Archive pour mars, 2008

Meilleur espoir masculin.

T. m’appelle un de ces soirs où je m’imagine que rien ne se passera avant un petit bout de temps. Voix intéressante et séduisante, il sait ce qu’il veut, va droit au but (comme Trezeguet). On conclut assez rapidement un rendez-vous pour le jeudi prochain dans un hôtel dont je n’ai jamais entendu parler (enfin l’enseigne si, mais je ne savais pas qu’il y en avait un dans cette ville-là. Bref.)

Rendez-vous pris pour onze heure et demi. Je suis là à minuit. Le taximan est un mec plutôt costaud, type qui roule sans te faire la causette – et même quand il l’a fait, ça n’est rien de transcendant. Plutôt mignon, vu de dos. Il me manque une dizaine d’euros pour la course et je trouverais une excuse le lendemain pour le rappeler et ajouter une quinzaine d’euros à la course, comme pourboire. J’ai horreur d’avoir à faire ce genre de choses.

Dans la chambre.

T. est plus ou moins en caleçon, il y a la télé de l’hôtel qui diffuse en boucle des images de la ville qui font pensé à ce qu’on peut voir dans un office de tourisme. Cela avec un fond sonor qui ne sera jamais au top des ventes, si vous voulez mon humble avis. T. a un embonpoint, grisonnant, mais très doux. Il n’a rien de charmant, rien de repoussant non plus, et je suis plutôt soulagée d’être enfin avec quelqu’un avec qui je peux créer une connexion aussi physique que spirituelle. Il me sourit.

Je m’allonge près de lui, nous commençons à échanger quelques mots. Ce que je fais dans la vie, ce qu’il fait dans la sienne, pourquoi nous sommes là tous les deux. Je le trouve super très charmant, dans l’approche. Quand un homme prend ce temps, ces quelques minutes pour me parler et me découvrir, ça me touche toujours. C’est toujours mieux que ces espèces d’abruti qui me sautent dessus sans m’adresser un mot.

T. s’avance lentement mais surement vers moi. Je me laisse faire. Je pense à ma petite black qui viendra surement, si tout tourne mal et je me sens rassurée. Depuis que cet alter-ego existe, je suis moins stressée quant à ce à quoi je devrais penser et autres types d’issues que je devrais trouver si le plaisir n’est pas au rendez-vous… Au fait, j’ai décidé de l’appeler Kiesha. Ne me demandez pas pourquoi, hein. Je ne sais pas moi-même.

Ce qui est remarquable avec T., c’est qu’il est d’une douceur incroyable. Sa bouche a un gout délicieux… Ses doigts glissent sur moi… Il y a une alchimie énorme qui se crée et bien sûr, dans nos élans les plus physiques, la présence de Kiesha se fait sentir et j’irais même jusqu’à l’embrasser de mon propre chef et à inviter ses doigts à aller et venir en moi, encore plus vite, encore plus profondément. C’est fou comme cet homme-là sait réveiller la bête qui est en moi… D’habitude, je laisse faire, je participe un peu, j’agis comme mon partenaire voudrias que j’agisse, essayant de devancer ses désirs, de m’éxécuter à chacun de ses ordres, et toujours avec en tête cette obsession de l’accompagner jusqu’à ce que le fruit de son plaisir me recouvre… Chacha, arrête tes cochonneries. Ok, ok…

Entre-deux qui s’installe (Fab – oui je t’ai cité une troisième fois, t’imagines ? Pfff, les groupies je vous jure… – il appelle ça le « social time » et j’adore cette appellation. Malheureusement, comme je n’ai aps envie de lui reverser des royalties à chaque fois que j’userai de ces termes, je préfère ne pas en user.) Donc je disais, social time qui s’impose (ouais bon Fab’, t’es gentil, tu me fais un prix hein…) T. s’enquit tout de suite de savoir que j’ai froid et me met à l’aise, me prend dans ses bras, m’embrasse. Il m’avoue qu’il rencontre souvent des escort girls – ce qui me fait penser à cette catégorie d’hommes dont Kay parle dans son bouquin (c’est une référénce pour moi, ce bouquin :p) qui sont accro à la relation payée. Ca me fait sourire.

Très vite, l’échange devient intéressant. Il m’avoue que ce que pratique est assez déluré pour une fille de mon age, et comme je suis en train d’éclater de rires, il me dit que c’est vrai, après tout, je prend ce que je fais de façon assez cool et que ce n’est pas forcément ce à quoi on s’attend d’une escort girl. Il me parle de ces rendez-vous où, il se rend bien compte que la fille court après son argent et que lui dans sa tête il a qu’une envie, que ça s’arrête. Ces fois où il se dit « c’était nul… je ferais mieux d’arrêter » et puis quelques semaines après, le revoilà avec une autre fille. Il me dit qu’il sait que ce qu’il fait est nul, mais que d’un autre côté ça fait du bien et que si le but est vraiment de s’éclater, alors après tout, ça ne peut pas être si mal. Un autre sourire s’esquisse sur mes lèvres.

Je me sens juste bien, j’oublie complètement l’heure qu’il est. Tard, surement. Je me laisse aller, lui demande des questions de plus en plus intimes, des questions auxquelles il répond avec un éclat de rires. Ton fantasme le plus fou, je finis par demander. Il est pensif… Un fantasme gay !

Ouch.

C’est la première fois qu’un homme est aussi sincère avec moi et je trouve ça incroyablement touchant. Il me dit comme ça, t’as du remarqué que je suis « un peu sensible du derrière » (on éclate de rires), « hé ben je sais pas, j’aimerais bien avec un mec… pour voir. » Je hoche la tête. Je trouve ça incroyable qu’il m’ait dit ça, alors que finalement on ne se connait que depuis une poignées de minutes.

Pour tout vous dire, j’ai toujours pensé que les hommes qui aimaient plus ou moins les annulingus étaient plus ou moins des gays refoulés. Honnêtement, hein. J’avais discuté de ça avec mon super pote S., un mec assez déluré qui en fait est juste bi mais n’arrive pas à tenir une érection en présence d’une fille. En gros, il m’avait dit que dans un couple, un mec qui disait fermement qu’il n’était pas gay et pourtant acceptait que sa copine pratique l’annulingus sur lui, signifiait que le mec refoulait des fantasmes gays. Pour lui, la fille devenait la transition soft qui empêchait de penser à un mec, tout en sache que basiquement elle agissait comme l’autre mec dans un couple gay. J’ai pas mal hoché du chef, durant cette conversation, parce que je pense vraiment comme lui. Maintenant, je ne sais pas si tous les mecs qui ont des fantasmes doivent passer ou non à l’action. Je ne sais pas si tous les mecs qui adorent l’annulingus ont pour autant des fantasmes gays. Mais c’est vrai que ça prête à confusion.

Deuxième round qui s’approche… Noonnn… Vous savez, depuis que je suis passée « pro » (même si ce coup-là, c’est T. qui m’a remit une enveloppe au début du rendez-vous sans poser de question), je comprends de mieux en mieux les « courtisanes. » Les courtisanes dans tous les mondes (virtuels et réels) et de tous les horizons sont les escort girls les plus expérimentées et les plus chères. En fait, je me suis rappelée cet article que j’avais lu sur certaines d’entre elles, qui avouaient (enfin!) ne pas être des mordues du sexe et ne pas avoir que des clients cleans, et qui disaient que si elles avaient parfois des prix aussi exhorbitants, c’est parce qu’elles avaient ce qu’elles faisaient en horreur et que le fait de tarifier ces services le double de ce qu’ils valaient suivant les tarifs du marché, ça les aidaient à « supporter » ça. Par exemple, les maîtresses fétichistes qui n’aiment pas certains services, demandent le double pour les pratiquer. Ou encore, vous savez la jet-setteuse Lara que j’ai bloggé dans la rubrique « à noter » ? Peut-être qu’au fond, elle ne rencontre que des trous du schmoll et que c’est pour cela qu’elle peut demander autant pour seulement deux jours dans le mois. C’est pour cela que je ne supporterais pas de passer courtisane un jour. Je pense à ces femmes qui « tournent » à un à six mecs par jour, gagnent des sommes énormes, mais au fond, ont cet espèce de ras-le-bol de l’acte sexuel, ne sont plus que des cartes de crédits et des bouts de viandes pour chien-chien friqué. Je ne veux pas devenir ça. Les deuxième rounds ont de plus en plus tendance à me saouler pour être honnête avec vous et bien sûr, c’est l’une des règles de l’escorting, soit on dit clairement qu’il n’y a qu’un rapport par heure (auquel cas on s’expose à n’avoir aucun coup de fil), soit on invoque son alter-ego et on se laisse aller. J’ai choisi mon camp.

Le deuxième round n’était pas prévu, d’autant que j’avais la forte impression que cela faisait plus d’une heure que l’on était ensemble (malgré mon retard.) J’ai grillé que ça allait arriver quand T. a sorti de façon hypocrite, en remettant une mèche derrière mon oreille, « tu sais, il se fait tard… et puis des taxis, je pense pas qu’à cette heure-ci il y en ait des tonnes… je crois que je vais te ramener, ok ? » Je trouvais ça che-lou de chez che-lou. J’ai sourit timidement, remercié du bout des lèvres. Ca voulait tout simplement dire que j’étais coincé là jusqu’à ce qu’il décide de me ramener.

Deuxième round qui confirme qu’il est « sensible du drrière. » Enormément de caresse et de tendresse et de douceur. C’est très surprenant et très agréable à la fois. Je me laisse aller et cette fois-ci, avec plaisir.

Ce rendez-vous là était très sympathique. Petit moment de pur interêt et d’hypocrisie (le coup de « j’te ramène »), petit moment de confusion (le taxi que je n’ai pas payé assez), grand moment de complicité (le pseudo coming-out) et gros câlin. Et j’avais besoin de créer l’illusion de l’amour entre deux êtres, entre mon partenaire et moi et T. a su effacé les mauvais souvenirs des rendez-vous précédents.

Je ne pensais pas spécialement le revoir, j’avais un mince espoir et finalement, ça s’set fait. C’était hier soir – et c’était génial.

Chacha, toujours en train de rêver, jamais en train de bosser. La devise des rois de la glande.

Publié dans:Non classé |on 29 mars, 2008 |Pas de commentaires »

Le squelette (ou la vérité sur les hommes minces)

Nan mais le titre est juste genre attrape-couillons dans le genre. Désolée si vous atterissez là. Il n’y aucune vérités sur qui que ce soit dans ce blog – ou alors, ce serait genre pas intentionel et tout ça. Vous croyez que je devrais faire un disclaimer type « tout ce que vous lirez est purement de la fiction » et tout le toutim ? C’est pas la question ? Ok, pigé.

Vous vous rappelez du rendez-vous que j’ai dû annulé après mon rendez-vous décevant avec J2 ? Hé bien j’avais déjà annulé un rendez-vous la veille (alors que j’avais rendez-vous avec M.) ce qui la foutait plutôt mal parce que annuler deux rendez-vous après en avoir confirmé un à moitié et l’autre totalement – et avec aplomb en plus – ça ne se fait tout simplement pas. Or, Chacha est douce, chacha est intelligente et surtout Chacha est polie.

J’ai donc pris mon téléphone et composé le numéro de G. Il a un nom italien mais très honnêtement pas d’accent spécial au téléphone. D’ailleurs la voix de mes contacts me déroute bien souvent. Les suaves sont des obèses. Les sirupeux des pervers. Les normal-bof des squelettes.

G. me dit donc pas de soucis-tout-ça, ça m’a fait suer mais c’est ok, j’apprécie que tu rappeles-tout-ça. Une semaine plus tard mon téléphone sonne, c’est lui (bien sûr vous aviez deviné, pas la peine de triompher, ça veut tout simplement dire que vous suivez l’histoire, pfff.) Il me dit qu’il voudrait booker pour le début de semaine prochaine. N’y voyant aucune objection, je lui dit que je serais ravie de le rencontrer et lui dit à très vite.

Quelques jours plus tard, me voilà partie dans un cache-cache sans nom dans la ville. G. m’a dit qu’il serait à l’hôtel M., or c’est justement l’hôtel où j’ai rencontré mon (client) « Favori » (J.) et de par le fait je connais très bien la route. Enfin, c’est ce que j’ai cru jusqu’à ce que je me perde un peu dans le dédale des rues, avec mon sens de l’orientation sévèrement mis à mal (enfin il n’a jamais été très brillant de toutes les façons, ce sens-là) et mes nerfs qui commençaient à sérieusement être tentés de faire une crise. Coup de fil. G. décide de passer me prendre. Nom de la rue donné, GPS mit en route, roues qui crissent. On dirait un film d’action et puis en fait, bah nan, c’est que ma vie.

Heureusement, c’est pas comme ça tous les jours.

Après beaucoup de pensées du style « putain ça va durer encore combien de temps ce manège! » et autres tentatives (ratées) de rester zen, le moteur de la caisse de G. s’avance, tel le carosse dans le conte de fées. Je monte, à moitié ravie d’être enfin avec lui, à moitié totale larguée de n’avoir plus de batteries, ni de crédit, ni l’envie d’aller plus loin. G. ouvre la bouche.

Non, je veux dire, G. ouvre la bouche.

Il a un cheveux sur la langue. (-__-)

Comprenez, j’adore les seveux (euh cheveux) sur la langue chez une femme, je trouve ça mignon tout plein et à la limite érotique (mouais faut voir – bon vous avez compris – je sais pas y’a bien des mecs qui aiment ça chez des femmes non ? Non ? Ok, je reprends où j’en étais.) Mais chez un homme, c’est anti-sexe à mort. Pour moi en tout cas. Je veux dire, vous voyez un mec canon au bar d’un café, vous vous approchez style je-vais-te-lâcher-mon-06 m’voyez, et tout à coup il ouvre la bouche et dit des « s » à la place des « ch. » En plus de ça il est chti (bienvenue Chacha – merci, je m’en serais bien passée.) En plus de ça il aime la course à pied et a été plutôt bien classé (attention ça casse pas des briques niveau classement mais c’est pas mal pour un amateur) aux dernières courses de Chépluou. En plus de ça il a une passion : les chiens (il a des rott’.) Glamour, vous avez dit glamour ? Vous vous êtes trompés de blog.

J’essaie quand même de le trouver charmant, un petit air machin, un petit truc comme-ci mais malgré mes tentatives de sauver la face, il y a je ne sais pas… Rien. Rien comme dans rien. Rien de chez rien. Tout simplement rien. Il y a un vide intersidérale, un gouffre abyssale qui nous sépare. Pourtant il n’est pas repoussant (malgré qu’il soit chti avec un cheveux sur la langue et qu’il adore ce truc entre jogging et marathon et qu’il a des chiens qui font flipper comme passion) – je veux dire, il a visage plutôt commun. Chacha, putain, essaie de trouver un truc, vite, viiiite. On est déjà dans l’ascenseur et il faut que je trouve un truc parce que sans truc, cette petite étincelle qui fait s’allumer la flamme des deux amants éphémères, prendre son pied est impossible. Or, je compte bien m’éclater. (Au fait, l’hôtel M., en fait, il y en a deux dans la ville, deux grands, le même nombre d’étoiles – quatre – mais à deux endroits différents de la ville. You-pi.)

Puisqu’on est là, entre nous et tout ça, je vais vous dire la vérité. J’ai horreur des hommes minces. Ouuuuuf – ça y est c’est dit, c’est fait. Je veux dire, pas les mecs qui rentreraient dans une certaine « norme », type pas musclé ni rondouillet mais juste-ce-qu’il-faut. Je parle des hommes « minces » genre très minces, squelettiques presque. Ils me font flipper. Ils me font penser à cet ado anorexique que j’avais cotoyé lors d’une hospitalisation et dont j’avais hérité du dessert (on m’a annoncé qu’il était anorexique APRES que j’ai mangé son dessert, ça va je suis pas totalement une garce non plus – quoi que – non vraiment pas, je ne suis pas une garce. Enfin je me soigne. Enfin bref.) Ils me font penser à ces types mal dans leurs peaux, célibs de longue date, incapable de se trouver une fille et d’être à la hauteur pour la garder pour ceux qui en trouvent. Aucun sex-appeal. Et pourtant, vous allez rire, 98% des types minces avec qui il y a eu « rapprochement sévère au-dessous de la ceinture » veulent dominer au pieu, adore les gorges profondes, se comportent mal envers la gente féminine, ont des fantasmes plutôt SM (ou carrément pervers.) La plupart du temps, il faut que je fasse un travail sur moi pour éradiquer de mes pensées tout ces préjugés que j’ai à propos des hommes très minces. Je veux dire – et si ça venait de moi ?

Peut-être que c’est parce que c’est ma vision de l’homme : un homme, un vrai, est un homme fort physiquement, donc logiquememnt je préfèrerai me taper un type un peu rondouillard (type M.) parce qu’il confirmerait ma vision de l’homme qui rassure, de l’homme qui gère, de l’homme quoi. Je me suis dit – et si c’était dans mes gênes, cette vision de l’homme ? Ok, je suis obsédée par l’idée d’avoir des bébés métisses (demandez à Fab’, il vous le dira – Fab je veux la même que la tienne, elle est TROP belle…), ok je suis globalement plus attirée par des caucasiens que des blacks mais n’empêche, cette image de l’homme fort, de l’homme musclé et tout ça, est-ce que c’est pas une vision africaine de l’homme ? Où l’on en viendrait au fait d’admettre que malgré ma réticence à avoir des visions « clichés » de l’Homme et de la société, il y a quand même quelque part en moi une façon génétique de voir les hommes, une vision africaine de l’Homme. Peut-être que c’est comme vous savez quand j’étais en CM2 (ouais ben je raconte ma vie, c’est pour ça qu’il est fait ce blog, nan ?) et qu’on devait faire un masque. J’avais choisi comme couleurs dominantes le violet et le jaune et la prof s’était extasiée en voyant le résultat « ça fait très masque africain avec ces couleurs, c’est joli ! » alors que je n’avais pas DU TOUT l’intention de faire un masque africain. J’avais souris timidement. Dix ans plus tard, on m’a dit qu’elle était raciste, elle avait probablement voulu dire « c’est bien de l’artisanat de chez toi, petite négresse », mais à l’époque le racisme n’était plus so-hype (j’ai l’impression d’être la voix off de Tout le Monde Déteste Chris.) En gros, comme toujours avec moi, cette réflexion sur ma vision de l’homme comme fatalement liée à l’image de l’homme noir est prouvée et infondée à la fois. Fais chier.

En bref, j’ai toujours quelques « trucs » pour arriver tout de même à surmonter mes préjugés et à prendre mon pied avec un homme mince. Par exemple, je peux les rapprocher de tel ou tel acteur plutôt beau-gosse à qui je penserais si nécessaire durant l’acte finale de notre histoire (l’écharpe rouge.) Ou bien j’essaie d’esquiver à tout prix l’acte finale et je me contente de garder le souvenir d’une charmante conversation (A., le pervers.) Ou bien alors il est carrément canon (C., le businessman.) Il y a des trucs, comme ça. Mais on est déjà à l’étage et p… de b… de m… je n’arrive pas à trouver quoi que soit pour créer une connexion, même superficielle avec G.

On s’allonge dans la chambre. L’atmosphère est humide. Il met la télé en marche et on se détend. Je grimpe sur le lit, m’allonge nonchalament, m’apprête aux questions habituelles, à la mise en bouche qui consiste à parler un peu. Je croise virtuellement les doigts pour que cette conversation réveille quelque chose en moi. Peut-être est-il un gros fan de Burning Spears ? Peut-être qu’il a des chaussettes porte-bonheur dont il aimerait me parler ? Peut-être que… Ah ouais non, même pas ? G. est déjà en train de glisser sa main – glaciale – sous mon bustier. Un peu de tenue, quand même, non ! Non. G. est juste parti dans son délire sans moi. Il est juste là, et je suis juste là. Deux objets en collision.

Je vous avais prévenu.

Il m’annonce que s’il est extrêmement mince (oh mon dieu – « cachez moi ces os seillants que je ne saurais voir ») c’est justement à cause des marathons qu’il fait. Mouaif. Il enlève son t-shirt en disant ça, ce qui me dégoute encore un peu plus. Un homme avec des poignées d’amour, c’set mignon, on bondit dessus, on les mord, on les empoigne quand on est dans nos chevauchées fantastiques, nos envolées physiques. Un homme maigre ne fait pas rêver. En tout cas, pas moi.

Ses mains glaciales me visitent. « Bonjour petits seins, comment allez vous ? – Cassez-vous, choses glaciales! » (dieu que j’aurai aimé que mes seins aient la capacité de parler…) J’essaie par tous les moyens de trouver un truc, une connexion, je sais pas, n’importe quoi. Mais non. Je reste juste là à subir l’assaut de son corps trop mince contre ma forteresse de désillusion et à part mon dégout qui se creuse avec le temps, rien ne se passe.

Bien sûr, en plus d’avoir à peu près tous les défauts du monde (dois-je rappeler qu’il est trop mince, qu’il a pour passion des chiens qui font flipper et tout le reste ?), il a très mauvaise haleine. Et pour la première fois depuis que je suis escort girl en service, je découvre un homme qui a une mauvaise hygiène personnelle (bon niveau premières-fois trash je sature, y’a pas genre un beau mec super baraque avec un compte en banque énorme qui a envie de m’appeler ? Non parce que là, honnêtement, j’ai donné.)

Son pénis n’est ni beau ni moche – bien que évidemment, sur le coup, je le trouve très moche dans l’ensemble (son corps, sa tête est « potable » – comment mes potes appellent ça, déjà, quand il s’agit d’une fille ?… Mmmm, une crevette. Ah non, chez une crevette le corps est potable, la tête ne passe pas. Donc ben G. c’est genre l’inverse du « principe » de la crevette, v’voyez.) Mais ses testicules sont genre… énormes. Genre le mec qui n’a pas eu de relatiosn sexuelles depuis pfffffouuuu. Quelque chose comme un bail. J’ai eu deux-trois clients dans le genre, mais ça ne m’a jamais vraiment dérangé ou choqué ou amusé. Je respectais leurs intimité et ce n’était pas des détails qui « servaient » mes posts. Or, ma rencontre avec G. comme vous pouvez le constater est juste une succession d’échecs.

Position peu confortable, au-dessus de G. Je me dis qu’au moins, si la connexion spirituelle n’est pas au rendez-vous, peut-être que la connexion physique elle… Tu parles. J’essaie de le regarder – il ferme les yeux. J’essaie de l’embrasser – il a une très mauvaise haleine. J’essaie de, je ne sais pas, prendre sur moi, essayer de penser à autre chose pour prendre mon pied – rien ne me vient. A un moment, je lui demande de me régler mes honoraires, « parce que dans le passé… », je commence. « Tu t’es déjà fait avoir ? », il finit, triomphant. Moi, vexée : « pas du tout, c’est simplement que j’oubliais. » Il glisse les billets dans ma main et je me sens un peu triste – à présent, je ne peux plus le nier, je suis passée dans la catégorie professionelle. Je ne suis plus l’escort girl gentillette qui rêvait de les rencontrer et peut-être de tomber amoureuse d’eux et tout le blabla – dans ce monde, si on te paie, tu passes sous la table ; si on ne te paie pas tu passes à l’as. Or je compte bien survivre. Fin bref.

A partir du moment où j’avais accepté ses billets, je savais que ça allait être l’enfer. Je n’arrivais même pas à partager quoi que ce soit avec lui. J’était juste son jouet – sorte de poupée gonflable parfum chocolat qui se mouvait comme il le souhaitait.

Bien sûr j’avais des feintes comme accélerer le processus de la fellation (vous savez quand vous allez super vite avec la main gauche et que pendant ce temps la langue se… ouais non, laissez tomber) mais il y avait toujours sa main immonde (trop mince et qui sentait la… sueur?) qui se rapprochait de mon visage pour me dire d’aller « plus doucement. » Il a prononcé cette phrase au moins dix fois. Pfff.

Je pensais à ce témoignage dans le bouquin de Kay, cette femme qui mettait un CD pour calculer la durée du rendez-vous et du coup savait quand c’était la fin. Moi, la fin, je ne la voyais pas venir. Je regardais la télé de temps en temps – devinait avec plus ou moins d’exactitude que 30 minutes s’étaient déjà écoulées, mais à part les programmes télé, rien de spécial ne m’indiquait que le temps passait. Je m’ennuyais ferme. C’était la première fois que sur la couette, c’était autant la cata.

Ses doigts maigrichons essayaient de me découvrir, je me dérobais, je feintais l’envie de vouloir poursuivre la fellation qui déjà durait depuis des plombes. Je soupirais en mon for intérieur. J’essayais de penser à autre chose – un truc, une échappatoire, un projet que je pourrais finir virtuellement. Rien ne me venait. Dans une chambre d’un hôtel quatre étoile, une escort girl s’abandonnait.

G. faisait l’amour (on appelle ça comme ça, avec un type pareil?) comme un gamin de 15 ans qui découvrait le sexe. On les met où les doigts ? Et on la met comment la capote ? Pfff, je suis accompagnatrice de charme en chef, moi, pas responsable de l’éducation sexuelle de ces messieurs. J’ai esquivé ses doigts autant que possible. J’ai plutôt bien réussi à ce jeu-là mais la contrepartie n’était guère meilleure. Les gorges profondes, ça va quand ça fait cinq ou six fois – le double, ça commence légèrement à me gonfler. A un moment, il a été question de capote. Mais je voyais bien que ça lui serrait (malgré que ça soit des préservatifs d’une taille honorable – enfin c’est ce que le paquet indiquait en tout cas et très honnêtement je ne le trouvais pas mieux foutu que J2) et vu que le risque était quand même énorme que ça craque, j’ai préféré la lui enlever. Je note que je lui ai passé deux préservatifs, donc, très logiquement, je lui demande de me rendre l’autre histoire que je le glisse dans mon sac. « Non tu ne m’en a pas donné d’autre. »

Inspiration, expiration.

Si il y un truc qui me gonfle c’est quand JE SAIS PERTINNEMENT ce que j’ai fait et que par PUR INTERET on essaie de me faire croire que je n’ai pas fait ce qu’il faut. Qu’est-ce qu’il croyait, que je ne savais pas gérer mon stock de préservatif ? Franchement ? Bref, reprise de la même position qui commence sacrément à me fatiguer. Mon cerveau est en mode off, mon corps en mode off, ma libido en mode off. Niveau désastre, G. en connait un rayon. Ne me demandez pas son numéro, je l’ai jeté. Mais si un jour je fais un top cinq des boulets que j’ai jamais rencontrez, il risque d’avoir la première place. Ah nan je vous assure, c’est un bon.

Dix minutes plus tard, G. veut remettre le couvert. Bouche bée je reste l’instant de cinq secondes. Il extirpe derrière un oreiller la seconde capote que je lui avait passé. Je savais qu’il y aurait une autre tentative – et je savais que quelque part je n’y échapperait pas. Mais honnêtement à quoi ça lui a servit de me mentir en me disant qu’il n’y avait pas d’autre capotes ? Ca peut paraitre rien du tout, un détail, une broutille, une pécadille. Mais croyez-moi, pour moi, ça signifie beaucoup.

Je suis là, je m’évertue à trouver un truc avec lui, à établir un contact, une connexion, à faire flotter dans l’air la magie des amants qui se trouvent et se découvrent, qui s’enflamment et se dévorent pour quelques minutes. Or, ce connard, cet abruti, cet empaffé de première était en train de me mentir. Comment voulez-vous créer un contact avec quelqu’un qui a en tête de vous baiser et uniquement de vous baiser ? Comment après ce coup bas essayer encore de créer quoi que ce soit ?

On était à la je ne sais-combientième minute du match et après n’avoir marqué aucun point, niveau attaque mais plutôt bonne niveau défensif, j’ai décidé de déclarer forfait. Je ne le regardais plus, je ne le touchais plus, j’étais ailleurs. Tandis qu’il me pénétrait, je ne ressentais rien – rien, le néant.

Est-ce que je me sentais sale ? Cette homme avait une odeur insupportable de sueur. Il n’y avait rien d’attirant chez lui. Je lui avait demandé la monnaie de ma pièce sans même penser à déguerpir parce que cet argent, je le voulais. Je l’avais déjà dépensé dans ma tête et de toutes les façons il n’y avait pas d’autre issue. Est-ce que j’étais au fur et à mesure, prise au piège, happée dans mon rôle dégradant et avilissant de prostituée de luxe ? Est-ce que j’étais ça, une poule de luxe qu’on entrainait dans un 4 étoiles et qu’on sautait, qu’on sautait sans état d’ame contre quelques billets ? Je ne me sentais pas sale. J’avais oui, l’impression d’être une poule de luxe (je ne dis pas « pute », je trouve ça vulgaire et déplacé et insultant.) J’avais demandé pour la première fois à un type de me payer alors que je n’avais même pas envie de lui et que même si mon instinct ne hurlait rien cette fois-ci, déjà dans la voiture je pressentais que ça n’allait pas être top. Est-ce que je dois ressortir cette bonne vieille excuse prétextant que j’avais envie d’aller au-delà des préjugés ? Et pourtant c’est vrai, je voulais aller au-delà des préjugés. Mais j’étais aussi appelée par l’argent. Aveuglée ? non. J’étais consciente de ce que je fasais. J’avais mal évalué la situation. Je ne pensais pas qu’il serait si nul au pieu et si exigeant et qu’il n’y aurait pas moyen de me « connecter » à lui, de nous évader ensemble.

Alors que je sens la faille, je tente de m’y faufiller. Je mime la jouissance proche et bien sûr, il vient. Je ne me douche même pas j’ai juste envie de me barrer. Dans l’ascenseur, il parle de tout et de rien. Je n’écoute pas, je regarde juste mon visage éprouvée dans la glace. Fellation de trois plombes (une heure et quart) et pénétration peu impressionante (un quart d’heure montre en main.) Je suis fatiguée. Quand je suis reconnectée avec le monde je l’entends dire « ah non mais tu imagines ? Ils m’ont dit « vous pourriez un peu mieux vous habiller ! Alors que moi tu vois, je suis sapé comme ça tous les jours. » Je regarde ses fringues d’accro du trekking. Futal vert kaki, veste en faux cuir, lunettes d’intello. Physiquement il ressemble à E. C’est marrant au pieu c’est pareil – sauf que l’un n’arrive pas à tenir une érection. Remarquez, j’aime autant. Je soupire. « Ouais », je dis en guise de réponse.

Je repense à ce qu’il m’a dit – qu’il bosse pour une boite dans la sécurité, type qui met des caméras partout et des chiens pour la surveillance. Il m’a dit dans la voiture « ils m’ont saoulé pour que je vienne et blablabla ». Quelle modestie, vraiment.

Devant l’immeuble.

G. se penche vers moi, me fait la bise. « J’espère te voir bientôt. C’était sympa. » Attendez… LA BISE ? Devant l’hôtel ? Je crois que je suis en train de rêver…

Pince-toi, pince-toi.

Non, je ne rêve pas. Il ne feinte pas – il est très très con. Il y a un gus dans un utilitaire garé devant qui s’arrête de triffouiller des cartons pour nous regarder. En plus j’imagine qu’il y a une caméra qui filme ce qui se passe DEVANT l’immeuble. Et en plus, il ne me propose même pas de me ramener chez moi alors qu’il est près de dix heures et que je suis à minimum une heure de l’apparte ?

Je le regarde s’éloigner, sourit dit « oui c’était sympa, on se reverra », histoire de jouer la carte de la fille qui en fait adore tester les mecs un soir et décider si elle les revoit après – fille libérée, quoi. En réalité au fond je suis furax.

J’ai dévoré deux sandwichs, pris un bus spécial et pas un taxi, malgré que l’envie soit grande. Vous croyez qu’avec cette occupation vous gagnez de l’argent facilement ? Relisez bien ce post. Et le post d’avant. Et les posts d’avants. Vous le gagnez rapidement, mais c’est loin, très loin d’être facile. Maintenant que j’en ai pris conscience, je ne claque plus mes billets dans des taxis à la con. Mes pieds sont bien aussi. Les bus fonctionnent.

En utilisant le bus, je suis passée dans ce quartier de la ville que j’ai fréquenté toute mon enfance – ou au moins, une grande partie. Et devant ce bâtiment avec ces sigles étranges, qui m’appellaient. C’était le bâtiment de la boite qui avait engagé G. Avec la vue des lettres de la société sont revenus les souvenirs de G. J’ai mordu dans un sandwich, j’ai oublié.

Fab m’a écrit l’autre jour « tu deviens une escort girl tarifiée à l’heure, avec tout le dégout de ce qu’elle fait. » Et c’est vrai. Maintenant, est-ce que je trouve ça bien, est-ce que je trouve ça mal, est-ce que je peux continuer comme ça ? Je ne trouve pas ça bien, mais j’ai compris que je ne pouvais plus me permettre de rencontrer comme ça, au hasard. Bien sûr si ce type je l’avais rencontré au préalable autour d’un café je pense très honnêtement que comme A.-le-pervers je ne l’aurais jamais revu (remarquez l’autre type mince-là, avec ses pattes de grenouilles qui me faisait penser à Satre niveau du visage… v’voyez ? Le crapaud, voilà. Bah malgré l’entrevue peu prometteuse j’ai été plus loin, donc ça ne veut rien dire.) Ce n’est pas « mal » non plus, dans le sens où j’ai essayée comme une dingue de créer quelque chose avec lui et c’est son égoisme patent qui nous empêcher de communiquer. De par le fait, je ne me sens pas comme une prostituée. Mais mon éthique est sérieusement mise à mal.

J’ai pensé et pensé et encore pensé. J’ai même dit que j’allais arrêter mais bien sûr que non je ne peux pas arrêter – vite Chacha, trouve trois bonnes raisons. Mmm. D’abord, j’ai des clients que j’adore (type J2), ensuite il faut que j’ai assez pour mon future apparte (je mettrai une grosse pancarte sur la porte avec marqué « liberté ») et enfin il faut que j’épargne histoire que pendant quelques temps je puisse enfin me consacrer à ce que j’appelerai « l’expérience interdite. » Et voir si ça me rapporte assez – ou non.

Bref, tout ça m’a laissé encore pleine de reflexions pour la suite… Et la suite, croyez moi, c’est-de-la-bombe-bébé.

Chacha, qui avait trop la flegme pour faire une fin avec une morale potable. De toutes les façons, tout le monde s’en tape (dieu merci.)

Publié dans:Non classé |on 24 mars, 2008 |10 Commentaires »

Tu quoque, mi Jiji !

Le lendemain de mon rendez-vous avec M., très tôt le matin, j’avais rendez-vous avec mon VIP, mon chouchou à moi, mon semi-suggar daddy, J2.

Pour ceux qui connaissent l’histoire, J2 c’est le number one dans ma liste de clients. Il est toujours prévenant, un peu foufou, c’est mon client fétiche – et fétichiste. Vous savez, c’est celui qui adore les mini-jupes (très mini), les talons et j’allais le découvrir, les foulards qui attachent. Symbolique des menottes, sans doute.

 Vous savez, je ne suis pas seulement la fille trop capricieuse et trop chieuse sur les bords – je suis également une grosse feignasse. Or, je m’étais couchée à minuit, endormie à une heure après l’une de mes plus grosses soirées niveau escorting et j’avais rendez-vous… six heures plus tard avec J2, ce qui me laissait exactement cinq heures de sommeil. Cinq heures de sommeil, vous imaginez ? Nan, vous imaginez pas. Du coup, évidemment, j’ai laissé mon réveil sonner et je me suis ramené à l’heure habituel (vers dix heures) au rendez-vous. J2 fulmine mais reste chou, il a une surprise pour moi.

« Reste en jupe, ma chérie. »

Ok… De toutes les façons, j’ai aps tellement le choix. Mini-jupe, talons, top avec décolleté. Me voilà à présent un foulard me couvrant les yeux et un autre me maintenant les mains dans le dos, plaquée contre le mur froid. Au début, j’adorais vraiment tout ces jeux de rôles, tant que c’était gentillet. Maintenant, ça tourne au peu au… malsain. Ou au ridicule. Je ne savais plus trop. J2 me caressait, passait ses doigts sur moi, glissait ses doigts en moi… « Tu aimes ça, hein? », il sussurait dans mes oreilles. Je hochais la tête, ravie qu’il ne puisse découvrir le mépris que j’avais pour toute cette scène, le ridicule que je trouvais dans ce jeu de rôle trop cliché. Il a finit par glisser ses doigts derrière et devant, et derrière et devant… Et ses doigts se rapprochaient soudainement de ma bouche. Je veux dire… QUOI ? Je ne veux pas goûter à ce qui se rapproche de près ou de loin à mon derrière. J’ai profité de quand il est parti dans la salle de bain (j’ai horreur des chambres des hôtels cheaps mais je viens quand même parce que j’aime bien J2 – d’ailleurs, je n’ai jamais rencontré que J2 dans un hôtel cheap.) pour baver sur les murs… Une sorte de mini-rejet de ce qu’il avait essayé de me faire lécher…

D’ailleurs, une chose. J’ai HORREUR quand un homme te pénètre derrière PUIS devant. C’est IMMONDE. C’est DEGUELASSE. C’est ANTI-SEX à mort ! Quand un homme te pénètre devant et finit derrière UNE FOIS, ça va. Mais quand EN PLUS il essaie de te faire lécher ce qui se passe dans ce petit trou que nous appelons communément un anus, ça m’écoeure. J’ai des clients qui adorent les annulingus, vous voyez ? Je n’ai rien contre les annulingus. Je les pratique, ça m’arrive, mais comme j’ai horreur de ça, je ne vais jamais en « profondeur », je le fais quand je sais que ça plait à quelqu’un. Mais vous voyez, je ne me permet pas d’embrasser un client après un annulingus ! Il y aurait peut-être des hommes que ça ne dérangerait pas, mais ça m’étonnerais VACHEMENT que la majorité soit à ce point « open. » J2 était simplement en train de me prendre pour une… pute. Une pute, qui se laisse faire, lèche ce qu’on lui dit de lécher et ferme sa bouche. Le truc, c’est que s’il m’avait demandé ET s’il avait écouté mes gémissement de protestations et les mouvements de ma tête, il aurait su qu’il n’aurait jamais dû faire ça. Et ce con, il a continué.

Il revient dans la chambre. Il m’allonge sur le lit, me pénètre en profondeur. Un doigt, puis deux. Non, non, pas trois… PAS TROIS ! Je n’ai aps envie d’avoir un vagin qui peut accueillir une courgette plus tard (j’ai entendu que des femmes passaient leurs temps à se mettre des courgettes dans… ah nan mais vous imaginez le truc ? Arf, ce post est cru, mais pardon, c’est ce qui me passe dans la tête parfois, v’voyez.) Je secoue la tête, dit « non, juste deux… » à J2 qui enfin m’écoute. Pas trois. Oufff. J2 continue comme un bourrin, tout de même. Ses doigts vont de plus en plus vite en moi et ça me dégoute, ça me fait penser à la veille quand M. enfonçait ses doigts boudinés en moi comme si j’étais une grotte inexplorée qu’il fallait absolument piller. Ca me brule. Ca m’énerve. Mais quel con, mais quel con ! Il est en train de glisser ses doigts derrière PUIS devant ! J’ai envie de hurler arrête, je me contente de manifester mon mécontentement en bougeant dans tous les sens. Evidemment, l’abruti ne comprends rien.

Finalement, il m’enlève le foulard autour des yeux et le foulard autour des mains. Je m’agenouille devant lui et puis… je ne vous fait pas un dessin, vous connaissez la suite ? J2 est très bien fait. Long juste ce qu’il faut. Large plus qu’il ne faut. Son membre a un gout que j’adore. Et son liquide séminal est un régal pour mon palais. Ok, j’arrête. Mais ce n’est pas mon VIP pour rien… Faire des gorges profondes à J2 est presque impossible sans que je risque l’étouffement. J2 est du genre à me tenir la tête, à me donner des ordres, à me mumurer des choses crues. Très honnêtement, pendant que tout cela se fait, le cynisme m’envahit. Ma bouche dit « mmm c’est bonnn… » et ma tête dit « oh oui c’est bon… bon, quand est-ce que c’est finit ? » Et quand le cynisme m’envahit, c’est très mauvais signe.

Viens le moment de la pénétration… Autant J2 est un délice quand il s’agit de fellation, autant sur le plan horizontal, c’est pas top. Je ne me suis pas remis de l’espèce de traumatisme que mon vagin a subit après l’assaut de ses doigts immonde beaucoup trop profondément en moi. Et la douceur, merde ? Et la douceur ? Elle n’est pas dans la pièce…

Quelques gémissement plus tard, J2 est totalement en moi. J’ai mal. J’ai extrêment mal. J’ai envie d’être ailleurs et qu’il arrête d’être en moi et d’aller et venir en moi. Je repense aux autres fois où j’ai ressenti ça et je me demande ce que je fous encore dans une chambre avec lui. Ok, J2 est adorable sur le plan communication mais sur le plan physique, ce n’est qu’un fétichiste bourrin et égoïste. L’attitude des hommes dans la vie de tous les jours et dans leurs vies sexuelles est parfois antithétique. Et J2 en est l’exemple flagrant.

C’est pour ça, que j’arrive en retard tout le temps. Parce que je sais qu’il va fantasmer sur la « punition » qu’il va me donner, qu’il va me faire le supplier de me pardonner, qu’il ne va pas tenir compte quand je lui dirait d’arrêter parce que j’ai vraiment mal, parce qu’il s’imaginera que je suis en train de jouer. C’est mon corps qui vient à reculons à ces rendez-vous et mon esprit qui en a marre de subir les assauts de ses délires fétichistes. Ca me gave.

Il m’ordonne  de lui dire que j’ai envie qu’il vienne dans ma bouche. Je lui dit que j’ai envie qu’il vienne dans ma bouche. Il m’ordonne de le supplier pour obtenir son pardon. Je le supplie pour obtenir son pardon. Je vois son visage se crisper, il me pénètre très vite, j’ai mal, ça me brûle… Il s’arrête… Il ne veut pas jouir tout de suite… Son visage grimace, il transpire, transformé par l’effort… Finalement, après moult supplications il viendra dans ma bouche. Cette fois-là, je n’ai accepté qu’un dixième de son liquide séminal et l’ai recraché dans les secondes suivantes.

Au-dessus du lavabo.

Ce qui est énorme quand on est une escort girl, c’est qu’après chaque « performance » on doit faire face à un miroir. Un miroir sournois, au-dessus du lavabo, au-dessus d’un bureau, derrière la porte d’entrée. Parfois, ils sont partout. Souvent, j’aimerais qu’ils soient au-dessus du lit – mais bien sûr il n’y en n’a jamais (si je me marie un jour, dans notre période de couple sans enfants, je demanderais à mon mari de mettre une glace énorme au-dessus du lit. Ah et des caméras. Ah et des webcams. Ah et… mouais non, le mari idéal est sensé dire non à tout ça. Faut que je fasse ça avec un fuck buddy, dans le genre. Je note.) En tout cas, le plus dur, c’est de se regarder après. Après, il y a les trace de l’effort (les perles de sueuer, le liquide séminal au bord des lèvres ou ailleurs parfois, les yeux pétillants ou ternes, la moue générale qui traduit ou l’excitation ou la tristesse. Pour moi, c’est la tristesse.)

Il y a quelque chose dans mon reflet qui me dit qu’il ne faut plus que je revois J2. J2, mon chouchou, mon bébé, mon client à moi. J2 me détruit. Ses délires sont trop hard pour moi et ce qu’il m’a fait sans me demander (essayer de me faire lécher ses doigts après qu’ils aient pénétré mon anus, me pénétrer indifféremment avec le même préservatif plusieurs fois devant puis derrière, en sachant que par conséquent ce qui était derrière était en contact avec ce qui était devant… DEGUEU!), toutes ces choses, ça a achevé de me dégouter de lui. Je me rince le visage, essaie de sourire, m’essuie en vitesse.

Retour dans la chambre. J’ai tout sauf envie de me blottir contre lui. Je m’avance quand même. Soupir. Même conversation qu’il y a quelques semaines. Deux-trois blâmes, à propos de moi qui ne rappelle jamais, de moi qui n’envoie jamais de messages, de moi qui arrive toujours avec des heures de retard aux rendez-vous. A part ça, on papote machisme et compagnie. En fait, je n’arrive pas à réellement m’épanouir dans cette relation. On ne peut pas parler d’autre chose que de machisme, de son boulot, de mes projets, de ce qu’on fera la prochaine fois. Je le sens aigri. Il ne voit plus la pseudo-générosité que j’ai de passer deux fois plus de temps avec lui pour le même tarif (j’ai même passé près de huit heures avec lui pour le tarif d’une heure, une fois) – non, il voit juste mes retards (par rappor tà l’heure à laquelle il s’IMAGINE que je dois arriver – mais compte tenu de mon tarif horaire, j’arrive tout à fait à l’heure et même un peu trop à l’avance), il voit juste que je ne répond pas à ses mails, il voit juste que ne l’appelle jamais. Ca me fatigue.

Il est temps de se quitter. J2 est habillé devant la porte, m’envoie des baisers de la main. Je suis allongée, presque nue sous la couette, j’attrape ses faux baisers. Il me dit comme ça « hep, je te mets ça ici ? » Je hoche la tête en voyant la liasse de billets, ferme les yeux, fait mine de m’endormir. Quand je réouvre les yeux, il est au-dessus de mon sac. Il me regarde : « non mais je suis bête, je t’ai mit des papiers avec ! » Il range les dit papiers dans la poche intérieure de sa veste.

 Prise de douche, re-maquillage, clin d’oeil à Chacha dans la glace. Je m’habille lentement, attrape mon sac, farfouille, compte les billets… Un, deux, trois… Erm, je dois me tromper. Un, deux, trois…

Vous ne devinerez jamais.

J2 m’a volé. J2 n’a pas donné ce qu’il me devait, de près de cinquante euro. Je me suis dit « il a oublié ! simplement ! comme J., la dernière fois ! » Non. Je n’ai vu J. que deux fois dans ma vie et il a probablement oublié mes tarifs horaires. J2, je le vois tous les mois depuis près de quatre ou cinq mois. Il n’a pas oublié. Les fameux papiers, c’était la cinquantaine d’euros qu’il a repris dans sa veste.

C’était un peu la fin du monde pour moi. Parce que quelque part, je ne savais pas vraiment comment ça se faisait tout ça. Peut-etre qu’il avait un espèce d’énorme péage à payer. Ou peut-etre que ça l’avait vraiment rendu furax que je ne sois pas arrivée à l’heure (selon lui. En fait J2 s’imagine toujours que je vais me pointer à 7h du mat et repartir à environ 12h… et tout ça, en me payant pour l’équivalent d’une heure. Vous voyez le tableau ? Qu’il devienne exigeant après toutes ces fois où je n’ai pas bronché et j’ai d’ailleurs apprécié de passer des heures avec lui pour seulement une heure, ça me débecte.) C’était bizarre. Le monde n’était plus pareil. Mon client fétiche me volait. Mon corps me brûlait et hurlait à la mort. Du sang coulait un peu entre mes jambes – témoin du côté bourrin de J2. Alors c’était ça.

Alors c’était ça, être une escort girl sympathique. Trop bonne, trop c… bon, c’est pas avec ce genre de phrases qu’on avance. En attendant, que mon client VIP me fasse ce coup-là, ça m’a calmé.

De toutes les façons, dès les premières minutes du rendez-vous, je savais que je ne reverrais pas J2. J’était trop déçue. Disons que tout cela ne faisait que participer de mon dégout, cette fin sordide et malhonnête de l’amant mal-aimé. Cette relation ne m’apportait plus rien.

On s’est échangé des mails quelques jours plus tard. Je ne lui ait jamais dit que je ne voulais plus le revoir, mais il m’a comprit. Il m’a dit « si un jour tu veux qu’on se revoit, tu sais comment me contacter. Sinon… Sinon tant pis. » Dans sa voix, il y avait à la fois de la tristesse et de la colère, du desespoir et de la rage. J’étais juste là, loin de lui. Avec mon corps meurtri.

Il m’avait fait mal – très mal. Après mon rendez-vous de la veille qui avait été aussi physique, je n’en pouvais plus d’enchainer les rendez-vous. J’ai annulé celui que je devais avoir avec ce type, G. (un nom italien) le même jour. J’étais trop mal.

Dans ce monde, vos amis sont vos meilleurs ennemis, vos repères des mirages. On ne peut pas tellement se confier. Le plus dire, comme l’a dit cette courtisane dans une interview, c’est de se donner complètement plusieurs heures et puis de devoir reconstruire la relation à chaque nouveau rendez-vous.

Physiquement, je me suis reposée, je me suis soignée, j’ai guérit. Mais les blessures de l’âmes, alors ? Les blessures de l’âme, c’est donc ça. Les blessures de l’âme, elles mettent du temps et il faut vivre avec l’idée que peut-être elles ne se fermeront jamais.

Ca fait plusieurs semaines et je me demande encore aujourd’hui, si je ne devrais pas appeler J2 et lui dire posément ce pourquoi il m’a décu, ce pourquoi je trainais les pieds pour aller à nos rendez-vous et tout ça, et tout ça ?

Et puis à quoi bon ?

A quoi bon… Je n’aime pas quitter quelqu’un sans lui avoir dit ce que je pensais et sans lui avoir dit aurevoir. Je sais ce que ça fait. Or, j’évite de faire à mon prochain ce que je n’aimerais pas (ou plutôt que je n’ai pas aimé) qu’on me fasse. C’est décidé, je le rappellerais. La vraie question est… quand ?

Chacha, entre ciel et terre.

Publié dans:Non classé |on 19 mars, 2008 |1 Commentaire »

Sans nom (la suite, que diable)

Malheureusement nous y voilà.

Un pas devant l’autre. Un pas devant l’autre. Chacha, avance, bon sang de bonsoir, ou bien il va voir que tu n’es pas super jouasse d’être là ! Sourire forcé, la main qui se crispe sur la poignée de la porte, mon coeur qui bat à tout rompre. Je pense aux billets. Je pense aux tonnes de choses que je pourrais faire après cette soirée. Je pense qu’il suffira simplement que mon coeur ne soit pas dans cette pièce. Déjà, je regrette d’être là.

La chambre fait plutôt office de suite. Une sorte de studio au design simple, à l’allure de séjour courte-durée pour l’étudiant en stage, le practicien en séminaire, le commercial en vadrouille. Je pose mes affaires sur le bureau surmonté d’une énorme glace qui reflète le lit. Chouette. J’ai toujours rêvé de me matter en faisant l’amour (en fait je n’aurais même pas ce plaisir vu que sur le plan de la distance, la glace était méga-loin, quand même. Et j’aurais pas pu me regarder (nous regarder?) sans me faire griller. Trop dommage…)

M. est avenant. On parle cinq-six minutes. Je sais qu’il ne me reste que quelques heures à passer avec lui, mais je voudrias déjà être loin. Je m’allong sur le lit, me déshabille sensuellement. Il s’approche, glisse sa main sous mon corset et sourit. Il m’embrasse.

Ouch.

M. a mauvaise haleine. C’est pas insupportable comme truc – mais merde, c’est peut-être la première fois en plusieurs mois « d’expérience » si je puis dire qu’un homme a mauvaise haleine lorsqu’il m’embrasse. Inspiration. Expiration. J’essaie d’éviter ses lèvres, mais évidemment, il en redemande. Je ne le repousse pas. Je me contente juste de ne pas respirer en même temps que lui (ce qui est plus facile à dire qu’à faire, croyez-moi bien !) Je pense au café qu’on a pris et je remercie cette manie que j’ai depuis que je suis une escort girl en service de porter à la bouche dans les minutes vide des chewings et autres bonbons sans sucres qui rendent l’haleine. Je ne fais pas de pub, mais vive les Ricola.

Après quelques minutes de gesticulations et autres tendresses qui commencent à être mécaniques pour l’escort girl plus ou moins rôdée que je suis, n’est-ce pas, M. vient dans ma bouche. Je crois que c’était plus ou moins la première fois qu’on lui faisait des gorges profondes, parce qu’il n’arrêtait pas de gémir et de faire des commentaires qui me faisaient me demander à l’intérieur de moi « et si on écoutait, merde? moins fort… » (arf l’escort girl qui se soucie du bien-être des voisins… C’est tout moi ça, v’voyez…) Je finis par me rincer la bouche dans la salle de bain. Et merde. J’ai oublié ma brosse à dent (vous ne vous imaginez pas, mais pour moi c’est pas loin d’être le drame, vu la colgate-addict que je suis. Boaf je m’en suis remis.)

Retour dans la chambre. Je compte les minutes dans ma tête. Je farfouille dans mon sac, attrape un deuxième bonbon non sucré à la menthe. Mmmmm.

Entre-deux qui s’installe avec M. Il me demande si j’ai bien réfléchit à sa proposition, si j’aimerais qu’il prenne des photos nues de moi. Je me rappelle alors de son site et de ses modèles – mon dieu, certaines étaient tellement moches (-_-) ! Arf, c’est méchant je sais, mais croyez moi, c’est la vérité. Vous pouvez dire que je suis moche si ça vous plait, mais au fond je sais que vous m’adorez. Ne dites pas le contraire.

Bref, j’ai hoché la tête, j’ai dit merci (pour la proposition et tout ça) – mais non merci. Il a haussé les épaules – ça m’a plus ou moins fait plaisir que ça ne le vexe pas. On parle de tout et de rien. De la conjoncture économique. De notre président. De la politique actuelle. M. est le genre de type avec qui je pourrais discuter pendant des heures et dont chaque minute de la conversation m’enrichirait. Il me sort des petites blagues, rien de très hilarant mais dans le contexte, ça me faisait sourire. C’était un échange charmant. Et puis petit à petit, il effleurait ma peau avec ses doigts, sa bouche – sa mauvaise haleine – se rapprochait à nouveau de la mienne, sa main glissait et glissait encore, fleurtait avec mon épiderme, mes seins puis mes fesses, mes jambes puis ce que d’aucuns appellent les voies du paradis…

Ce round-là fut le plus bizarre de ma vie.

Comprenez… Le deuxième round est généralement très… Très plan-plan. Je pense à autre chose. Je simule. Je grimace. Je réagis et interagit à la manière dont j’imagine que mon partenaire veut me voir me mouvoir (arf j’adore cette phrase, je vais la relire dix fois.) Mais là… J’en pouvais plus d’être là. M. et sa mauvais haleine. Mon bonbon qui allait se finir sous peu. Ses doigts qui me pénétrait de plus en plus profondément, et mon corps, mon corps incontrolable, mon corps esclave de son désir. J’étais bloqué.

Je n’avais pas d’issue. Mon esprit ne pouvait pas s’en aller de la pièce. Non, je suis trop cérébrale comme fille, je ne peux tout simplement pas penser que je suis ailleurs que là où mon corps est. J’étais au prise au piège. Mes pensées étaient condamnées à vagabonder entre ces murs, mon corps ressentait avec un plaisir que je ne pouvais repousser l’assaut de ses doigts avides de plaisir. Tout à coup, quelque chose à changé en moi.

Je savais !

Je savais… Je n’était pas Chacha. Je n’était pas une escort girl qui ne pensait qu’aux sous qu’elle allait engranger. J’était une wannabe assisante de direction, une petite black ambitieuse, qui avait finit par céder aux avances de son patron, et qui aimait se faire prendre dans tout les sens, dans tous les côtés, qui aimait se faire b… pour gagner en grade. J’était une petite coch… qui cédait aux avances de son patron, en sachant qu’en le satisfaisant elle aurait une jolie prime à la fin de la partie de jambes en l’air…. C’était donc ça !

A partir du moment où j’était cette fille. Ni mon vrai-moi. Ni Chacha. Juste cette petite black ambitieuse – à partir de ce moment-là, disais-je, tout a changé. J’ai enfin pu jouir comme il se devait. Même le corps de cet homme avec son embonpoint immonde ne me gênait plus. Il n’était pas immonde son embonpoint. Il était mignon. C’était mon patron. Mon boss. L’homme qui pouvait me faire ce qu’il voulait parce qu’il allait me promouvoir à la fin de ce test. Voilà. On était dans un film, un scénario, j’était une acrice du porno, on jouait. On jouait, voilà tout.

M. vient dans ma bouche quelque dizaine de minutes plus tard qui malgré ce dédoublement (détriplement?) de personnalité, m’ont tout de même paru longues. Je me rince la bouche. J’hésite à avaler. Encore des fellations, toujours plus profondes, toujours plus longues. La montre mentale sonne. Tic tac. Tic tac. Au signal, il ne restera qu’une heure.

Tiens bon, ma vieille.

Retour dans le lit, sourire voilé. M. est aux anges – vraiment, il adore les gorges profondes. Vraiment, je les fais très bien. Vraiment, c’est très profond. Je souris, évite de soupirer. J’ai tellement envie de me c… Je me lève, marche de façon sexy et provocatrice jusqu’à mon sac – l’ex-PA deuxième du nom adorait quand je faisais ça - et attrape un troisième bonbon. (J’imagine qu’une escort trash s’envoit des petites cuites avec un flacon de sky’ entre chaque service. Je dis ça, je dis rien. Le goût de l’alcool me dégoute assez vite. Je me la joue juste glam, quand ça me prend, en buvant plus ou moins trois coupes de champagne. Mais vraiment, l’alcool, c’est genre pas mon truc.)

Nouveau moment câlin. M. est très doux. La conversation repart sur plein de choses, il me fait rire, nous poursuivons les conversations que nous avons eut plus tôt. Bientôt, c’est le silence complet. On n’entends pas une mouche voler… Mais M. ronfler, parcontre, oui. Boaf. Je trouve pas ça spécialement marrant ou spécialement honteux quand quelqu’un ronfle. Je me suis juste dit « oufff la bonne aubaine… laisse le roupiller une heure et vive la liberté ! » Bien sûr, au bout d’un quart d’heure, l’entendre pioncer – en sachant que j’était comme coincé dans ses bras – m’a gonflé. J’ai un peu bougé, il s’est réveillé.

Putain, ça me gonfle.

Ca me gonflait d’être là, avec ce type qui était loin d’être un Apollon, qui avait mauvaise haleine et qui me ronflait dans l’oreille. J’aurais voulu avoir le don de téléportation à l’autre bout de la terre. J’aurais voulu être n’importe où, sauf dans un pieu, coincé dans les bras de ce type. Non mais vous y croyez vous ? Chacha… Bon. J’avais tout sauf envie de remettre le couvert. Il se rapprochait de moi, avec ses baisers immondes, ses mains immondes qui me caressait. Je l’ai repoussé gentiment « non mais… j’ai envie de… mmm… rentrer chez moi. »

Chacha, faut pas rêver.

Bien sûr que non, j’allais pas rentrer chez moi. Il l’avait payé cher, cette soirée. Il m’a un peu calmé, pris dans ses bras – je me suis laissée faire. J’ai même pensé à ces arguments que j’ai confronté aux miens. C’est une de mes plus grosses soirées niveau rentrée d’argent, certes. Mais niveau argent, c’est aussi  une de ses plus grosses pertes à lui. Putain. Je suis beaucoup trop sage pour faire ce boulot. Sage, euh ? Disons honnête avec le sens des affaires et tout ça. Je préfererais être une fille totalement jetée qui dirait « nan mais coco, c’est finit là, hép hép, regard le timing, au top ça fera 3 heures alors cassos. » Et evidemment, je suis pas comme ça.

Troisième round qui s’installe tant bien que mal. Devant l’enjeu économique, d’une part comme de l’autre, je finis par me laisser faire. J’incarne à nouveau la petite black ambitieuse. Je devrais donner un nom à ce personnage que mon inconscient à soudainement créer pou rne pas me faire péter un plomb… Mmmm faut que je matte les noms des actrices de porno black. Tina ? Naoma ? Kieisha ? Pfff je vois pas. Si vous avez une idée, faites moi signe. Je suis preneuse (et pas de mauvais jeu de mots avec ça, hein. Avec « preneuse ».)

Enfin, c’est la fin du rendez-vous. J’en avais marre. J’en avais vraiment très marre. Je voulais juste rentrer chez moi et je ne souhaitait absolument pas converser avec lui ou quoi que ce soit dans la genre. « Hep, attend, n’oublie pas ça, ça serait dommage. »

Du biiiif.

J’avais mon cash entre les doigts. J’ai compté vite fait. Le compte y était. Erm… J’ai dit que je ne voulais plus lui parler, moi ? Ah c’est bizarre, je ne m’en souviens pas…

C’est vrai que j’aurais pu oublié mine de rien. J’en avais tellement marre de faire des gorges profondes qui duraient trois heures… Pouah… Enfin libérée. Dernier bonbon à la bouche, sourire aux lèvres.

Nous reprenons cet ascensceur. Ouf, cette fois c’est pour descendre. Pour me réconforter quand ça m’arrive de ne pas avoir envie d’un homme, je pense à comment je me sentirais à la fin, à ce million de conneries que je vais pouvoir acheter grâce à tout le cash que je me ferais. En réalité, parfois ça aide, parfois non. Cette fois-ci, c’est cet alter-ego étrange et soudain qui m’a sauvé de la folie mentale. C’était fou quand j’y pense – c’est fou comme le corps humain réagit.

Peut-être que c’est une sorte d’auto-sauvetage ? Peut-etre que quand les émotions sont trop fortes, le corps se met à construire d’instinct une image ou un personnage basé sur des expériences vécues ou souhaitées, sur des fantasmes qui font que l’expérience vécue est moins brutale ? Je ne sais pas ce qui s’est passé ce jour-là. J’ai essayé de ne pas penser à ce Dieu auquel je crois, qui pourrait être derrière tout ça. Ce Dieu qui a selon moi toujours été là pour moi, qui a fait en sorte que je ne tombe jamais dans des situations trop malsaines, que ce jour-là je ne pète pas un plomb et que je sois encore maitresse de moi. Ce Dieu-là après tout… Peut-être qu’il est aussi le dieu des prostituées comme le dit le livre qui le célèbre ? En tout cas quand je pense à Lui, j’ai honte de ce que je fais. Mais bon. Je sais que si j’en suis là où je suis, solide comme je suis, fragile comme je suis, bornée et docile… C’est grâce à Lui.

Il y a du mystère dans tout ça. Peut-être est-ce le mécanique humain. Peut-être est-ce Dieu. Sûrement est-ce les deux.

En tout cas, mon avatar, la super-star du porno black et de l’épreuve sous-table m’a permit de ne pas virer totale maboule et fille crade qui se fait sauter sans rien ressentir, ou plutôt en ressentant le malaise à chaque minute…

M. m’a rappelé. C’est carrément ouf. Il m’a rappelé parce qu’il voudrait remettre ça. Le même tarif. Le même lieu. Il a vraiment, vraiment, vraiment adoré. Arf – je ne pensais pas qu’il rappelerait. Mais bon, ça ne me dérange pas.

Chacha, toujours partante quand il s’agit de cash. Surtout que depuis que mon nouvel avatar est né, je m’éclate sous la couette…

Publié dans:Non classé |on 16 mars, 2008 |4 Commentaires »

Sans nom.

Je suis pas d’humeur à faire des titres (et pourtant je compte pas le nombre de fois où j’ai souris bêtement dans la journée. Bon ok, je suis hyper-lunatique.)

Un vendredi soir, pelotonnée sous ma couette, mon portable sonne. Je reconnais le numéro (l’écran affiche « M44photos ») et je me rappelle que le type m’a déjà appelé quelques semaines voir quelques mois plus tôt, qu’il m’avait expliqué qu’il faisait des photos comme une passion et puis bah qu’il a 44 ans.

D’ailleurs, c’est hallucinant les pseudos que je donne aux mecs qui appellent ou qui lâchent des textos – en regardant mon répertoire ça me fait toujours tripper : ici « pauv’type » (sûrement parce que le gus m’a demandé si je pratiquais ou non la sodomie par… texto…arf, le boulet) ; là « botrocher » (un gus qui m’a dit qu’il était hyper beau et tout ça et qui a déchanté quand après avoir consulté mes tarifs en live au téléphone il a réalisé que malgré son incroyable charme je ne négociais pas mes tarifs) ; ici encore « Jéres65id45non »… euh ça, je me rappelle pas. Mais ça veut sûrement dire un truc, hein.

 Ca fait déjà une demi-heure qu’on papote et M. m’apprends qu’il a apprécié mes mails, parce que selon lui, « c’est un critère de savoir faire une phrase avec sujet, verbe, compliments. » Je fronce du sourcils, je ne me rappelle pas du tout d’un gus s’appelant M. avec qui j’ai échangé des mails, même si la plupart de ceux que j’écris n’ont jamais de réponses ou bien des réponses inattendues (voire un de mes posts précédents. Précédent-précédent, dans le genre. Ca doit faire un bail que j’ai écrit ça. Fin bref.)

Chacha, redresse-toi. Je sais pas si vous avez remarqué mais on se tiens toujours voûté devant l’écran, quand on tape. J’ai comme une hantise d’avoir une scoliose, à cause des trucs trop horribles qu’on t’apprends sur ça au CM2. Ah et puis aussi de ce gus que j’avais vu au Marché quand j’étais gamine – il était mmm… voûté en deux. Il avait pt’être travaillé depuis le CM2 lui-aussi. Fin tout ça pour dire quoi déjà ? Ah oui.

Je fais donc part de mon doute à M. qui me confirme que je ne suis pas tout à fait folle : en réalité, il a prit un nom et un prénom différent quand il m’a envoyé ces mails. Il préférait être comme qui dirait incognito. Moi : « mmm, ok. » Mmm ok comme dans « non mais attends je rêve ». Ou alors mmm ok comme dans « mouais bon, ça ira pour cette fois. » Je crois que c’était un peu des deux. Quoi qu’il en soit, M. et moi partons dans une discussion folklorique sur les racines du reggae et tous ces groupes qu’il adore. Boaf j’en connais vaguement deux-trois (j’imagine que c’est une question de génération, hein – et puis aussi il a l’air beaucoup plus pointu que moi en manière de musique reggae et de rock anglais), j’acquisce pendant cinq bonnes minutes, rajoute mon grain de sel, il me donne même le lien vers son site de photos amateur. Site que je note mentalement et me promet d’aller checker. Il est un peu géné, quand il me le donne, parce que ben comme c’est hébergé par un serveur plus ou moins connu, il a été plus ou moins forcé de nommer le site avec son vrai nom. S’il savait comme je m’en tape. Je lui dit ok, sans soucis.

Ca fait bientôt une heure qu’on est au téléphone et je sens un bon feeling entre nous, c’est carrément sympa de chatter avec ce mec que je connais à peine, et puis ben s’il a un peu triché sur son identité, c’est pas super super grave. Il me dit qu’il s’offre un petit cadeau de temps en temps, qu’en début de semaine il a du temps pour se faire plaisir et comme il est tombé sur mon site web il voudrait que l’on se rencontre. Je la joue fille habituée, je dis que je ne fais pas ça très souvent mais que quand ça arrive c’est toujours des soirées très sympa etc. Je lui demande ce qu’il penserait de booker trois heures, parce que c’est ce que je fais d’habitude (je sais à force de mentir aussi éffrontément, je finirais en enfer). Il est ok, et quand je lui dis mon tarif, il balbutie un peu, négocie du bout des lèvres. Il n’a prévu qu’un budget de quelques dizaines d’euro inférieur à ce que je réclame d’habitude. On raccroche en se promettant de se contacter bientôt.

Lundi soir, dans la voiture. M. a une caisse assez classe, très je-bosse-dans-la-finance mais rien de snobinard (j’en ai tellement rien à taper des modèles et des prix des voitures mais généralement j’arrive à noter le côté classe/pas classe – après c’est pas la voiture qui compte tellement tellement. Mais j’avoue que ça compte un peu, que même. Surtout après ma petite histoire avec C.) M. n’est pas hyper attirant comme type. Il a un embonpoint, il a un style vestimentaire d’hommes d’affaire mais… une veste en cuir. Il fait très mec-qui-fume-et-qui-clope mais ouf, il ne pue pas la clope. Il me dit qu’il a réussit à réserver dans cet hotel type appart’hotel et que si je veux on peut aller boire un verre pas loin. Je dis ok, allons-y.

Hum. L’appart’hotel n’est pas loin du tout de la fac. En clair, je passerais devant tous les jours, si j’allais tous les jours à la fac. Evidemment dans le bar, c’est plutôt étudiant comme clientèle. J’ai envie de rentrer sous terre. Je me dis « arf non… » mais j’avance quand même. Je suis sapée super chic, donc je peux toujours passer pour une fille super vieille avec un visage de bébé (y’a plein de blacks comme ça. Fin je dis ça, je dis rien. C’est peut-être juste des exceptions que je connais mais bon plein d’exceptions ça fait pas mal quand même.) Je commande mon irremplaçable cappucino et lui un café tout simple (note pour moi-même : homme pas exigeant?) Un jour faudra que j’écrive un article intitulé « l’addition, ou comment démasquer les habitudes sexuelles d’un homme suivant  sa commande au restaurant du coin. » Nan mais je vise pas non plus le Prix Nobel.

On parle un peu de tout. De l’Afrique, de son job, de pourquoi je suis devenue escort girl. J’aime bien sa façon de penser, mais malgré tout ça, je n’arrête pas de penser qu’il va « falloir » que je couche avec cet homme. Je suis prise au piège. Intellectuellement, M. est très proche du type d’hommes que j’aime, ouvert, très tolérant (plus que moi même, pff, ça m’a vexé.) Mais physiquement tout de même… Même si c’était une des plus grosses soirées que j’ai jamais faite niveau cash, y’avait quand même un truc qui me donnait pas tant que ça envie de rester. Je sens les regards d’un groupe d’étudiantes qui veulent faire comme si elles ne nous regardaient pas, je ne note rien de spécial dans la façon dont on nous sers mais globalement je suis très mal à l’aise. C’est exactement pour ça que je ne pourrais pas être étudiante et escort girl. Parce que je veux rencontrer tous mes clients avant d’aller plus loin. Or, si j’avais été étudiante et que je m’étais pointé à la fac le lendemain, ça aurait un peu jasé, nan ?Après on peut dire que toutle monde s’en fout, mais la parano aurait atteint son paroxysme pour moi.

Après notre petit verre, M. me propose de « monter. » Je hoche du chef. Il me tiens la porte, deviens un peu nerveux mais arrive à me donner le change. En passant devant un groupe d’étudiants on parle de la matière la plus naturelle qui soit d’un sujet qui était probablement barbant au possible – juste pour faire comme si rien de spécial n’allait se passer entre les deux protagonistes.

Le voyage en ascenseur me parait interminable et pourtant ça ne dure que quelques minutes. Il ne me tarde pas d’être dans la chambre.

[A Suivre. A venir : Tu quoque, mi J2 ; Le Squelette ; Le Dernier Jour ; Pourquoi je suis devenue Escort Girl (comment devenir Escort Girl) ]

Publié dans:Non classé |on 7 mars, 2008 |6 Commentaires »

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