Archive pour décembre, 2007

Manifeste d’une accompagnatrice de charme [ou Rocco, le retour.]

J’ai envie d’écrire ce soir. Je suis furax. Je fulmine. Je suis déçue. Je bouillone.

L. me rappelle il y a une semaine, je ne décroche pas. Sur son message vocal, il dit qu’il pense à moi, qu’il aimerait qu’on se revoit, avec mes conditions pourquoi pas (même avec le côté  »vénale » comme il le dit si bien), que ça ne le dérangerait plus, tant le courant est passé entre nous. Je souris. Il rappelle, et on élude la question du vénal ou non. Moi - j’espère qu’il a compris. Lui – j’espère qu’elle a oublié. Hé ba non.

L. rappelle aujourd’hui. Quoi de neuf dans ta vie, t’es toujours d’accord pour que l’on se voit, ne croit pas que je voulais t’entendre te caresser au téléphone, j’ai presque la quarantaine attend, j’ai passé l’âge. Moi, j’acquiesce doucement, pense avec sourire à tous mes clients cams qui ont la quarantaine qui approche ou dépassée, et me demande en souriant ce qu’ils diraient en l’entendant. Le téléphone rose, c’est une question de pulsion. Pas d’âge. Enfin bref… L. continue son baratin, on se voit demain, je viens te chercher où, tu me fais énormément d’effet. Et là, je lâche la bombe (non je veux dire, le gros dossier, un peu de tenue quand même cher lecteur, merde.) Je lui explique de façon courtoise, diplomate et tout le tralala, qu’il est bien mignon, et qu’il est certainement très bien monté, mais que ce sera le tarif habituel. Il bégaie, hésite, me dis ah bon, c’est dommage, tu es restée sur cette fausse impression. Je lui dit avec le plus grand naturel possible que je comprendrai tout à faire s’il ne souhaitait plus me rencontrer. Il a baffouillé encore, a dit non non, le courant passe tellement bien que… bon, ben ok, avec tes conditions hein. Triomphe de l’éthique, une fois encore.

Je me dis, le mec a l’air lourd mais pourquoi pas. Et puis ça fait toujours des revenus inattendus, veille du nouvel an qui sait, ça peut être sympathique. Il me demande s’il peut m’apercevoir à la cam pourquoi pas, parce qu’il a besoin qu’on prépare le rendez-vous. Je lui dit pourquoi pas, et hop connexion. Le type est d’un lourd… Et montre-moi si, et montre moi ça. Je décline toute proposition poliment, on parle de ce qu’on fera ou ne fera pas, je lui fait même un mini-show sympa pour le mettre dans l’ambiance. Et devinez quoi ? Evidemment, à la fin du show, un collègue à lui est passé et il n’a pas pu tout voir. Oh, quel dommage. Il n’y a pas de bouton « repeat » sur ma cam et vu que l’actrice est une grosse paresseuse, faudra repasser, voir carrément oublier. Soupir. Gros soupir.

Je finis par dire que je suis pressée, sans quoi la conversation aurait pu durer trois heures. Quand je pense que certaines personnes paient pour mes mini-shows, ou au moins que c’est des personnes avec qui j’ai un mini-feeling. J’ai fait ça parce que je me disais qu’il serait cool et en fait il n’a été que plus lourd. C’est pour ça que les hôtesses webcams font payer les mecs. Sans quoi, ils abusent de votre gentillesse, encore et toujours plus. Ca doit etre pour ça que j’ai arrêté de faire des cams de façon régulière, trop de pauvres types qui paient une fois et veulent du gratuit à vie, trop de pauvres types qui s’imaginent que c’est leur belle gueule (qu’ils ne peuvent évidemment pas montrer) vont vous faire chavirer ou que sais-je. Marre de ces mecs.

Quelques heures plus tard, L. me rappelle, me dit qu’il est vraiment impatient que l’on se revoit. Je lui dit que moi aussi, que justment (et c’est vrai) je pensais à lui, à notre moment ensemble demain. Il me dit ah, vraiment, on peut parler ? Je lui dit que non, que je ne suis pas seule. Au final, il retournera au bureau pour qu’on puisse, notez bien, discuter sur la messagerie instantanée. Un quart d’heure plus tard, le retour de Rocco. Et montre moi tes jouets. Et que je suis bien plus membré que ça. Et que j’ai des éjac impressionantes – tu verras ça demain. Soupir. Au fait, tu me montres une photo nue de toi dans l’encadré de la photo ? Je réponds séchement que si j’avais des photos nues de moi, je serais actrice porno (sous-entendu je les vendrais 50 euros pièce.) Il laisse tomber illico presto. Et on va faire quoi demain, et quels sont tes limites, et montre moi tes fesses. Je lui dit d’attendre. Il me dit qu’il doit partir dasn un quart d’heure, une demi heure plus tard il attend toujours. Je me dis bon allez, soit cool, cherche mes gods, m’attend à tout moment à ce qu’il soit partie quand je reviendrai devant l’écran. Tu parles, charles. Fidèle au poste, le Rocco, même si Madame et les enfants l’attendent. Plus tôt dans la journée il m’a dit que ça le brancherait un plan dominant/dominé parce qu’il a besoin de faire valoir qu’il est « homme » et que ça fait un moment d’ailleurs, qu’il n’a rien fait. Membré comme il est ? Non, pas possible.

Je lui montre mes petits jouets. Il commente. Il me demande comment je fais les fellations. Evidemment, je déploie tout mon art digital pour le faire vibrer à travers l’écran (j’adore le cybersex.) Il me dit qu’il est au bord de l’explosion… Et demande à me voir. Je tourne en rond, je fais mes trucs, et puis je me dis un petit coup de… cam, ça peut pas faire de mal. (Le doigt, toujours bien enfoncé dans l’oeil, Chacha, oui voilà, comme ça.) Je fais mon petit show, pour lui faire plaisir, pour le récompenser d’avoir attendu trois quarts d’heure de plus que le quart d’heure réglementaire. Et devinez quoi ? Il ne s’en contente évidemment pas, me demande de me tourner par-çi et par là. Je veux dire, vous imaginez ? Ce mec va e payer quelques centaines d’euro le lendemain pour me voir, ok. MAIS déjà, par rapport à beaucoup de monde qui me contacte rapport à mon activité, je me montre à la cam – ce que je ne fais jamais. Ensuite, je lui fait deux mini-shows – ce que je ne fais absolument jamais. Enfin, je lui parle de mes préférences sexuelles – ce que je fais encore moins. Et ce type me donne les détails de comment je dois tout faire ? Evidement il conclue par « oh fait ça, après je te laisse. » Ou mon moment préféré : « montre moi ton bas ventre, même de très loin après je te laisse. » Moi : « non. » Lui : « alors montre moi tes fesses. » Moi : « non :)  » Lui : « alors montre moi ce que tu veux. » Moi : « et si je ne veux rient te montrer on fait comment ? »

Le type a évidemment répondu « alors je respecterai » agrémenté, deux secondes plus tard d’un « mais ça serait dommage. » Il insiste encore, me dis allez, montre ton abs ventre, tourne toi un peu mais juste qu’un peu, après je te laisse, parole de gentleman. Chacha est triste, déçue, énervée. Encore une fois, Chacha se donne à fond pour quoi ? Pour un type qui n’a derrière des mascarades de comportement de gentilhomme des temps moderne, aucun scrupule à profiter de chaque minute de son temps. Je lui dit « tu sais quoi ? Laisse tomber. Je n’ai vraiment plus envie de te voir. » Il me dit non, attends, je t’appelle. Chacha répond : « Non, oublie-moi tout simplement, bye. »

Je ne veux pas avoir à faire du service après-vente, parce que monsieur va débourser quelques centaines d’euro pour me voir demain. Il en prend cent, il va chercher une prostituée – qu’il me lâche les basques. J’en peux plus de ces mecs, ces espèces de profiteurs, hypocrites, mythomanes, négociateurs, flatteurs, près de leurs sous qui font perdre du temps au reste du monde. Je lui ait parlé, en long, en large, en travers, de J2 que j’adore, qui est peut-être le seul client au monde qui peut me demander de ne plus payer et pour qui j’accepterai volontier mais qui pourtant ne le fait pas. Evidemment, ce n’est pas totalement vrai, mais n’empêche que quand on rencontre une escort girl rapport à son occupation, on ne peut pas s’imaginer avoir un tarif spécial, ou des services à côté type cam gratuite parce qu’on est le cousin éloigné de Rocco Siffredi.

Je veux dire, combien de mecs sont biein moins relous avant et ont beaucoup plus pendant et après la rencontre ? Tenez V. par exemple, il n’a pas bronché des masses avant qu’on se rencontre. Notre première rencontre a été explosive et par le jeu du hasard et des sens, je lui ai offert deux shows – deux vrais shows sensuels comme je sais les faires :D et c’était tout simplement énorme. Maintenant, il en redemande, mais ce n’est jamais lourd, c’est toujours du ton du mec qui essaie, ça je peux comprendre. Mais le ton du gros porc en manque qui a pas touché sa femme depuis des mois et dont la femme n’est pas impressionée par le calibre, ça parcontre, ça me débecte. Ensuite, prenez l’exemple de J2. Lui, c’est la fusion absolue. Pourtant, il ne me demande pas de cams, et quand bien même je le taquine quand on parle sur la messagerie instantannée, il attend que ça soit moi qui propose et il n’a jamais insisté. Et il pourrait et je céderais. Le truc, c’est que c’est moi qui décide, c’est mon corps, c’est mon temps, c’est mon désir. Le premier qui croit qu’il va me forcer, ou m’attirer avec l’argent, il prend la porte. Dans la tête, la porte.

J’ai renoncé à quelques centaines d’euros pour gagner en milliers de seconde de tranquilité et de paix intérieure. J’en ai marre des mecs qui essaient de t’avoir pour rien du tout, ou qui s’imaginent qu’on est toujours dans une économie du gagnant-gagnant. Parfois, il faut s’avoir « offrir. » S’offrir. Se donner. On ne me paie pas pour faire des shows, on ne me paie pas pour entretenir des fantasmes. Je sais les vertiges de plaisirs que peuvent procurer mes corps à corps. Je me donne, corps et âme, intensément, à chacune de mes rencontres. Personne ne doit me demander un service en plus, ne doit me dicter ce que j’accepte et ce que je refuse, ce que je dois faire parce que de l’argent est en jeu. Je suis maîtresse de moi-même, sans concession, sans négociation, sans rémission.

A chaque fois qu’un mec négocie, du bout des lèvres, du bout des doigts, il mène une guerre sans merci contre mon indépendance et ma condition de femme. Je ne suis pas une esclave du sexe. Je ne suis pas une esclave de leurs désirs. Je ne suis pas un objet qu’on prend, qu’on jette, qu’on discute. Je ne suis pas le résultat stérile d’une transaction financière. J’ai des bras, des poumons, des yeux de chats. Je charme, j’envoûte, je distrais. Je suis l’hôtesse dans l’avion, je suis la masseuse dans les Caraïbes, je suis la gogo danseuse qui se trémousse sensuellement contre la bar de lap dance dans la boîte de strip tease chic à la mode. Je suis tout ça à la fois et plus encore. Je charme, je séduis, j’ensorcelle. Je suis la succube à la tombée de la nuit, qui fatale, éblouis et conquis les âmes damnés des hommes. Je charme, je subjugue, j’éblouis. J’évoque dans la pénombre les fantasmes les plus fous, captes sur mes ondes (les ondes de la séduction), les non-dits et les espoirs, les soupirs et les songes. De bouts de mes doigts agiles, je caresse, je frôle, j’effleure. Du bout de mes lèvres sucrées, j’aspire, je lèche, je suçote. Entière je suis, tout entière je me donne, dédiée je me promet, au plaisir et à la volupté.

Ne négociez plus mes tarifs. Ne cherchez plus à avoir un peu plus, quand je vous donne tant. Ne cherchez plus la gentillesse dans un coeur frustré et choqué de tant de rudesse dans ce monde.

Courtois et dimoplate, vous êtes bienvenue. Les autres – vous dégagez (ça c’est de la chute.)

Chacha, qui n’acceptera plus jamais de donner un peu d’elle.

Publié dans:Non classé |on 28 décembre, 2007 |6 Commentaires »

Il était une fois…

S. (je crois) m’appelle un lundi. Il a vu mon annonce, souhaiterait me rencontrer bientôt, travaille dans la pub en plein centre-ville, voudrait bien m’accueilir chez lui mais n’a pas envie de m’effrayer. Je lui propose de le rappeler le lendemain pour lui fournir les derniers détails concernant le rendez-vous pour mercredi. Il me demande comment je me trouve. Je ris un peu, réponds que je ne me pose pas la question en général, qu’à cause de mon éducation je suis plus axée sur le fait d’avoir une conversation charmante et intéressante que sur celui d’être belle, parce qu’on m’a appris que cela importait plus. Il dit ah bon, vous ne vous posez pas la question. Je dis que non, que j’aime comme je suis, que je pense au vu des réactions des personnes que je rencontre que j’ai du charme, mais que le plupart du temps je me sens bien dans ma peau. En raccrochant il me dit « à mercredi » et puisque je ne m’introduis jamais dasn la vie d’un client sans son accord préalable, je me dis ok, je rappellerai Mercredi.

Mercredi, dix heures du mat’, S. à l’autre bout du fil m’explique qu’il attendait mon appel hier, qu’il est content que je rappelle, qu’il était frustré que ne l’ai pas appelé la veille. Je lui propose que l’on se voit le jour même, chez lui finalement puisqu’il caille un peu beaucoup à l’extérieur, lui demande si vers cinq heures ce serait bon pour lui. Il acquiesce.

Je me rappelle sur le chemin du rendez-vous que je n’ai plus de capotes. Je rentre dans cette pharmacie en plein centre-ville et un jeune homme me fait une démonstration sur les différentes marques et les différentes sensations que tel ou tel latex procure. Je pouffe intérieurement – c’est ça l’animation marketing ? Est-ce qu’ils n’en font pas un peu trop ? Heuresement je suis seule dans la pharmacie, sinon je serais surement hyper gênée. C’est le genre de situation ou vous vous dites que s’il y avait eut du monde vous auriez agit en adulte, auriez acquiescé gravement en écoutant la diatribe du pharmacien-commercial en face de vous, auriez pensé que de toutes les façons toutes les têtes qui vous dévisagent vous ne les reverrez jamais. Ou en Enfer, au pire. Au final j’ai pris une boîte violette. Pourquoi ? Allez savoir. Je ne me souviens même plus de ce que c’est sensé apporter, j’ai juste ramassé un truc comme ça, et payé sept fois ce que je paie normalement pour ça. De toutes les façons, c’est surtout l’efficacité qui compte, le design et les sensations, je m’en tamponne un peu. Me voilà repartie avec dans le sac des capotes de marques. Je ne dis pas « youhou », mais bon, vous voyez l’image.

Cinq heures cinq, en face de chez S. Je le rappelle et murmure dansle combiné que je suis là. Cinq minutes passent avant que la porte s’ouvre sur un homme à la quarantaine avancée, blonds avec des yeux bleux éblouissants, un sourire timide et invitant. Il prend le courier et me montre le chemin. C’est un bâtiment classique dans un quartier bourgeois, ça me fait penser à où l’une de mes copines un peu bobo habite. Il me prévient qu’il y a de nombreuses marches, et moi qui suit en talons… Enfin j’ai déjà vécu des situations abracadabrantesques avec des chaussures à talons, donc je pense que quelques marches ne me tueront pas.

Son appartement est à deux ou trois étages. Il m’ouvre la porte et je pénètre dans un appartement plutôt porté sur l’art-déco. Il y a un canapé clic-clac, posé à plat, avec l’air un peu bancal, qui fait très mobilier d’étudiant et contraste avec le fana d’art déco autour. Il me dira quelques minutes plus tard qu’il vit avec sa soeur qui est actuellement en déplacement, et en parlant vite fait de ses enfants, je comprendrais – ou plutôt je concluerais – qu’il est divorcé. Il m’offre un verre de Coca, et nous découvrons tous les deux que nous en sommes accros. Je souris. Il s’assoit prêt de moi et me dit que je suis jolie. Je me demande si c’est sa manière à lui de me dire qu’il est soulagée que je ne sois pas une fille de plus à dire que la beauté ne compte pas parce que justement je ne suis pas belle. Je ne dis rien, et sourit de nouveau. Il zappe les chaines à la télé, me raconte ce qu’il y a de passionant dans le rugby et de banal dans le foot. On parle de musique, il me dit qu’il aime le rap, le reggae, me parle de ce film que personne ne connaît et qui traite du mouvement rasta, qui est né parmis un peuple opprimé. Il est passioné. Il me parle de ce concert de IAM (ou NTM ?) auquel il est allé avec une rageuse en guest (une blonde sur scène qui pronait la supposée supériorité des blacks et des beurs.) Il me disait qu’il trouvait ça assez révoltant, il avait cette manière un peu insistante, un peu gênante, très présente, de revendiquer ses origines juives et allemandes. Il fume, et je me dit que si ça doit arriver, j’aurais encore ce goût bizarre qu’on a dans la bouche, quand on embrasse un homme qui fume. On se découvre des passions communes, on a la même chanson préférée de Bob Marley. Les bulles de mon Coca se font de plus en plus rares, tant la tension est montée dans la pièce. Il me demande doucement, lentement mais sûrement, ce que j’aime, sexuellement. Je lui parle de mon penchant (pas certain) pour la soumission, et dit que ce que j’aime surtout, c’est le sentiment d’être tout entière à mon partenaire. Il sourit.

« Est-ce que ça te dirais d’être à moi ? »

Il me guide par la main en direction de sa chambre. Un lit de forme ronde, des oreillers rouge baisers, un miroir en pied avec une coupe en forme de vague, des couleurs pastels et la lumière tamisée. En plus d’être parfait au niveau connexion spirituelle, il est parfait au niveau connexion sensorielle. Je lui dit que j’adore la déco, il sourit. Je m’allonge sur le lit, lui lance un regard sexy, mord mon doigt et lui sourit. Il se déshabille, m’aide à me déshabiller, respire doucement, de façon douce et perceptible, le souffle d’un amant affamé… Il me regarde, me caresse, me réchauffe. Je me laisse aller sous ses mains d’une douceur incroyable, découvre les abdos à peine dessinés que son activité favorite (le surf) a dessiné sur son corps. Il me pénètre un peu brutalement, s’affole un peu à l’écoûte de mon gémissement, me demande si j’ai mal. Je décide d’oublier la douleur et de le guider… Etonnement, il n’a pas le goût du tabac froid. Ses baisers pénètrent ma peau et à chaque nouveau mouvement de son bassin, j’ai des contractions qui me parcourent le corps, contractions de plaisir, contractions de bonheur. Il me répète que je suis belle, murmure que j’ai un regard coquin et un corps magnifique, dit tout bas qu’il ne faut pas qu’il faut qu’il fasse attention à ne pas tomber amoureux, parce que je suis jeune. Je gémis, conquise, mon corps est en feu, je suis son offrande, je veux qu’il me prenne et qu’il me fasse sienne… Je sens l’orgasme venir, la douleur n’existe plus, je le regarde dans les yeux, sourit me mord les lèvres, lèche ses doigts avec avidité. Son regard m’envoûte, je succombe avec délice à ses assauts toujours plus puissants, offerte je suis, tout entière… Il me dévore. Il me dévore et je gémis. On glisse devant le miroir en pieds, je trouve ça amusant de nous voir, de découvrir le reflet de nos corps passionés en pleine action… Je m’amuse avec mon image et puis soudain, je ferme les yeux, il y a comme une déflagration à l’intérieur de moi qui m’ordonne, me presse, me pousse à jouir. Je sens qu’il vient, je sens que tout son corps se raidit et dans un dernier effort atteind l’orgasme tant attendu… Il me dit qu’il est désolé… et se retire.

Je m’allonge sur le lit. « Désolé? » je dis. Je fronce les sourcils. « Pourquoi? » Son regard est perdu dans le vide, il dit « non, rien », de la main, s’échappe par la porte de la chambre. Je m’allonge en attendant qu’il revienne, je ne comprends pas bien, mais je me dis qu’il s’imagine que c’était moyen pour moi, ou quelque chose comme ça. Il revient en trombe, me dit qu’il va se rhabiller, m’explique que pendant une seconde il a pensé à l’âge de sa propre fille et que ç’a l’a un peu calmé dans son ardeur. Je réprime une grimace, je hausse les épaules, je dis qu’il n’a pas à se prendre la tête, puisque de toutes les façons je suis totalement une autre personne, totalement différente de sa fille. Je me met à sa place une seconde, et imagine ce qu’il a dû ressentir, si pendant ce temps minuscule il a fait un transfer… Ca a dû être horrible. J’ai chassé l’idée de ma tête, j’ai commencé à parler mine de rien d’un autre sujet en m’empressant de me rhabiller, ça lui a changé les idées sans qu’il s’en rende vriament compte, on est reparti au salon, on a discuté religions et culture occidentale et puis on s’est levés, il m’a raccompagné à la porte. [ J'ai apprécié qu'il regarde l'heure sur son portable en disant "ah déjà?" pour signifier que le rendez-vous prenait fin, j'ai trouvé ça pas trop mal, comme transition. ] Avant de partir, je lui dis que c’était vraiment sympa, que c’est dommage que l’on ne se revoit pas. Il sourit, me dit que non, qu’on se reverra.

Un quart d’heure plus tard, je reçois un texto de lui, me disant que je suis très belle et qu’on se reverra. Je voyais la vie en rose ce jour-là. Il était l’étincelle de joie qui était arrivé par hasard dans ma vie, avait enchanté ma journée aussi bien qu’il avait envoûté mes sens. Le mec parfait, la déco parfaite, la relation idéale. J’étais aux anges, au paradis, au-delà même du kiffe suprême. Il y avait dans l’air de la musique soul, une odeur de chocolat, des sourires sur toutes les têtes. C’est dans ces moments là que je me dis que cette occupation, malgré ses côtés obscures, peut apporter de merveilleuses sensations et rencontres.

Chacha, heureuse, tout simplement.

Publié dans:Non classé |on 25 décembre, 2007 |Pas de commentaires »

Mon premier VIP.

Je me suis retrouvée lundi soir à courir les magasins, et j’ai acheté un porte-jaretelle in-extremis à cinq minutes avant la fin de la fermeture de ce magasin de lingerie dans une gallerie marchande. Ouf. Rencontre avec J2. Comme convenue il m’appelle à 6h30 pour me réveiller, on est sensés se retrouver une heure plus tard à l’hôtel. Je me lève, j’attends dans mon lit qu’il m’appelle pour me communiquer le numéro de la chamre, au lieu de commencer à me doucher et à me préparer comme j’avais prévu la veille au soir. Il appelle avec vingt minutes de retard, l’heure tourne. Bain chaud, épilation, maquillage, check-list, préparation du sac, découverte avec stupeurs que je n’ai plus de capotes. Et vous ne devinerez jamais. Il est déjà neuf heures. J’appelle un taxi, il ne me reste qu’une vingtaine d’euro, je le dis clairement au taximan qui me laisse à quelques mètres d’une station de tram, histoire que je puisse quand même arriver vite fait bien fait. Je me caille. Il fait un froid de canaille (non sérieux) et comme si ça ne suffisait pas, pour satisfaire la requête de J2, je n’ai pas mit de sous-vêtement. Juste une mini, un pull col-v, des jarettières et un porte-jaretelle. Il fait vraiment, très très froid. Je me maudis d’être là et je le maudis de m’avoir demandé à être là. Le tram passe, je m’arrête à une pharmacie et au moment où je fais ma commande je me rends compte qu’il ne me reste plus un rond – j’ai filé même la petite monnaie au taximan. Merde.

Arrivée dans la chambre à dix heures et quart. Je fais la gueule. Je fulmine. J’en ai marre d’avoir froid, tout ça pour J2. J’en ai marre d’être là. J’ai envie de lui dire bon, ne me paie pas, je rentre; un remake de « je suis venue te dire que je m’en vais. » Mais c’était sans compter que J2 allait être choupi. Il m’a caressé la joue, le genou, m’a demandé ce qui n’allait pas, m’a promis que le moment qu’on allait passer ensemble aller me redonner le sourire. Je hausse les épaules, réchauffe mes pieds, sourit. J2 est toujours aussi en forme et toujours aussi réconfortant. Il me dit de me mettre à genoux devant lui et de fermer les yeux. Cinq minutes plus tard, il glisse une petite boite dans ma main. Mon cadeau d’annive, un collier super mignon – beaucoup plus mignon que l’espèce de truc tribal que P. m’avait offert, la dernière fois que je l’ai vu. Je souris, je trépigne, je l’embrasse. Je découvre peu à peu la sensation de soumission d’être à genou devant lui. Je ne sais pas vraiment ce que c’est – est-ce bon ? est-ce mauvais ? C’est une sensation de déjà vue. Encore une fois, je plonge dans mon rôle de soumise, quand au fond je sais que je ne suis pas vraiment la bonne actrice pour ce faux semblant. Mais c’est follement amusant, alors je me donne à fond.

Des caresses plus tard… Il me demande de lui demander pardon, de lui faire promettre que je ne serai plus en retard, de lui dire que je suis à lui. Il met encore ses doigts profondéments en moi, il me demande de lui dire quand je jouis, il me demande si j’aime ça, me dit que je n’aurai pas droit, cette fois, au fruit de son plaisir, puisque j’ai fauté… à moins que. Il met sa capote (ouf il en a une, lui) Je lui promet que je ne fauterai plus, que je serai obéissante, que j’écouterai toujours… Et il vient dans ma bouche. Cette fois-ci, j’ai des haut-le-coeur et du mal à avaler les perles délicieuses de sa virilité. Finalement, j’avalerai tout et je verrai encore une fois sur son visage se dessiner le soulagement et la satisfaction. Il me met une fessée et file dans la salle de bains.

Allongés, on discute de tout. Ses projets pour Nöel, le nouvel an avec des vieux amis, entre mecs. Je me demande si les mecs parlent entre eux de leurs escapades conjugales, si ils mentionnent, même du bout des lèvres, ou carrément comme des porcs, de leurs expériences extra-conjugales. Que cela soit lié ou non à l’escorting. J2 me dit qu’en fait, s’il avait été une femme, il aurait fait des enfants avec quelqu’un qui lui aurait plus et aurait divorcé pour s’amuser le reste du temps avec d’autres hommes. J’ai rétorqué, et l’équilibre des enfants ? Il a répliqué, et ceux qui ont des familles recomposées ? C’est vrai. Il faut arrêter d’être hypocrite. La plupart du temps, on explique à l’enfant ses positions, parce que c’est plus simple de leur expliquer sa position plutôt que d’écouter la leur. J’ai haussé les épaules et acquiescé. Je n’espère pas finir comme la mère d’une amie à moi, qui a près de cinquante balais, fait du shopping à outrance, se maquille encore plus si c’est possible, parle fort dans le bus des derniers commérages du quartier à la mode et « flirte » avec des hommes. Flirter à cinquante ans, c’est carrément trop gamin, quoi (et je dis ça avec une phrase et des mots structurellements adultes.) D’un côté je me dis, mais attend, et si elle n’a pas vécu ça plus jeune ? C’est vrai quoi, elle est originaire d’Afrique du nord alors peut-être que c’était interdit de flirtouiller à son âge et depuis qu’elle a divorcé du père de ta copine et depuis qu’elle est célib, elle a envie de montrer qu’elle peut toujours séduire, y’a quoi de mal à ça ? Ce qu’il y a de mal, c’est de tellement vouloir séduire, qu’au final elle se la pète et apparaît comme une gamine qui ne s’occupe même pas de l’éducation de ses enfants (à part si ça lui rapporte quelque chose) et passe sa journée à faire des commentaires sur tout et principalement rien. Ce que j’en dis. Non, perso, j’espère finir avec l’homme de ma vie (où es-tu ?), avec trois gamins, une maison classique, deux voitures, tout ça, tout ça. Pas du tout une vie de débauche, puisque c’est cela dont il est question. Je crois que comme ma mère, je serai capable de sacrifier la quête du véritable amour après un mariage foireux (et foiré) pour mes enfants. C’est extrême à dire comme ça, et de toutes les façons on est toujours un peu égoïstes quelque part donc je ne sais pas si je tiendrai véritablement mes propos. Mais j’imagine que oui, comme ça, dans l’absolue.

Je le couvre de baisers, il me caresse la joue, plonge ses yeux dans les miens, répond à mes sourires. C’est bon d’être avec lui. Je me demande comment j’ai pu penser, pendant tout le temps où j’étais en route, que j’allais quitter cette chambre furieuse. Je lui fait part de mon envie de voyager, dans l’Est de la france, en Suisse, en Angleterre. Il soupire. Il me demande ce que je vais bien pouvoir faire avec les Anglais, puisqu’ils sont tous roux et cons. J’éclate de rires – c’est ce que tous mes potes disent. Pff. Je lui dit que non, déjà, les Anglais pouvaient être super choupi, et je lui ai dit de prendre David Beckham en exemple. Il a haussé les épaules. Je lui ai dit que j’étais vraiment sérieuse à propos de partir, que je ne sais, qu’il y avait comme ça plein de trucs que j’aimerai faire avant que la vie active me rattrape. Il me regarde, un peu surpris, un peu déçu, me dis que non, que je dois rester dans la ville, me demande comment il va faire sans moi, comment on fera pour se voir. J’ai trouvé ça tellement mignon !

Il y a truc entre J2 et moi. Un truc fort. Je veux dire, dans les relations physiques c’est lui qui domine mais le reste du temps c’est un échange constant du dominant et du dominé. J’aime le sentir près de moi. O.k, je ne suis plus vraiment à fond dans le rôle de soumise qu’il m’assigne dans nos jeux sensuels, mais disons que c’est une condition inhérente à notre relation. Je me dis, que c’est un peu comme un amant, un peu comme un ami, il y a quelque chose de plus intense qui nous unit au-delà de tout ça. Et puis J2 est comme qui dirait fou de moi. C’est bizarre à dire, ça fait fille qui se la pète. Mais bon il me dit toujours avec précision quand il veut me revoir, en général deux ou trois semaines plus tard (en gros deux fois par mois), il me répète qu’il est heureux de m’avoir trouvé parce qu’on s’amuse bien tous les deux, et puis il est tout simplement trop adorable. C’est marrant, parce que je n’aurai jamais imaginé créer une telle connexion avec un homme qui a son profil. La quarantaine, des enfants, pas super axé sur la philosophie ni la littérature. Et pourtant, c’est mon premier client régulier, mon premier « VIP » (un client que j’ai rencontré trois fois et avec qui chaque rendez-vous s’est déroulé à merveilles) et j’ai beaucoup de plaisir avec lui. C’est ce genre de relation que j’aime et qui me scotchent le smile pour des années lumières.

 Le ciel, les oiseaux et… Chacha. Non non, pas ta mère.

Publié dans:Non classé |on 20 décembre, 2007 |2 Commentaires »

Feels good to be home, homie. [Kanye West]

En fait, ça existe les agences pour blacks. Et en fait, le pire pourcentage qu’une agence puisse prendre du salaire d’une escort girl, c’est 50%. J’ai trouvé le site pour les blacks en cliquant par-ci par-là sur le web, un seul dans le genre cependant, situé au Royaume-Uni. Le truc c’est qu’il n’y a que quelques filles (moins d’une dizaine) et que c’est dans une ville qui a ma foi l’air d’être relativement moyenne. Aussi, j’ai noté que leurs tarifs étaient loins d’être ceux des autres agences, convertit en euro les filles de l’agence demandent moins que moi à l’heure, et en sachant qu’elles ont un pourcentage de retenue qui peut aller jusqu’à 50% sur leur salaire, elles gagnent vraiment, vraiment moins. Après, faut assi voir si l’agence leurs trouve beaucoup de clients, ça peut peut-être compenser. J’ai eu moi-même un client cam irlandais qui fantasmait sur les blacks et qui trouvait ça cool de pouvoir se donner virtuellement à l’une d’entre elles. J’ai trouvé sa démarche sympatoche. Des fois je me demande ce que ça me fait, de savoir qu’un mec flashe sur les blacks. D’un côté, t’es contente parce que tu te dis que tu lui plais même à un degré moindre, de l’autre tu te demandes toujours si dans le cas où tu aurais eu une autre couleur, il t’aurait quand même abordé. La plupart du temps je trouve ça cool, d’autres fois je trouve ça bête, le plus souvent je m’en tamponne. Moi, bien que je préfère les mecs à la peau mate, je ressens parfois de vives attractions pour des blacks, des asiat’… Ce serait dommage d’affirmer qu’il n’y a qu’un type de personne qui vous plaît quand vous avez un si beauuuu mélange à la surface de la terre. En tout cas j’aime bien flirter; j’aime bien regarder le menu sans pour autant penser à consommer.

Bref, j’en ai été où moi avant cette digression ? Bien sûr, bien sûr, les 50 % de retenue sur le salaire, j’ai trouvé ça dans un récit de Gracidella (voir la rubrique « à noter. ») C’est sûrement une retenue qui n’est imposée que durant la période d’essai. Je me demande vraiment comment ça marche une agence. Il parait que tu dois appeler l’agence avant le rendez-vous pour dire que tu es en route our alors au moins au début du rendez-vous pour confirmer que tu as l’argent, après le rendez-vous pour dire que tu pars (saine et sauve). Parfois ils t’attribuent un chauffeur, parfois non. Parfois ils font gaffe à ta santé, parfois ils te prennent pour une vache à lait. Parfois si tu leurs fait gagner des sous, comme un gérant d’agence le disait dans un article sur le net que j’ai lu récemment, ils te chouchoutent une soirée ou deux dans le mois pour te remercier de leurs faire gagner de l’argent. L’idée d’être « assistée » me séduit, j’avoue que c’est super lourd d’avoir à faire avec des négociateurs, des mythomanes, des mysogynes, et autres vermines. Même si maintenant je demande directement si ils ont été sur mon nouveau site, c’est toujours très peinible de les entendre suggérer qu’ils avaient un plafond qui était à cinquante euro moins cher que ce que je demande habituellement, et tout ce genre de suggestions genre téléphone rose dont je me passerait bien. Au moins avec une agence tu sais à quoi t’attendre, soit tu es appelée pour bosser, soit tu ne l’es pas. Parcontre, niveau screening, je me demande si ils sélectionnent vraiment avec attention. Je ne pense pas.

Niveau blues, la tempête est passée. Rencontre avec J2 mardi matin, rencontre avec un homme qui a appelé dans la soirée de lundi pour mardi soir (il passe dans le coin deux fois par… an), rencontre avec un homme qui a appelé dans la journée de lundi pour mercredi. On dirait que c’est reparti pour un tour. Du coup, finalement, l’annive sera énormissime et le nouvel an grandiose. C’est toujours les journées où j’attends de voir si j’ai des textos ou des cadeaux inattendus. Un pote qu’on a oublié, un proche de la famille , d’autres personnes. Je verrai bien. Je ne sais pas trop ce que je veux comme cadeau. Et quand je pense aux cadeaux des autres, c’est le même combat. Retour au problème du trop ou pas assez. Calamités.

Du coup, j’ai toujours pas d’appartes pour rencontrer G. (avec l’accent belge.) C’est dommage. Je me dis que j’aurais bien prit un verre avec lui, juste comme ça, histoire de se revoir. Mais au finish, ce serait taquiner le diable pour rien, puisqu’on n’irait pas plus loin. C’est vraiment dommage, mais bon, c’est comme ça.

L’ex PA et moi, c’est officiellement finit. On jouait encore un peu, on était dans le temps additionel. J’appelais de moins en moins, ça le soulait de plus en plus qu’on ne se voit pas. Lundi soir j’appelle, c’est limite si j’ai pas l’impression que je dérange. J’envoie un texto plus tard, disant que je l’appelerais plus (j’ai hésité à dire jamais parce qu’une fois que c’est dit je ne revient pas sur ma décision), qu’il avait raison, que ça ne servait plus à rien d’espérer. Il a rappelé cinq minutes pour me dire qu’on pouvait toujours rester en contact, blabla. Les hommes et leurs manies de rappeler pour dire qu’ils ont rompu les premiers, pff. Au final, je sais que je vais lui manquer, comme il va me manquer. Après ça, j’ai eu deux-trois minutes de bad, de bad profond. Je ne sais pas si on se reverra un jour, et si c’est le cas je ne serais pas à l’origine de cette rencontre fortuite. De toutes les façons, ce n’était pas l’homme de ma vie, juste l’homme de mes rêves. J’en trouverais bien un autre. Et la vie continue…

Je pense sérieusement à avoir mon propre appart’ mais je n’ai pas envie d’avoir à faire du baby-sitting et autres taches ménagères pour ça. J’épargne, je calcule, j’attends. On verra bien tout ça.

Chacha, ou comment planer sans avoir prit de weed. Sans déc’.

Publié dans:Non classé |on 19 décembre, 2007 |2 Commentaires »

Les hommes de ma vie (ou Le Blues, partie II.)

Ca vous dit quelque chose, E., le client potentiel qui s’est transformé en amant par curiosité ? Hé ben E. m’a rappelé cinq fois quand il est revenu de son déplacement sur la France. Cinq fois. En l’espace de deux heures, dans la matinée. J’ai rappelé vers midi et il n’a pas réussi à m’avoir, et il a encore rappelé deux ou trois fois avant de m’avoir. Un samedi soir, il m’annonce qu’il a une surprise pour le lendemain. Je dis ah. J’ai tout de suite deviné qu’il allait passer sur la ville, mais très franchement les plans du style « oh on est trop amoureux alors je te fais des petites surprises », c’est pas mon kiffe. J’ai dit que j’avais une soirée, un truc important, que je ne pouvais pas décommander comme ça. Il était déçu. On s’est encore rappelé deux ou trois soirs, et puis jeudi matin de la semaine dernière. Depuis, il a dû laisser quelque cinqs messages chaque matin et/ou chaque soir (heures où je dormais) disant qu’il désespérait de m’avoir, chaque fois avec une voix un peu plus rude. E, c’est le kador de mes sushis (je dis ce que je veux, c’est MON blog. Non mais.) Il me disait qu’il tombait amoureux de moi, que j’avais quelque chose de spécial et blabla. Il n’y a pas d’histoire possible entre une escort girl et un client potentiel, il n’y a pas d’histoire possible entre une fille qui a la vingtaine et un homme qui approche la quarantaine, il n’y a pas d’histoire possible entre une personne vivant dans le Sud et l’autre dans le Nord. En plus très franchement c’est assez lourd toutes ces allusions au sexe quand je sais qu’il n’est pas le mec le plus performant de la dernière décade. Pourquoi toujours prétendre ? C’est tout simplement finito.

Et si P. vous fait penser à quelque chose, je n’ai simplement plus de nouvelles. Un jour, comme ça, il m’a proposé de m’emmener en déplacement avec lui. J’ai décliné. Et puis quelques jours après, il m’a proposé de m’offrir un plug anal pour me faire plaisir. J’ai encore décliné. Et depuis, plus rien. Vous savez ce qu’on dit, pas de nouvelles bonnes nouvelles. Ce que j’en ai à faire.

C’est incroyable tous ces hommes qui s’imaginent qu’avec des voyages et des cadeaux ils peuvent vous avoir ! Je ne suis pas vénale. Je n’en ai rien à f… de partir aux Canaries au mois de décembre, d’aller faire du shopping sur les Champs Elysées. Je ne veux pas me sentir mal à l’aise parce que je-ne-sais-qui voudra me mettre la main au fesse, passer son bras autour de mon cou, déposer un bisou sur ma joue et m’envoyer un billet pour le paradis. L’enfer. Je préfère rester dans mes pénates à déblatérer sur la vie, le monde, le monde, la vie, et ce tas de raisons de déblatérer autour de ça plutôt que de passer un week-end à me faire pomponner contre la satisfaction des envies sexuelles d’hommes en manque d’affection. Chacha chez soi et les hommes seront bien gardés. On se comprend.

J’avais prévu de voir V. ce mois-ci. Son pote A. m’a chauffé à mort un matin pour que je lui fasse un show. Et puis plus rien. Pas de paiement, pas de réponses, rien. J’étais carrément blasé, j’en ai parlé à V. qui a donné son avis d’expert : il était sûrement bourré. J’ai conclut, ils sont sympa tes potes disdonc. Remarque, qui se ressemble s’assemble. On avait prévu de se voir la semaine après la fin de mon cycle et quand je lui ai demandé par texto ce qu’il faisait les jours prochains, il n’a pas répondu. Le lendemain, le téléphone sonne, il m’explique que le foot lui prend encore la tête, qu’il en a vraiment marre de ce poste, qu’il est désolé, que ça le stresse, qu’on ne pourra pas trop se voir. Je suis déçue, hyper déçue, frustrée, hyper frustrée – je bredouille que non, c’est rien, que bien sûr, je comprends, que j’espère que ça ira mieux et je raccroche. Le jeu du chat et de la souris dure trop, je ne sais pas si je le reverrais.

Côté ex-P.A, c’est comme qui dirait l’amour vache. C’est dur de savoir que c’est tout simplement pas possible à cause d’un écart géographique. Et que tout le reste, c’est que des bons souvenirs, des bons délires, c’est tout bien, quoi. C’est vraiment dommage. On s’appelle un peu. J’oublie souvent de le rappeler, des fois j’y pense et je zappe, j’ai tout simplement mieux à faire. On discute d’avant, il m’en veut de ne pas passer outre cette personne que je n’aime pas pour le retrouver, mais je ne peux pas tromper mes sentiments. Un de perdu, tout ça, tout ça.

A propos du PA, c’est pas franchement plus brillant. Le PA c’est le genre qui me colle. Qui s’excuse quand c’est moi qui ait été odieuse, qui raconte qu’il va se casser pour toujours pour voir quelle réaction ça suscite chez moi, qui malgré le fait que je ne rappelle jamais reste avec moi. Pourquoi je ne rompt pas ? Je me demande. Je trouve sûrement la situation confortable, il ne me demande pas de faire trop d’efforts, je n’en fait aucun, on se voit par-ci par-là, mais surtout par-ci et pas trop par-là. Je ne l’aime pas. Tout au plus, j’ai de l’affection, et ça me fait du bien d’être avec lui, mais il n’y a aucune passion, aucune fougue, rien de fusionnel. A une époque de notre relation, bien avant, je ne pouvais me passer de lui, et lui de moi. J’ai juste changé, j’ai juste eut envie d’autre chose. C’est effrayant à mon âge, de se voir mariée avec deux enfants, d’avoir un époux ni beau ni moche, d’organiser des repas de famille de 2 à 4 le dimanche, de promener le chien le soir et de discuter des travaux sur la rue voisine. Parfois, j’y pense avec tendresse, à quand on dormait ensemble, à quand je pensais à sa main sur mon ventre tout rond en train de caresser l’être que la fusion de nos corps aurait crée. Mais j’assume pas. Ca me fait flipper.

Y’a comme un goût de ras-le-bol général dans l’air. Moi, les festivités, ça me gonfle. Tout le monde joue le mec heureux quand en fait c’est la routine et même pire que la routine puisqu’on fait semblant qu’elle n’existe pas. Point non négligeable, G. (avec l’accent belge) a rappelé vendredi, ça m’a surpris, pour me demander si ça allait, comment ça se passait, me souhaiter de bonnes fêtes. J’ai trouvé ça tellement chou. Et puis il a rappelé samedi, a laissé un message vocal, disant qu’il souhaitait savoir si je n’avais pas une amie pour aller boire un verre et puis qui aurait un appartement. J’étais verte (enfin vous voyez quoi.) Alors en fait, tout ce qu’il voulait la veille, c’était savoir si j’acceptais les plans à trois ? Et dire que je voulais aller plus dans l’intime avec lui et lui seulement… Je l’ai rappelé, ait laissé un message pour dire que je craignais de n’avoir pas bien compris, est-ce qu’il voulait que je lui présente une amie qui recevait ou est-ce qu’il voulait que je sois accompagnée de cette amie. En fait, il s’est simplement mal exprimé. Il veut prendre un verre avec moi, mais qu’une amie nous laisse son apparte, ça permettrait de patienter jusqu’à ce que j’en ai un. Ouuuuuf. Je crois que les plans à trois, je préfère quand c’est quelqu’un avec qui je rentre dans un jeu plus charnel que sensuel. Or G., je veux le séduire, je veux le goûter, je veux l’envoûter. Tout un programme.

J’ai appelé une black qui a environ la trentaine et qui est escort sur la ville. Elle a l’accent, elle ne comprends pas de quoi je parle et ne m’entends pas, comme elle est en train de conduire ; je dois rapprocher le combiné et parler plus fort. Les Noirs et le téléphone, je vous jure… Finalement non, elle ne prêterait pas son apparte même si je propose de la rémunerer pour ça avec une part de ce que je gagnerais. Elle me demande mes origines et où j’ai trouvé son site. Je réponds à la première question, reste vague sur la deuxième – un site avec un fond rose. J’ai appelé mes relations pour savoir si certains n’avaient pas un apparte à me laisser. Non. Et ceux que j’aurais pu appeler et qui auraient pu (à 50% de chance) dire oui, je les ai zappé de ma life depuis un bon moment. Et quand c’est comme ça, je ne rappelle pas. En tout cas, pas pour l’instant. Je me demande combien d’escorts sur la ville ratent des rendez-vous parce qu’elles ne reçoivent pas, et s’il ne serait pas temps de les appeler pour voir comment gérer ça, parcequ’après tout ça ne coute rien, un contact. Mais bon, j’hésite, je tourne en rond, je me questionne.

Je crois que c’est une très mauvaise période, niveau escorting. Parcontre j’ai fait quelques cams ces derniers temps, dont une avec un client que j’adore et avec qui je discute depuis des mois, qui est toujours compréhensif quand je dis que je ne suis pas d’humeur. J’ai reparlé à C. mon client cam français que j’avais tant envie de voir sur la capitale. Cinq minutes après ma connexion, sa phrase : « il va falloir te faire pardonner. » J’ai trouvé ça d’un pathétique. Et que tes photos sont belles, et que tu m’as manqué, et est-ce que tu es seule. Je veux dire… ça fait des mois qu’on ne s’est pas vus, et tout ce que ce type veut de moi, c’est que je me désappe gratos ? Je me suis déconnectée comme l’éclair et j’ai tiré un trait temporaire sur les chats sympas et la rencontre possible. Comme dit la pub, « j’en ai marre qu’on me prenne pour une gamine. Moi aussi je veux… un mec, un vrai. » Pas des abrutis en manque qui s’imaginent que c’est à moi de leurs donner toute l’affection du monde et que c’est mon rôle de combler tous leurs fantasmes.

Je crois que ça va pas être possible.

Ca ressemble à ça les hommes de ma vie. Si c’est pas triste. Je ne me suis pourtant toujours pas faite à l’idée de long terme, je ne suis toujours pas la femme d’un seul homme.

Chacha qui découvre chaque jour qu’entre vie et survie, il y a l’ennui. L’ennui ferme.

Publié dans:Non classé |on 19 décembre, 2007 |2 Commentaires »
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