Archive pour février, 2008

L’homme qui m’a redonné le sourire.

Il s’appelle G. Au téléphone il m’explique qu’il a envie que l’on se découvre très vite et on convient d’un bar en centre-ville. Je suis encore au téléphone avec toi (voire « l’écharpe rouge ») lorsque je l’aperçois et raccroche à la va-vite.

On s’installe dans le bar. Ca me fait bizarre, parce que je ne connais pas ce café, il fait très bourgeois dans l’ensemble. Il y a les couples dans un coin, les collègues d’un bureau (d’avocats ou d’expertise comptable) dans un autre, les serveurs sont des vieux garçons de café avec tenue traditionnelle. J’espère que notre couple ne casse pas trop l’ambiance et décide de prendre place dans un coin reculé à deux-trois tables du reste du monde. Il y a dans l’air une atmosphère de luxe, les lumières sont tamisées, le tout est très relaxant et très charmant. G. me sourit et nous entamons la discussion.

« Alors cet amphi est toujours à la bonne place ? » G. a suivit le même cursus universitaire que moi, une dizaine d’années plus tôt. On discute réformes universitaires et on discute sec – selon lui, très peu d’enseignants font autre chose que de photocopier les cours années après années et du coup perdent cette gniac d’apprendre. Et c’est vrai. Enfin, mon opinion… On en vient à parler de ce roman qu’il est en train d’écrire, une intrigue policière qui se déroule dans la ville. Il écrit quatre heures par jour. Non, il n’a pas fait de schéma actantiel avant de se lancer dans l’écriture – d’ailleurs, c’est de la connerie tout ça. Mon cappucino arrive (je ne boirais jamais rien d’autre dans un café et pour rien au monde – enfin sauf si y’a genre plus du tout de cappucino dans le reste du monde, je serais bien forcée…) et la conversation s’intensifie. Cela fait bientôt une heure et demi que nous sommes ensemble et G. évoque l’idée, l’éventualité, que l’on puisse partir 8 jours ensemble si tout se passe bien après notre rendez-vous. Il dit ça du bout des lèvres, c’est presque un secret. Je regarde dans le vide, hoche la tête, me dit surtout que j’attends le premier rendez-vous. G. est aussi pensif que moi.

Physiquement, il fait très stéréotypé, on dirait l’exact caricature du mec dans la finance : un peu chauve, avec une mèche de cheveux qui se balade à droite et à gauche suivant la façon dont il bouge la tête, habillé en costard-sans-cravate pour paraître décontract’, niveau écriture il s’y connaît et c’est surtout de cela dont on s’est entretenu. Je suis carrément abasourdie d’être avec quelqu’un qui aura prochainement son livre dans les kiosques de ma ville et j’imagine que ça pourrait être un bon modèle, si, d’aventure, tout irait bien entre nous. Je n’ose alors pas me prononcer, attend la suite des évènements en hochant la tête, les épaules, en souriant tour à tour face à ses questions et suggestions.

Nous sortons du café. G. se rapproche de moi, attrape mon bras, me demande quel type de restaurant j’aime. Mmmm. Italien, africain… J’aime ce qui est relevé (quand en réalité ce n’est pas tout à fait vrai.) Il suggère que nous nous retrouvions le lendemain soir dans un restaurant après quoi nous irons chez lui. J’acquiesce. Dans la voiture on parle de tout et de rien, je lui confie ces mots que j’avais réservé pour le blog, avant que toutes ces pannes de coeur m’arrive : « je trouve ça sain de tomber amoureuse de mes clients. » En réalité, c’était la première et dernière fois que je prononçais ces mots car lorsqu’un homme sait qu’il peut tirer avantage de vous, il ne se gênera pas – enfin, en règle général.

Le lendemain, G. rappelle. Finalement il préfèrerait que l’on se voit directement chez lui, c’est lui qui fera à dîner – un repas italien – et puis on verra la suite des évènements. Je dis ok, à plus tard. Il passe me prendre dans la soirée.

Dans la voiture, G. pose les conditions très clairement : il a lu en long, en large et en travers mon site web et est près à suivre mes recommandations à la lettre. Grosso modo, il va me couvrir de compliments et de marque d’attention, je serais « la reine » dans son appartement, il faut absolument que je sois à l’aise. Dans ma tête ça fait : woah. J’ai regardé dernièrement les statistiques de visite de mon site web (celui que j’ai crée moi-même) et chaque visiteur lit en moyenne 1,5 pages des 6 présentées (autant dire tout de suite la présentation générale et les honoraires…) Or, G. semble avoir lu ma rubrique « étiquette », ce qui n’est pas pour me déplaîre. Il me fait du baise-main, me dit que je suis jolie, en rajoute encore un peu sur ma fraîcheur, mon intelligence, le fait que j’ai une personnalité « exceptionnelle »… Je tourne la tête et lève les yeux aux ciels. « Tu n’es pas forcé de me faire des compliments, tu sais… », je murmure. Il met sa main sur ma cuisse et me dit que non, pour lui c’est naturel, ça vient du coeur.

On arrive chez lui. Je m’attendais très franchement à un appartement style Louis je-ne-sais-combien dans un quartier huppé, mais non, c’est dans une résidence tout à fait acceptable avec parking à l’extérieur. Avant que l’on descende de la voiture il me dit « à partir de maintenant tu es chez toi ! » Je souris.

L’appartement est confortable. Il y a de la moquette épaisse (celles où vous mettez votre pied et vous avez l’impression qu’il disparait dans le tissu… arf, terrible), des meubles anciens (quant à eux du style Louis je-ne-sais-combien), une bibliothèque impressionante avec des collections prestigieuses. Bien sûr, les livres sont en majorité de Hugo, l’auteur fétiche de G. Je me sens bien, là. Je me rappelle que G. m’a proposé de faire un jeu de rôle ce soir : je serais la wannabe assistante de direction dans un grosse boîte qui doit se décider entre moi et une autre fille. Or ce poste je le veux, je le veux, je le veux. Enfin je dois passer l’épreuve sous-table, si vous voyez ce que je veux dire… En tout cas, moi je vois !

Il me fait faire un tour du propriétaire. La cuisine – traditionnelle. Le côté bureau – basique mais confortable. Le salon – plutôt bourgeois. Les toilettes – sans commentaires mais je dois avouer qu’on dirait les toilettes dans les suites des hôtels qui ont plusieurs étoiles, ce qui est assez marrant quand on pense que je suis dans un appartement comme un autre. Bref. La salle de bain – petite et mignone. La chambre numéro 1. Là, très théâtralement, G. m’annonce que si je décide de rester avec lui un de ces quatre, ce sera ma chambre à moi. Un peu comme dans toutes ces séries TV, je me suis imaginée qui avait dormit là. Sa fille, sa soeur, sa mère ? Quand on me refile une chambre, je suis toujours un peu parano. S’cusez. Je me contente de hocher du chef en souriant. La chambre numéro 2, la sienne, ordonnée avec des couleurs pastelles.

Je m’assois sur le canapé, il me donne l’ordre de faire ce que je veux (ce qui n’est pas totalement un ordre si on va par là mais je ne vais pas par là donc laissons tomber, ok ?) Je m’assois sur un fauteuil, laisse mes jambes pendre sur un bras, ce qui révèle les bas que je porte. Je jette des coups d’oeil furtif en direction de la cuisine, il a annoncé qu’il ramenait du champagne (arf j’adore le champe…) alors je fais bien gaffe à avoir l’air égaré bien que tout ce que j’espère c’est qu’en revenant dans la pièce il me découvre dans cette position lascive.

Il arrive avec un gros sourire aux lèvres. Il m’a prévenu dans la voiture que je peux lui poser les questions les plus indiscrètes qui’l soit sur sa vie. Or, ça peut paraître snobinard de dire ça, mais on m’a trop bien éduqué pour que je devienne indiscrète. Je ne fais pas (ou rarement) aux autres ce que je n’aimerai pas que l’on me fasse. Il y a un tableau accroché, je crois déceler la technique du pointillisme et nous voilà en train de discuter de Van Gogh, des cours d’art pla’, de sa tante qui était prof d’art pla’ à l’époque et puis des profs en général. On conclut que les profs d’arts et de sport sont à part entière dans le corps enseignant et que les profs d’arts sont généralement super cool. Je crois que sa tante n’est plus, mais je n’en parle pas, je me contente de faire des allusions sur un ton général, je veux le mettre à l’aise.

La conversation s’élargit, on discute arts, puis philosophie, puis littérature. Je lui parle de mes projets, de ma manie de vouloir bâtir et construire dix mille projets à la fois. Il me dit qu’en fait, selon lui, cela est propre aux personnes issues du même pays que moi… première nouvelle. C’est alors que je me rappelle que son ex a la même origine que moi et il en profite alors pour me raconter les fiesta locales, à quel point l’afrique est chaleureuse et aime les grosses fêtes et l’apparat. On commence à discuter de mes rapports avec mon paternel et je lui dit très clairement que de ce côté là tout va bien. Si ça n’allait pas, je ne serais pas avec lui… Fin, je ne pense pas. En tout cas tout est ok et j’espère qu’il ne va pas insinuer des choses fausses pour faire le pseudo-néo-psychologue. D’façon, j’ai rien à cacher.

Finalement je décide que j’ai faim, alors que ça fait probablement une heure et demi qu’on est affalés sur le canapé. Des pâtes un peu relevées avec du parmesan arrivent quelques minutes plus tard. On grignote des biscuits apéritifs à côté de ça. Ca me rapelle mon rencard avec E. et je dresse un profil de mes amants-éphémères : la quarante approchante ou avancé, sait faire à manger des plats basiques voir d’étudiant, a toujours des biscuits apéritif dans ses placards et du champagne pour les soirées arosées…! Bien sûr, je ne bois pas excessivement, bien qu’à un moment G. me dit « tu as les yeux qui brillent. » Moi, guillerette « euh, c’est pas le champe par hasard? » Il a secoué la tête, m’a dit que c’était mes traits qui étaient magnifiques, que ma peau était douce et jeune, que mes regards étaient invitant. J’ai toujours eu horreur des compliments. D’abord, parce que ça met mal à l’aise. Ensuite parce que par courtoisie tu es sensé en faire en retour. Enfin, parce qu’on m’a appris à être jugée sur mes actes, par sur la fraîcheur de ma peau qui dans dix ans ne sera plus d’actualité. Je souris et hausse les épaules, gênée.

En plein milieu du repas, la conversation devient intéressante. Je marche à quatre pattes de ma place jusqu’à la sienne et l’embrasse doucement. Il me demande si je veux toujours faire ce jeu de rôle et je secoue la tête lentement… « J’ai envie de toi maintenant…! » Il sourit, me prend la main et nous nous dirigeons vers la chambre numéro 1.

Là, G. m’aide à me déshabiller, me caresse, me fait des compliments sur les courbes de mon corps, déclare que je suis telle le stradivarius… Euh… C’est pas genre un tout petit peu exagéré ? Il me sourit, me regarde avec ce regard que je sais reconnaître maintenant chez un homme : le regard de l’homme qui attend tout de toi, qui est subjugué, charmé, enchanté. Celui qui compte bien prendre son pied… Et bien sûr, je suis celle qui compte bien lui faire prendre son pied !

Nue sur le lit, allongée sur le dos. G. casse l’ambiance avec une phrase-clichée : « tu es prête…? je vais te sucer à fond… » Umph… G. est entre mes jambes. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’a un peu refroidit qu’il dise le mot « sucer », ça sonne tellement, oui, vulgaire… Et puis c’est inapproprié. Enfin, c’est mon avis. En tout cas, ce genre de phrase sonne très pervers, très j’ai-pensé-toute-la-journée-à-cette-soirée et très je-regarde-des-films-pour-savoir-comment-je-vais-te-parler, très acteur porno dans un film de catégorie X (bah forcément.)

Je jouis une première fois. Il me confie qu’il veut me voir utiliser mes jouets, qu’il souhaite que je me fasse du bien devant lui avec mes toys. Je sors mon meilleur ami (arf, je dis toujours ça à mes clients cams, ça nous fait marrer…), une petite chose rose et sympathique, qui est là dans mes plus grands instants de solitude, héhé ! Je m’amuse comme une folle, oublie même un instant le contexte dasn lequel je suis. Il me sourit, glisse ses doigts dans ma bouche, écarte mes jambes, essaie de voir jusqu’où ça rentre, comment ça rentre. J’espère qu’il ne va pas se mettre à triturer mon meilleur ami parce qu’en général les hommes font ça comme des sagouins et ça finit par me brûler. Dieu merci, il ne fait pas. Il reste là, contemplateur, dubitatif. Et puis il veut passer à l’action, lui aussi, avec ses doigts.

Ses doigts glissent en moi, frottent, piquent. Très vite la salive disparait et ses doigts me pénètrent de plus en plus vite, alors que je n’ai aucun lubrifiant – naturel ou non. Je pense au gel qui est dans mon sac mais que j’ai laissé à l’entrée. Les capotes aussi sont là-bas, mais je me demande si G. me pénètrera ce soir. On se calme un peu, après que j’ai jouit (ou plutôt fait semblant de jouir) une seconde fois. Il y a un truc d’ailleurs avec les orgasmes, avec les clients que je vois pour la première fois j’ai toujours tendance à faire semblant. C’est peut-être que spirituellement je m’interdis de jouir avec un homme que je ne suis pas sûre de revoir. Or, revoir un client signifie qu’il place sa confiance en moi et à ce moment-là je veux bien me laisser aller. Enfin ça marche comme ça avec la plupart des hommes -mais parfois je jouit malgré moi. Et c’est exquis.

Le silence s’installe. Je pense à l’heure, G. me la donne sans que je ne la lui ait demandé. Il est déjà onze heure ! Trois heures et demi qu’on est ensemble, alors que G. a booké pour deux heures… J’ai envie de rentrer, de t’appeler (voire l’écharpe rouge), j’espère que tu ne m’en veux pas trop d’être si loin… Finalement, G. guidera sa main vers son caleçon et trouvera ainsi les voies de son plaisir… Je l’ai observé quand il jouissait – comme j’observe quasiment tous les hommes que je rencontre. Ca faisait bizarre. On aurait dit – je ne sais pas, que ça lui faisait beaucoup de mal. Peut-être que c’est ça vieillir ? G. est le client le plus âgé que j’ai rencontré jusque là (il a la cinquantaine avancée.) Je trouve ça un peu triste, qu’il reste prostrée pendant de longues minutes, sans rien dire. Je me dirige dans la salle de bain, prend une douche rapide, me brosse les dents, et hop direction la voiture.

Après m’avoir innondé de compliments et de remerciements, G. me dit très clairement que c’est à moi de rappeler. Je hoche du chef et le remercie à mon tour. Il ne me dépose pas loin de chez moi.

Je ne sais pas si c’est parce qu’il avait mal compris mes honoraires ou si c’était conscient, mais il m’a donné une cinquantaine d’euros en plus que ce que je demande habituellement pour deux heures (bien qu’on soit resté près de quatre heures ensemble.)

Je l’ai rappelé la semaine dernière. Il a expliqué le mystère des « 8 jours » (je me demandais pourquoi 8 jours ? il y a une épidémie qui se prépare ou quoi?) Bref. Il m’a expliqué en gros que courant mai il compte louer une maison, un truc classe, qu’il souhaiterait que l’on reprenne un rendez-vous ensemble avant que je donne ma décision. Mmmm. Je lui demande s’il voit ça dans le cadre de l’escorting ou s’il met ça sur un rapport affectif ? Il balbutie, tourne autour du pot, je crois bien qu’il s’imagine que je vais aller dans une maison au bord de la mer 8 jours avec lui pour… que dalle. Erm, je suis gentille et tout ça, mais je ne suis pas la vierge Marie. Huit jours à rester 24 heures sur 24 avec un homme qui m’a rencontré rapport à l’escorting, sans être rémunérées…? Et pour quelles raisons ? Pour l’amour d’une belle maison ? Euh – faut arrêter l’alcool… Donc on est resté sur ce cafouillis verbal mais le jour il rappelle je compte bien lui faire comprendre que j’aime bien escorter et tout ça, mais si ce n’est que pour le côté agréable je peux aller voir ailleurs… Money, money, money… MONEY !

Chacha, quand elle chante, c’est la cataaaa…

Publié dans:Non classé |on 26 février, 2008 |2 Commentaires »

L’écharpe rouge (deuxième et dernière partie)

Tu n’es pas spécialement mon type de mec, je te trouve normal-beau (sur une échelle de moche à canon). Tu es très mince mais globalement tu es charmant. ON marche pendant quelques minutes. Mes talons claquent su rle macadam, je te raconte mon rendez-vous de la veille, tu m’envoies deux-trois vannes, tu es prolifique en matière de méchancetés et chacune de tes piques sonnent dans mes oreilles comme autant de « j’t'ai cassé » d’un Brice de Nice en pleine forme. Je boude.

Ta main glisse parfois autour de mes hanches. Tu me souris, tu me regardes franchement dans les yeux, tu m’aides à porter ce sac en plastique qui contient tous mes féminins (et même mon sac à main l’instant de cinq malheureuse minutes – j’espère que tu as apprécié !) J’ai surtout retenu quand tu m’as demandé si ça ne me saoulait pas trop de ne pas être en taxi, parce que selon toi et selon mes posts, je serais une fana de taxis. J’ai retenu ça parce qu’en sachant que je prends le bus tous les jours ça m’a fait froncé du sourcil. Je me suis demandé si tous les lecteurs du blog me percevaient comme une pauvre snobinarde ou si bien au contraire ils avaient compris que le taxi était lié à ma seconde vie. Fin bon. Je ne sais si tu as dit cela dans un sens ironique (« ça lui fera les pieds! ») ou par pure camaraderie. Je décide de ne pas y penser.

La journée se passe toute en douceur. On regarde quelques DVD, je me réchauffe contre toi. Je n’aime pas ton trois-quart noir et je n’aime pas tes chaussures mais j’adore ton jean et ton sweat. C’est vrai que tu fais plus jeune que l’âge annoncé mais je sais surtout que c’est un jour spécial pour toi. Tu me chouchoutes, tu es aux petits soins, tu ris en regardant les épisodes d’une de nos séries préférées et je ris avec toi. Je suis bien, là. C’est bon d’être dans tes bras. Je décide de faire abstraction totale de mes préjugés et je te regarde du coin de l’oeil, je guette tes mains, ton visage, ton sourire. JE craque pour ces lèvres. Et je succombe face à ce regard charmeur. Avec les minutes qui passent, je te trouve même un petit côté Romain Duris non négligeable puisque je suis carrément fan. J’en ai rêvé longtemps de tes doigts sur ma peau, de tes lèvres contre mes lèvres, du symbole absolu de ta virilité enfouie en moi, de mon corps brûlant chevauchant ton corps à toi, dans un accès de passion. Ton visage grimace, se déforme, se défait. Tu m’avoues dans un souffle que ça fait une semaine qu etu as envie de moi. Je te murmure que je suis à toi (et c’est la première fois que je murmure cela), je te supplie de me faire jouir.

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Je te regarde fixement fumer ton joint et bosser sur ce rapport de stage. J’ai envie de toi, encore, encore, encore. JE sais que tu dois bosser alors je me freine, j’évite de te sauter dans les bras et de me frotter contre toi mais j’ai littéralement envie de te bouffer. Tu m’inspires l’envie d’écrire alors j’écris un début de parodie de romans d’ados, un truc qui pourrait me servir de base plus tard, quand je me remettrai sérieusement à l’écriture. « Tu n’auras pas de mal à remplir ton blog », tu dis. Je secoue la tête. J’explique : « j’écris à l’instinct, mes doigts doivent se libérer sur le clavier comme les doigts du musicien sur le piano ; je ne pense pas écrire un jour quoi que ce soit sur toi et moi sur le blog. » Tu hoches du chef. Je suis heureuse, tu sais. Parce que dans mes instants de bonheur j’ai toujours su graver en moi une seconde de ces états de liesse. Et quelque part au fond de moi, je me rappelle de cette image. Tu es assis devant ton bureau, cigarette-qui-fait-rire à la main, ta tête oscille entre l’écran télévisé et l’écran de ton ordinateur, de temps en temps tu regardes vers moi avec ce froncement de sourcil qui traduit ton étonnement – tu te demandes sûrement ce que je fous, à te regarder comme ça. Je voulais juste te peindre au fond de mon coeur, je jamais oublier ce moment, garder un fragment de cette journée dans une partie de moi pour ne jamais l’oublier. Tu es beau dans ce souvenir, tu sais. Tu es chou. Et même archi-chou. RIen ne viendra jamais remplacer la place spéciale que tu as pris dans mon coeur.

« Chouchou, j’ai froid. »… »Chouchou, je veux un bisou. »… »Chouchou, je veux un câlin »… »Chouchou, je ne peux pas me nourrir, j’ai pas de bras ! »…. »Chouchou ? Je t’adore ! »

La nuit tombe (trop) rapidement. Tu m’as montré les photos de ta vie, photos qui m’ont rendu un peu plus accro à toi, tu m’as fait des petits bisous et d’énormes câlins, tu m’a fait l’amour et chose étrange, alors que j’ai horreur de cela chez tous les autres hommes que je connais, le goût de tabac froid sur tes lèvres à croquer ne me dérange pas plus que cela. On s’endort dans les bras l’un de l’autre. JE me réveille souvent. Je t’embrasse et je vois ton corps n’être plus qu’un grand frisson et je souris. Parfois, c’est toi qui vient tout contre moi, tu m’entoures de tes bras et tu poses ta tête contre ma poitrine et tu souris. Je voudrais que cet instant dure toujours, ne jamais te quitter. Et le téléphone sonne…

Petit-déjeuner rapide, je m’habille, tu m’expiques comment me rendre à la gare. Tu insistes pour que je porte cette écharpe rouge et je m’amuse à jouer les bourges (« Chéri, ça ne fait pas du tout ton sur toi ! » ; toi : « Mmmm je pense qu’à cette heure-ci tout le monde s’en fout ! ») Aujourd’hui je m’en veux de ne pas t’avoir tenu la main sur le trajet jusqu’à l’arrêt de bus. Tu me tends deux euros pour un ticket de bus (qui est comme un vestige de cette journée avec toi), on s’embrasse une dernière fois et te voilà parti et me voilà seule. Soupir.

Je croise ce type sur le chemin de la gare qui m’indique où acheter les billets. On discute cinq minutes, il a le phyisque d’un rugbyman, du genre qu’on trouve beau gosse après avoir fait deux-trois fiestas avec lui, fort sympathique au demeurant. Il glisse dans la conversation qu’il habite à quelques kilomètres de ma ville et nous échangeons un sourire de chauvins. Il va sur la capitale et em souhaite bonne chance pour la suite d’un hochement de tête entendu. Vingt minutes plus tard, me voilà dans le train.

Je t’envoies quelques texto et t’appelles dans la matinée. Je n’ose pas te dire à quel point je suis pressée de te parler ce soir, je ne sais pas si tu m’aimes toujours bien, j’ai peur de la suite. Mais je n’ai aucune raison de m’inquiéter, tu me dis qu’on se retrouvera sur la messagerie instantannée dès que tu sortiras du taf et puis qu’il faut que l’on s’appelle ce soir, comme d’habitude. Je suis soulagée. JE suis heureuse que tu ressentes la même chose que moi, tellement, tellement heureuse ! J’apelle ma best (la deuxième) et on squatte un fast food toute l’après-midi, à se faire draguer par des blacks (on est black toutes les deux.) Je lui parle de toi très vaguement, j’évoque juste à quel point ce week-end était fa-bu-leux, j’évite de m’emballer, j’attends que ce nouveau nous veuille dire quelque chose de signifiant pour lui en dire plus, parce que je lui ait déjà parlé de mecs qui ont finit par me briser le coeur et que cette fois-ci je ne veux pas que ça arrive. Je t’appelle entre temps, j’ai envie de t’entendre, j’ai envie que l’on discute. Ta voix, arf, ta voix. Depuis le matin que je ne l’ai pas entendu, elle m’a littéralement fait craqué. On s’est promis de se connecter plus tard sur la messagerie instantannée pour discuter.

Me voilà devant l’écran. Je t’envoies un message bien qu’il soit indiqué que tu es occupé. Pas de réponse. JE t’appelles, pas de réponse. Je décide de prendre mon mal en patience et d’appeler le soir avec mon forfait spécial. Trois appels plus tard, tu me dis que tu es en train de célébrer ton anniversaire en famille. Je me sens bête, j’avais oulié que c’était ce soir-là. Tu me demandes, alors, tu as édité ton blog ? Je réponds que oui. Tu montes en quatre vitesses, allume ton PC, t’étonnes que dans les premières lignes je dis que j’ai passé le week-end en famille, avec la gastro en prime. J’explique : parce que je viens de pulier la suite de mes (més)aventures avec C. et de ce qui s’est passé avec J. Ta réaction : ah. Je te dis de em bipper quand tu as finit, que je te rappellerais. Tu réponds ok, à plus tard.

J’ai attendu toute la soirée.

Je suis un peu dépitée. J’arrive pas à croire que je n’ai pas de sms de toi cette nuit-là, wue tu ne m’appelles pas pour me réveiller le lendemain matin. PEut-être que tu ne veux pas abuser de ton hors-forfait. Ou alors peut-être que tu as compris dans le message que je t’ai laissé à onze heure la veille que j’étais fatiguée à cause du voyage et tu ne voulais pas me déranger. J’attendais avec une impatience folle l’heure où d’habitude tu te connectes sur la messagerie instantannée. Quelques heures plus tard, tu es là. De nouveau, la messagerie indique que tu es occupé. J’attends quelques minutes, n’ose pas t’envoyer de messagesparce que je sens que tu ne va pas répondre. J’attends que tu fasses le premier pas, parce que c’est moi qui t’aies contacté la dernière et je me demande si toi aussi derrière ton écran tu es hésitant. Après de longues minutes sans signe de toi, je décide de me déconnecter.

Le soir, je t’appelle. Premier message que je laisse sur ton répondeur, te disant de me bipper et que je te rappellerai.

Je me demande ce que tu fais. Où tu es. Avec qui tu es. Si tu penses à moi. Je me connecte de temps en temps pour voir si t’es par là. JE ne sait pas ce qui se passe. Es-tu à une soirée, quelque chose d’important ? En temps normal, tu aurais décroché à la première sonnerie, tu m’aurais envoyé un texto depuis la veille pour t’excuser de ne pas m’avoir rappelé, tu aurais répondu pour me dire de rappeler, tu m’aurais averti que tu faisais quelque chose qui te prendrait du temps.

Chaque minute qui passait voyait naître une nouvelle hypothèse dans mon esprit. JE guettais un texto, un appel, le mondre bruit suspect de mon portable qui pourrait traduire que tu allais me donner signe de vie. Je me disais mais… il avait l’air d’avoir passé un bon moment ce week-end. Je me disais mais… il doit y avoir un soucis, quelque chose. J’était terrifiée à l’idée que tu ne rappelles pas.

Mais tu n’as jamais rappelé.

A minuit moins le quart ce soir-là, je t’ai laissé un message vocal pour te dire que j’avais l’impression que tu en voulais plus me parler, que si cette impression était fausse alors je comptais sur toi pour me donner signe de vie et que si au contraire elle était bonne, alors je te souhaitais plein de bonnes choses. C’en est resté là.

Et puis deux jours plus tard, en me connectant dans un cybercafé, je vois que tu m’as laissé un message peu de temps après que je me sois déconnecté la veille. Une lueur d’espoir s’illumine dans mes yeux, je me dis mais oui, c’est évident, tu t’es connecté via ce fac-similé de messagerie instantannée donc tu n’a pas eu ses messages ! J’empoigne mon sac, fouille à l’intérieur, extirpe le fameux téléphone portable, t’appelles… Sans succès. Première sonnerie. Deuxième sonnerie. Troisième sonnerie. Je te laisse un message disant que je viens de lire ton message, que je ne comprends pas bien ce qui se passe, mais tant pis. A nouveau, l’espoir me quittait.

Je ne comprends pas bien ce qui s’est passé. Je me suis refait le week-end dans ma tête, j’ai ressasé le moindre souvenir enfouit dans ma tête. J’essaie de deviner, d’accuser une parole ou un geste, j’essaie de savoir ce que j’ai fait qui ait pu te mettre dans un état où tu décides qu’il n’est pas bon de me rappeler, de m’envoyer un texto, un mail. JE ne trouve pas. Je me demande si tu as fait ça pour découvrir qui était derrière ces lignes, si tu as fait ça pour voir si tu pouvais me modeler comme ces filles que tu décrivais comme « maléables », quelles étaient tes motivations. Je n’ose pas me dire que j’ai donné ma confiance à quelqu’un qui ne la méritais pas. Je n’ose pas me dire que toutes ces attentions étaient fausses, que tu savais avant même que je pose le pied dans ta ville que tu n’allais jamais me rappeler. Je n’ose pas me dire que tu es ce genre de mecs, parce que je me suis confiée à toi, j’ai cru en toi. Tu n’es pas comme ça.

Je suis passée par la case crise de larmes, je suis passée par la case où je me suis détestée, spirituellement et physiquement. Je suis passée par la case où j’ai dû me faire à l’idée que oui, c’est cru et c’est vulgaire, mais je me suis faite « baisée. » Je t’ai insulté de tous les noms, j’ai eu le sentiment d’avoir mit ma confiance dans un imposte qui n’attendrait de moi que de paraître dans un blog dont tout le monde se fout. Je ne comprends pas comment tout cela a pu arrivé, pourquoi j’en suis là. Il y a quelques semaines, il ne se passait pas une journée sasn que je n’ai de nouvelles de toi et tout à coup, plus rien. Ca fait mal au coeur – tellemement mal. Je t’ai ouvert le siège de mes sentiments et je me suis donnée à toi, corps et âme. Tu m’avais montré tellement d’affection… celle-là même que tu retirais d’un coup. C’était dur.

Il m’arrivait de fixer un point dans le vide pendant de longues minutes qui étaient peut-être de longues heures. Je soupirais. Je te voulais toi. C’était une erreur, tu avais oublié mon numéro, perdu ton portable, tu ne savais pas comment me joindre, un acident grave s’était produit et tu ne pouvais ni me joindre ni être joint momentanément. Peut-être aussi qu’en parlant de moi autour de toi tu avais découvert que finalement je ne plairais à personne ou peut-être… peut-être… je t’ai trouvé mille excuses.

« Non mais Chacha, je t’en voudrais trop si après notre petit week-end tu ne me dis pas franchement si tu veux me revoir ou non ! »

C’était toi, qui avait dit ça. Et c’était toi qui ne rappelait pas. Triste ironie du sort ou calcul machiavélique ?

Je fais toujours gaffe au comportement post-coïtal, or les 24h suivant notre jounée-sexe tout me portait à croire que la magie opérait toujours. Je t’ai inventé des prétextes pendant les 48h qui ont suivit. Sursautant à chaque coup de fil, vibrant à chaque texto, me connectant à chaque minute sur la messagerie instantannée. Et puis un soir, j’en avais marre d’éclater en sanglot toutes les dix minutes, de passer de la fille triste à la fille hystérique, de perdre tout ce temps à cause de toi. Je suis allée dans la salle de bain, face au miroir, et je me suis forcée à me scruter pendant de longues minutes. Je me suis forcée à me sourire et à garder ce sourire aux lèvres pendant quelques temps.

Non, je n’étais plus l’ado conne et naïve que deux mecs avaient fait souffrir de cette même manière quelques années plus tôt. Non, je n’allais pas me laisser ronger par le souvenir pendant des jours entier, des minutes entières, des secondes entières avec des plaintes et des complaintes, des songes et des mensonges – j’allais enfin agir comme une adulte. Je me suis rappelée la jeune femme ravissante que je devenais et puis je me suis forcée à arrêter de pleuer. Je me trouvais bête d’avoir les yeux rougis à cause d’un type trop lâche pour me dire ce qui ne lui avait pas plu chez moi. J’ai pris une grande inspiration et j’ai effacé tes textos après les avoir relu intégralement. J’ai effacé ton numéro, toute trace de ta présence sur mon portable. En réalité pendant des heures j’ai espéré que tu rappelles encore et que tu cries au malentendu, et à l’imprévu.

T’effacer de ma vie m’a permit de me libérer du point qu’était devenu le fait de t’attendre.

Moralité de cette histoire en dix points, by Chacha.

1/ Ne jamais faire confiance à un inconnu, qui plus est l’un de vos plus grands lecteur (c’est drôle de se dire que le scandal arrive par celui-là même qui en lisant de pareilles anecdotes aurait crié au manque de respect et à l’infâmie) Les inconnus trop charmant qui te respectent, c’est sous droit d’auteur dans les films, les téléfilms et les séries TV hollywoodiennes.
2/ Etre Chacha ne me protège de rien – je dirais même que ça incite des gens à me faire du mal. You-pi.

3/ Je suis toujours la jeune fille fleur bleue et naïve qui rêve au Prince Charmant bien qu’elle sache qu’il n’existe pas.
4/ Par conséquent, je ne veux plus jamais rencontrer qui que ce soit par rapport à ce blog. Les règles ne sont pas toutes faites pour êtres transgressées. Dura lex, sed lex (si vous ne savez pas ce que ça veut dire, faites du latin)

5/ Ne plus jamais insinuer que je peux tomber amoureuse d’un client/client potentiel. Le mal arrive toujours de ceux dont on pense/veut le plus de bien. Chacha désormais ça veut dire « le cash avant, le fun après. » Véridique.

6/ C’est bon de voir que mes pannes de coeur m’aident à mûrir et à me construire. C’est jouissif de constater que ceux qui criaient haro sur le capitalisme me poussent aujourd’hui à bâtir une forteresse de vénalité qui les boutera hors du royaume de mon coeur (et de mon cul) pendant un bon moment. (Suis-je vraiment ce genre de fille ? Qui devient mauvaise parce que quelqu’un s’est foutu d’elle ? Seul l’avenir nous le dira…)

7/ J’en ai marre d’écrire !

8/ J’ai envie au fond de moi de lui hurler de revenir et je me dis qu’après tout, s’il rappelle, je serais ok pour m’excuser et ça mais

9/ Y’a Chacha-la-garce qui crie « ben alors casse toi, pauvre con ! »

10/ Au finish, je n’attends plus rien de cette histoire et ne veux plus jamais être en contact avec toi. Je t’ai laissé 7 jours pour revenir. Tu avais mon numéro de téléphone, mon mail, tu as l’adresse de mon blog. Bien sûr je te trouve malhonnête parce qu’après tout, toi tu peux passer sur ce blog et lire le récit de mes aventures pendant que moi j’ignore totalement ce que tu fais. Chaque fois que je fais un choix dans la vie, je me demande si 10 ans plus tard je l’assumerais encore – j’imagine que tu vivras très bien avec l’idée de ne m’avoir jamais rappelé. Dans ce cas, on n’a plus rien à se dire. Veni. Vidi. Mais pas vici.

P.S : La discothèque du moment : « Ce que tu m’as fait » (Sofia Mestari) ; « Il avait les mots » (Sheryfa Luna) ; « I quit » (Hepburn – j’adore quand elle dit dans la chanson « si un jour je suis sur le point de mourir, s’il te plait ne me sauve pas ! ») Note pour moi-même : je vire midinette ou quoi ?

P.P.S : L’écriture est ma thérapie. Elle exorcise mes chagrins d’amour et magnifie ma souffrance tout en m’aidant à relativiser. Journal intime virtuel, que je t’aimeuh…

Chacha, qui est sur le cul parce qu’elle vient de recevoir un appel de C. qui l’invite à déjeuner. Après que je lui ait dit que je ne veux plus jamais le voir ? Arf – les hommes. Vous croyez qu’il a changé ? Chacha, toujours sur les starting blocks.

Publié dans:Non classé |on 25 février, 2008 |7 Commentaires »

L’écharpe rouge (première partie)

Je reste longtemps figée face à cette feuille blanche et je me dis… pourquoi ? Pourquoi ces longues minutes à regarder dans le vide en me forçant à ne pas penser à toi, pourquoi je vibre à chacun des textos que je reçois et grimace quand je vois qu’ils ne sont pas de toi, pourquoi aucun des numéros qui s’affiche sur le portable ne me met en émois. Je t’ai perdu.

Pourtant ça commençais bien, nous deux. Tu te disais mon plus grand fan (et tu l’étais probablement), tu commentais régulièrement mes posts, tu étais curieux. Tu m’intriguais, avec tes questions, tes suggestions, tes insinuations. Très vite, on s’est échangé des mails. Je me demandais ce que tout ça donnerait, sans espérer plus. Tu me parlais de ton voyage à « Dam », on s’est ratés plusieurs fois et puis un jour nous voilà tous les deux connectés sur la messagerie instantanée. Premiers mots échangés à la va-vite, premières vannes dans ta face, premières piques que tu me jettes et qui me blessent. Tu me plais. J’aime ta façon de voir les choses, ta façon de me tanquiner. On échange des mots grâce au microphone. Il y a, je ne sais pas moi, une sorte de connexion virtuelle. On parle toute une soirée par écran interposé. Puis le lendemanin la conversation est plus longue. Il y a ce jeu de séduction qui s’installe. Ta voix suave qui me fait craquer. Je me surprends à rêver de toi, quand en sueur et à moitié habillée, je sors de mon sommeil au milieu de la nuit. Je te veux.

Un jour, je te cède mon numéro de portable. Je sais que je ne devrais pas. JE sais qu’il ne faut pas que je donne une suite concrète à notre histoire, parce que tu m’as rencontré rapport au blog, parce que tu n’es peut-être que ce genre de types qui rêve qu’un jour je lui dédie un post spécial dans mon journal virtuel, une sorte de fantasmeur coincé qui aussitôt qu’il aura découvert qui se cache derrière ces lignes me laissera tomber. Mais je veux voir. Je veux savoir si ça vaut le coup, après tout. Le téléphone sonne quelques minutes plus tard. C’est toi. On échange des méchancetés – des gentillesses déguisées – j’en découvre un peu plus sur tes habitudes, ta vie, ta ville. Tu questionnes et tu cherches, tel le petit enquêteur, tu veux tout savoir de moi. Je décide de tenir bon, de rester Chacha encore quelques temps, le temps que tu me charmes, le temps que je sois sûre de toi. Tu me réveilles le lendemain matin. Et le surlendemain. Et les jours d’après. Tu m’envoies des textos auxquels je retgrette de ne pouvoir répondre – Chacha et le crédit téléphonique, tu connais l’histoire. Tu me séduis.

Notre première conversation téléphonique tournait autour de la politique – te rappelles-tu ? On évoquait les différences fondamentales des campagnes présidentielles Sarko/Ségo. Tu disais qu’on devrais travailler plus, je parlais 35h et équilibre familial. Tu disais qu’on serait plus compétitif sur le marché mondial, je parlais humanisme et commerce équitable. Tu disais que tu aspirais aussi à un monde idéal et que c’était bien beau mais qu’il ne fallait pas non plus ruiner le pays tout ça, qu’il fallait bien aussi se borner à la conjoncture économique. J’acquiescais. On a parlé de tellement de choses par la suite, tu sais. Tu te rappelles quand je t’ai inventé un conte de fées avec Sylvie-la-cochonne et machin-la-pas-belle (inspiré d’une histoire vraie, toi seul sait…) ? C’était fou. C’était fou de te parler de mes clients, de ma vie, de me laisser aller dans les confidences au gré de nos conversations. Tu me réveillais chaque matin. A une certaine heure de l’après-midi on avait conclu un accord tacite de se retrouver sur la messagerie instantanée. On échangeait nos délires sur Kaamelott, tu me faisais découvrir les jeux de rôle, il y avait un échange tellement intense. J’était subjugué. Tu m’apportais l’attention que je n’espérais alors de quiconque et en même temps que mon coeur se blindait, mon corps se laissait aller à ressentir chacun de tes mots. IL y avait des coïncidences dasn nos vites affectives. Toi, le célib-futur-en-couple, qui hésitait à te taper Sylvie et sa vulgarité omniprésente. Moi, la célib-fraîchement-plaquée, qui menait de front une double vie d’escort girl et de webcameuse en parallèle avec des études qui déjà me blasaient. Sans se l’avouer, on osait espérer quelque chose de magique et de concret, on se murmurait des mots doux, on jouait les jaloux. Tu étais monsieur Parfait. Tu étais là quand je ne m’y attendais pas, toujours avec un bon mot. Tu te rapelles quand je t’ai demandé si tu exerçais le métier de Prince Charmant ? « Oui, au black » On s’était bien marrés.

Pendant ce temps, je voyais bien que je délaissais le blog, mais je m’en tapais. Je t’avais trouvé toi. Je te confias ce qui était mes « exclusivités. » Tu as su avant tout le monde comment ça s’est finit avec C., comment ça s’est finit avec le PA, le déroulement de mes récentes rencontres. Je prenais conscience que la barrière entre toi et moi s’effaçait, qu’en bonne enfant gâtée il faudrait absolument que j’en ai plus (de toi) sans quoi je me désinteresserais vite (de toi.) Un soir on a eu cette discussion, pourtant. J’avais besoin de mettre des limites entre nous, parce que je ne savais pas si tout ça c’était aussi sérieux pour toi que pour moi, je doutais constamment, j’hésitait à vraiment me confier. Ca faisait alors un moment qu’on jouait les futurs mariés (« dit à ta mère que tu es au téléphone avec la femme de ta vie! » ; toi : « je suis au téléphone a’ec la ‘emme ‘e ‘a ‘ie » ; moi : « mmm… t’es sûr qu’elle a compris? ») C’était marrant. Pourtant je voulais, je ne sais pas, me construire une armure, quelque chose qui fasse que je ne tombe pas dasn le piège d’un beau parleur, je voulais avoir au moins le sentiment que tu étais sincère, sans quoi tout resterait purement virtuel. Je t’ai dit que je ne pourrai jamais envisager quelque chose avec quelqu’un qui a une autre opinion politique – et puis je me suis dit pourquoi pas après tout. J’ai ensuite dit que je ne pourrai jamais envisager quelque chose avec quelqu’un qui a une autre religiion et tu m’as dit que toi au contraire, ça t’intéresserais. On est restés des heures à discuter de ce point au téléphone, deux heures de plus que la demi-heure prévue. On tait là, chacun de notre côté du téléphone, à ne plus trop savoir quoi dire. On était sous le charme. Ca a peut-être duré deux semaines comme ça. Jusqu’au jour où j’ai décidé de venir te voir.Je voulais savoir qui tu étais, à quoi tu ressemblais, ce qui était envisageable entre ce qui était toi et ce qui était moi. Tu m’obsédais. Je pensais aux coeurs que tu m’avouais dessiner sur ton bloc-note quand on était au téléphone, avec mon nom pas loin. Je pensais à mes réticences et à mes remontrances que tu avais su transformer en confiance et en indulgence. Je pensais à ces filles qui peuplaient ta vie et que tu dépeignais comme mes antithèses. Je pensais à nos nombreuses passions communes, à cette version moderne de Roméo et Juliette qu’on était en train de jouer. A un détail près. Je t’appelais Chouchou. Tu m’appelais Chacha. Tu m’avais dessiné un coeur aux trois quarts remplits rouge passion. Je tenais absolument à être là pour ton anniversaire, ce jour de février 2008. Je voulais que notre rencontre soit spéciale.

Veille du jour J. Tu m’avoues que tu es jaloux de mon rendez-vous ce soir, comme toujours je balbutie, te dis de ne pas trop t’en faire, rétorque que je ne suis qu’une escort girl en service. Ces hommes qui ont « la chance » comme tu le dis à plusieurs reprises de me voir, me voient dans un cadre bien définit, amis toi et moi c’est au-delà de tout ça. Mais je ne sais pas si tu comprends. Je pense à toi pendant que je suis avec ce client. Je repense à ce que tu m’avais dit au téléphone la veille au soir « j’espère que pour la première fois tu penseras à un autre homme quand tu seras avec un client. » Le temps passe vite, et je m’amuse avec G. Au lieu des deux heures réservées, on est restée près de quatre heures ensemble. Dans la voiture quand il me ramène, je suis inquiète, je em dis que tu dois m’en vouloir de ne pas t’appeler et il est déjà si tard, quand je rentre… Tant pis, je prends le combiné pour t’appeler, je prends le risque de réveiller tout le monde, je te murmure à très vite, tu me dis qu’il te tarde que je sois là et je souris. Je me ferais probablement tuer dasn quelques jours pour la facture téléphonique, mais je pense aussi à ta facture à toi et à nos folies à nous et notre histoire et il me tarde encore plus le lendemain pour te rencontrer. C’est avec ce que j’ai gagné ce soir que je vais venir te voir. C’était pas prévu, mais je sais que cette journée est particulière pour toi, alors je serais là.

Je dors trois heures, j’ai mal partout, je rate mon premier train, saute dans un taxi in extremis, attrape le suivant. Les paysages défilent par la fenêtre de ma place en seconde classe, j’ai le coeur qui bat la chamade, qui n’en peux plus d’être loin de toi. Heureusement que j’ai mes magazines à la con (Cosmo, Glamour, Vanity fair, Miss Ebène…) et une barre de chocolat pour déstresser. Peu à peu je m’endors et, bien sûr, mes rêves sont de toi. J’ai mit cette jupe que j’adore avec ce manteau blanc chic et ces escarpins bruns qui tout ensemble me donnent un air bécébège. J’ai opté pour les lentilles, j’ai horreur de cette coupe de cheveux mais globablement, je me sens physiquement et spirituellement prête. Je me demande comment tu vas me trouver et aussi à quoi tu ressemble. Les minutes passent les unes après les autres. L’heure fatidique approche. La voix féminine annonce le terminus. C’est la fin du monde.

Soudainement, je n’arrive plus à bouger. Je n’arrive même plus à penser. Je suis morte de peur. Et s’il ne me plaît pas ? Et s’il est trop con ? Qu’est-ce que tu vous là, Chacha ?! Ah bah bravo, tu t’es encore foutu dans une sacré m… Tu es là.

Je te vois t’avancer vers le quai que je t’ai indiqué, je sais que c’est toi mais je doute.

Téléphone.

Tu es derrière moi et tu cherches à découvrir les titres des féminins qui transparaissent dans le sac en plastique que je tiens à la main.

Tu es enfin avec moi.

[Affaire à Suivre]

Publié dans:Non classé |on 24 février, 2008 |2 Commentaires »

L’homme du voyage.

S. m’appelle un jour de pluie (je me rappelle pas mais ça fait hyper romantique comme intro.) Il me pose les questions habituelles, insiste un peu plus lourdement que tout un chacun à propos de mes pirouettes – le hic, c’est que je ne tarifie pas les appels que je reçois pour la simple et bonne raison que je ne suis pas une « hotline. » Donc, prise de rendez-vous pour les jours suivants autour d’un café où il aura le temps de me découvrir et si tout se passe bien, de me dévorer.

S. passe me prendre dans une voiture plutôt classe et nous voilà en route pour le centre commercial le plus proche, où, bien sûr, je ne mets jamais les pieds. Il est plutôt charmant dans l’ensemble, pas du tout mon type de mecs pourtant, a un petit ventre rond et ses dents sont formés comme si il avait sucé son pouce jusqu’à un age tardif. Il n’est pas trop bavard non plus, nos conversations se bornent à ce qu’il fait dans la vie, ce que je fais dans la vie, voilà… Comme j’ai horreur de ces minutes de silence qui s’installent, comme autant de moments de malaise. J’aimerais dans l’idéal bien sûr, que mes futurs partenaires cherchent à me séduire autant que je le fais, cherchent à créer une vraie magie dans ces instants privilégiés – au lieu de bêtement me déshabiller du regard.

En tête-à-tête avec S., un cappucino et un expresso nous séparent. Quand je me déshabille, S. sort la phrase de gros pervers type « tu es couverte ! » Erm, on est en début de soirée, il fait dans les deux degrés celsius à l’extérieur, selon toi c’est pas une raison assez évidente pour être couverte ? D’autant plus que ce n’est qu’un rendez-vous autour d’un « café », pas du tout sujet au et-plus-si-affinités. Pff. L’imbécile commence à me poser des questions sur mes pirouettes, là, en plein milieu du centre commercial où j’ai dû quand même squatter pas mal durant mon adolescence, avec cet air du mec qui ne touche pas qu’à sa femme durant la semaine. Je lui dis que ce sont des questions qui me mettent mal à l’aise, regarde autour de moi, guette cette employée de café qui regarde ailleurs mais m’imagine qu’elle a l’oreille tendue dans notre direction. « Vous voyez cette jeune fille elle pourrait très bien être en train de nous épier. » Il se retourne. « Quoi ? Mais c’est une chinoise… Les chinois ils n’entendent rien ! » Très fin. Dites moi, ce type, ce serait pas la doublure de l’inspecteur Derrick quand les enquêtes deviennent trop difficiles ? Et il dit quoi quand c’est les blacks ? « Quoi ? Mais c’est une black… Elle ne mange que des bananes ! » Bon je le prends avec humour mais franchement les préjugés raciaux ç’a ma toujours choqué.

J’arrive bon gré mal gré à lui sortir deux-trois positions qui pourraient lui faire fermer son clapet pour un bout de temps et continue de me sentir profondément mal à l’aise. Quel sale con. Il me tarde de me casser de là et je commence à me faire chier quand Monsieur lance un sujet des plus intriguants : son activité professionel. D’abord, il est gérant d’un salon de coiffure un peu caché dans la rue commerçante mais qui ma foi a l’air d’être un commerce fort florissant. Ensuite, il est à la tête d’une de ces entreprises de meubles dont M6 parlait récemment. Il me dit, j’ai noté que tu as la tchatche (bah faut bien vu que tu parles pas, pff!), peut-être que tu pourrais rejoindre l’équipe de vendeurs de mon magazin. Tu aimes l’argent ? Je le regarde en gardant le sourire – j’ai tellement envie de le mépriser. Je veux dire, il me prend pour une conne ou quoi ? C’est quoi ces questions « tu aimes l’argent » ? Il croit que tous le monde se la joue chevalier de la légende arthurienne à faire voeu de pauvreté ? Nan mais franchement, y’en a…

Il enchaine vite. Tu peux te faire de 4 à 10,000 euro par mois avec mon magazin. On appelle les gens suivants un centre de télé-travail qui épluche le repértoire d’une région puis quand c’est finit on bouge dans un autre secteur et rebelotte. On attire jusqu’à 200 personnes par week-end dans nos magazins. On leur dit de venir chercher un cadeau (style fer à repasser) dans le magazin, et puis après on leur dit qu’ils ont gagné au loto et on leur offre d’acheter un canapé affiché à 10,000 euro à 50% moins cher, puis on offre des réductions diverses jusqu’à ce que le canapé ou l’ensemble salon ne coûte que 3,000 euros. Moi « et vous faites ça à crédit? », avec un froncement de sourcil caché. Lui « oui, on fait essentiellement du crédit. » Tu m’étonnes. Devant les chiffres qu’il me sort (des magazins qui font des chiffres records de plus de 20,000 euro en journée), je reste sceptique, très sceptique et pense à tous ces pigeons qui ne regardent pas les émissions qui dénoncent ce genre d’arnaque. J’en ai parlé à des proches plus tard, qui m’ont dit « tu sais Chacha les gens préfèrent regarder à la télé quand on dit que tous les noirs et les arabes sont des voleurs et des profiteurs du système social plutôt que de s’informer sur leurs propres voisins qui les volent et les escroquent. » Quand même, une émission sur une chaîne hertzienne…

Bien sûr, plus les chiffres sont gros, moins j’y crois. Je garde pourtant le sourire, et il se confie de plus belle. « Si t’as la tchatche tu peux te faire beaucoup de sous, bon bien sûr on cherche des vendeurs qui fassent plus de 2,000 euros par mois sinon ça ne nous intéresse pas. Mais si tu y arrives ben on prend en charge tous les frais quand on déménage (tous les deux mois) nos magasins et puis de toutes les façons y’a deux mois où on bosse pas dans l’année (période de grands départs et de fêtes) donc en étant en vacances tu peux toucher le même salaire que d’habitude. » Je reste là, interdite à l’intérieur de moi, m’efforcant de donner le change. Je suis là, avec un type qui es issu des gens du voyages (il n’a pas daigné à ma question « tu as des origines? », a dit un « oui » sec mais a laissé trainer deux-trois indices qui m’ont mené à cette conclusion) et pardon mais il est juste l’incarnation des préjugés qui circulent à leurs propos. Porté sur le uc’, escroqueur de première et flambeur. Bon, je dois pas genre me tirer, moi ?

On prend le chemin du retour – il est sensé me déposer. Cette fois-là, j’aurais dû prendre un taxi. Bien sûr dans la voiture, il a continué à me poser des questions sur ce que je pratiquais ou pas. Je donne des détails, essaie de rester sensuelle malgré le peu de sensualité évoqué durant notre brève rencontre. Il se gare dans un petit coin, entre deux magazins, il fait nuit noire. Il me dit « non mais je m’arrête parce que je suis intrigué. » Je fronce les sourcils. Je continue pourtant ma diatribe, comme si de rien n’étais, il passe son bras derrière mon siège, me regarde avec le regard du prédateur prêt à fondre sur sa proie. Je sais très bien ce qui se passe.

Je sais très bien qu’il fera allusion à mon art de faire des fellations, suggérera quelque chose, que je devrais me mettre à l’aise, me courber et m’exécuter. Et je le fais, machinalement. Je ne sais pas ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là. Je pourrais très bien dire non, descendre de voiture et me casser, mais non, je m’exécute. Il ne me force pas, pourtant, alors pourquoi je le fais ? Je le fais parce que je suis persuadée que c’est mon rôle, qu’après avoir donné tant de détails je dois le faire. Et tant pis si ce mec me répugne, au moins, son hygiène corporelle est irréprochable. Elle est loin, la voix de ma conscience qui m’avait dit dès qu’il avait prononcé les mots « tu es couverte ! » de me casser. Je l’entends comme dans un rêve me hurler que je ne suis pas une pute à cinquante euro la passe, que je n’ai rien à foutre entre deux magazins, à la tombée de la nuit, entre les jambes de ce type qui ne fait rien d’autre que me salir et m’avilir. Je m’exécute comme un robot. Je ne suis plus maîtresse de moi. Il y a mon coeur qui me dit de me casser mon corps qui me dit de me caser. Je suis juste là.

Est-ce que je m’exécute parce que sinon j’ai peur qu’il tente de me forcer ? Est-ce que je m’exécute parce que je n’ai pas envie de rentrer à la maison à pied ? Qu’est-ce que je fous là ? Mon cerveau est en mode on, mais mon corps n’est plus opérationel. Je le méprisais bien, cinq minutes plus tôt. Mais là je suis l’escorte girl naïve qui a très bien vu le coup venir mais s’est fait piégé avec une facilité déconcertante. Mais tu croyais vraiment que ce type allait te ramener sans te demander de contre partie ? Et le voilà qui tente de glisser ses doigts en moi. Je suis dégoûtée, je me dégoute moi-même. Je ferme les yeux forts, secoue la tête quand il me demande si je n’ai pas de capotes, en me rappelant les deux carrés de latex dasn la petite poche dasn mon sac. Il finit par venir dans ma bouche. Je vois trouble. J’ouvre la portière et crache son sperme. Je crache de toutes mes forces ce qui est le fruit du plaisir d’un gros porc que j’ai détesté de toutes mes forces. Je crache de toutes mes forces l’image de Chacha en pute bas de gamme qui fait des pipes à l’arrière d’un magazin pas éclairé. Je crache le dégoût de moi-même, j’ai envie de me faire vomir, de ne plus être là, de disparaître.

Respire Chacha. C’est finit, Chacha, c’est finit.

Il est satisfait, sourit et me regarde, me complimente sur mes gorges profondes. Je regarde ailleurs. Durant tout le trajet, je répondrais de façon laconique, n’aurait en tête que l’idée de ne plus jamais voir ce type, qu’il ne me touche plus jamais. Pourtant, je reste courtoise, je joue la comédie quand au fond de moi je m’effondre totalement et que c’est la tragédie. En arrêtant la voiture il me dit « allez attend je te fais voir le dossier des clients… » Il fouille dans la boîte à gants – sans succès. Je suis sûre que c’est sa dernière tactique de pervers pour me faire croire qu’il va m’embaucher et tout ça. Je hausse les épaules, essaie de ne pas montrer que j’ai envie de me barrer. Il me dit qu’il va m’appeler le lendemain pour que je commence à bosser le samedi suivant. Je dit aurevoir poliment.

C’est à la maison que je m’effondre. Je me brosse les dents frénétiquement, je prends un bain de plus d’une heure, je fous mes vêtements dans la panière à linge. Mon dieu, qu’est-ce que je suis en train de devenir ? Je vire totalement folle ! JE NE SUIS PAS UNE PUTE QUI TAILLE DES PIPES GRATUITEMENT ENTRE DEUX MAGAZINS A LA TOMBEE DE LA NUIT ! Je n’arrive même plus à me regarder dasn la glace, je me sens sale. Je ne me l’avoue pas, parce qu’il faut que je fasse bonne figure devant tout le monde mais j’ai envie d’exploser, de hurler, de me mutiler, de… je ne sais pas, mais je me dégoûte. D’abord le crapaud, ensuite C., et maintenant S. Est-ce qu’aucun homme sur terre ne me respecte ? Est-ce qu’il me voient tous comme une grosse pute qui ne mérite pas qu’on la paie ? Mais je ne suis pas une putain ! J’ai un coeur, merde, j’ai un coeur !

Tout est tellement violent dans ma tête. Tout est tellement dur. J’arrive pas à croire que je me sois encore faite avoir, comme une pauvre conne. Et pourquoi j’ai pas demandé à être payée ? Pourquoi je me suis exécutée comme uen pauvre conne ? Et les autres fois putain, y’avait bien des signes alarmants mais qu’est-ce que tu es en train de devenir Chacha ! T’es en train de devenir une pute qui se fait arnaquer, c’est ça la vie glamour que tu voulais menais ?

Calme toi…

Tout vole en éclats autour de moi. Je réalise enfin que je n’ai rien pour moi. La fac, ça fait des mois que je n’y vais plus. Ma famille, je leurs ment effrontément et je n’assume qu’à moitié ce que je fais. Ma seconde vie, c’est un prétexte pour ne pas regarder en face la première. Je m’effondre, je craque sous la pression. TRois hommes entrent dans ma vie, se servent de moi et ne me paient pas. Je suis devenue une pute qui se fait avoir. Je n’écoute jamais ma conscience et je me fous de la réalité. Et voilà où j’en suis. A pleurer sur mon lit.

J’ai sentit que c’était mes limites. J’ai senti que je ne pouvais pas continuer comme ça. J’ai pris un matin de janvier la décision de ne pas continuer, de tout arrêter. Temporairement ? Eternellement ? Je ne savais pas, mais je ne voulais pas des solutions qui m’étaient imposées. Je ne voulais pas baisser mes tarifs – car alors j’aurais méprisé les clients qui allaient me passer sur le corps aussi vite que j’allais dépenser leurs billets. Je ne voulais pas devenir le genre de filles que l’on paie 100 euro de l’heure pour lui faire toute sorte d’horreur. Je suis à l’aube de la vingtaine et putain, je suis déjà brisée de l’intérieur. IL faut que j’arrête – alors j’ai arrêté.

Pendant quatre semaines, je n’ai rencontré personnes. JE me suis reconstruite. J’ai retrouvé les bancs de la fac, croisé quelques amis, je me suis appliquée à être une bonne fille, une bonne soeur, une bonne amie, une bonne petite amie. Bien sûr, j’étouffais, mais je préférais ça à tout ce que j’avais pu vivre. J’avais fait en sorte qu’aucun clients ne puisse me joindre, j’avais effacé mon numéro professionel de tous les sites où il était inscrit, j’avais brouillé les pistes. Mes vieux démons me hantaient, j’avais besoin de gagner des sous, les factures s’accumulaient encore et encore. Mais tout sauf être une pute. J’ai décidé d’être une accompagnatrice de charme, pas une vulgaire prostituée. J’ai décidé qu’on me respecte, pas qu’on me crache dans la bouche. J’ai décidé de me reconstruire, pour mon bien mais aussi pour le bien des gens que j’aime et de mes clients réguliers. Parce qu’après plusieurs semaines, j’ai enfin réussit à répondre à un appel qui fut des plus charmants et à rencontrer un nouveau client, qui a su me redonner confiance en l’avenir et a su trouver les mots, sans le savoir, pour me faire sourire à nouveau.

Voilà pourquoi je n’ai aps édité ce blog pendant des semaines entières. SI c’est arrivé à qui que ce soit, une expérience aussi violente, il faut absolument tout arrêté, quelque soit le nombre de factures qui s’accumulent, quelque soit la situation financière dans laquelle vous êtes. Les factures peuvent attendre, votre santé mentale non. C’est très sérieux.

Il m’a fallu du temps pour faire confiance à nouveau, pour rire à nouveau, il m’a fallu du temps pour me rendre compte que ce qui compte dans la vie, c’est d’avoir de l’ambition positive (loin du carriérisme et de l’arrivisme). L’ambition peut vous porter loin au-delà de vos objectifs et vous nourrir pendant de longues journées de diètes.

Et puis je t’ai rencontré, toi. Tu postais tout le temps des commentaires sympathiques sur ece blog-même et on avait le même humour, les mêmes délires. Très vite je t’ai adoré. Aujourd’hui plus de nouvelles, mais comme je te l’ai dit un jour, si c’était à refaire, je referais exactement tout pareil pour revivre les premières minutes avec toi. De notre idylle il ne reste qu’un ticket de bus et une écharpe rouge. Si tu lis ça, sache que tu seras toujours dans mon coeur.

Chacha, qui se demande pourquoi tu n’as jamais rappelé…

Publié dans:Coup de gueule, Non classé |on 23 février, 2008 |3 Commentaires »

Le Taulier.

Alors que je vérifie ma boîte mail le mois dernier, je tombe sur un message inhabituel qui attire mon attention : une nouvelle agence d’escort girl qui a un max de clients est en train d’embaucher de nouvelles recrues. Il y a les coordonées de l’agence, je ne note que deux fautes d’orthographes et le tout, tout en restant concis, semble alléchant. Pas folle la mouette, je me dis quand même attend fillette, c’est peut-être une arnaque, parce que le texte et clair : soit a) on décide de rester indépendante auquel cas l’auteur du message propose de louer des espaces publicitaires sur son site qui est selon lui hyper fréquenté par des clients super friqués (et le prix de ces espaces est bien sûr à payer à l’année, ce qui est tout de même couteux au cas où il n’y a pas de résultats) ; soit b) on décide de postuler en tant que future escort girl dans son agence et on laisse quelques photos et un numéro de téléphone. Chacha, trop curieuse pour laisser filer cette occase en or, s’exécute.

Le lendemain mon téléphone sonne. Michel, au téléphone, le gérant de l’agence d’escort girls. Je m’isole. Il me pose des questions très directes qui me mettent mal à) l’aise et prend un air hautain et méprisant lorsque j’hésite à répondre ou lorsque je fais part de mes doutes quant à sa fiabilités. « Non mais moi je ne suis pas là pour vous persuader, j’ai des tas de filles qui viennent et puis après elles découvrent que psychologiquement c’est trop dur pour elles, je ne cherche pas ça ! » Il m’explique qu’il recrute essentiellement des « teens escorts » (des filles de 18 à 20 ans), de façon à les former pour qu’elles deviennent des super star de l’escorting. Bien sûr, il ne le dit pas clairement, mais ça signifie grosso modo qu’il « teste » ses escorts. La conversation continue : tes atouts physiques, tes défauts physiques, décris-toi, est-ce que tu as vagin profond pour les grosses queues… Je pouffe de rires. Il prend ce ton pincé « ah non mais c’est des question sérieuses, hein ! » Ben voyons. Je réponds de façon évasive, redeviens sérieuse. Il annonce qu’il coache des filles en rupture scolaire, qui gagnent des centaines de milliers d’euro en quelques années (150,000 € si je me rappelle bien du chiffre – mais sur combien d’années ? Nobody knows…) et de fait, c’est une activité sérieuse.

A un moment, la discussion dérape (enfin elle dérape toujours mais là plus particulièrement), il me demande quel type de rôle j’endosse, quand je suis avec un client… Plutôt la copine, la fille ou la petite-fille ? Oh. My. Godness… Je réponds qu’en général c’est plutôt la petite amie, mais que ça pourrait, éventuellement, potentiellement, être la petite fille dans la tête des clients. En réalité, j’en n’ai fichtre aucune idée, mais j’imagine mal un mec se dire que je suis sa petite-fille vu que je suis black. Disons que je pense que le jeu de rôle grand-père petite-fille ou papa-petite fille est plus mit sur le plan de l’écart de l’âge. Il me demande si ça reste au jeu de rôle. Moi « évidemment ! je ne dirais JAMAIS papa! » Et c’est vrai… Je me demande combien d’escort girls acceptent les jeu de rôles qui impliquent des rapports incestueux. Et si elles assument. Psychologiquement, ça doit être quand même hardcore pour une fille de 18 ans de savoir que le mec en face d’elle la considère comme sa petite fille ou quoi… Brrrr… Glauque…

Remarquez, c’est peut-être pour ça que je ne me fais pas de blacks ? Le côté frères, père, tout ça ? J’y ai pensé, parce que mine de rien je fais gaffe à pas virer totale maboule à cause des jeux de rôles etc, et j’en ai conclus que non, que j’aime tout simplement mieux faire l’amour avec quelqu’un qui est totalement opposé à ma culture et à la couleur de mon épiderme. Je pense qu’on ne choisit pas forcément ce qu’on aime, ce serait comme expliquer pourquoi je pense que le chocolat est plus un aphrodisiaque que la vanille – une pure perte de temps. Y’a des choses comme ça, qui ne doivent pas être forcément (comme c’est la tendance actuelle) mises sur les plan de la construction psychologique, comme si vouloir des enfants métisses étaient le rejet de l’image du père ou du frère ou de je-ne-sais-quoi. Nan… J’ai réglé tout ce que j’avais à régler de ce côté là, je me sens très bien avec ma famille, j’ai de très bonnes relations avec les hommes en général, j’ai juste des goûts qui me poussevnt vers mes anti-thèses. Point barre.

Il continue l’interrogatoire. Est-ce que je suis à l’aise nue dans une maison ? Je dis que oui, pense au bouquin de Kay Good, quand elle parle de ces filles qui sont parfois invitées à faire semblant qu’elles font le ménage dans leurs plus simple appareil chez des hommes qui se masturbent en les mattant. Il me demande si j’aime les talons aiguilles – je veux dire, qui n’aime pas les talons aiguilles ? Fin bref. Non mais ne répondez pas à cette question… Il me demande si je me sentirais à l’aise si, par hasard, un client m’embauchait pour me promener sur des talons vertigineux nue comme un ver dans sa maison. Je réponds que non, très excitée pour être honnête avec vous, à cette idée… Il acquiesce et lâche « bon ben tu pourras apprendre ça chez moi… » Erm ? Ah ? Euh ? Moment d’hésitation que je cache, tant je suis choquée par la proposition lancée entre la poire et le fromage.

La conversation se poursuit, il a beaucoup de clients, personne à part ses abonnés ne pourra voir mes photos car il connaît plus ou moins perosnnellement ceux qui ont recours à ses services car il a leurs adresses mail et leur numéros sont vérifiés. Sa base de clients est énorme, si j’en crois ses dires. D’ailleurs, si je suis embauchée il y aura énormément d’intéressés dès le début et j’aurias une vie de reine. Pfff. Il sait que c’est interdit par la loi d’inciter quelqu’un à choisir un emploi en indiquant les chiffres d’une fiche de salaire imaginaire (qui de toutes les façons est toujours proéminent) ?

Bientôt, il doit raccrocher, redevient gentil, me demande si tout va bien, si il ne m’a pas trop choqué, mais bon tu sais, ce sont des questions d’usage pour un entretien. Je me rappelle alors des témoignages et des bouquins que j’ai lu à propos du processus d’embauche d’une agence d’escort girl réputable (et même pas réputé) et pour l’instant, c’est du tout faux. Monsieur me coupe la parole quand je parle, Monsieur est autoritaire, Monsieur me promet monts et merveille et Monsieur teste ses escort girls qui ont toutes entre 18 et 20 ans. Bien sûr, avec le recul, je savais très bien que ce type était du style vieux frustré parano qui m’appelait en inconnu parce que si dans la profession on savait qu’il testait ses filles il serait vite montré du doigt, mais sur le coup, quand vous entendez certaines sommes d’argent, que vous entendez que cette personne peut vous prendre sous son aile et tout le toutim, vous jubilez. Je ne vais pas prendre mes grands airs et dire que j’ai résisté facilement car c’est humain, on a beau savoir que la personne en face est mauvaise, il suffit qu’elle vous dise ce que vous voulez entendre et une partie de vous veut la suivre aveuglément. Heureusement, il y a un truc qu’on appelle l’instinct et qui peut sauver une escort girl en service.

A ses questions, je lui dit que je ne vois pas pourquoi je devrais aller chez lui et rester nue en talons aiguilles dans sa maison. Il s’emporte, il jure sur les grands dieux que c’est pour que j’améliore mes techniques, qu’il ne peut pas envoyer une fille qui ne sait pas faire une fellation chez un client juste parce qu’elle le prétend. Il semble choqué, me dit, m’affirme, me hurle que c’est « normal », qu’après tout je n’aurais pas d’apparte quand j’irais en Suisse (puisque l’agence est basée là-bas), donc que je devrais vivre chez lui. Mouais. Ca m’avait surtout tout l’air d’être un proxénète qui recrutait des filles pour bosser pour lui et vivre avec lui à la fois – style gros salaud stéréotypé qu’on voit dans les films, qu’on nous décrit dans les bouquins des escort girls déchus, style gourous pour filles paumées. Et ça franchement, non merci. Je tiens trop à ma liberté (de penser… et d’agir.)

Il n’a toujours pas finit sa plaidoirie. L’argument lourd approche : il vit en Suisse parce que la France c’est pourri, parce qu’en France on est tous des gros hypocrites. Il ajoute que la Suisse n’est pas dans l’Europe parce que l’union n’est pas encore au niveau de la Suisse et tout ce genre de trucs dont je me fous totalement mais qui m’ont quand même pas mal surpris et pas mal étonné – j’aime la France quand même, hé ho. Je dis bon, bon. Il se calme, me dit que j’ai jusqu’au lundi suivant pour répondre à la candidature, si je suis toujours intéressée. Il fait style que c’est à moi de relancer avant qu’il donne sa décision finale mais je sens bien que je n’ai qu’à claquer du doigt pour qu’il me donne plus d’informations. « Je vais réfléchir. » Il acquiesce, me dit que je pourrais répondre à l’annonce jusqu’à ce que j’atteigne la vingtaine avancée. Merci, mais non merci.

Aussitôt, je bondis sur mon clavier, tape deux mails faisant le rapport de cette conversation. L’un est destiné à l’auteur de l’e-book sur l’escorting que j’ai acheté quand je faisais mes recherches sur l’escorting – l’autre à Kay Good en personne. La première n’a toujours pas répondu – la deuxième parcontre a donné sa réponse deux jours plus tard (Kay arf – une vraie pro.) Elle m’a dit de me tenir éloignée de ce type. Parce que a) son site web était mal construit et même pas un référencement optimisé dans Google et autres moteurs de recherches (j’avais pas pensé à ça :s où l’on voit qu’elle sait de quoi elle parle – enfin je dis ça, je dis rien) ; b) du coup ses clients doivent être au nombre de trois : lui, son membre et son chien ; c) il a beau détester la France, c’est là où sont site web est hébergé. Je jubile derrière mon écran, je triomphe, je suis, comme qui dirait, « guez-mer » (arf l’expression que j’ai pas utilisé depuis des années.) Ah et puis d) ça ne se fait vraiment pas dans la profession de « tester » ses escorts, de fait elle le reportera dans les sites sérieux histoire qu’aucunes filles ne tombent dans le panneau.

Voilà voilà… Je suis tombée sur le quatrième de couverture de cette fille, qui a dix-neuf ans et qui se prostitue pour vivre… Je dois juste dire que ça me met carrément hors de moi, toutes ces filles qui sont les proies faciles des proxénètes. Je veux dire, il m’arrive d’avoir des factures énormes à payer, je suis vraiment au fond du trou, je galère, mais pour rien au monde je n’accepterai qu’on me paie 100 ou 150 euro de l’heure pour coucher avec quelqu’un ! Je veux dire… On vit dans une ère communicatique (ce que je dis toujours), il y a absolument moyen de ne pas tomber dasn des clichés si débilisants : Matrioshki à la télé, les campagnes de sensibilisation sur le net, les histoires malheureuses qu’on lit dans les journaux et à la télé… L’escorting n’est pas à faire comme ça, en se levant le matin et en foutant une annonce sur x site, absolument pas ! Je n’ai pas encore pensé à écrire un mode d’emploi, et Kay Good l’a très bien fait au passage et c’est un livre entier qu’elle a consacré au sujet, mais je pense très franchement qu’il faut arrêter de se lancer dans une activité en feignant l’ignorance. Ma mère me tanne tous les jours comme quoi « l’ignorance n’excuse pas tout ». Le peuple se plait à dire que nul n’est sensé ignoré la loi. De la même manière, nul(le) n’est sensé ignorer que l’on peut se renseigner sur le sujet, avant de faire n’importe quoi, de risquer sa vie, sa santé mentale et physique, mettre en danger son avenir.

J’écrirais bientôt un article sur comment devenir escort girl, mais vraiment, ça me révolte parce que ça me fait mal au coeur, d’entendre que tant de filles qui pourraient être mes amies, mes cousines, mes proches à quelque degré que ce soit, se laissent embobiner par ce genre de types et sont bouleversées à vie… Il faudrait, je ne sais pas, arrêter de jouer les ingénues et se renseigner, lire, apprendre. Loin des clichés, on gagne rapidement des sommes énormes en tant qu’escort girl (énormes rapport à un boulot dit « classique ») mais on ne le gagne pas facilement. Il faut toujours se remettre en question, être prête à affronter le pire. C’est pour ça que je parlais d’indice de risque dans mon post précédant – la vie n’est pas un long fleuve tranquille, et il y a dix fois plus de risque de se noyer dans ce fleuve pour une escort girl aussi expérimentée soit-elle.

En conclusion, reportez les con… qui testent les filles (parce que mine de rien j’imagine qu’il aime bien les jeux de rôle incestueux), les gros flambeurs qui n’ont rien dans le caleçon et tout dans le chauvinisme et l’autorité excessive sur des jeunes femmes qu’il s’imagine innocente, et tout autre personne susceptible d’avoir le profil approchant. Quant à moi, je cherche toujours des agences d’escort girl crédible à l’étranger. Mais pour l’instant, je pense surtout à vivre à fond chacune de mes aventures…

Chacha, qui après avoir lâché ses honoraires d’une heure dasn un magazin de fringues, se sent comme une fashionista new-yorkaise. Je me la pète parce que je le vaux bien (nan, je déconne…)

Publié dans:Non classé |on 22 février, 2008 |1 Commentaire »
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