Archive pour janvier, 2008

Tricher n’est pas jouer (première partie)

 

Cela fait une semaine que C. essaie de me booker. On conclut un rendez-vous en début de semaine, histoire d’apprendre à se connaître autour d’un verre. Il m’appelle deux heures avant le rendez-vous « Ca te dérange si je reste en bleu de travail ? » Moi, déconcertée, « non, non ! » Je me dis mais quel gus se ramènerait à une rencontre avec une escort girl habillé en bleu de travail ? D’un côté je me dis que ça ne le fait pas du tout, de l’autre je trouve ça plutôt rigolo. Je raccroche en souriant. Forte de mes expériences passées, j’ai en tête d’utiliser pour de bon mon alter ego et de laisser aller Chacha à sa guise. Je lui indique un endroit que je connais moyennement et on se cherchera ainsi pendant plusieurs minutes avant le rendez-vous. Pendant ce temps-là, je pense même à annuler la rencontre puisqu’il pleut et qu’il fait froid, mais finalement on se trouvera. Surprise. C. est probablement l’homme le plus charmant que j’ai jamais rencontré.

Physiquement, C. fait très jeune par rapport à la trentaine avancée qu’il annonce (il n’a jamais dit précisément l’âge qu’il avait mais n’arrête pas de répéter cette phrase vieillote « j’ai l’âge de mes artères » ou bien « c’est un jeune c’est normal » et des trucs du style « à mon époque »… Pouah, des phrases de « vioks »…) Il a pull rouge par-dessus un t-shirt blanc et un pantalon type bleu de travail – alors que je m’imaginait très franchement qu’il serait totalement en bleu. Soulagement. Il me charrie un peu comme quoi je ne connais pas la ville et je ris en mon for intérieur puisque ça fait plus d’une dizaine d’années que je vis là. En gros, il rit du personnage qu’il incarne. On change vite de conversation, j’ai le sourire aux lèvres au gré de nos discussions, j’aime sa façon subtile de me chambrer, son sourire adorable, son physique, sa mentalité, sa façon de voir les choses et de les partager. Il est tellement charmant. Il a un sourire tellement mignon. Tout à fait le type de mec qui me plaît, bien que je répète que je n’ai pas de types de mecs. Disons qu’en fait il ressemble à ce que j’apelle un beau mec. J’ai pas utilisé cette expression depuis que j’ai 13 ans. Ca date (je dis toujours « un beau gosse » ou « un canon » ou « une bête. » Beau mec, ça fait ado en puissance, je trouve. Mon opinion.)

C. parle de l’époque où il était au collège, dans ce collège à l’autre bout de la ville, dont je n’ai pas vraiment entendu parler. Collège de cancres(syn) en général, des files des branleurs fils d’ouvriers qui se battaient pour arriver en retard, myriade des bas fond tous destinés sans exception à un BEP quand lui est le seul à faire un CAP. Des années plus tard, lui, le vilain petit canard est devenu un chef d’entreprise prospère, le seul de sa promotion. Quand il passe dans le quartier, on le salue – « on », c’est ceux qui pointent aujourd’hui au chômage, détenteurs d’un diplôme-bouche-trou (le BEP) qui était pourtant le choix star de ceux qui ne voulaient pas passer pour les rebuts de la société mais qui aujourd’hui se rendent compte que ce diplôme (seul du moins) ne vaut rien sur le marché du travail. « Tu vois, tout le monde se disait que le CAP c’était archi-nul, c’était pour les mecs qui ne fairaient rien de leurs vies. Moi je savais que je n’étais pas fait pour l’école, le plus tôt j’ai arrêté, le mieux je me suis sentie. Mais depuis, j’ai bossé dur. » Attentive et concentrée, passionnée même, je l’écoute me raconter sa propre histoire, me brosser le portrait de l’homme qu’il est en toute humilité. Il symbolise à lui seul le genre de success stories que j’adore et que j’entends rarement. On embraye sur le nos souvenirs d’enfance, nos plus grosses bêtises, nos amies, la musique qu’on écoute… le pouvoir d’achat (sujet qu’il ne faudrait jamais aborder avec un client dont je me suis haté de clore le débat), la façon dont on idéalise l’adolescence quelques années plus tard. Au cours de la discussion, je me sens parfois gênée, j’ai envie de lui dire dans quel lycée j’ai été vraiment, parce que malgré que ça soit un lycée de fils à papa, ça le fait grave quand je dis que je viens de là. Je me sens gênée et emprisonnée dans le rôle que je me suis confiée, c’est dur parfois de ne pas pouvoir lui confier au moins un peu la vérité sur qui je suis vraiment.

Le rendez-vous prend fin quelque une heure après – c’était un rendez-vous éclair, le temps a filé à une vitesse incroyable. Pendant qu’on attend que le garçon de café s’occupe de nous au comptoir, il me dit qu’il ne se souvient pas bien comment on s’est rencontrés ni pourquoi… Il me murmure « allez dis-moi… » Je lui dis que non, que ce n’est pas grave. Je me dis qu’on ne se reverra pas, je trouve ça étrange qu’il ne se souvienne pas de tout ça mais je me dis qu’après tout c’était super charmant comme rencontre. Je trouve ça bizarre qu’il me dise ça maintenant et pas en début de rencontre, soit il me prend pour une abrutie, soit il est vraiment très bête. Je préfère ne pas trop y penser, secouer la tête, lui dire de laisser tomber. Je lui ait dit que de toutes les façons il n’entrait plus dans la perspective que j’avais d’abord en le rencontrant, que ce n’était pas vraiment la peine que je lui rappelle le contexte s’il ne s’en rappelait pas lui-même. Je l’avais classé dans la catégorie « dommage-je-me-le-serai-bien-fait » tout en me disant que je ne le reverrai plus jamais puisque c’est par l’escorting qu’on s’est rencontrés et de plus c’était le premier homme avec qui j’usais des caractéristiques de mon alter ego. Ce qui signifiait en gros que je lui avait menti pour la bonne cause et que par conséquent rien n’était plus envisageable autre que la relation escort-client. Or, le voilà qui insistait même après que l’on soit sorti du bar, et tout à coup je me suis rappelé sa phrase lors de notre tête à tête : « pour tout te dire je désesperais que l’on se rencontre un jour, ça fait plus d’un mois que je t’ai appelé ! » Wow. Ce mec me voulait vraiment.

On était là, debouts l’un face à l’autre, sur le point de se dire au revoir. Il insistait encore et encore. Allez dis-moi. Non. Non mais dis-moi, sois honnête ! Euh ce n’est pas parce que je ne te dis pas que je ne suis pas honnête ! Non mais attend… C’est vivamachin, c’est ça ? Viva quoi ? Non mais tu plaisantes ? Jamais ! Mais ça a un rapport avec ça. Ah et c’est combien de l’heure ? Face à son visage trop charmant, j’ai baissé les yeux et murmuré le tarif habituel. Quand j’ai levé à nouveau mes yeux, il faisait une grimace en se grattant la nuque. On s’est fait la bise et nos chemins se sont séparés.

Un quart d’heure plus tard, à l’arrêt du tram le PA me surprend en train de rêver. P… ! Mes deux vies n’ont jamais été si près de se confondre ! En règle général, j’ai besoin d’une petite heure pour me remettre de mes rencontres mais là wow… Ca va trop vite. On échange quelques mots, il s’étonne de me voir maquillée, je réponds que j’en avais envie, voilà tout. J’ai encore en tête la conversation délicieuse avec C., son sourire charmant, sa moue grimaçante à la fin du rendez-vous. Il m’a promit de m’appeler bientôt.

Le lendemain avec C. au téléphone, on fixe le rendez-vous pour le jour suivant, quelque part dans une des maisons en chantier dont il doit s’occuper. Je ne comprends pas bien le délire, mais pour moi tant qu’il a quelque part où on va se poser, pourquoi pas. Dans la voiture on reprend notre conversation là où on l’a laissé la dernière fois. C. est l’anti-thèse de l’homme idéal. Il n’aime pas ce qui touche de près ou de loin à l’informatique (sans être une geek j’aime ce qui a trait aux nouvelles technologies), s’habille toujours en bleu de travail (mais a quand même mentionné que le peu de fringues qu’il a sont des fringues griffées), aime aller à l’essentiel. On se chambre gentiment, la conversation dure jusqu’à ce que l’on se retrouve devant la porte de l’appartement. Il met cinq minutes à trouver la clef, puis il attend cinq minutes quand il commence à la mettre dans la serrure, puis on entre enfin dans l’appartement. Durant tout ce temps j’ai froncé les sourcils, genre y’a-quelque-chose-qui-cloche. On s’est assis, il a regardé un peu à droite à gauche, a vérifié le courrier du propriétaire de l’appartement (« non mais juste au cas où elle aurait des avis impayés ou quoi… »), fouille dans le frigo (« ah nickel le frigo est plein ! »), m’offre un verre et on papote un peu. Le truc quand j’ai de grandes affinités comme ça avec un homme, c’est qu’il y a deux issues. Soit je veux le dévorer, soit je veux en faire un ami. Avec C. c’est plutôt la second option.

A ce moment-là je me demande si finalement je me laisse aller et je franchis le pas, ou bien préferais-je que mes sentiments amicaux nouveaux-nés prennent le dessus ?

Publié dans:Non classé |on 29 janvier, 2008 |2 Commentaires »

L’homme qui n’a pas de prénom (suite du Crapaud.)

Dans le taxi, je reçois plusieurs coups de fils et textos de mon dernier rendez-vous de la soirée. « Tu es prêtes pour une soirée de folie? » Ma réponse ne tarde pas : « Plus que jamais ! » Le taximan est plutôt sympa. Conversation plutôt trip’, pas trop d’arnaque dans la façon de conduire. On arrive rapidement à bon port.

C’est un type qui a la trentaine, un grand sourire aux lèvres (surement parce qu’il a réussit à me faire déplacer pour une cinquantaine d’euro en moins que mes tarifs habituels), commercial-avec-présentation-irréprochable dans l’attitude et dans l’allure. Je réponds avec un sourire à mon tour, je me pose sur son lit, il a commandé un dîner et a demandé à se faire servir dans la chambre car il ne s’attendait pas à ce que j’arrive de sitôt. Je me suis moi-même épatée d’être à l’heure. Finalement, on conviendra que j’aille sous la douche – implicitement jusqu’à ce que son repas soit livré. J’ai mit probablement une vingtaine de minutes sous l’eau chaude. Ce que je déteste dans les hôtels de standing c’est qu’ils en mettent tellement dans le design qu’ils oublient le côté « utile », c’est-à-dire qu’ils mettent le paquet sur le design et l’élèvent tellement au rang d’art qu’ils ne se rappellent plus qu’il faut avant tout penser à ce que ça ne soit pas possible de mettre de l’eau partout. Bon l’avantage c’est que c’est de taille moyenne donc on n’étouffe pas avec la chaleur comme dans les hôtels cheaps. Mais bon.

Je le rejoins dans la chambre. Je ne sais même pas son prénom, mais pour être honnête je m’en tape un peu. Des fois je me trouve vraiment abusé comme fille, avoir des relations physiques avec une personne dont j’ignore la base de l’identité… Boaf. Je pense que je me fais à l’idée. Disons qu’en fait, je n’ai aps l’impression que ça soit « si abusé que ça » vu que l’essentiel réside dans le langage des corps. Ou peut-être que c’est simplement une excuse que je me donne. Who knows. Quand j’étais sous la douche, je me rappelais des dizaines de témoignages et de conseil que je lis d’ordinaire et je me disais « bon sang et s’il fouille dans tes affaires? » S’il fouille bah… il fouille, quoi. Par là je veux dire que ç’aurait de toutes les façons été trop tard. Et puis encore quand c’est dans une maison, je conçois tout à fait que l’on puisse prendre ses affaires avec soi – dans une chambre d’hôtel même de standing, ça paraîtrait décalé. Mon humble opinion. De toutes les façons de retour dans la chambre, je ne constate aucun changement dans mes affaires – même si je n’avais pas vraiment prêté attention à la façon dont je les avait laissés avant la douche.

Alors que je me brosse les dents il vient en serviette dans la salle de bain, me caresse les fesses avant de se glisser sous la douche à son tour. Je souris. Quelques minutes plus tard nous voilà sur le lit… « Tu me fais un massage ? », il me demande. Je hausse les épaules, réplique que je ne sais pas les faire. Il s’allonge quand même sur le ventre et je le caresse plutôt que je le masse, je commence à l’embrasser, à le mordiller… C’est vraiment bizarre ce truc de « massage. » Bon, c’est pas vraiment « bizarre » en fait vu que tout un chacun sait que les masseuses sont souvent des prostituées mais bon je trouve ça assez étrange comme introduction. Je veux dire… Je ne fais pas des annonces en disant « kinésithérapeute en herbe je vous propose de vous relaxer pour quelques centaines d’euro de l’heure »… Ca ne rimerait à absolument rien ! Donc franchement quand une fille s’annonce comme une escort girl il ne faut pas s’attendre à un massage ou je ne sais quoi. Non mais franchement… Bref… Je commence à oublier le Crapaud et mes mains vont et viennent à leurs guise sur son corps athlétique et chaud.

Les caresses se multiplient, les sourires s’échangent, les regards se font de plus en plus invitant et ma bouche en bonne hôte se doit de l’honorer… Bientôt, le fruit de son plaisir recouvre ma poitrine. C’est la première fois véritablement qu’un client (qu’un homme ?) jouit à cet endroit. Son sperme est compacte, jaunâtre, pâteux. On est loin des perles délicieuses de J2 – ah, mon J2 à moi… Il pousse un soupir qui sonne comme un râle de soulagement et me dit comme ça, « tu devrais aller te rincer avant que ça coule partout. » Non, sans déc’ ? C’est la première fois qu’un homme m’indique clairement qu’il ne veut pas « tâcher » les draps. Les autres s’en tapent un peu, parce qu’en général, je me dis, ils ne dorment pas dans la chambre d’hôtel.

Entre-deux qui démarre. On regarde la télé d’un oeil (Le Diable s’habille en Prada – c’est le câble je pense), on discute de tout et de rien, il me demande depuis combien de temps je fais ça, si ce n’est pas trop dangereux et toutes ces p… de phrases dont je me passerais bien (nota bene : mettre ça en rouge sur mon site officiel dans la rubrique « étiquette » dans quelques minutes.) Lui parcontre, il le dit d’un ton pas tellement inquisiteur. Y’a certains mecs qui me demandent et je me dis « putain non mais quel con » et je réponds poliment. D’autres demandent et ça ne me fait rien. Fin bref. Question d’alchimie je pense. Donc, l’homme sans nom (ça doit être le troisième dans le genre que je côtoie) a envie que ça reparte… Et moi aussi, tiens :)

Nos jambes se croisent, nos mains glissent, très vite je me retrouve sur le dos, à faire cette position que J2 et moi on fait tous le temps lors de nos rencontres. Le hic, c’est que J2 fait bien gaffe d’être doux et que cet homme y va comme fort… J’ai envie de partir, je me demande ce que je fous là, ma conscience me dit de tout arrêter tout de suite parce qu’il est vraiment en train de me faire mal alors je tente de me dégager de son emprise et murmure « arrête… arrête… », il repousse mon bras, change un peu de position, me dit « quoi, qu’est-ce qui ne va pas? » avec la voix du mec qui est en plein effort intensif et qui ne voudrait pas être dérangé (désolée d’être là !) 

Je me débats encore quelques minutes et petit à petit je glisse sous son corps et nous changeons de position – une position bien plus confortable. Je soupire, soulagée et bientôt satisfaite…

Nous retournons successivement sous la douche avant d’appeler le taximan qui m’a déposé quelque une heure trente plus tôt. Il ouvre la fenêtre et commence à fumer dans la chambre d’hôtel. Il tourne en rond, et comme il parle, je me dis qu’il est le type même de mec dont je pourrai facilement tomber amoureuse. Manteau trois-quart classique, chaussures type homme-d’affaire-prometteur noires cirées, regard ambitieux, sourire Colgate ; je me surprends à me demander à quoi ressemble sa légitime, pour quel type de boîte il bosse. Il ouvre la fenêtre, guette l’arrivée du taxi. Il fait des commentaires du style « je serais bien resté dans mon lit. » L’instant de cinq minutes je me dirais bon allez, laisse-le là et retourne à la casa. Ca n’a duré que cinq minutes. Je voulais quand même un happy ending à cette soirée et ce happy ending-là se traduisait par du cash.

On conclut que je dois aller attendre le taxi la première, parce que l’hôtel fait gaffe aux allées et venues des clients. Dix minutes dans le froid plus tard, la voiture arrive. Je bippe l’Homme sans nom qui rapplique quelques minutes plus après. Direction un distributeur automatique et puisqu’il se fait tard, on déposera l’Homme sans nom sur le chemin du retour à la maison. Ce dernier prétexte devoir déposer des documents au chauffeur, chauffeur qui, lorsqu’il sera descendu, commentera brillamment : « des documents et il n’a rien sous la main ! » Pas bête, l’animal ! Chacha répliquera qu’en fait il s’agit d’une transaction financière, quelque chose comm ça. La fille (moi) : « je n’en sais absolument rien, vous savez ! » La conversation devient plus triviale encore quand j’évoque un article que j’ai l’u récemment dans un féminin ce mois-ci traitant des « hôtes », cette version soft des escorts boys qui gagnent des sommes pharamineuses en draguant des filles à coups de poncifs bas de gamme. Le taximan me dit : « mais vous savez, il y aussi des filles qui font ça ! » Moi : « non, vraiment ? » Explosion de rires en mon for intérieur. J’adore ces moments où je me joue de tout le monde et avant tout de moi. L’Homme sans nom s’assoit à nouveau à mes côtés alors que le conducteur du taxi et moi échangeons nos désirs de partir pour tel ou tel pays chaud pour les vacances d’hiver.

Alors que nous sommes à un rond-point, il se penche vers le conducteur et dit « non mais on n’aurait pas dû passer par là ? » et en profite en fait pour me glisser les billets. Ca faisait très James bond 007 comme manoeuvre, très je-détourne-l’attention-prend-tout-ce-qu’il-y-a-dans-le coffre. On ne m’avait jamais fait ce coup-là avant. J’ai bien trippé.

En rentrant à la maison j’avais le big smile. J’avais encore quelques flashs de mes minutes avec le Crapaud (j’aurais dû baptisé le post précédent comme le topic que j’ai vu sur ce forum d’escort girls : « les escorts girls aussi se font arnaquer ») mais de façon générale, je me sentais bien. D’autant plus que je m’accrochais aux bribes de conversations avec J2.

Le souvenir du Crapaud me hantera quelques jours et me quittera. Je me suis demandée, est-ce que je m’habitue à être une fille sale, de celles qui encaissent tant bien que mal les premières marques de manque de respect et s’y habituent à la longue ? J’en ai conclut que non, que j’étais juste le genre de filles qui se rébellerait toujours face à de l’irrespect mais qui savait aussi faire table rase du passé et être en paix avec de pauvres types qui fatalement ne le seront jamais avec eux-mêmes.

Pour ce qui est de l’Homme sans nom, il a rappelé en milieu de semaine dernière. L’Homme sans nom est du style homme pressée, bonne présentation, tchatche moyenne. Niveau conversation parcontre, que ce soit par le biais du téléphone ou en tête-à-tête, faut pas s’attendre à des discussions de folie. Il m’a demandé si je ne faisais que des rencontres vénales, j’ai bredouillé non. Suite à quoi il m’a dit que ça l’excitait plus, que ce serait sympa si on pouvait se voir dans un cadre différent, j’ai dit pourquoi pas. Il devait rappeler en fin de semaine, il ne l’a pas fait. Ouf. Je ne suis pas prête à sortir du cadre de l’escorting avec un homme qui certes est athlétique sur le plan horizontal mais qui n’a rien de palpitant sur le plan vertical. La prochaine fois qu’il appelle, je décline poliment l’invitation.

Nous avions rendez-vous avec J2 il y a une semaine – mais j’étais alors en déplacement. Puis nous avons reportés à hier et j’avais la big flegme. Quand il a appelé pour que l’on se voit, j’étais démaquillée, démotivée – je crois que de façon générale je suis démoralisée. Il a été très déçu quand je lui ait dit « je n’ai pas envie de venir. » Il était déjà en route, plus prêt que jamais à ce que l’on se voit enfin, m’ayant confié quelques jours plus tôt qu’il ne jouissait que lors de nos rencontres. J’ai senti dans sa voix la tristesse que connaît l’amant éconduit. Je me suis sentie tellement bête de lui faire du mal, tellement stupide d’être si flegmarde. Pourtant tout n’était pas perdu, j’aurai pu me lever et y aller, avec du retard certes, mais y aller quand même. Au lieu de ça, je suis juste restée chez moi, avec l’envie grandissante de faire quelque chose de ma journée sans vraiment trouver quoi. Je ne crois pas que ça soit de la flegmardise à ce niveau-là. Ca ressemble plutôt à un soupçon de perte de moral sévère.

Chacha, aussi connue sous le nom de Mademoiselle-chante-le-blues.

Publié dans:Non classé |on 26 janvier, 2008 |1 Commentaire »

Le Crapaud.

Dix-sept heures. D. appelle alors que je sors de ma douche peu après que J2 soit parti. On fixe le point de rencontre et on se donne rendez-vous pour une heure plus tard environ.

Arrivée près du lieu de rencontre, il me dit au téléphone de regarder les plaques d’immatriculation autour de l’hypermarché de façon à trouver sa plaque à lui qui devra me sauter aux yeux puisque ce n’est pas le même département. Vous allez rire… TOUTES les voitures garées étaient immatriculées du même département indiqué ! J’ai fait « euhhh en fait ben… ça va être plus dur qu’on ne croit de se retrouver ! » Et puis en fait non, il était garé en face. J’ai traversé la rue et je suis rentrée dans la voiture.

C’était un marocain type.

Il jouait « les blancs » (pardon de l’expression mais par là je veux dire qu’il faisait comme s’il n’avait pas de racines marocaines. A la question « tu as des origines ? », il a répondu dans un souffle « oui, italiennes. » Pff. Ca me saoule les déracinés. Ca me saoule les complexés du gêne européen, qui se la pète à la « je suis un restaurateur qui était implanté au Maroc » alors qu’en fait il est marocain. Lui, n’a pas l’accent comme ce type que j’avais rencontré une fois. Sa façon de parler est vraiment transparente. Pourtant, je le sens mal. Il n’est pas charmant. Malgré ce qu’il m’a dit sur ses racines, ben il est quand même super bronzé, le bougre ! Même un européen qui reste dix ans au Maroc ne sera pas bronzé comme ça – je pense. Question d’épiderme. On parle de tout, de rien, on fait un tour. Tu fais ça depuis longtemps ? Non. Tu fais ça combien de fois par mois ? Pff, ça dépend. Sinon, tes tabous ? Blablabli et blablabla (sont dans un bateau.) Ces questions-là me saoulent de plus en plus.

De profil il ressemble très exactement à un croisement entre Smaïn et Sartre. Sa physionomie m’a rappelé, vous savez, ce passage où Sartre décrit quand son grand-père l’a emmené chez le coiffeur pour couper ses boucles blondes suite à quoi sa mère était obligée de faire face à « l’évidence de sa laideur. » D. n’avait pas un tel regard, mais dans l’ensemble il n’était pas beau. Il me disait qu’il n’était pas habitué aux escorts, qu’il était tombé sur mon annonce par hasard et blablabli et blablabla. Ca m’étonnerait vachement, je me disais en mon for intérieur. Il posait les mêmes questions qu’un habitué, avec le plus de calme possible – tandis qu’un « newbie » vous les posera avec un peu d’anxiété dans la voix et hésitation. Je me disais juste, boaf ça me fait de l’argent de poche après J2, alors pourquoi pas.

A un moment, je lui dit qu’il y a des personnes avec qui ça ne « passe pas. » Et il me dit en me regardant droit dans les yeux « et là, ça passe ou pas? » Je me rappelle que j’avais envie de dégager de la voiture sans demander mon reste. Et pourtant, je suis restée. J’ai envoyé paître ma voix intérieure qui me hurlait de dégager de là, j’ai juste penser à mon « speed. » C’est comme ça que j’ai surnommé les rencontres éclair où je baisse ma vigilance et essaie de faire plus confiance à l’humain (en face de moi) qu’à l’instinct (enfoui en moi)… ba pour du cash-éclair, quoi. Bref.

Deuxième oubli de mon inconscient quand D. me demande « bon alors on se fait la rencontre ou pas ? » Hurlement de la petite voix style « dégage de là, dégaaaaaage de là. » Moi : « Ben ouais. » A ce moment un type appel pour un rendez-vous plus tard encore dans la soirée. Je tourne court la conversation, promet de rappeler, je me dis pourquoi pas. D’abord ce rendez-vous après on verra.

 

D. est du genre « si tu fais ce qu’il faut je t’emmènerais dans un palace. » Oh par les cieux non, pas ça. J’en ai marre des types qui se la racontent. Qu’est-ce qu’il croit ? Que je suis assez conne pour m’imagine qu’un type qui a une voiture plutôt moyenne va m’emmener pour une thalasso le week-end prochain ? (et d’ailleurs pourquoi me dire « bah laisse tomber ton week-end shopping, choisis plutôt thalasso », je veux dire il a coupon réduction uniquement pour ce week-end là ou quoi ?) Que je suis assez conne pour m’imagine que si je fais ce qu’il faut il va me couvrir d’or et de rubis ? P… ça commence à me gonfler qu’on me prenne pour une pomme ! Je ne suis pas vénale. Je ne suis pas une machine à fric. Je ne veux pas qu’on me dise de faire ce qu’il faut pour avoir n’importe quoi. P… des fois, c’est vraiment trop gonflant d’être avec des mecs tellement laids qu’ils sont obligés de payer pour 1) faire des rencontres, 2) espérer les renouveler. Désolée de ce manque de tact mais bon dieu de bon dieu comme dirait l’autre, y’a vraiment de quoi sortir de ses gonds parfois.

D. continue sa diatribe sur « et si tu fais ce qu’il faut » et si machin et si truc… Dans ma tête c’est genre « et si tu fermais ta g…? » Pfff. Je repense à ses origines « italiennes » et je ris dans mon fort intérieur qu’il se croit si malin de penser que je suis assez conne pour tomber dans son panneau quand il fait des moues genre « attend tu veux êtres serveuse à Marrakech ? Non mais MOI je t’emmène dans un endroit où tu te feras servir ! » Je veux dire… Qu’est-ce que j’en ai à f… ? Je trouve le temps long, répond de façon laconique, me demande quand est-ce que tout ça va se finir. On trouve un hôtel rapidement – dix fois plus rapidement que s’il avait vraiment été un homme qui n’a jamais eu affaire à une escorte auparavant. Je trouve que ça fait pas mal de coincidences, son discours, son attitude. Je note quand il dit « tu crois qu’ils acceptent du cash, j’ai pas ma carte bleue? » En fait, depuis le début au fond j’ai le pressentiment qu’il ne va pas me payer. Mais je me dit, allez, motive toi, ce n’est pas parce que c’est un maghrébin que c’est un voleur. Et puis le truc de la carte bleue ça veut rien dire, Chacha. Bon ok, les mecs vont en général retirer les sous après le rendez-vous mais bon, c’est pas grave, tu vois.

La chambre n’a qu’un lit une place. Il me dit qu’ils n’avaient plus que ça. Je trouve ça louche mais hausse les épaules. J’ai horreur de ça. Les lits une place – qu’il y en ait un ou deux, je trouve ça foireux et anti-romantique à mort. Bref. On allume la télé pour mettre le son et à nous deux, Sartre. J’ai envie que ça se finisse, qu’il me paie, que je me barre. J’en ai marre de ce type. Pour la première fois, j’échange mon intimité avec un homme que je trouve moche. Laid, même. Smaïn et Sartre mélangé et avec ça un corps qui relève plus du crapaud que du sex-symbol. Une vraie bête… Ca me fait penser à des paroles dans la chanson de Tryo, Désolée pour hier soir : « quand tu vois double tu ramène de la bombe nucléaire. » Le pire, c’est que j’ai fait tout ça à jeun.

Mais qu’est-ce que je fous là, p… ? Prend tes affaires. Casse-toi. Ce mec ne va pas te payer. Ce mec te fait croire qu’il va t’avoir en te faisant miroiter des voyages superbes. Tu sais qu’il se trompe. Il croit qu’il te leurre. Ce n’est pas une relation saine. Ce n’est pas le bon endroit. Il n’a pas de carte bleue. Il te parle naturellement, te répète ah ça fait pas longtemps que tu fais ça. Il te regarde au travers de ses lunettes vitreuses et ses lèvres oh mon dieu – ses lèvres immondes qui quadrillent ton corps. Dégage de là, Chacha. Arrête tout. Non, je ne peux pas, il va payer ! Non, Chacha, il ne va pas payer et tu le sais. Tu le sais merde, alors arrête toi. Ok bon, dès qu’il a jouit j’arrête. Pas de pénétration mais au moins ça ok, Conscience ? Ok. Mais après tu dégages.

Deal.

Il me souffle comme ça, tu me rends fou, vient vivre chez moi. Ca sera toujours mieux que ce que tu fais maintenant. Ca rentre par une oreille…

Après une fellation, je vais cracher son liquide séminal dans le lavabo – je n’avale que quand j’apprécie la personne et jusque là, il n’y a que J2 qui y a eu droit. Je reviens, il veut remettre le couvert. Il me souffle comme ça, faudrait que tu viennes vivre chez moi et m’embrasse – oh mon dieu, j’ai horreur de ses lèvres. Trop épaisses en bas. Trop dégueu… Dégage, Chacha ! Non ! Il me souffle comme ça, viens chez moi, tu ne manqueras de rien. Réfléchis-y.

Je soupire. Il croit que je suis conne ou quoi ? Je te l’avais dit, ce mec ne va pas te payer. Conscience, ferme ta bouche s’il te plait. Soit.

Il me souffle comme ça, on pourrait rentrer dans une relation sérieuse. Parcontre, faudrait que t’arrêtes ce que tu fais en ce moment, parce que… il fait une moue genre « c’est pas trooop trooop. » J’encaisse en silence. Je pense à tous ces types décrit dans le bouquin de Kay Good, comme des types qui veulent te « sortir de là où tu es », parce qu’ils ont encore cette vision archaique et dépassée de l’escort « contrainte et forcée » quand la grande majoritée font de l’escorting « désirée et conscient. »

J’ai soupiré comme ça… « Je ne sais pas… Il faudrait que je quitte tout, c’est trop me demander. Il faut que je réfléchisse. » Il me dit « ahhhh noooon, je ne te dis pas de touuuut quitter, bah euhhh regarde… Ta famille, tu restes proche d’elle ; tu reste dans ta colocation et tu gardes tes amis. » Bon en gros, je garde la même vie mais il a du sexe gratuit ? Pardon ? Est-ce que quelqu’un peut me foutre une claque, là, histoire que je me réveille ? J’hésite entre l’envie d’exploser de rire et d’exploser de rage. Non mais quel boulet. Non mais quel salaud. Il ne va pas me payer, c’est évident. Il a raison, j’ai cru en lui, j’ai cru qu’un speed pouvait se faire ce soir et au final il m’a pris pour ce que je suis. Quelle conne.

Là, c’est trop. Je retire ma main de son caleçon, alors qu’il la guidait. Je le regarde droit dans les yeux, furieuse, je lui dit qu’il n’a pas le droit de me juger, que je ne ferai plus rien avec lui, qu’il laisse tomber le reste. Il m’a regardé, genre énérvé « non mais attend, je ne te juge pas je ne me permettrai jamais ! » Ben voyons. Faut pas prendre Chacha pour un jambon.

Il continue de déblatérer sur combien il me respecte, sur le malentendu qui est en train de se passer, ce quiproquo sans nom qui se joue. Je soupire, je lève les yeux, je dis que de toutes les façons ça m’a coupé dans mon élan pour un moment, que je ne supporte pas qu’on me juge. Il jure sur ses grands dieux que je l’ai mal compris. Ok, passons l’ami, j’ai autre chose à faire. Je croise les doigts dans le dos, « faites qu’il me paie, faites qu’il me paie…! » Mouaif. Je sais qu’il ne le fera pas, mais j’espère, je crois, j’ai envie que ça marche.

On se rhabille et on repart. Avant de quitter la chambre, je suis supposée l’appeler. En composant les touches, je me dis pff qu’est-ce que tu crois, il s’est déjà barrés. Pas tout à fait. Il s’est « avancé » au bout de la rue. Envie de partir sans moi ? Je monte dans la voiture. Il continue genre « tu parles pas? » Son portable sonne, j’entends « elle est où ? Ok, je passe la chercher. » Genre. Il me dit, bon attend on va pas se quitter comme ça, je t’offre un restau ? Moi : no way. Il continue. Et tu ne parles même plus. Et pourquoi. Et je t’assure c’est un malentendu. Et attends, un dernier verre ensemble au moins, non ? Moi : hein hein (genre non non.) Quel pauv’ connard. Il s’imagine franchement qu’un « restau » ou un « verre » va suffire à rembourser la prestation ? Ok, ce n’est pas le tarif habituel qui s’applique mais il y a tout de même un tarif.

Le truc de dingue.

D. me dépose en centre-ville. « Bon, tu vois ce café-là ? Tu m’attends devant, je vais retirer. » J’ai tellement envie de rire et en même temps, je suis tellement dégoutée… Je lui dis juste, hyper déçue dans le ton « dans combien de temps tu seras là? » Lui : Dix minutes.

Je n’ai même pas attendu devant le café. Pour passer pour une pauvre pomme, non merci. J’était sûre au moment où j’ai mit mon talon par terre en sortant de la voiture que je ne reverrai plus ce type. Je m’étais faite avoir en beauté. Pardon : en beau-té. J’ai erré dans la ville, sortant un billet de dix pour manger ici ou là. J’arpentais la rue commerçante, l’air hagard, me disant dans quinze minutes tu appelles, dans trente tu laisses le message fatal.

Quinze minutes plus tard, il répond au bout de la troisième sonnerie. Il fait l’homme pressé « j’arrive, jarrive ! » et je raccroche. Trente minutes plus tard, il ne répond pas à mes deux appels successif.

« Salut D. c’est moi, Chacha. Bah voilà, je sais que tu ne répondras plus jamais à mes appels et tu sais je ne suis pas une fille à problème, je ne vais pas te harceler après ce message. Je savais très bien que tu n’allais jamais venir devant le café, tu sais le plan du mec qui dit « attend moi là j’arrive », ça se sentait vraiment le faux plan.Depuis le début de ce rendez-vous, je le sentais mal, tu vois. Je le sentais mal et pourtant je me suis dit – allez, fait lui confiance. Et je t’ai fait confiance. Je suis juste moi. Honnête, quoi. Tu m’as déçu certes, mais je sais que cette rencontre me fera aller de l’avant. J’espère que toi aussi tu iras de l’avant après ça. C’est tout ce que je te souhaite.  »

Je n’ai pas besoin d’être véhémente ou quoi dans mes messages – il sait très bien qu’il a été malhonnête et ça pésera suffisament lourd sur sa conscience pour le reste de ses jours sans que je n’ai à perdre mon temps et mon énergie à le harceler.

Après ça, je me suis sentie sale. Pendant deux jours entiers je pensais à son corps de crapaud (de grandes jambes, pas musclées, de forme assez originale, un corps plutôt repoussant dans l’ensemble…), à sa lèvre inférieure plutôt épaisse (j’aime les lèvres plutot fines), à l’odeur de son corps immonde. Il m’aviat salie. En ne payant pas la prestation, il avait abusé de ma confiance – abusé de moi, d’une manière. Je me sentais mal. Je me sentais conne. J’avais envie d’envoyer le monde entier se faire mettre quand le type qui avait demandé à booker pour la soirée a rappelé.

Je l’ai envoyé paître dans un premier temps. Ah non désolée je ne fais pas ma pub sur vivamachin, je ne suis pas folle au point de mettre mon annonce sur un site qui vend aussi des fripes et des voitures d’occasion. Ah non désolée, je ne suis pas à une centaine d’euro de l’heure, j’ai autre chose à f… que de me déplacer pour vous. Il m’a calmé un peu, m’a dit que j’étais rigolote à parler si vite, a insisté encore un peu pour que l’on se voit. J’avais besoin d’effacer le souvenir de cette rencontre, d’effacer le sentiment d’être sale qui grandissait en moi. Et si je rentrais là maintenant tout de suite à la maison, j’aurais cette impression qui me collerait à la peau pendant des jours et des jours. J’ai pris une grande inspiration et j’ai dit oui.

En hélant un taxi ce soir-là, j’ai remercié ma conscience cent fois, mille fois, dix mille fois d’avoir été là quand même, malgré mon entêtement. Je la remerciais encore de me souffler que ce nouveau rendez-vous serait sympathique. Tout ça me faisait penser au sage adage latin « festina lente » (hâte-toi lentement.) La prochaine, j’y penserai mon pote.

Bref, j’ai horreur de ressasser les mauvais souvenirs mais bon. J’ai été bête. Mon conseil : ne jamais céder à l’envie de faire des « speeds », même si jusqu’à ce type, tous mes speeds c’étaient bien passés (faut dire ma conscience ne signalait rien de spécial.) En fait, faites des speeds, mais écoutez votre voix intérieure. Autre chose : ne jamais partager son intimité avec un homme moche. C’est comme se forcer. Et au moment où vous vous forcer, c’est l’alerte rouge absolu, il faut « dégager » absolument. Ca m’a soulager de tout arrêté. Ca m’a soulagé dans le sens où ça me faisait de nouveau penser que j’étais la seule et unique maîtresse de la situation et de mon désir. Il y a quelques semaines, je n’aurai pas fait gaffe à ma voix intérieure. Aujourd’hui je décide, je n’ai pas peur de tout arrêter sur un coup de tête – l’argent n’est plus en ligne de mir. Le respect de moi-même si. Le respect de mon corps, le respect de mon coeur, le respect de ma personne, tout simplement. Je me suis promis ce jour-là que ça n’arriverai plus.

Chacha, fatiguée par tant de malhonnêteté en ce bas monde. Trop bonne, ouais. Trop conne, forcément. Bahhh… Tout n’est pas si noir. On verra.

Publié dans:Non classé |on 24 janvier, 2008 |4 Commentaires »

Les amants se cachent pour s’aimer.

Rencontre avec J2. Il me réveille comme convenu aux alentours de six plombes du mat’, je me douche, m’exécute à des tâches que je m’étais promis depuis ma dernière rencontre avec lui de faire bien à l’avance (chacha est toujours aussi feignante en 2008), puis petit check-up et transports en commun. Malgré que je me sois probablement pris dix fois moins la tête et bougé dix fois plus les miches que d’habitude, ben j’ai quand même été pas mal en retard. En même temps, utiliser les transports en commun quand la ville s’éveille, c’est carrément hardcore.

J2 m’accueille presque déshabillé comme toujours. Le chauffage est aux max, comme j’aime ; je m’allonge sur le lit, comme depuis notre première rencontre. Ca fait presque un mois qu’on ne s’est pas vu et il y a comme un échange de regards électriques dans l’air. Il allume son appareil photo et c’est reparti pour un shooting coquin, je prends des moues boudeuses et sensuelles, bien que je sais qu’il n’y a plus de flash. Je sais qu’il me filme… Je me dis… Merde ! Je joue le jeu encore un peu, mais ça trotte dans ma tête. Et s’il mettait ces photos et cette vidéo sur le net ou s’en servait plus tard pour me faire chanter ? Et si il la passait à des amis à lui et/où qu’il la balançait dans un réseau de mecs qui adorent les petites blacks qui font tout et n’imp’ pour trois billets (ce qu’ils s’imaginent) et si…? P*t@n ! Ca me rongeait de l’intérieur, ça me tracassait, ça me saoulait. Très classe, je me suis dit « laisse pisser. » Je me suis dit, fais lui confiance, c’est un truc énorme mais fais-lui confiance et je suis passée à autre chose.

Quelques jours auparavant, il m’avait dit qu’il avait une surprise pour moi, ça m’a fait pensé à la fois où sa surprise était de glisser ses doigts en moi, en profondeur. Je l’ai supplié dans toutes les langues de me la dire, mais il n’a pas cédé. A un moment, alors que nous nous manifestons passion et tendresse, il me dit qu’il va me… fister. Oh. My. God. Je l’ai regardé, genre apeurée… J’ai dit non, j’ai murmuré non. Il m’a dit si si, laisse toi faire, écarte tes jambes et laisse-toi faire. D’habitude c’est de la fausse protestation et d’habitude c’est de la fausse insistance. Je savais qu’ici encore tout était faux, alors j’ai continué mes caresses et mes baisers, il n’y avait toujours que quelques-uns de ses doigts qui se balladaient par là. Je savais que J2 ne me ferais jamais de mal ou quoi.

Quand il s’agit de mes « tabous » sexuels, il faut dire que c’est assez flou. Je n’aime pas le SM. Quoi que, tout dépend du contexte, mais je ne ferai pas (jamais ?) l’amour avec plus de deux personnes, hommes ou femmes. Je ne veux pas qu’on me frappe ou qu’on m’humilie durant mes relations sexuelles. Je ne veux pas impliquer tout ce que je trouve immoral, comme quelqu’un qui n’a pas l’âge adulte ou un animal, de quelque sorte. Dans le même genre, je ne pratiquerai jamais (ça c’est certain) l’urologie (aussi communément connu sous le nom de pluie dorée) ou la scatologie. Je ne dirai pas mon avis personel sur ces deux dernières pratiques, parce que chacun a ses limites et est libre de faire ce qu’il veut, tant que ces limitent ne violent pas celles des autres, ni leur consentement. A partir de ces tabous-là, tout est à peu près négociable. Même l’annulingus (sur mon partenaire.) Je crains la domination, j’ai peur de ne pas être faite pour ça, mais après tout, peut-être que si. La domination, c’est perçu comme excessif mais selon le livre de Kay Good, ce n’est pas vraiment exagéré comme truc, parce qu’au finish tout se passe plus dans le jeu de rôle, les paroles et l’attitude que dans l’action véritable. Faut voir. Pour l’instant je m’en tiens à tout ça, on verra bien.

J2. m’annonce donc… Je vais te fister. Or, le fist-fucking, c’est carrément le truc que je ne peux pas voir… Je respecte totalement ceux qui pratiquent et aiment, mais franchement, pour moi, c’est trop. Je vois ce qu’il y a de sensuel dans quelques doigts, mais une main entière, un poing, franchement, non. J’ai vu un porno français l’autre jour, avec une hardeuse qui s’enfonçait une main dans le vagin dans une scène et dans une autre c’est un acteur qui la pénétrait de sa main entière. J’ai trouvé ça é-coeu-rant. C’est… ouais, carrément too much. Trop hard pour moi. Beaucoup trop hard. Connaissant ma sensibilité sur le sujet, j’ai répété encore et encore à J2 de ne pas le faire, et en même temps que je disais ça, il y avait toujours la pensée de la vidéo qui me tauradait (il n’enregistrait plus bien sûr, mais je me posais encore la question pour la vidéo que j’avais tourné plus tôt), devenue obsessionelle. Je me disait, mais qu’est-ce que tu fous là, prend tes affaires et casse-toi, n’accepte pas tout ça pour quelques billets… J’avais peur qu’il aille plus loin, qu’il le fasse vraiment. Je lui ai demandé d’arrêté, je l’ai repoussé, j’ai boudé. Il m’a dit « non, mais je plaisante, je ne l’aurais jamais vraiment fait, tu le sais ! » Ouf. Je le savais – mais au moins comme ça c’était clair. Après le coup-franc, reprise active des deux joueurs et buuuut… dans ma bouche. Le liquide séminal de J2 est fluide, transparent, léger. En un mot, délicieux.

Je traine un peu dans la salle de bain. J’ai remarqué que je ne m’essuie plus franchement comme avant, maintenant je tamponne doucement la serviette contre mon visage – j’ai remarqué que je laissais des trainées de maquillage avant et vu que je veux toujours rester plus ou moins fraîche après le « premier round », c’est pas plus mal comme ça… Retour dans la chambre avec J2 qui est silencieux et pensif. Je me glisse près de lui sous les draps, soupire profondément. Je me rapelle comment il m’a pris dans ses bras quelques minutes plus tôt, m’appelant sa Chacha d’amour, allant même jusqu’à me dire qu’il ne me forcerait jamais à quoi que ce soit, qu’il m’aime. J’ai trouvé ça chou - mais excessif. Excessivement chou. Il me demande, alors, qu’est-ce qui ne va pas aujourd’hui, du ton de l’homme inquiet. Je lui dit que je suis très préocuppée par ces photos et ces vidéos. Que j’avais peur qu’il en fasse n’importe quoi, que ça me faisait pas mal réfléchir, tout ça. Je lui ait dit que l’idée du fist non plus ne me plaisait pas, que les deux cumulés m’avaient plutôt destabilisés, parce que ça touchait à ce qui s’apparente comme mes limites. Il m’a prit dans ses bras, tout contre lui, m’a dit mais non, c’est juste pour moi, parce que tu sais pendant un mois tu me manques beaucoup, c’est juste pour moi, je t’assure, pour te voir quand tu me manques. Moi : et tu regardes ça avec d’autres personnes ou bien… Lui : Non ! C’est uniquement pour moi quand tu me manques trop, je ne ferais jamais rien avec ! D’ailleurs je te les envoie directement après, je ne vois pas avec qui je pourrais les partager ! Je lui ait dit que c’était de ma part une preuve de confiance énorme et que j’espérais qu’il s’en rende compte, parce que le fait qu’il possède ces vidéos et ces photos pouvaient, si utilisés à mauvais escient, briser ma vie. Il a dit non, ne t’inquiètes pas, j’en suis conscient, ce n’est que pour moi, sois-en sûr. Je pense beaucoup à toi, je t’envoie des mails sans arrêt, dès que je peux je te téléphone, tu vois, c’est vraiment juste pour moi quand tu me manques trop. J’ai soupiré encore, je me suis dit que j’avais été plutôt courageuse de lui dire tout ça, parce que quelque part c’était un peu lui donner les armes pour m’achever. Ca aurait pu lui donner des idées – mais bon au fond, j’imagine que n’importe qui prenant des photos de n’importe quoi aujourd’hui sait que mise sur le web ou entre de mauvaises mains peuvent être très dangereuses (bon la photo d’un chène tricentenaire, je suis pas sûre, mais vous voyez ce que je veux dire.) J’ai décidé de lui faire confiance, j’ai assumé de me dire qu’un jour ou l’autre je me rappellerais de ces photos et de cette vidéo et que c’est probablement très risqué. Boaf. Je ne pense pas devenir Miss France ou quoi, et si un jour je fait un truc plus ou moins reconnu, je n’accepterais que des rendez-vous privé, un peu comme ces chefs de guerre et ces auteurs qui requièrent une interview dans un cadre intime. On verra, hein.

Câlin de plusieurs heures s’ensuit. Je sors une phrase, il me vanne. Je sors une autre phrase, il me vanne doublement. Moi « euh ça va, je vais m’en prendre plein la tête comme ça toute la journée ? » Lui : « T’as bien fait de venir, tu vas voir ! » Explosion de rires. C’est assez énorme d’avoir avec J2 les délires que j’ai avec certains potes à moi, de pouvoir se vanner tranquillement à base de blagues au second degré, tout en faisant des allers retour entre ça et des sujets plus sérieux comme l’art, le cinéma, la littérature. Vers onze heures, il me demande s’il veut qu’on aille au restaurant, que cétait ça ma vraie surprise (tu parles, Charles…), question à laquelle je réponds par la négative. Je n’assume tout simplement pas de sortir de l’hôtel avec J2. L’image de la petite black et du mec plus âgé n’arrive pas à s’imposer dans mon esprit. Je bredouille juste que je suis plutôt fatiguée vu que j’ai pas dormi de la nuit (vrai) et que je vais profiter du temps où il n’est pas là pour faire la sieste. Il insiste un peu et quand je lui dit que je lui prépare une petite surprise, il dit ok et sors. J’ai fait un test à la con que j’aurais pu faire avec n’importe quel type d’amant – en fait, je me suis allongée et j’ai fermé les yeux pour voir sa réaction. Plutôt du type je me barre sans demander mon reste ou un dernier bisou avant de partir ? Réponse b. Ca m’a fait trop trop plaisir, ce petit bisou sur la joue avant de partir.

Il y a des femmes de ménage dans le couloir. Elles arrêtent pas de parler, de faire des va-et-vient, se marrent avec le type de la chambre d’à côté sur Dieu sait quoi. Je veux dire… Y’a moyen de fermer les yeux tranquille dans ce putain d’hôtel ? pff… Niveau réhaussement de l’image stéréotypée de la femme de ménage, n’allez pas chercher de ce côté là, si vous voulez mon humble avis. Du coup je passe mon temps à enlever mon fut et à le remettre, dans le cas où elles se mettraient aussi à frapper à ma porte et à me demander à passer l’aspi. Pffff. Quelles grosses pommes. Finalement, J2 n’a mit qu’une demi-heure à revenir et quand il est là de nouveau, je fais glisser mon jean discrètement hors de mes jambes et sur le côté du lit. Deuxième round…

…Enfin presque. J2 me dit qu’il souhaite se réserver pour plus tard, ce à quoi j’acquiesce et lui fait de la place dans le lit pour un méga câlin de plusieurs heures. Se sont fait taillés un costard : les femmes, les chinois, les cons. Non, J2 n’est pas mysogine et non J2 n’est pas raciste et non J2 n’est pas… con. Il est tout simplement hilarant ! On a discuté de tas de trucs et il prenait toujours tout au second degré, mais quand il fallait aborder certains sujets, il était très sérieux. J’étais tellement contente que ça se confirme qu’on pourrait s’entendre dans la vie de tous les jours, que tout n’étais pas purement une histoire de fesses et de fessées entre nous ! En plus de l’évidente connexion physique, il y avait à présent l’omni-présente connexion spirituelle et j’étais envahie, subjuguée, éblouie par sa capacité à m’écouter et à étayer mes propos. Je ne pense pas l’avoir sous-estimé, mais je me disais simplement que ce n’étais pas son truc, de parler. A un moment, je m’arrête :  »bon tu me dis si je te saoule, si je parle trop… bon ok c’est vrai que toutes les femmes parlent beaucoup trop », je dis avec un ton ironique. Il me regarde et fait une moue du style, tu l’as dit toi-même. J’étais morte de rire.

J2 c’est carrément le mec trop trip’ dans le genre et ça me fait vraiment trop halluciner de l’avoir rencontré. Je crois, ouais, c’est même carrément pour ça que je suis escort girl, pour rencontrer des gens que le chemin de la vie n’aurait jamais mit sur ma route. Je pense… je pense qu’on écrit notre destin. Ceux qui voient ça comme une fatalité perdent leurs temps (mon avis, mais je respecte le leurs.) Je veux dire… On passe trop de temps à se dire, si je fais ça, il se passera ça, si je fais ça au contraire, il se passera plutôt ça, etc. Il faut vivre. Il faut essayer de se poser la bonne question et foncer, foncer à toute vitesse, foncer dans n’importe quelle direction, juste foncer. On n’a qu’une vie à consommer alors au diable, la modération. « Hâtons-nous, jouissons ! L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive, il coule et nous passons » (Lamartine.)

 Troisième round éclair. Je note qu’il y a quelque chose qui a changé dans nos relations, ce n’est plus tellement cru, ce n’est plus tellement… En fait, si c’est toujours intense, masi en même temps qu’elle a changé de nature, l’intensité est plus forte. Il y a, je ne sais pas… Un truc spécial entre nous. Un truc vraiment, très très spécial. Je suis tellement heureuse de l’avoir rencontré ! Chaque minute avec lui est un bon moment. Pfouuu… Trop de bonheur.

Dernier câlin avant de se quitter. J2 est trop chou quand il s’y met. On partage la couette et les oreillers, il me fait des câlins, il me chambre, il remet en cause la condition de la femme dans tous les sens ce à quoi je réplique souvent piquée au vif et puis après je vois bien qu’il n’est question que de second degré. Un peu comme les gens avec qui j’ai le plus d’affinités. On parle au second degré, même de choses graves, mais pour qu’il n’y ait pas d’ambiguité, si on voit que la personne en face ne comprend pas, on redevient sérieux et on lui dit calmement notre véritable opinion sur la question. Je trouve ça énorme que J2 soit dans le même trip’ que moi. Le truc qui m’a fait déliré pendant des plombes c’est quand il a dit avec cette assurance inventée de toutes pièces « non mais je suis un mec exceptionnel, tu vas t’en rendre compte plus tard. Là t’arrives pas très bien à profiter du moment mais tu verras, d’ici quelques temps tu te diras mais… mais putain, j’ai pas vraiment réalisé que ce mec était unique ! » J’étais morte de rire. J’étais comme qui dirait ébahie par ses traits d’esprit. Ca me faisait halluciner que primo, il puisse encore m’étonner et secundo, sur ce plan-là. Je lui ait demandé s’il avait une bande de potes mysogynes, racistes et anti-con dans le genre, il a fait le mec évasif, non on est que deux, c’est un mec TRES bien d’ailleurs, les autres c’est des cons, quoi. Il empruntait à fond le ton des mecs prétentieux, de ces mecs que je suis parfois amenée à rencontrer ou à avoir au moins au bout du fil et ça me faisait délirer. J’ai toujours adoré qu’on me taquine, même sur des choses qui sont très sérieuses pour moi, comme la condition de la femme. C’est ça le charme du sarcasme, de l’ironie, de l’antiphrase, du persiflage : pouvoir se moquer derrière une mascarade de tournures sérieuses. Pour moi, l’ironie est un véritable art. Vraiment, vraiment. Très peu de gens le maitrisent vraiment, beaucoup ont trop peur d’etre politiquement incorrects ou de blesser involontairement, ou je-ne-sais-quoi-encore. C’est bon d’être enfin avec quelqu’un qui n’a pas peur d’aller au-delà de ces craintes. C’est bon de sentir que malgré le mauvais élève en français et en littérature qu’il dit avoir été, J2 maîtrise avec une adresse inimaginable l’art de l’antiphrase et du persiflage. Je suis carrément sous le charme.

Malheureusement, le dicton dit vrai : toutes les bonnes choses ont une fin. » La phrase de l’année vient de lui, avant de nous quitter : « ceux qui ne se croient pas cons et sont cons sont de vrais cons tandis que ceux qui croient qu’ils sont cons et qui ne sont pas cons ne sont pas de vrais cons. » Là, c’était le summum. J’ai rit pendant dix minutes…! J2 me répétais qu’il espérait que j’ai passé un bon moment (un peu, mon n’veu) et me disais qu’il faudra que je lui raconte mes futures rencontres et qu’il savait bien que de toutes les façons, ça ne sera jamais aussi bien qu’avec lui ! Je l’ai embrassé une dernière fois, en espérant que je tombe tout de même sur un homme avec autant de charme (plus, ce serait mettre la barre un peu haut, haha.)

On est sensés se revoir la semaine prochaine. J’ai pris une douche et je me suis remaquillée pour le rendez-vous suivant, un homme qui avait booké pour plus tard dans la soirée. Je ne le savais pas encore, mais ça allait être l’une des plus grosses déceptions de ma vie d’escort girl.

Chacha, total in love avec J2.

Publié dans:Coup de coeur, Non classé |on 16 janvier, 2008 |Pas de commentaires »

Jusque là, tout va bien.

(Non mais au niveau des titres, c’est la débandade.)

Je me sens comme un vendredi matin plutôt gris. Je suis sensée me faire une nouvelle coupe de cheveux dans l’après’m', celles que j’adore, avec une grosse frange et du vo-lume. J’adore quand ça boucle un peu partout autour de mon visage. Le truc c’est que je dois me préparer et je suis genre prostrée dans mon pieu avec une méchante flegmite aigüe. Dieu que la vie est dure. *Soupir.*

Hier soir, discussion avec J2 sur la messagerie instantanée qui a coupé court – il devait absolument retourner au boulot. J’ai profité lâchement de ce retournement de situation pour lui écrire un mail disant grosso modo que je l’appréciais énormément que que j’étais contente que comme moi il sente que quelque chose de spécial se passait entre nous, et que j’étais encore plus ravie de savoir qu’il voudrait que je ne soit qu’à lui mais que compte tenu de la nature de notre relation, compte tenu du fait que je sois une escort girl avec des milliers d’envies et des projets concrets sur le court et long terme, je ne saurais vraiment me réserver pour lui, et que finalement, je voulais qu’il me dise clairement ce qu’il attende de moi, arrêter l’escorting ? ou qu’il soit mon seul amant ? Que l’on se débarasse de cette question avant de se revoir en début de semaine.

J’ai tourné en rond pendant des heures, j’ai pris un bain, j’ai fait une sieste, j’ai joué à des jeux à la con, j’ai trainé devant la télé, j’ai léché du Nutella du bout de la cuillère, j’ai matté des films adultes, j’ai soupiré, soupiré et soupiré encore. Et finalement elle est arrivée. La réponse.

Dans son mail J2 me dit qu’il a adoré me lire, et qu’il est vraiment très content que ça se passe comme ça entre nous, mais qu’en fait à chaque fois que l’on se voyait il fallait pour lui aussi compter les frais de déplacement et le cout de la chambre d’hotel et que de pars le fait il ne pourrait le faire que rarement dans le mois. *Soupir devant l’écran* Il me dit qu’il comprend tout à fait que j’ai des projets et des besoins et que du coup il souhaiterait qu’on se mette d’accord sur une certaine somme chaque mois, en parallèle de quoi on aurait une sorte de relation passionelle, où mon rôle d’escort auprès des autres hommes se résumerait à ne pas prendre mon pied, à me réserver spirituellement (méchant, le concept) à lui. *Deuxième soupir derrière l’écran.* Il m’embrasse fort, m’appelle sa chérie, dit que je lui manque. Là, j’ai pensé : j’ai besoin de cinq minutes.

Et en fait ça a pris deux heures. Accepter. Pas accepter. Plouf plouf. J’ai fait les cent pas et je me suis posé dix millions de questions. D’un côté y’a mon coeur, de l’autre mon c… Enfin mon corps, quoi. Je veux dire, les deux ont généralement tendance à ne pas marcher ensemble. D’un côté j’apprécie beaucoup J., il m’apporte, je ne sais pas, quelque chose de sympa dans ma vie, une touche de folie dans nos relations physiques et puis j’hallucine toujours autant de vibrer quand il me dit que je lui manque. Je ne pense pas qu’il ait quoi que ce soit derrière la tête, au contraire c’est plutôt moi qui m’inquiète du jour où je devrais partir à l’autre bout de la france (du monde?) pour ces voyages dont j’ai tellement envie. J’ai peur qu’il s’attache à moi et en même temps, j’ai envie qu’on vive tout ça à fond… On verra bien. De l’autre côté il y a le fait de le voir deux fois plus pour presque rien – considérant ce que je pourrais demander. Mais je pense que quelque chose de sympathique est en train de se créer entre nous. Un truc où les amants savent qu’il y a un monde qui les sépare et qu’il faut qu’ils fassent gaffe à « leurs sphères privées » (lui sa famille, moi ma vie privée évidemment mais aussi ma vie d’escort girl.) Un truc où les amants se voient pour s’amuser sans se prendre la tête, sans s’imaginer qu’il y a une suite possible du grand amour, fiançailles, mariage (arf, j’ai horreur de ces mots. Enfin pas horreur, mais en ce moment les relations longues c’est vraiment pas mon truc. Moins il y a de prise de tête, mieux c’est.) Et puis avec cet « accord » financier proposé, ça m’assure déjà pour une durée indéterminée d’avoir cette somme chaque mois. Donc au finish, aucune de mes suppositions du post précédant n’étaient à la con. En fait, J2 est officialement mi-amant et mi-sugar daddy.

Woahhh – toute cette prise de tête pour ça. Pfff. Ca aurait au moins pu se finir dans un bain de sang inouie ou quoi, genre tragédie grecque. Hé ba non. Au moins comme ça qu’on ne vienne pas me dire que je ne réfléchis jamais :)

Et non, je ne réfléchit pas trop. On ne réfléchit jamais trop. Qui a osé pensé ça ? Je rêve.

Finalement c’est pas plus mal, comme compromis. Parce que ça m’aurait fait un peu bizarre de n’être vraiment vraiment dédiée qu’à lui. Mais je l’aurai fait je pense, j’aurais essayé de ne penser qu’aux moments avec lui.  Et puis ça me fait plaisir que finalement ça ait clairement évolué vers maîtresse-amant, ça me fait tripper d’être à mon âge la « maîtresse » d’un homme qui a la quarantaine avancée. Du coup j’ai remarqué que je commençais pas mal à m’intéresser à la lingerie. Je veux dire, avant c’était genre quand j’en voyais, j’en voulais et quand je n’en voyais plus, je n’en voulais plus (dans les pages mode des magazine, dans les rayons des hypermarchés…) Maintenant, je prévois, je caresse l’étoffe, je m’imagine dans dix mille position avec (ou sans.) J’ai dit qu’à chaque fois que je rencontrerai J2 (dans l’idéal et dans la mesure du possible) je m’achèterai de la nouvelle lingerie. Je trouverais ça marrant si dans quelques mois j’ai une « collection » de bas… Marrant et sexy :p

J2 a une journée entière libre exceptionnellement dans la semaine. Alors on va passer toute la journée ensemble. Je me demande ce qu’on va faire, ce qu’on aura à se dire - comme avec un vrai amant, finalement. Avec un client, je ne me demande jamais, disons que je vais à tâtons et je me lance dans la conversation qui semble le plus l’appeler, même si c’est l’élevage du lapin nain dans le Périgord (vrai de vrai.) J2 est vraiment terre-à-terre, cartésien. Il est tellement l’anti-thèse de l’homme type pour moi. L’homme « type » est plutôt cultivé, plutôt raffiné, assez charnel. J2 est charnel à mort, pas vraiment bourru mais pas loin, plutôt matheux que littéraire. Ceci dit les matheux sont très cultivés, c’est juste que je préfère la culture littéraire. Le monde éthéré au monde pragmatique. Au début de tout ça, et toujours maintenant, je n’en revenais pas d’être capable de m’intéresser à un homme avec qui j’ai si peu de points communs.

Et puis en règle général, c’est plutôt trip’ d’avoir une double vie. Des fois je suis dans le bus, avec mon petit jean qui est le résultat d’heures entières de dur labeur, mon petit manteau, démaquillée, négligée, et je m’amuse à m’imaginer que je puisse croiser un client. Est-ce qu’ils me reconnaitraient ? Surement, mais il n’y croiraient pas. Ou seraient déçu. Je trouve ça trip’ qu’un coup je sois dans un bus genre habillée comme l’étudiante basique avec mes oreilles qui « crachent » son de bad boy, arborant l’attitude mi-fière mi-relax de la jeune fille seule dans le transport en commun qui n’a pas envie de l’aborde ; et qu’un autre coup je sois tirée à quatre épingles, habillée comme une femme en devenir sexy avec du mascara et du fond de teint Iman, arborant l’attitude raffinée-à-mort de l’escort girl en tête à tête avec un client qu’elle a envie de dévorer. C’est vraiment une vie rêvée.

Arf, je ne vous ait pas dit. La dernière fois qu’on s’est vus avec J2 on a pris des photos coquines. C’était la première fois de toute ma vie que je faisais ça, étant de ces filles qui se disent qu’un jour ou l’autre tel ou tel c… va les mettre sur un site et briser de par là-même notre intimité et à une autre échelle notre vie. Mais J2 c’est différent, au moment où ça s’est fait, j’ai genre hésité dix bonnes minutes, et puis après je me suis laissée aller, ça s’est fait naturellement. Il me les a envoyé l’autre jour sur le net, j’ai trouvé ça carrément trippant, mais je vais les effacer dans genre deux minutes parce que autant je trouve que matter les autres dans leur plus simple pas pareil (comme dirait Georgia Nicholson) je trouve ça trip’, autant me regarder moi dans la même situation ça ne me fait ni chaud ni froid. Enfin les détails que je matte c’est la lumière et le maquillage plutôt que de regarder ce qui est supposé être le plus intéressant. Vous les voulez ? Oui, alors levez le doigt… Voilà, bien dans l’oeil, le doigt. Dans une minute je les efface de toutes les façons.

Je suis crevéeeee de chez crevéeeee. Evidemment je ne tiens pas mes bonnes résolutions du nouvel an – j’ai franchement mieux à faire. Je suis tombée sur une annonce de boulot à l’étranger pour au moins quatre mois. J’ai envie d’y aller. Je sais que j’ai plus ou moins 60% d’être prise mais j’ai peur de ne plsu être intéressée une fois que je serai prise. Ca fait peur de partir. Ca fait peur d’aller à l’étranger. Une fosi que j’y serais (si j’y vais) ça sera super et tout ça, mais je me demande, est-ce que j’ai vraiment envie de partir ? En même temps ici, rien ne me retiens.

Je suis probablement la fille la plus égoiste du monde. Ou au moins j’ai une place éligible dans ce club-là (des plus égoistes du monde.) Je ne pense qu’à moi, je n’ai envie d’écouter que mon instinct, je ne veux pas me prendre la tête avec des responsabilités, des engagements, des ordres. Keny Arkana vient juste de le dire dans mon oreille : « je n’ai besoin de personne. » Ohhh… message de J2 qui vient d’arriver.

Hier soir il m’a dit que je lui manquait au téléphone, chose qu’il n’avait jamais fait que par écrit. Sur le coup, ça m’a moins touché, parce que pour moi le papier ou plutôt l’écrit crée un effet particulier, il illustre la distance romantique des amants, le manque de contact, l’envie de fusion, l’aveu de la passion secrète. Et puis une fois que c’est dit, c’est différent, c’est toujours aussi plaisant, mais c’est différent. Ca me touche plutôt, parce que J2 c’est le genre d’homme que vous voyez dans la vie et vous ne pouvez pas vous imaginez qu’il est aussi doux et aussi chou. Au boulot ou avec les autres il doit être tellement, je ne sais pas… Je l’imagine autoritaire ou bien… juste cool.  J’aime bien m’imaginer comment mes amants sont dans la vie de tous les jours et comparer avec la façon dont ils se comportent avec moi. Je trouve ça plutôt marrant de voir que J2 est fou de moi. Je sais, ça fait vraiment fille qui se la pète, mais je ressens aussi quelque chose pour lui, je ne dit pas ça dans le ton de la fille qui s’en tape complètement. Au contraire, ça me flatte beaucoup que je lui manque tant, qu’il panique dès que je m’absente trois secondes de devant l’écran en me demandant s’il m’a vexé, s’il y a quelque chose qui ne va pas, si machin, si truc…

Je n’aime pas la façon dont procèdent (ou sont forcées de procéder) les webcameuses. Ou sans parler d’elles, certaines femmes en général. Je veux dire… Laisser un homme tomber amoureux de vous pour qu’il vous couvre de cadeaux alors que vous vous en tapez complètement, c’est carrément dégueulasse. Des fois je me dis – et toi avec le PA, c’est mieux peut-être ce que tu fais…? Et en fait, je finis par me dire que je suis la reine des p.o.u.f.f.e.s. (Petites Obsédées Uniquement Folle de Fessées Et de S…ucreries.) Mais en fait le truc c’est que le PA ne me couvre pas de cadeaux, c’est plutôt équitable dans l’échange, voire des fois je donne plus. Je trouve ça plutôt normal puisqu’il est le légitime et de toutes les façons, en règle général je ne laisse pas les hommes me couvrir de cadeaux parce qu’un jour ou l’autre j’imagine qu’ils peuvent devenir amers et s’imaginer pour dieu seul sait quelle raison que je leur appartiens et/ou que je suis une sale profiteuse. Je veux dire – qui sème le vent récolte la tempête.

J’ai vécu dans un monde où l’homme dominait pendant un longtemps. Et puis quand mes parents se sont séparés, ma mère m’a martelé qu’il ne fallait jamais se laisser marcher sur les pieds, que les valeurs valaient justement plus que n’importe quelle sorte de matériel sur terre. Et puis il y a eut l’adolescence et j’ai pris exemple sur celles qui étaient mes modèles féminins à l’époque, parce qu’on se détache bien vite de sa mère avec le temps. Ces modèles-là c’était ma grande soeur qui était comme qui dirait ma best à l’époque. J’adorais quand elle me racontait ses histoires de garçon, j’adorais quand elle me prêtait ses fringues, j’allais même parfois au collège en cachette avec certains de ses vêtements et quand on se croisait dans les couloirs par surprise, au lieu de me crier (ce qu’elle était tout à fait dans le droit de faire mais qui m’aurait soulé au plus haut point) elle me prenait par le cou et on marchait un peu, elle murmurait des insultes mais c’était pour qu’on explose de rire devant les autres sans qu’ils comprennent… Bref, je la trouve (et je la trouve toujours) trop belle, trop ceci, trop ceci. Pour le trop ceci et trop cela ça a changé (on se détache bien vite de sa soeur avec le temps), mais enfin bref – ses histoires de garçons me manquaient. Ici, y’avait machin qui lui avait offert cette paire de shoes. Là, y’avait truc qui lui avait offert un t-shirt de marque, le même t-shirt qui apparaissait à l’époque dans toute la presse féminine et battait des records de vente. J’étais pas jalouse, j’étais pas envieuse, j’étais juste admiratrice. Parfois elle me passait ces fringues hyper chic et me promettait qu’on partirait en voyage toutes les deux – arf, j’attends toujours. Non mais tout ça pour dire que je me suis pas mal « adapté » à leurs système de pensées, de rencontre, de relation avec les hommes. Ma soeur et ses bests, je veux dire. Ses best me racontaient toujorus leurs vies, elles me prenaient pour leurs petites soeurs quand elles même n’en avait pas, ou bien quand leurs soeurs avaient déjà entendu cent fois toutes leurs histoires (mdr!) Je luttais intérieurement contre la vision de l’homme comme un chéquier sur pattes, parce qu’au fond ce que ma mère m’avait martelé m’avait beuacoup plus touché que le prix de leur billet de train aller-retour remboursé par Machin ou dont l’amende avait été envoyé à Truc.

Je pense qu’au fond j’ai toujorus lutté contre ça, mais quelque part, on est dans un monde qui sous des airs de changement reste toujorus très machiste. Tenez, les contes de fées. C’est toujorus une paysanne qui se marie à un prince, rarement le contraire. Ce qui signifie clairement à la petite fille « marie-toi avec un mec qui pèse » et au petit garçon « get rich or die tryin’. » Véridique. Ensuite, prenez la même petite fille et le même petit garçon quand ils deviennent ado. Qu’est-ce qu’ils regardent à la télé ? Newport Beach. Ou Laguna Beach (le soi-disant « vrai » newport beach), ou je-ne-sais-quoi-encore-bitch… Euh, Beach (c’est encore pour toi Dyosnos. Ne me remercie pas.) Tout est fait pour dire que soit t’es riche, soit on ne veut pas entendre parler de toi. Alors la petite fille vise le big mac, pendant que le petit garçon vise math sup. Pas de flouze, pas de salut. Triste réalité.

 Tout ça pour dire que j’ai toujours été plus ou moins en relation avec des femmes à hommes (oui oui c’est bien ça) et que pour la plupart, chaque fois qu’elles faisaient un truc pour profiter de leurs trois millions d’amants, ça finissait par se retourner contre elle. Je ne veux pas être de ces femmes là, donc, qui laissent les hommes leurs payer des choses qu’elles ne méritent pas, qui laissent les hommes tomber amoureux d’elles et tout dépenser pour elles alors qu’elles savent pertinemment qu’elles n’ont aucun avenir avec eux. Je trouve ça tellement immonde. Aujourd’hui ma grande soeur est comme qui dirait total in love avec un type mi-bien mi-pas bien, je ne l’ai jamais vu que deux ou trois fois, je ne peux pas dire. Mais bon ils vivent ensemble et ils passent leurs vies à s’engueuler. Je veux dire – quelle interêt de vivre ensemble si jeune ? Je ne comprendrais jamais. Fin bref. Du plus loin que je me souvienne, le truc le plus ouf que j’ai fait, de façon involontaire hein, c’est avec N., le client cam irlandais que j’ai évoqué vaguement dans un des posts précédants. N. vit dans un petit pays où il n’y a aucune black et je trouvais ça assez trippant. Un jour je lui ait fait une cam et il est comme qui dirait tombé sous le charme. Par la suite, on a souvent discuté de tout et de rien, et il m’a envoyé des photos de lui (il est plutôt chou). Un jour il me dit qu’il a envie de venir me voir et qu’il va réserver des billets d’avions. J’étais là, genre « euh? » Et puis après tout je me suis dit pourquoi pas, je lui avait clairement dit qu’il ne fallait pas qu’il s’imagine qu’on ferait quoi que ce soit, que j’avais arrêté les cams (c’était le cas à ce moment-là) et que ça me ferait hyper plaisir qu’on devienne des amis. C’était début décembre.

L’autre jour il me fait un petit coucou sur la messageire instantannée, je réponds rapidement, zappe un peu par la suite. Il m’explique en fait qu’il avait vraiment booké les billets d’avions, qu’il m’avait même acheté un cadeau, qu’il n’a pas réussi à revendre les billets qui étaient très chers et que c’était dommage… Je me demandais ce que j’avais foutu ce week-end là et il me semble que j’étais par là, avec le net allumé et tout. Je ne me rappelle meme plus – ça craint. Mais très honnêtement je ne pensasi pas qu’il irait jusqu’à payer des billets d’avion alors qu’il n’avait même pas ma propre confirmation :s Les hommes peuvent être tellement… crétins. Bon disons passionés, ça passera mieux :)

Bref, cette longue digression pour dire qu’il me tarde de revoir J2 mine de rien… Bon je vais peut-être penser à répondre à son mail…

Chacha, mi-ange, mi-démon et re mi-ange derrière (j’adore Kamelott.)

Publié dans:Non classé |on 11 janvier, 2008 |Pas de commentaires »
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