Meilleur espoir masculin.

T. m’appelle un de ces soirs où je m’imagine que rien ne se passera avant un petit bout de temps. Voix intéressante et séduisante, il sait ce qu’il veut, va droit au but (comme Trezeguet). On conclut assez rapidement un rendez-vous pour le jeudi prochain dans un hôtel dont je n’ai jamais entendu parler (enfin l’enseigne si, mais je ne savais pas qu’il y en avait un dans cette ville-là. Bref.)

Rendez-vous pris pour onze heure et demi. Je suis là à minuit. Le taximan est un mec plutôt costaud, type qui roule sans te faire la causette – et même quand il l’a fait, ça n’est rien de transcendant. Plutôt mignon, vu de dos. Il me manque une dizaine d’euros pour la course et je trouverais une excuse le lendemain pour le rappeler et ajouter une quinzaine d’euros à la course, comme pourboire. J’ai horreur d’avoir à faire ce genre de choses.

Dans la chambre.

T. est plus ou moins en caleçon, il y a la télé de l’hôtel qui diffuse en boucle des images de la ville qui font pensé à ce qu’on peut voir dans un office de tourisme. Cela avec un fond sonor qui ne sera jamais au top des ventes, si vous voulez mon humble avis. T. a un embonpoint, grisonnant, mais très doux. Il n’a rien de charmant, rien de repoussant non plus, et je suis plutôt soulagée d’être enfin avec quelqu’un avec qui je peux créer une connexion aussi physique que spirituelle. Il me sourit.

Je m’allonge près de lui, nous commençons à échanger quelques mots. Ce que je fais dans la vie, ce qu’il fait dans la sienne, pourquoi nous sommes là tous les deux. Je le trouve super très charmant, dans l’approche. Quand un homme prend ce temps, ces quelques minutes pour me parler et me découvrir, ça me touche toujours. C’est toujours mieux que ces espèces d’abruti qui me sautent dessus sans m’adresser un mot.

T. s’avance lentement mais surement vers moi. Je me laisse faire. Je pense à ma petite black qui viendra surement, si tout tourne mal et je me sens rassurée. Depuis que cet alter-ego existe, je suis moins stressée quant à ce à quoi je devrais penser et autres types d’issues que je devrais trouver si le plaisir n’est pas au rendez-vous… Au fait, j’ai décidé de l’appeler Kiesha. Ne me demandez pas pourquoi, hein. Je ne sais pas moi-même.

Ce qui est remarquable avec T., c’est qu’il est d’une douceur incroyable. Sa bouche a un gout délicieux… Ses doigts glissent sur moi… Il y a une alchimie énorme qui se crée et bien sûr, dans nos élans les plus physiques, la présence de Kiesha se fait sentir et j’irais même jusqu’à l’embrasser de mon propre chef et à inviter ses doigts à aller et venir en moi, encore plus vite, encore plus profondément. C’est fou comme cet homme-là sait réveiller la bête qui est en moi… D’habitude, je laisse faire, je participe un peu, j’agis comme mon partenaire voudrias que j’agisse, essayant de devancer ses désirs, de m’éxécuter à chacun de ses ordres, et toujours avec en tête cette obsession de l’accompagner jusqu’à ce que le fruit de son plaisir me recouvre… Chacha, arrête tes cochonneries. Ok, ok…

Entre-deux qui s’installe (Fab – oui je t’ai cité une troisième fois, t’imagines ? Pfff, les groupies je vous jure… – il appelle ça le « social time » et j’adore cette appellation. Malheureusement, comme je n’ai aps envie de lui reverser des royalties à chaque fois que j’userai de ces termes, je préfère ne pas en user.) Donc je disais, social time qui s’impose (ouais bon Fab’, t’es gentil, tu me fais un prix hein…) T. s’enquit tout de suite de savoir que j’ai froid et me met à l’aise, me prend dans ses bras, m’embrasse. Il m’avoue qu’il rencontre souvent des escort girls – ce qui me fait penser à cette catégorie d’hommes dont Kay parle dans son bouquin (c’est une référénce pour moi, ce bouquin :p) qui sont accro à la relation payée. Ca me fait sourire.

Très vite, l’échange devient intéressant. Il m’avoue que ce que pratique est assez déluré pour une fille de mon age, et comme je suis en train d’éclater de rires, il me dit que c’est vrai, après tout, je prend ce que je fais de façon assez cool et que ce n’est pas forcément ce à quoi on s’attend d’une escort girl. Il me parle de ces rendez-vous où, il se rend bien compte que la fille court après son argent et que lui dans sa tête il a qu’une envie, que ça s’arrête. Ces fois où il se dit « c’était nul… je ferais mieux d’arrêter » et puis quelques semaines après, le revoilà avec une autre fille. Il me dit qu’il sait que ce qu’il fait est nul, mais que d’un autre côté ça fait du bien et que si le but est vraiment de s’éclater, alors après tout, ça ne peut pas être si mal. Un autre sourire s’esquisse sur mes lèvres.

Je me sens juste bien, j’oublie complètement l’heure qu’il est. Tard, surement. Je me laisse aller, lui demande des questions de plus en plus intimes, des questions auxquelles il répond avec un éclat de rires. Ton fantasme le plus fou, je finis par demander. Il est pensif… Un fantasme gay !

Ouch.

C’est la première fois qu’un homme est aussi sincère avec moi et je trouve ça incroyablement touchant. Il me dit comme ça, t’as du remarqué que je suis « un peu sensible du derrière » (on éclate de rires), « hé ben je sais pas, j’aimerais bien avec un mec… pour voir. » Je hoche la tête. Je trouve ça incroyable qu’il m’ait dit ça, alors que finalement on ne se connait que depuis une poignées de minutes.

Pour tout vous dire, j’ai toujours pensé que les hommes qui aimaient plus ou moins les annulingus étaient plus ou moins des gays refoulés. Honnêtement, hein. J’avais discuté de ça avec mon super pote S., un mec assez déluré qui en fait est juste bi mais n’arrive pas à tenir une érection en présence d’une fille. En gros, il m’avait dit que dans un couple, un mec qui disait fermement qu’il n’était pas gay et pourtant acceptait que sa copine pratique l’annulingus sur lui, signifiait que le mec refoulait des fantasmes gays. Pour lui, la fille devenait la transition soft qui empêchait de penser à un mec, tout en sache que basiquement elle agissait comme l’autre mec dans un couple gay. J’ai pas mal hoché du chef, durant cette conversation, parce que je pense vraiment comme lui. Maintenant, je ne sais pas si tous les mecs qui ont des fantasmes doivent passer ou non à l’action. Je ne sais pas si tous les mecs qui adorent l’annulingus ont pour autant des fantasmes gays. Mais c’est vrai que ça prête à confusion.

Deuxième round qui s’approche… Noonnn… Vous savez, depuis que je suis passée « pro » (même si ce coup-là, c’est T. qui m’a remit une enveloppe au début du rendez-vous sans poser de question), je comprends de mieux en mieux les « courtisanes. » Les courtisanes dans tous les mondes (virtuels et réels) et de tous les horizons sont les escort girls les plus expérimentées et les plus chères. En fait, je me suis rappelée cet article que j’avais lu sur certaines d’entre elles, qui avouaient (enfin!) ne pas être des mordues du sexe et ne pas avoir que des clients cleans, et qui disaient que si elles avaient parfois des prix aussi exhorbitants, c’est parce qu’elles avaient ce qu’elles faisaient en horreur et que le fait de tarifier ces services le double de ce qu’ils valaient suivant les tarifs du marché, ça les aidaient à « supporter » ça. Par exemple, les maîtresses fétichistes qui n’aiment pas certains services, demandent le double pour les pratiquer. Ou encore, vous savez la jet-setteuse Lara que j’ai bloggé dans la rubrique « à noter » ? Peut-être qu’au fond, elle ne rencontre que des trous du schmoll et que c’est pour cela qu’elle peut demander autant pour seulement deux jours dans le mois. C’est pour cela que je ne supporterais pas de passer courtisane un jour. Je pense à ces femmes qui « tournent » à un à six mecs par jour, gagnent des sommes énormes, mais au fond, ont cet espèce de ras-le-bol de l’acte sexuel, ne sont plus que des cartes de crédits et des bouts de viandes pour chien-chien friqué. Je ne veux pas devenir ça. Les deuxième rounds ont de plus en plus tendance à me saouler pour être honnête avec vous et bien sûr, c’est l’une des règles de l’escorting, soit on dit clairement qu’il n’y a qu’un rapport par heure (auquel cas on s’expose à n’avoir aucun coup de fil), soit on invoque son alter-ego et on se laisse aller. J’ai choisi mon camp.

Le deuxième round n’était pas prévu, d’autant que j’avais la forte impression que cela faisait plus d’une heure que l’on était ensemble (malgré mon retard.) J’ai grillé que ça allait arriver quand T. a sorti de façon hypocrite, en remettant une mèche derrière mon oreille, « tu sais, il se fait tard… et puis des taxis, je pense pas qu’à cette heure-ci il y en ait des tonnes… je crois que je vais te ramener, ok ? » Je trouvais ça che-lou de chez che-lou. J’ai sourit timidement, remercié du bout des lèvres. Ca voulait tout simplement dire que j’étais coincé là jusqu’à ce qu’il décide de me ramener.

Deuxième round qui confirme qu’il est « sensible du drrière. » Enormément de caresse et de tendresse et de douceur. C’est très surprenant et très agréable à la fois. Je me laisse aller et cette fois-ci, avec plaisir.

Ce rendez-vous là était très sympathique. Petit moment de pur interêt et d’hypocrisie (le coup de « j’te ramène »), petit moment de confusion (le taxi que je n’ai pas payé assez), grand moment de complicité (le pseudo coming-out) et gros câlin. Et j’avais besoin de créer l’illusion de l’amour entre deux êtres, entre mon partenaire et moi et T. a su effacé les mauvais souvenirs des rendez-vous précédents.

Je ne pensais pas spécialement le revoir, j’avais un mince espoir et finalement, ça s’set fait. C’était hier soir – et c’était génial.

Chacha, toujours en train de rêver, jamais en train de bosser. La devise des rois de la glande.

Publié dans : Non classé |le 29 mars, 2008 |Pas de Commentaires »

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