est fluide, transparent, léger. En un mot, délicieux.

Je traine un peu dans la salle de bain. J’ai remarqué que je ne m’essuie plus franchement comme avant, maintenant je tamponne doucement la serviette contre mon visage – j’ai remarqué que je laissais des trainées de maquillage avant et vu que je veux toujours rester plus ou moins fraîche après le « premier round », c’est pas plus mal comme ça… Retour dans la chambre avec J2 qui est silencieux et pensif. Je me glisse près de lui sous les draps, soupire profondément. Je me rapelle comment il m’a pris dans ses bras quelques minutes plus tôt, m’appelant sa Chacha d’amour, allant même jusqu’à me dire qu’il ne me forcerait jamais à quoi que ce soit, qu’il m’aime. J’ai trouvé ça chou - mais excessif. Excessivement chou. Il me demande, alors, qu’est-ce qui ne va pas aujourd’hui, du ton de l’homme inquiet. Je lui dit que je suis très préocuppée par ces photos et ces vidéos. Que j’avais peur qu’il en fasse n’importe quoi, que ça me faisait pas mal réfléchir, tout ça. Je lui ait dit que l’idée du fist non plus ne me plaisait pas, que les deux cumulés m’avaient plutôt destabilisés, parce que ça touchait à ce qui s’apparente comme mes limites. Il m’a prit dans ses bras, tout contre lui, m’a dit mais non, c’est juste pour moi, parce que tu sais pendant un mois tu me manques beaucoup, c’est juste pour moi, je t’assure, pour te voir quand tu me manques. Moi : et tu regardes ça avec d’autres personnes ou bien… Lui : Non ! C’est uniquement pour moi quand tu me manques trop, je ne ferais jamais rien avec ! D’ailleurs je te les envoie directement après, je ne vois pas avec qui je pourrais les partager ! Je lui ait dit que c’était de ma part une preuve de confiance énorme et que j’espérais qu’il s’en rende compte, parce que le fait qu’il possède ces vidéos et ces photos pouvaient, si utilisés à mauvais escient, briser ma vie. Il a dit non, ne t’inquiètes pas, j’en suis conscient, ce n’est que pour moi, sois-en sûr. Je pense beaucoup à toi, je t’envoie des mails sans arrêt, dès que je peux je te téléphone, tu vois, c’est vraiment juste pour moi quand tu me manques trop. J’ai soupiré encore, je me suis dit que j’avais été plutôt courageuse de lui dire tout ça, parce que quelque part c’était un peu lui donner les armes pour m’achever. Ca aurait pu lui donner des idées – mais bon au fond, j’imagine que n’importe qui prenant des photos de n’importe quoi aujourd’hui sait que mise sur le web ou entre de mauvaises mains peuvent être très dangereuses (bon la photo d’un chène tricentenaire, je suis pas sûre, mais vous voyez ce que je veux dire.) J’ai décidé de lui faire confiance, j’ai assumé de me dire qu’un jour ou l’autre je me rappellerais de ces photos et de cette vidéo et que c’est probablement très risqué. Boaf. Je ne pense pas devenir Miss France ou quoi, et si un jour je fait un truc plus ou moins reconnu, je n’accepterais que des rendez-vous privé, un peu comme ces chefs de guerre et ces auteurs qui requièrent une interview dans un cadre intime. On verra, hein.

Câlin de plusieurs heures s’ensuit. Je sors une phrase, il me vanne. Je sors une autre phrase, il me vanne doublement. Moi « euh ça va, je vais m’en prendre plein la tête comme ça toute la journée ? » Lui : « T’as bien fait de venir, tu vas voir ! » Explosion de rires. C’est assez énorme d’avoir avec J2 les délires que j’ai avec certains potes à moi, de pouvoir se vanner tranquillement à base de blagues au second degré, tout en faisant des allers retour entre ça et des sujets plus sérieux comme l’art, le cinéma, la littérature. Vers onze heures, il me demande s’il veut qu’on aille au restaurant, que cétait ça ma vraie surprise (tu parles, Charles…), question à laquelle je réponds par la négative. Je n’assume tout simplement pas de sortir de l’hôtel avec J2. L’image de la petite black et du mec plus âgé n’arrive pas à s’imposer dans mon esprit. Je bredouille juste que je suis plutôt fatiguée vu que j’ai pas dormi de la nuit (vrai) et que je vais profiter du temps où il n’est pas là pour faire la sieste. Il insiste un peu et quand je lui dit que je lui prépare une petite surprise, il dit ok et sors. J’ai fait un test à la con que j’aurais pu faire avec n’importe quel type d’amant – en fait, je me suis allongée et j’ai fermé les yeux pour voir sa réaction. Plutôt du type je me barre sans demander mon reste ou un dernier bisou avant de partir ? Réponse b. Ca m’a fait trop trop plaisir, ce petit bisou sur la joue avant de partir.

Il y a des femmes de ménage dans le couloir. Elles arrêtent pas de parler, de faire des va-et-vient, se marrent avec le type de la chambre d’à côté sur Dieu sait quoi. Je veux dire… Y’a moyen de fermer les yeux tranquille dans ce putain d’hôtel ? pff… Niveau réhaussement de l’image stéréotypée de la femme de ménage, n’allez pas chercher de ce côté là, si vous voulez mon humble avis. Du coup je passe mon temps à enlever mon fut et à le remettre, dans le cas où elles se mettraient aussi à frapper à ma porte et à me demander à passer l’aspi. Pffff. Quelles grosses pommes. Finalement, J2 n’a mit qu’une demi-heure à revenir et quand il est là de nouveau, je fais glisser mon jean discrètement hors de mes jambes et sur le côté du lit. Deuxième round…

…Enfin presque. J2 me dit qu’il souhaite se réserver pour plus tard, ce à quoi j’acquiesce et lui fait de la place dans le lit pour un méga câlin de plusieurs heures. Se sont fait taillés un costard : les femmes, les chinois, les cons. Non, J2 n’est pas mysogine et non J2 n’est pas raciste et non J2 n’est pas… con. Il est tout simplement hilarant ! On a discuté de tas de trucs et il prenait toujours tout au second degré, mais quand il fallait aborder certains sujets, il était très sérieux. J’étais tellement contente que ça se confirme qu’on pourrait s’entendre dans la vie de tous les jours, que tout n’étais pas purement une histoire de fesses et de fessées entre nous ! En plus de l’évidente connexion physique, il y avait à présent l’omni-présente connexion spirituelle et j’étais envahie, subjuguée, éblouie par sa capacité à m’écouter et à étayer mes propos. Je ne pense pas l’avoir sous-estimé, mais je me disais simplement que ce n’étais pas son truc, de parler. A un moment, je m’arrête :  »bon tu me dis si je te saoule, si je parle trop… bon ok c’est vrai que toutes les femmes parlent beaucoup trop », je dis avec un ton ironique. Il me regarde et fait une moue du style, tu l’as dit toi-même. J’étais morte de rire.

J2 c’est carrément le mec trop trip’ dans le genre et ça me fait vraiment trop halluciner de l’avoir rencontré. Je crois, ouais, c’est même carrément pour ça que je suis escort girl, pour rencontrer des gens que le chemin de la vie n’aurait jamais mit sur ma route. Je pense… je pense qu’on écrit notre destin. Ceux qui voient ça comme une fatalité perdent leurs temps (mon avis, mais je respecte le leurs.) Je veux dire… On passe trop de temps à se dire, si je fais ça, il se passera ça, si je fais ça au contraire, il se passera plutôt ça, etc. Il faut vivre. Il faut essayer de se poser la bonne question et foncer, foncer à toute vitesse, foncer dans n’importe quelle direction, juste foncer. On n’a qu’une vie à consommer alors au diable, la modération. « Hâtons-nous, jouissons ! L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive, il coule et nous passons » (Lamartine.)

 Troisième round éclair. Je note qu’il y a quelque chose qui a changé dans nos relations, ce n’est plus tellement cru, ce n’est plus tellement… En fait, si c’est toujours intense, masi en même temps qu’elle a changé de nature, l’intensité est plus forte. Il y a, je ne sais pas… Un truc spécial entre nous. Un truc vraiment, très très spécial. Je suis tellement heureuse de l’avoir rencontré ! Chaque minute avec lui est un bon moment. Pfouuu… Trop de bonheur.

Dernier câlin avant de se quitter. J2 est trop chou quand il s’y met. On partage la couette et les oreillers, il me fait des câlins, il me chambre, il remet en cause la condition de la femme dans tous les sens ce à quoi je réplique souvent piquée au vif et puis après je vois bien qu’il n’est question que de second degré. Un peu comme les gens avec qui j’ai le plus d’affinités. On parle au second degré, même de choses graves, mais pour qu’il n’y ait pas d’ambiguité, si on voit que la personne en face ne comprend pas, on redevient sérieux et on lui dit calmement notre véritable opinion sur la question. Je trouve ça énorme que J2 soit dans le même trip’ que moi. Le truc qui m’a fait déliré pendant des plombes c’est quand il a dit avec cette assurance inventée de toutes pièces « non mais je suis un mec exceptionnel, tu vas t’en rendre compte plus tard. Là t’arrives pas très bien à profiter du moment mais tu verras, d’ici quelques temps tu te diras mais… mais putain, j’ai pas vraiment réalisé que ce mec était unique ! » J’étais morte de rire. J’étais comme qui dirait ébahie par ses traits d’esprit. Ca me faisait halluciner que primo, il puisse encore m’étonner et secundo, sur ce plan-là. Je lui ait demandé s’il avait une bande de potes mysogynes, racistes et anti-con dans le genre, il a fait le mec évasif, non on est que deux, c’est un mec TRES bien d’ailleurs, les autres c’est des cons, quoi. Il empruntait à fond le ton des mecs prétentieux, de ces mecs que je suis parfois amenée à rencontrer ou à avoir au moins au bout du fil et ça me faisait délirer. J’ai toujours adoré qu’on me taquine, même sur des choses qui sont très sérieuses pour moi, comme la condition de la femme. C’est ça le charme du sarcasme, de l’ironie, de l’antiphrase, du persiflage : pouvoir se moquer derrière une mascarade de tournures sérieuses. Pour moi, l’ironie est un véritable art. Vraiment, vraiment. Très peu de gens le maitrisent vraiment, beaucoup ont trop peur d’etre politiquement incorrects ou de blesser involontairement, ou je-ne-sais-quoi-encore. C’est bon d’être enfin avec quelqu’un qui n’a pas peur d’aller au-delà de ces craintes. C’est bon de sentir que malgré le mauvais élève en français et en littérature qu’il dit avoir été, J2 maîtrise avec une adresse inimaginable l’art de l’antiphrase et du persiflage. Je suis carrément sous le charme.

Malheureusement, le dicton dit vrai : toutes les bonnes choses ont une fin. » La phrase de l’année vient de lui, avant de nous quitter : « ceux qui ne se croient pas cons et sont cons sont de vrais cons tandis que ceux qui croient qu’ils sont cons et qui ne sont pas cons ne sont pas de vrais cons. » Là, c’était le summum. J’ai rit pendant dix minutes…! J2 me répétais qu’il espérait que j’ai passé un bon moment (un peu, mon n’veu) et me disais qu’il faudra que je lui raconte mes futures rencontres et qu’il savait bien que de toutes les façons, ça ne sera jamais aussi bien qu’avec lui ! Je l’ai embrassé une dernière fois, en espérant que je tombe tout de même sur un homme avec autant de charme (plus, ce serait mettre la barre un peu haut, haha.)

On est sensés se revoir la semaine prochaine. J’ai pris une douche et je me suis remaquillée pour le rendez-vous suivant, un homme qui avait booké pour plus tard dans la soirée. Je ne le savais pas encore, mais ça allait être l’une des plus grosses déceptions de ma vie d’escort girl.

Chacha, total in love avec J2.

Publié dans:Coup de coeur, Non classé |on 16 janvier, 2008 |Pas de commentaires »

JM, ou comment se prendre la tête sur une décision pendant des heures.

JM m’appelle il y a quelques jours. Questions habituelles : comment se passe le rendez-vous, quand peut-on se voir, tout ça. On finit par se donner rendez-vous près d’un aéroport, puis nous irons chez lui en voiture. Les vestiges de mes rencontres passées seront pour le taximan – et cette fois, pas de pourboire l’ami, sorry. Il me rappelle un matin vers dix heures pour… un rendez-vous à onze heure. Il ‘avait prévenu la veille que le rendez-vous serait sûrement le matin, mais je me suis déjà préparée et/ou déplacée quleques fois pour des faux rendez-vous alors j’ai tendance à ne pas brusquer les choses. Mais là, niveau brutal, on fait pas mieux…

Une rencontre une heure plus tard, alors que je viens de me lever ? Non, ça va pas être possible, je crois… Douche, fringues, check-ups, maquillage dans le taxi. Une heure après l’heure fixée, je lui dis vers quel repère je me trouve. Il m’appelle et me dit qu’il est non loin du point de rencontre indiqué et je vois ce type, pas loin, téléphoner et raccrocher en même temps que moi. Oh mon dieu… Oh mon dieu… Le type a le look et la carrure du pépé de base, les cheveux blancs, le jean de mécano, il est en train de mettre des cartons dans son coffre. Je me dis, c’est ça le rendez-vous ? J’ai envie de me barrer en courant, mais non, j’y vais. Au pire, je dirais vous êtes bien gentil, mais ça va pas le faire.

Je prend mon courage à deux mains, je m’avance. Le type n’arrête pas son manège pour autant. Je souris, je lui dis bonjour, je me demande en fait pourquoi il ne s’arrête pas, est-ce qu’il ne m’a pas reconnu. Un mec qui a sûrement mon âge et une dégaine de rubgbyman arrive avec un bagage et me dévisage, l’homme (beaucoup) plus agé me sourit, genre « mais qu’est-ce qu’elle veut elle. » Là, j’ai compris. Il y a erreur sur la personne.

J’étais morte de rire quand je me suis éloignée de la voiture, morte de rire parce que le mec a dû s’imaginer ue j’étais une réfugiée clandestine ou un truc dans le genre qui cherchait un mec pour cinquante euro de l’heure (on se comprend), morte de rire parce que le petit rugbyman, je me le serai bien fait, mais trop tard, il doit s’imaginer la même chose que son père (ou son grand-père.) Bref, séquence marrade finie, faut trouver qui est le vrai JM.

Recompose le numéro. « Euh en fait, je croyais vous avoir vu, mais ce n’étais pas le cas… » Tu parles d’une erreur… Cette-fois ci, je vois un homme pile au lieu de rendez-vous en train de téléphoner. Taille moyenne, les yeux bleux, plutôt matheux dans l’allure (oui oui, j’ai bien écrit ça.) Mais bon, il y a un fond de démarche athlétique. Ouffffffffffffffff. Je rencontre toujours des hommes charmants.

Dans la voiture. Il me demande de monter derrière, me dit qu’il faudra que je me fasse discrète quand on passera dans le quartier où est sa maison, sans quoi il risquerait de… il n’a pas finit sa phrase. Je réponds mais bien sûr, je comprends. Discrétion, quand tu nous tiens… On entamme la conversation. Il me demande ce qui me motive, me dit que ça ne doit pas être facile comme activité, me demande à quelle fréquence je fais ça chaque mois, si je fais ça depuis longtemps… Le genre de questions dont franchement, je me passerai bien lors d’un premier rendez-vous. Je veux dire, les mecs, vous rencontrez une fille pour la première fois rapport à une activité qui est, nous serons tous d’accords, peu banale. Qu’est-ce que vous allez cherchez les statistiques de combien de fois machin, pourquoi truc… Encore les motivatiosn je comprends tout à fait, mais qu’est-ce ça apporte, déjà à la conversation, de savoir combien de fois je fais ça chaque mois ? Et est-ce que vous vous imaginez que quelqu’un que vous n’avez jamais vu auparavant déjà 1, va répondre honnêtement et 2, va se sentir en confiance ? Pfff… Chacha, calme toi et répond.

Je lui dit qu’en fait c’est très simple : tout est une question de pulsions. Il y a des périodes comme ça où je n’ai pas envie de sexe, où j’ai plus ou moins besoin d’affection, plus ou moins besoins de caresses platoniques, plus ou moins besoin de baisers. Et là, avoir un P.A ou un copain avec qui on flirte, ça passe. Et puis il y a des périodes ou… ça deveint pressant, urgent, ça démange de l’intérieur… Il faut tout simplement que ça explose. Tenez, pendant une semaine (la période des fêtes), j’ai comme qui dirait été sage comme une image, enfin de façon relative bien sûr. Et puis hier soir, comme ça, on ne sait pas pourquoi j’ai dû matter cinq ou six films adultes. Non pas que j’en raffole, mais il y a des fois où j’en ai « besoin. » C’est comme une alarme qui se déclenche pour signaler l’alerte… rose. Besoin d’érotisme.

Je lui explique sur le chemin que non, je ne fais pas ça souvent, tout au plus deux fois par mois. Parce que le reste du temps, je suis une fille super sérieuse et que justement, personne ne s’imaginerait une seconde que j’aime l’érotisme à ce point. Je lui dis que je le vis comme un rêve éveillé qui me permet de réaliser tous mes fantasmes et que comme je suis plutôt soumise dans les rapports physiques, je tire 70% de mon plaisir de la satisfaction des désirs de l’autre, donc finalement l’escorting est le moyen idéal de m’épanouir sexuellement et d’assouvir mes fantasmes en découvrant et en réalisant celui des autres. Il sourit, il frétille. Je le sens moins réticent, moins juge, moins observateur. Il acquiesce, me dit qu’en effet, ce sont de bonnes raisons. J’insiste en lui disant que s’il ne m’avait pas plu, j’aurais fait demi-tour, de façon polie certe, mais demi-tour quand même, que l’escorting n’étais en aucun cas comme les autobiotiques (petite blague rien que pour vous… « les antibiotiques, c’est pas automatique… haha… super… qu’est-ce qu’on se marre… des fois je me demande si je devrais pas essayer les cuites finalement, vu l’était dytirambique dans lequel me met la rédaction de ces posts, parfois. Fin bref. Fin de la parenthèse.) Il me dit que ça le rassure, que j’ai une conversation charmante. On descend de la voiture quand il ferme le garage et il me mène dans la cuisine.

J’accepte avec sourire la tasse de café qu’il me sert. Il me regarde, il regarde à côté, il sourit, il plonge ses yeux dans mon décolleté, il me déshabille du regard. Et moi, je continue ma diatribe sur pourquoi et comment je suis devenue escort girl, sur le fait que je ne fais certainement aps ça pour l’argent – que ça, bien sûr, c’est le côté utile mais qu’il y a plus d’agréable, au final. Il me sourit franchement. Il me dit qu’il ne regrette vraiment pas de m’avoir appelé, parce que j’ai de la conversation, et que je ne suis vraiment pas vulgaire. Il ajoute que mon site l’avait appelé parce qu’il ne semblait pas vulgaire. Il me confesse qu’il aime la façon dont je suis habillée, des bottes à talons, un pantalon droit et un chemisier avec un beau décolleté. Je souris.

Il me dit comme ça, en m’apportant la poubelle pour jeter mon chewing-gum, que s’il m’appelle en fait, c’est parce qu’il est en procédure de divorce. Dans sa voix, je sens l’amertume quand il m’annonce quand elle avait prit la décision de « se barrer. » J’ai fait une grimace, pour exprimer que c’était malheureux et que j’étais désolée. Je l’ai senti redevenir froid. J’ai repensé alors qu’il avait était précisément la vingt-et-unième personne à avoir rappelé, rapport à mon activité et ça remonte déjà à il y a quelques mois. Un ou deux, tout au plus. Alors, est-ce qu’à ce moment-là il plannifiait de la tromper ? Ou est-ce qu’ils étaient déjà divorcés ? J’ai chassé cette pensée de ma tête. D’un côté, il n’a pas l’air du tout de l’homme qui trompe sa femme. Il a trois filles, il est ingénieur, il a l’allure de l’homme sérieux… et fidèle. De l’autre, une procédure de divorce ça prend des années de lumière. J’ai opté pour la deuxième option à ma réponse, mais en fait, je m’en tamponnais. J’ai fait basculer la conversation sur un autre sujet, l’air de rien. Je n’aime pas que mes partenaires pensent à autre chose qu’à l’instant présent… Et puis je suis là pour ça, non ?

Je lui raconte que j’aime l’érotisme, que j’ai été sage pendant cette période de fêtes et qu’à présent, il faut que je me libère. Il sourit à nouveau, dit qu’il espère être à la hauteur. Je le sens attentif, je le sens réceptif. Beaucoup d’hommes sont entre deux rendez-vous, ou bien ont prévus ce qu’ils voulaient longtemps avant même que tu sois là et te laissent discuter trois secondes avant de te sauter dessus, tel le lion sur la gazelle. Non, JM est plus qu’à l’écoute. Il argumente, il étaye, il apporte son opinion. Il me demande s’il doit me régler avant, à quoi je décline gentiment (ça enlève la magie du moment mais je suis rassurée quant à leur honnêteté chaque fois qu’ils demandent auparavant ou au mieux, qu’ils le « mentionne ») et il finit par me mener dans sa chambre, à quelques pas de là. Et maintenant que j’y pense… arf… l’ex-chambre conjugale. Sur le coup, je l’ai tout simplement pris comme la chambre d’un homme célibataire. Papa peut-être, mais homme avant tout. Ce n’est que maintenant, que je fais le rapprochement… Et ça fait un peu bizarre. Mais j’imagine que je m’en remettrais !

Dans la chambre. Je lui dis en fait que je trouve ça incroyable tous ces couples qui vivent ensemble quinze, vingt ans, et qui finissent par divorcer parce qu’ils ne se sont pas réalisés pleinement et je pense sexuellement avec leurs partenaires. Je lui dis que moi, au contraire, je pense qu’il est nécessaire d’avoir des rencontres très variées avant de se poser avec la personne de son choix – me rappelant ce client (qui…? ah oui, F.) qui m’avait parlé d’un philosophe qui a écrit une théorie comme quoi poru qu’un couple dure, il faut une période de dépendance puis d’indépendance qui aboutira à une inter-dépendance.  Il se passionne, acquiesce, sourit. Je me demande si je ne vais pas trop loin en disant tout ça, si je ne ferais pas mieux de me taire – mais il m’encourage, me dit que c’est vrai après tout. Finalement, il a compris que je disais dans l’optique de « vous avez encore tant de choses à découvrir » plutôt que dans celui de « non mais qu’est-ce que les gens foutent quand ils s’imaginent que le mariage à vie existes ?  » J’enlève mes talons et grimpe sur le lit pour mieux jouer sensuellement (l’air de rien) avec le coussin qui traine sur le lit.

Il fait le même commentaire que tous les hommes sur mon débit de paroles… Ca va… Pas de vieilles vannes à propos de ça… Une femme est de toutes les façons plus communicative qu’un homme. Alors chut… Quoi qu’il en soit, JM-le-lion attaque doucement… Il m’embrasse doucement, glisse ses mains sur mon corps encore habillé, me couvre de baisers… Oh non, l’alerte rose est de nouveau enclenchée… Comme il découvre mon corps et me déshabille, je sens que l’envie monte en moi, envie sourde et obsédante, de la pénétration… Je ferme les yeux, le guide de mes mains moites, gémis… Mon corps git sous son corps, agit sous ses requêtes, réagit à chaque minute. Il y a dans l’air la complicité que je recherche tant avec mes partenaires. Il m’embrasse, il sourit, on rit un peu quand il a du mal à enlever mon pantalon… Et il sourit jusqu’aux oreilles en découvrant mes bas…

C’est la première fois que tout est aussi bien depuis longtemps… J’aime ses coups de reins. Chacun d’eux, je les attends, je les guette, impatiente, brulante de désir, j’ai envie, et j’exige, j’ai besoin de le sentir en moi… On change de position… Une fois… Deux fois… Et puis… Et puis la tension retombe - pour lui. Je n’insiste pas quand je le ressens. Je le regarde avec je l’espère, aucune expression, ni de déception, ni de reproches dans les yeux. Je comprends, bien sûr, je comprends, je dis en me rhabillant. Il me regarde m’affairer, me dit avec fierté – une fierté qui m’a touché – qu’en fait, au fond, il souffre. Il ajoute que ce n’est pas de ma faute cet incident parce que comme il m’a dit tout est très bien, les vêtements, le moment ensemble… C’est juste qu’au fond de lui, il fait un blocage. En fait c’est dur parceque après toutes ces années en couple… »vous pensez toujours à elle ? »… Il secoue la tête. Il dit qu’après toutes ces années en couple il a perdu l’habitude de séduire. Je lui dit qu’il n’a absolument aucun soucis à se faire, avec un grand sourire. Il me dit que non, qu’il ne faut pas lui mentir, que c’est vraiment sérieux comme question. Toujours mon sourire au livre, je lui explique calmement que s’il ne m’avait pas plus, je ne l’aurai pas suivit et je n’aurais pas passé un aussi bon moment. Il hausse les épaules, acquiesce, reste stoïque dans ce moment où plus d’un se serait confondu en excuses. Il me demande si j’ai déjà connu des hommes qui ont eut des blocages. J’ai dit oui, une fois. En voyant qu’il ne demandait pas à aller dans les détails, j’ai compris son angoisse et je lui ait dit que je garderai ça pour moi. Alors ça reste entre nous, ok ?

De retour dans la cuisine, il me demande combien il me doit. Chacha, tais-toi. Je le regarde compter les billets et les mots franchissent le seuil de ma bouche sans que je ne puisse rien y faire. « Non, on n’est pas restés ensemble très longtemps. » Et je lui ai demandé une centaine d’euros. Il a sourit. Je veux dire, évidemment, il a sourit. Je m’en suis voulue pendant une heure après ça. Enfin, pendant des heures. Je me suis dit, et la course, et tes projets, et les frais. Parce qu’en comptant les frais de course de taxi, je n’ai pas gagné énormément. En même temps, on n’est pas restés ensemble si longtemps que ça. Et puis, je me serai sentie mal si j’avais pris le tarif habituel. Je me serais sentie très mal. Je veux dire… Je ne veux pas faire mon « biz » sur la misère – je laisse ça à une certaine chaine que je ne nommerai pas mais que tout le monde connaît. Je ne veux pas finir comme tous ces gens qui se font du fric sur la misère sexuelle et morale des autres. Non. J’avais enfin finit par me convaincre que j’avais pris la bonne décision quand j’ai repensé à S. Lui aussi a eu un blocage et pourtant lui, j’ai demandé le tarif habituel… Et puis en y réfléchissant bien, S. a jouit. Il a eu un blocage certes, mais il est allé jusqu’au bout de son plaisir – je l’ai vu de mes propres yeux. Alors que JM, lui, c’était psychologique mais aussi physique. J’ai ressenti la tristesse chez JM. Il ira jusqu’à me dire même, qu’il a peut-être plus apprécié encore notre conversation, parce qu’il a besoin de discuter. Or, qu’on paie pour discuter avec moi, c’est carrément hors de question (j’ai entendu des filles dire que pour de l’accompagnement classique, elles demandaient 50 € de l’heure… je veux dire, ça rime à quoi ? Sois je le fais par amitié et/ou sentiment de bienveillance et/ou envie de m’éclater et de goûter à quelque chose de nouveau, soit je le fais dans le cadre bien définit de l’escorting, soit je ne le fais pas. Pas de rabais, pas d’entre-deux, pas d’intermédiaire possible… C’est tout Chacha, ça.)

Au final, il y a peut-être eut un moment où je me suis sentie vraiment en accord avec moi-même. Je me suis dit, c’est ça la conscience professionelle (si on peut oser ce mot dans ce contexte…) ? C’est ça que ressent le médecin qui soigne quelqu’un gratuitement quand il aurait pu opérer un mec avec des c… en or et être promu chef de service ? Je veux dire, ce sentiment d’avoir fait le bon choix, d’avoir fait quelque chose de juste, qui soit indépendant de toutes implication matérielle. Je ne sais pas trop, mais j’étais finalement heureuse de ne pas avoir demandé plus, en me disant que si je l’avais fait de toutes les façons, je me serais sentie mal parce que au contraire, j’aurais eu l’impression d’avoir profiter de JM. Bref, tout ça pour dire que ça peut être fatiguant intellectuellement de chercher à être juste. Ce serait tellement plus simple d’être une raclure (Dyosnos, c’est pour toi.)

Chacha, sans commentaires.

Publié dans:Coup de coeur, Non classé |on 4 janvier, 2008 |Pas de commentaires »

Et c’est parti pour un tour.

L’autre jour, devinez qui m’appelle ? Je vous le donne en mille, A. C’était la troisième fois qu’il rappelait en fait car les deux fois précédentes j’avais comme qui dirait eut la big flemme de répondre. Le type avait laissé des messages vocaux du style « oh il me tarde qu’on se voit j’espère que tes partiels se sont bien passées blablabla. » Relou, quoi. A ce moment-là, je suis dans les rayons d’un magasin avec le P.A alors je réponds pendant qu’il est loin.

« Allô? » Et comment va-tu, et toi les partiels, et sinon la vie, j’espère que je t’embête pas, quand est-ce qu’on se voit. Le type est d’un lourd, c’est inommable. Le P.A me rejoint entre temps et chose qui m’énerve avec lui, fait « c’est qui » droit devant le téléphone portable, comme un pauvre gamin. Il sait que j’ai horreur de ça. Je sais qu’il fait ça parce qu’il est jaloux. Je lui lance un regard noir et il arrête, tandis que l’autre abruti jacasse toujours au téléphone. (Petite parenthèse : non, je ne réponds pas aux clients potentiels quand le P.A est dans le coin, je m’isole. Mais là, c’est A. qui se rapproche plus du trou du schmoll que du client potentiel et de plus, je suis dans un magasin, donc aucun moyen de vraiment s’isoler et j’aimerai bien qu’A. arrête de me laisser des messages vocaux – bref, tout est propice pour mettre les choses au clair.) A. comprends que je suis « avec des potes », quand je dis au P.A de prendre telle ou telle marque de chips et de porter l’indispensable (pot de Nutella.) Je lui dit que non, je ne serai pas dispo avant longtemps, que je pense arrêter l’escorting, que s’il veut me rappeler ça sera minimum dans un mois et demi et que de toutes les façons c’est assez énorme comme pause pour se dire qu’il y a toutes les chances d’ici là que j’ai vraiment arrêté. Le mec dit « oui mais… euh… hehe… ça veut pas dire qu’il ne peut rien y avoir entre nous. » Attend mais il est bouché ou quoi ? Moi, impatiente : « vu comment on s’est rencontrés, il n’y AUCUNE mais alors AUCUNE chance qu’il se passe quoi que ce soit. » Le con de service (appelons-le Monsieur Pignon voulez-vous : ) « Ouais mais… euh… hehe… Je vois pas pourquoi. » J’aurai eu une kalashnikov sous la main à cette minute-là, j’aurai sûrement fait des dégats dans le quartier. Moi, calmement, me rappelant qu’il ne faut pas être méchante bêtement parce qu’on est énervée et essayant de me rappeler que quelque part dans ce corps de trou du cul se cache une âme sensible, je prends le temps de lui expliquer par A plus B qu’il n’existe pas d’histoire possible entre un client potentiel et une escort girl. En tout cas pas sur ma planète. Bien sûr, je lui passe toutes les insultes qui me viennent à l’esprit et le dégoût qu’il m’inspire à insister comme un porc quand c’est pourtant aussi évident que je ne veux plus JAMAIS le revoir. Le type élucubre pendant quelques minutes, disant comme quoi je lui plais bien, donc voilà quoi. Chez lui ça veut dire qu’il veut se faire des plans téléphone rose, webcam et site web gratos avec moi. Et s’il savait le nombre d’hommes à qui je plais, il se jetterait sûrement sous le premier pont venu. Non pas que je sois un canon ou quoi, mais quand je veux séduire, je mets le paquet. Parcontre ce qui différencie la femelle (moi) de l’animal (lui), c’est que dans l’évidence (du rejet) je m’abstiens. Il m’a dit à plus avec son air dégoûté de gros porc qui me rappellera sûrement un de ces quatre pour vérifier si je suis toujours dispo. Et la prochaine fois, très honnêtement, je doute de pouvoir me contenir. Pff. Le P.A me demandera qui c’était. Je répondrai « un boulot que j’ai refusé. » Il a hoché la tête.

Vous vous rappelez de J. ? J. que j’ai rencontré dans cet hôtel de standing en plein centre ville. Hé ben J. m’envoie religieusement un texto par jour, depuis. On a faillit se voir sur la capitale, mais j’avais trop la flegme de faire l’aller-retour pour lui en moins de 24 heures. Alors j’ai décliné. D’habitude ça dit en gros qu’il pense à moi et qu’il m’embrasse. Je lui réponds suivant mon humeur. Le plus gros échange de sms jusque là a commencé avec un texto disant qu’il avait une surprise pour moi. Moi illico presto, c’est quoi. Lui, répond qu’il souhaite m’offrir un livre de philosophie (tous les PA ont toujours été plus ou moins choqués que je considère un bouquin aussi chou que des fleurs ou des fringues en guise de cadeau.) Il ajoute qu’il souhaite vraiment qu’on se revoit. Je lui dit, pour parler de philosophie bien sûr. Lui, bien sûr… Et parce que j’ai très envie de toi aussi. J’attends son retour sur la ville. J’ai vraiment passé un bon moment avec lui.

Avant-hier soir, alors que j’étais connectée sur la messagerie, je reçois un mail me proposant une rencontre. Me rappelant que ce genre de mails n’est jamais que pour exercer mes qualités littéraires et non pas pour rencontrer, je détends mes doigts et pianote sur le clavier, versant la plus belle encre virtuelle sur le papier imaginaire de la lettre électronique. G. réponds dix minutes plus tard – je suis abasourdie qu’il réponde, primo, et si vite, secundo. G. habite à quelques kilomètres de la ville et souhaite booker pour une soirée ce samedi ou ce dimanche. Moi, trop contente que ma période de cycle s’arrête samedi, je réponds que dimanche c’est mieux. Je relis son premier mail où il dit qu’il a la quarantaine et bosse pour une entreprise d’import en attendant sa réponse… G. me demande quelles sont les conditions pour quel tarif, sur quoi je le renvois sur mon nouveau site où tout est expliqué. G. me remercie mais n’a as trouvé les tarifs et insiste sur mes préférences sexuelles, disant que de toutes les façons notre rencontre sera essentiellement basée sur ça. Premier froncement de sourcils. Je réponds que je ne parle pas de cela par mail, que je trouve ça impersonel d’en parler avec quelqu’un que je n’ai jamais rencontré, qu’importe la nature de notre relation. Je me déconnecte quand je sens que sa réponse est trop longue à me parvenir.

Ce matin, lecture des mails. G. me dit dans son message qu’il trouve mes tarifs assez élevés, qu’il souhaiterait que j’aille dans les détails de « ce que je suis prête à faire et à ne pas faire », me dit qu’il s’organise dès qu’il a ma réponse. J’étais furieuse. Je lui ai répondu très clairement que si j’ai les prix que j’affiche, c’est parce qu’ils réflètent la qualité de mes prestations et que je me sentirai insultée s’il envisageait ne serait-ce qu’une seconde de les négocier. Je lui ai dit que je comprendrais très bien si le tarif lui paraissaient trop chers et que de fait, il ne souhaitait plus me rencontrer ce dimanche, qu’après tout il y avait des dizaines d’escorts dans le coin et qu’en fouillant un peu il trouverait bien son bonheur sur le net. J’ai ajouté que j’étais une accompagnatrice de charme, pas une vulgaire prostituée. Par conséquent si c’était dans ce sens-là qu’il souhaitait aller, il pouvait s’attendre à trouver des filles bien moins chères et bien moins difficiles à contacter (il m’a en effet dit dans son premier mail qu’il était impossible de me joindre par téléphone.) J’étais tellement énervée…

En fait, ça doit faire la deuxième fois que je refuse comme ça une grosse somme. Quand c’est des sommes (devenues) banales genre pour une ou deux heures, je m’en fiche complètement, je me dis qu’un autre homme appellera, dix fois plus canon, dix fois plus courtois, dix fois plus tout quoi. Mais une fois, un homme m’a appelé, disant qu’il souhaitait passer la journée avec moi vu qu’il passait dans le coin pour la première fois et probablement dernière avant longtemps. Je lui ai expliqué que sans rendez-vous préalable cela n’était pas possible. Je suis passé à côté de l’équivalent du SMIC en une journée – mais si c’était pour passer la journée avec un gros porc en manque qui se serait imaginé qu’avec cette somme il m’aurait « acheté » pour être l’esclave de son désir, non merci. Je m’en suis vite remise, mais vous savez sur le coup vous vous dites, et si il avait été hyper charmant, et si finalement je rappelle pour lui dire qu’en fait c’est bon, et si je baisse un tout petit peu mes tarifs, et si… Bref. Il faut faire très gaffe à pas tomber dans le piège de « je ferme les yeux et je fonce. » Parce qu’en général, droit devant, il y a la gueule du loup. Sans déc’.

Et donc deuxième fois que j’en étais la de mes considérations sur mon éthique. Vous savez, au combat éthique versus fric, le fric met quand même de supers upercuts. C’est comme si vous donniez trois crochets du gauche et que l’autre en face esquivait et répliquait par une attaque qui vous mettrait K.O. Mais évidemment, je me relève. Mon éthique est toujours un peu torturée, mais elle tient le coup. Autre métaphore : le roseau. Il plie, mais ne se rompt pas. Voilà, c’est carrément ça.

Une heure plus tard, réponse de G. – j’étais sur le cul. D’abord, parce que j’étais assise – c’est préférable pour être sur le cul. Ensuite, parce qu’après une réponse où je lui disait en gros d’aller visiter une péripatéticienne (j’y mets les formes, attention, ça rigole plus), je ne m’attendais même pas à ce qu’il daigne me répondre. Et en fait, pas du tout. Il a répondu qu’il était désolé s’il m’avait froissé, que ce n’étais pas du tout ce qu’il souhaitait, mais qu’il avait des habitudes de commercial et que du coup il essayait toujours de tout négocier (ça m’a fait penser au com’ de Dyosnos à l’un des posts précédents.) Il m’a dit – là c’est le scoop - que pour se faire pardonner, il ajouterait une centaine d’euros à mes honoraires, parce que de toutes les façons pour lui, l’argent n’est pas un problème. Là je me suis dit très franchement : « putain, heureusement que j’ai une éthique, merde ! » Très chic, la fille, par moment. Je vous le dis.

J’ai répondu que ça n’étais pas la peine, vraiment, d’ajouter cette somme à mes honoraires, parce que tant que j’avais le sentiment qu’il me respectait, c’était le plus important pour moi. J’ai dit qu’effectivement j’étais froissée mais que sa réponse rapide et claire m’avait redonnée le sourire. Cette fois-ci, j’ai moins rechignée à lui faire part de mes préférences sexuelles et tabous, et je lui ai dit que sa photo était charmante (malgré ses instances je suis restée fidèle à moi-même :i je n’envois jamais de photos de moi par mail ou par quoi que ce soit à qui que soit – à part la famille et croyez-le ou pas des photos de moi, elle s’en tape complètement) et qu’il me tardait que l’on se rencontre. J’ai dit que pour ce que qui était du processus, je pouvais le rejoindre par train et en taxi, comme il le souhaiterait. Il m’a répondu grosso modo qu’en fait il allait venir sur la ville parce qu’il est marié et assez connu dans son coin. Je pense que c’est aussi parce que je demande à verser un accompte de 50% payé via le net, quand je dois partir hors de la ville, même si ce n’est que pour quelques kilomètres – et si il annule au dernier moment ? Pas besoin de dire tout ce qui peut arriver à une jeune fille seule dans une ville à la tombée de la nuit. 50%, ça m’assure d’avoir un taxi et/où une chambre d’hôtel et un billet retour en train. Je pourrai demander moins que ce pourcentage, j’y ai pensé, mais bon quand un client réserve pour une soirée, elle lui est dédiée : je refuse toute autre possibilité de rendez-vous, donc ça me parait très normal. Et même dans le cas où aucun autre client n’a booké, j’aurai très bien pû passer la soirée à glander tranquillement chez moi et non à me déplacer pour rien – c’est ce que j’appelle ma clause « satisfaite ou remboursée à moitié. » Surtout que parfois je suis simplement satisfaite à moitié. Je me comprends.

Il a répondu qu’il m’enverrai les détails concernant l’hotel dans la matinée de dimanche, qu’il aimait faire l’amour de façon intense et qu’il espérait que cela ne me dérange pas et m’a demandé ma boisson préférée. J’ai répondu que j’attendais de plus amples directions en ce qui concerne la réservation mais que du reste tout était ok, que bien sûr que je voyais des inconvénients à faire l’amour jusqu’à l’épuisement mais que très franchement, j’imaginais que je pouvais très bien faire avec :D et pour la boisson préférée, j’ai répondu le champe, parce que j’aime ce qui pétille.

Si tout se passe bien, je me ferai un cadeau d’anniv’ énormissime.

Chacha, qui tire des plans sur la comète.

Publié dans:Coup de coeur, Non classé |on 9 décembre, 2007 |4 Commentaires »

Dear Dear Diary, I wanna tell my secrets… I have been a bad, bad girl for so long.

Cher Journal,

Ca fait comme qui dirait un baille que j’ai pas écrit. Et pourtant j’ai des envies méchantes de raconter mes dernières rencontres. Par exemple, La denière fois où j’ai vu J2. Ca faisait comme qui dirait un baille que je n’avais pas eu de ses nouvelles. Je ne m’étais pas couchée la nuit précédant notre rendez-vous prévu pour le 20, alors j’ai annulé par texto au milieu de la nuit. Il m’a écrit un mail le soir même disant que c’était pas top comme plan, que c’était dommage, tout ça. J’ai dit que je comprenais s’il n’avait plus envie qu’on se revoit après ça, que c’était pas un plan vu que ma coloc’ était malade, que de toutes les façons le plus malheureux des deux c’était moi puisque j’étais en manque sexuellement, du coup. Il a répondu dans la minute suivant, disant qu’il se dévouerait pour venir le lundi suivant en début d’après-midi. Ma réponse : « Ca me fait vraiment très plaisir de constater à quel point tu peux être dévoué pour les bonnes causes ! » On s’est revu au même hôtel cheap. Je n’ai pas osé les bas sous la mini, tout simplement parce que je ne suis pas experte des porte-jaretelles. D’abord, je n’ai pu m’occuper que des « clips » de devant (il n’y a que dernièrement avec un peu de persévérance que j’ai pu arriver à m’occuper de ceux de derrière – et en plus c’était pas top top, niveau look.) Ensuite, j’ai pas assumé la pensée « han ça glisse tout le monde va les voiiiir » toutes les cinq minutes, enfin parce que le seul manteau qui aurait pu couvrir la jupe est blanc, et que pour se faire remarquer dans un hôtel cheap, il n’y a rien de mieux. Le manteau classe dont je parlais la dernière fois arrivait pile poil au ras de la jupe – alors j’ai pris mon jean Wrangler. J’ai quand même glissé la mini dans le sac à l’issue de l’opération shopping avant de le rencontrer, j’ai mit les bas et le string-porte-jaretelles dans la cabine d’essayage et j’ai filé droit vers l’hotel, avec une heure de retard. Il m’attendait toujours, et quand je me suis excusée en disant comme quoi une cliente a rappelé (rapport à mon job – inventé - de vendeuse de lingerie à domicile), il a grommelé oui oui, m’a regardé me déshabiller et m’a rejoint sur le lit, quand je me suis allongée. C’est marrant parce qu’il disait exactemenent le genre de choses que je me dis parfois, quand ma main glisse sous ma couette et que je suis seule dans mon lit (« tu as jouit, maintenant c’est à moi, alors laisse toi faire », « c’est bien, c’est comme ça qu’il faut faire, continue », « tu aimes ça, c’est bien profond là, hein? ») et je ne ressentais rien. Rien de chez rien. Ca m’excitait un peu, en fait, parce que du coup ça me rappellait ces moments de folie où j’atteinds l’orgasme dans la pénombre moite de ma chambre. Mais là, c’était vrai. C’était vraiment moi qui avait les doigts gantés de cet homme au plus profond de moi (« tu m’as dit que t’aimais l’anal ? ferme les yeux j’ai une surprise pour toi…) C’était vraiment moi à qui on disait d’écarter les jambes et de bien écouter les indications. C’était vraiment bon, de sentir ses doigts glisser aussi profondément en moi. C’était comme… Je ne sais pas. C’était simplement indescriptible et incroyablement jouissif.

Petite parenthèse : je suis contente d’avoir commencé tôt à glisser plein de petits objets derrière – stylo, blanco, vibro (j’ai la côte avec les trucs en « o », et plus c’est rond, plus c’est bon – si vous voyez ce que je veux dire.) Le truc c’est que maintenant, j’ai l’impression que tout et n’importe quoi peut rentrer. Avec un minimum d’ « échauffement » bien sûr, mais vraiment, une fois que c’est rentré, la douleur n’existe plus.

Jusque là, personne n’avait glissé ses doigts si profondément en moi – et j’ai crié de plaisir. Il a glissé ses doigts dans ma bouche pour me faire taire. Au final, il jouira dans ma bouche, et comme dans ses dizaines de films de uc’ que j’ai matté, il ramènera son sperme dans ma bouche pour que j’avale mieux. Allongée sur le lit, la tête entre ses jambes, je me lècherais les doigts en le regardant avec malice et plaisir. Sur son visage, je vois comme une délivrance, un plaisir évident, et je ne peux pas m’arrêter de sourire. Il quittera l’hôtel avant moi, en prenant bien soin de glisser la liasse billets en évidence sur mon sac, m’embrassera une dernière fois en me remerciant et me disant que c’était très bien et qu’il espère que le 18 prochain, je serai disponible. Avant de quitter l’hôtel à mon tour, je prendrai une douche très chaude et vérifierais que tout est clean. En passant la porte de la réception, le sourire n’aura toujours pas quitté mes lèvres.

Autre histoire, quand ce type a appelé jeudi (ou vendredi?) dernier, très poli au téléphone, se la pétant genre « ah non pas un Campanile c’est trop petit ça ! Moi je veux au moins un Ibis ! », très obligé au final de me rejoindre dans le même hotel où j’ai été avec D. à cause du monde monstre que l’évènement en ville a fait en sorte que tous les Ibis-et-autres-hôtels-du-genre étaient ultra bookés. Il a appelé dans la matinée, en disant qu’il voudrait booker pour le soir même, et j’ai décliné poliment en disant que je n’acceptais jamais de rendez-vous de dernière minutes, par éthique. Et puis il a insisté un peu, je me suis dit ça va quoi, t’as rien de prévu niveau escorting avant un bail, et puis j’ai finit par accepter. J’ai pris un bain, fait ma petite vérif’ côté sac, mit mes lentilles, le gloss, et je suis descendue prendre un taxi. Cette fois-ci j’ai appelé une compagnie de taxi, histoire d’être sûre de ne pas tomber sur des gros porcs à leurs compte genre Monsieur Bacon (voir les posts précédents.) Le taxi est plutôt classe, genre cuir à l’intérieur. Ca sent pas super bon – j’imagine que c’est une odeur de renfermé mixé avec le cuir des sièges. Le conducteur est plutôt cool, il me parle sans trop me prendre la tête, s’arrête un peu pour chercher l’adresse sur son GPS et embraye sur une discussion des plus barbantes sur ses voisins-les-big-connards qui portent plaintent parce que ses chiens hurlent à la mort. Et vas-y qu’ils passent par là quand il est au boulot pour exciter les chiens et faire en sorte que tout le monde braille contre lui, et vas-y qu’il a reçu une lettre de la DDASS disant que ses chiens devenaient un problème et qu’il devait soit déménager, soit les faire piquer ou solution dans le genre. Le type était d’un pathétique. J’ai acquiescé, dit en me rappelant de mes dernière soirées spéciales Julien Courbet (il y a à peu près trois ans, sans déc’) qu’il devrait mettre une caméra ou un magnéto quand il se faisait insulter par ses voisins ou bien près de son portail quand il partait au taff, histoire de les prendre en flagrant délit. Il avait l’air d’apprécier l’idée. En descendant de la caisse, il était au téléphone avec la responsable du dossier de la Mairie. Bonne chance, vieux.

Je frappe à la porte et la voit s’ouvrir doucement, mais personne derrière. D’habitude, le client me sourit et ouvre discrètement pour me laisser passer. Là, non. Je trouve ça bizarre, mais ne me dis pas qu’il y a de soucis pour autant. Je rentre et découvre l’homme qui se cache derrière. Il est en serviette de bain, allongé sur le lit - il a dû prendre sa douche quelques minutes auparavant. Il me dit qu’il m’a laissé l’eau chaude, que je peux y aller. J’ai envie de protester que j’ai pris un bain d’une heure avant de venir, mais à quoi ça servirait – j’apprécierais moi même que mes clients n’insistent pas si un jour je leurs demande d’aller dans la salle de bains. Je file donc sous la douche, une dizaine de minutes plus tard je me glisse sous la couette. Pendant tout ce temps, je n’ai vu que vaguement son visage. Et quand je me glisse près de lui, je remarque clairement que c’est un papa maghrébin. Je veux dire… Il ressemble au mec qui me servait dans mon ex-kébab préféré. Je me suis sentie trahie, je me rappelle. Il n’avait pas pris l’accent du tout au téléphone. Il avait joué le businessman, et avait pris un accent transparent. Il zappe et me dit qu’il bosse dans l’organisation d’évènement genre meetings politiques, et qu’il y en a pas mal en vue dans la ville. Je dis ah. Je me demande, putain, qu’est-ce que je fous là, si ça se trouve il ne va même pas me payer. Mais je me dis qu’il a l’air clean, propre sur lui, et que son accent n’a rien à voir avec son honnêteté. Je le trouve même un peu amusant. Ca me fait penser à ce sketch de Gad Elmaleh, vous savez celui avec le grand-père qui ne sait pas se servir d’un téléphone portable. Il parle comme tous ces types en ville qui sont au comptoir d’un restaurant tunisien (ou kébab) ou à la terrasse d’un kébab. Plus tard, après m’avoir félicité environ cent fois sur la beauté de ma bouche et la qualité de mes gorges profondes (mdr), on passera à l’action (derrière). Il dira avec son accent (à mourir de rires et puis chou un peu, quelque part) « tu veux me donner ton trou du cul? » J’ai trouvé ça hilarant – mais j’ai réussit à me contenir.

Il s’habille rapidement et me demande si je lui ai rapporté la facture du taxi comme il m’avait demandé, histoire qu’il puisse me rembourser. J’avais carrément oublié – de toutes les façons c’était genre trente euros, donc ça va, j’aurai pu dépenser ça dans des tonnes de conneries. Je lui dit que c’est ok, que ça ira. Je commence à me rhabiller aussi et il me demande où je veux qu’il me laisse. Je lui dit que ça va, puisqu’il doit être à l’aéroport qu’il fonce, que je trouverais bien un moyen de rentrer, que tout est ok pour moi. Il me dit que si je veux je peux garder la chambre même la nuit si je veux, qu’il a prévenu la réception que de toutes les façons il y avait « une amie » qui allait passer. J’ai dit « ah? » Il a dit « oui t’as remarqué ces enfoirés, ils mettent des caméras autour, c’est pour être sûr que tu paies bien pour deux personnes! » La mention des caméras m’a comme qui dirait blasé. Au fond, c’est juste pour checker si les clients paient la bonne somme, ça d’accord. Mais je suis déjà venu trois fois dans cet hôtel, avec trois clients différents (bien que je les rejoignais quand ils occupaient déjà la chambre, c’était quand même des chambres différentes à chaque fois.) Je me dis, et si je suis sur les bandes ? Et si un jour un client ne paie pas la bonne somme, ils pourraient me la réclamer à moi ? Et si…? J’ai mit Paris en bouteilles les trois minutes qui ont suivit la réflexion du client. Au final on tombe d’accord sur le fait que je vais rester dans la chambre et prendre le temps de me doucher encore, etc. Il glisse l’ancienne somme que je demandais dans mon sac et me dit qu’il faudra qu’on passe des heures ensemble, la prochaine fois, parce que le temps est passé vraiment trop vite. On s’embrasse une dernière fois et me voilà seule dans la chambre. Je me suis douchée, rhabillé, j’ai regardé un peu l’émission à la con sur les looks sur M6 et je suis sortie en me demandant, comme toujours, si je n’ai rien oublié, et si j’ai oublié quelque chose qu’est-ce que c’est, et est-ce que j’aurai le culot d’aller à la réception le lendemain si dans la soirée je me rends compte que c’est quelque chose d’important. Et je sais que non. Et de toutes les façons, je n’ai rien oublié.

Et comment décrire la rencontre avec F. Il m’a appelé un soir, en me demandant ce que je faisais le lendemain, si c’était possible de se rencontrer. J’ai dit que oui, qu’on pouvait toujours discuter à la terrasse d’un café, histoire de voir si le feeling passe. Il me dit qu’il a une affaire sur l’un des cours les plus populaires de la ville, alors je décline l’invitation à se rejoindre par là (vu que je risque d’avoir des amsi à l’horaire du rendez-vous qui passeront par là), il m’indique un autre endroit pas loin mais moins fréquenté, et je dis ok. Je prend une douche, me maquille, met une jupe, des escarpins et un col roulé marrons, je mettrai souvent ma main sous ma jupe parce qu’il y a beaucoup de vent ce jour là – et beaucoup plus de fois pour faire comme si il y avait un vrai risque que ça s’envole. Je vois les hommes regarder mes jambes avec envie. Les filles me reluquer avec jalousie. Partout où je passe, les regards se tournent vers moi. F. me rappelle deux-trois fois pour checker où j’en suis, me prévient qu’il y a une manif’ en centre ville et que ça pourrait me retarder. Je dis ouais ouais.

A la terrasse d’un café, dans la gallerie d’un centre commercial que je ne soupçonnais même pas d’exister dans un quartier de la ville. Il me parle de ces modèles de nu qu’il a vu parfois dans son atelier de poterie, de combien ça doit être excitant de faire ce que je fais, d’être comme ça au contact du désir des hommes. J’aime sa façon de voir les choses, j’aime sa culture, j’aime sa façon de parler, j’aime son visage. Il parle discrètement, me regarde franchement dans les yeux, me fait rire et sourire. Il me dit, comme ça, dans un souffle, que ça doit être exceptionnel de faire l’amour avec moi, puisque je suis jeune, je dois de la fougue. Je dois être la première black au monde a avoir rougit ! J’ai fixé le sol quelques minutes, en disant qu’effectivement, j’aimais me donner avec ardeur. Il a finit par regarder sa montre et l’heure était passé comme un éclair. Il m’a dit « je vois que tu portes les articles que tu vends » avant que l’on se sépare. Il m’a dit alors comment ça se passe, je te plais, je ne te plais pas, on fait comment. J’ai dit « ben tu me rapelles et puis on verra. » Il n’a pas rappelé. Je pense qu’il s’imagine que pour moi ce n’est pas passé, que c’est à moi de rappeller ou quoi que ce soit. De mon côté j’ai été clair, je ne rappelle pas les clients même quand comme F. ils sont célibataires, je ne veux pas m’imiscer sans les informer au préalable dans leur quotidien. Et puis quand tu es vraiment interessé par quelqu’un, tu finis toujours par te jetter à l’eau. Si elle est trop froide, tu n’y vas pas. Je dois être glaciale. C’est vraiment dommage qu’on ne se soit pas revu, F. est le genre de quinqua sexy qui me fait craquer. Tant pis… pour lui.

J’ai commencé ce bouquin sur l’escorting de Kay Good, « In good company. » C’est incroyablement enrichissant et intéressant, j’arrive pas à m’arrêter de le lire. Enfin j’y arrive, mais j’y pense pendant des heures. J’ai fait un bilan, l’autre jour. Ce mois-ci j’ai gagné l’équivalent du salaire net d’une sage-femme en début de carrière (sois plus du double de mon premier mois en tant qu’escort girl.) Vraiment. Et il reste quoi ? Quelques centaines d’euro. J’ai décidé de ne dépenser que la moitié de ce que je gagnerai à l’avenir, de me forcer à déposer le reste dans un compte épargne ou quoi. Pourquoi ? Parce que comme le dit très justement cette escort girl dans le livre cité plus haut, « on n’est plus si belle quand les lumières s’éteignent. » Les lumières, c’est les années où on a la vingtaine, la santé, les formes, la beauté. Elles s’éteindront dans un moment pour moi – mais autant ne pas tout gaspiller. Je me tape des sacs Louis Vuitton, je me tape des paires de Manolo Blahnik, je me tape complètement des fringues de créateurs. Mon petit rêve à moi, c’est de m’acheter une sim sur SL et de poser quelques business, passer ma vie entre escorting et business virtuel, amis, familles et écriture. Et il y a le (les?) PA. Et il y a la fac. Et il y a tout le reste. Je pense souvent à cette amie sur SL qui m’a parlé de cette actrice du porno qui s’est acheté sept sims. Et je me souviens comment j’ai explosé de rire quand j’ai suivit le lien internet dans le profil « première vie » d’une gérante d’une agence de mannequin et aussi propriétaire d’un magazine parlant de mode virtuelle… C’est une escorte de luxe dans la vie. Les anglophones sont tellement moins hypocrites question sexe. Mes projets ? Pouah, aucune idée. J’ai envie de me barrer en Suisse (Geneve ? Zurich?). J’ai envie de me barrer en Angletterre (Londres ? Manchester ?) J’ai envie de me barrer aux States (New-York ? La Nouvelle Orleans ?) J’ai envie de tout, j’ai la vie devant moi, et tant de choix possibles. Le truc, c’est de faire les bons (choix).

En attendant, je vais me remettre à lire ce bouquin (le seul vrai bouquin sur l’escorting que j’ai pu acheté – celui de Sacha Love ne m’intéresse pas. Kay Good gère une agence d’escort girls et a été indépendante et a gagné des awards – rien a voir avec n’importe quel auteur francophone d’un bouquin sur l’escorting.)

Psst, je t’en prie, appelle-moi Chacha.

Publié dans:Coup de coeur, Non classé |on 4 décembre, 2007 |Pas de commentaires »

Rencontre du troisième type. Enfin, si on veut.

Le rendez-vous est fixé pour jeudi, il y a deux semaines. G. est plutôt du genre cool. On s’est donné rendez-vous devant ce théâtre pas loin du centre-ville. J’arrive avec un petit quart d’heure de retard (prévu et prévenu) et attend comme convenu devant les marches. Je zieute un peu tout le monde, voit ce mec avec une veste en cuir marron tourner en rond. J’espère que c’est lui, mais je me dis que non, que peut-être il s’est posé à un café en attendant, qu’il peut arriver, par ici, par là, de n’importe où. Il y a deux mecs qui déjeunent pas loin de moi. Je me demande comment est-ce qu’on va se dire bonjour, genre rendez-vous professionel, ou genre quoi. Je regarde un peu partout, en faisant gaffe à pas avoir l’air trop perdue, ou un air de la fille qui cherche quelque chose – sois naturelle, je me répète, comme si j’étais un mannequin. Il arrive. Dans mon dos, j’entends « C’est vous Chacha ? » Je me retourne. C’est le type avec la veste en cuir marron. Oufffff.

On se fraye un chemin jusqu’à un café devant lequel j’ai dû passé une ou deux fois dans ma vie, à tout casser. On se pose, il me dit qu’il a besoin de fumer un cigare, que c’est son petit moment dans la journée à lui et que ça l’aide à se relaxer. On change de place, parce que la fumée venait vers moi (il a insisté pour que l’on change, moi ça me dérangeait moyen.) On a discuté de mes études, de ce que j’aime faire dans la vie, de ses passions, de sa vie d’étudiant à l’époque, de comment est le système éducatif en belgique. Il me fait souvent rire, je le sens à l’aise, décontracté. Les serveurs qui passent écoutent la conversation d’une oreille, avec leur tablier sérieux, leur attitude rigide. On est à un café BCBège dans le genre. Ca doit faire bizarre de voir une petite black et un grand blond qui discutent de voyages en Egypte et de littérature anglaise. Et passionément.

Le temps est passé très vite. Trop vite. Il est déjà temps de se lever. Je remarque qu’il me demande si je veux un autre café, ou quoi que ce soit, je décline poliment et sourit. Il prend un second cappucino, éteind son cigare et nous voilà en route vers sa voiture. Il marche avec élégance. Il a les cheveux un peu long, à la Brice de Nice, mais ça fait très surfeur et très sexy pour quelqu’un qui est aussi charismatique. Il m’a dit qu’il était conseiller, financier ou je ne sais plus trop. On rejoint son 4×4 qui est garé dans une rue adjacente à une grande place. Il ira jusqu’à m’ouvrir la porte de la voiture et à la refermer derrière moi. C’est la première fois véritablement qu’un client le fait.

Dans la voiture, on discute de ses garçons, de l’avenir que les parents veulent que l’on ait et que l’on a, des clients que je recherche, que j’élimine, que je garde, que je revois souvent. Il me dit qu’en fait, il ne sait pas comment il devrait agir, qu’il ne sait pas comment faire, finalement, pour que j’ai envie de le revoir. Je lui dit qu’il faut qu’il soit naturel, tout simplement. Je le sens pensif. Dans ses mots même, il est trés évasif. C’est comme si il voulait me transmettre une idée, et n’avait pas les mots. Je connais ça. J’essaie de l’encourager à me dire ce qu’il veut – je réponds ici et là que je suis assez exclusive, que je recherche des hommes qui sont courtois, qui me font rire, qui me font me changer les idées. Je lui dit que ça ne m’intéresse pas de rencontrer quelqu’un qui ne rit jamais, qui ne me fait pas rire non plus, qui ne savent pas parler d’autre chose que de leur boulot. Je lui dit que oui, je revois des clients, que mon but à moi c’est de « construire » quelque chose, que le mot est mit pour dire que je ne cherche pas à voir quelqu’un une fois, et puis plus rien. Que je recherche le contact sur du plus ou moins long terme. Il me dit que c’est bizarre, à mon âge, d’avoir déjà des idées arrêtées sur certains sujets. Je lui demande s’il trouve que c’est bien ou mal. Il me dit que c’est selon.

Quand on atteind le lieu où l’on doit se séparer, je vois bien qu’il voudrait que l’on aille chez moi - mais non, je ne fais pas d’Incall. Je lui explique que j’ai des colocs, que je ne voudrai pas pour eux comme pour lui, que quelqu’un se sente à l’aise parce que d’uen manière il pénétrerai leur intimité – que mon intimité à moi, j’aimerai la partager avec lui, mais que je ne peux pas imposer la trace de sa présence aux autres. Il acquiesce silencieusement. Il me dit, comme ça, en cherchant ses mots, qu’il m’apprécie beaucoup, qu’il a adoré le moment qu’on vient de passer ensemble, que dès le contact téléphonique il avait su que j’étais quelqu’un d’agréable. J’ai sourit. Mais… Il y a un mais. Mais… En fait, pour lui, aller dans un hôtel, ça se résumerait à une vulgaire transaction, ça se rapporterait beaucoup trop grossièrement à de la prostitution. J’acquiesce à mon tour. Je dis désolée, mais sans ça, il n’est pas possible de se revoir. Il me dit qu’il voudrait me donner son vrai numéro, et que je n’hésite pas à le contacter, si par quelque chance, un jour, je reçois dans mon appartement. Je prends son numéro, je souris, je me penche vers lui pour lui faire la bise. Il me demande, alors, je te dois combien maintenant. Surprise, je lui dit qu’il ne me doit absolument rien, que je ne vois pas pourquoi il me paierait pour une rencontre aussi sympathique. Surpris, il dit ah bon. Je descends de la voiture et rentre à la maison. J’aurais voulu. J’aurais vraiment voulu que ça aille plus loin, découvrir comment sont ses gestes sous la couette (lents ? rapides?) s’il est plutôt du genre anal ou vaginal, s’il est plutôt du genre câlin… Je suis sûre que oui. Sur le chemin du retour, j’entends mes bottines frapper sur le macadam et la musique m’enchante.

Je recevrai un message vocal de lui dans la journée, disant qu’il aurait vraiment voulu aller plus loin et qu’il regrette que notre rencontre ce soit écourtée. Il ajoutait qu’il espérait que je ne perde pas son numéro, qu’il avait espoir que je le rappelle vite. J’ai dû écouter ce message dix fois, depuis. Ca m’a décidé à faire des incalls un jour.

Chacha regrette pour la première fois un client potentiel.

Publié dans:Coup de coeur, Mes peines, Non classé |on 2 décembre, 2007 |Pas de commentaires »
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