Archive pour novembre, 2007

Quand tout va mal, tout va bien… Et vice-versa.

Je me suis dit qu’aujourd’hui, je n’écrirai pas, il n’y avait rien à raconter de spécial, personne n’appelait, j’ai dormi jusqu’en début d’après-midi, j’ai grignoté, j’ai écouté de la musique (nota bene : faire la playlist de Chacha), j’ai dansé, j’ai rien fait de spécial en gros. Et puis le téléphone a sonné.

En discutant il y a quelques jours avec ma concurrente/amie S., elle m’a dit qu’elle avait fait un site web pour les cams. Moi, hypra intéressée depuis le temps que je cherche un webmaster plutôt ok rapport qualité/prix, je lui demande des renseignements, si ça ne coûte pas trop cher, comment elle a fait pour les photos, tout ça. Elle me dit que les photos, elle les a prises elles-mêmes avec son appareil photo sur un trépied, sauf la session sous la douche. Elle me dit que concernant le site, y’a un logiciel super sympa et facile à utiliser et elle me recommande. Je l’ai trouvé, je l’ai testé, j’ai créer plusieurs types de site « tests » que je n’ai jamais mis online, et hier j’ai décidé franchement de le mettre online. J’en suis assez fière, il ne ressemble pas aux blogs que j’ai fait en trois minutes au tout début de mon histoire d’escort girl (si on peut appeller ça une histoire, une épopée peut-être ? Allez, soyons oufs.) Je me suis occupée du référencement dans la matinée, et je me suis dit bon maintenant, t’attends. Avant hier, pas d’appels. Hier, pas d’appels. Très tôt ce matin (vers les dix heures… hehe…) un appel mais en anonyme : je ne réponds pas aux numéros masqués. En plus, c’était très probablement le directeur de l’agence, quand j’y repense. Fin bref.

J’en était donc là de mon emploi du temps de ministre de la Glandouille Intensive quand j’ai lancé un coucou à V. sur la messagerie instannée. Il m’a dit qu’il était un peu morose en ce moment, il m’a appelé et il m’a dit de venir ce soir. J’ai fait la fille busy, j’ai dit que j’avais commencé les révisions, tout ça. Il ne me verra vraiment pas avant deux semaines. Au téléphone on s’est marrés, il peut être chou quand il veut. Je suis contente parce que je pensais qu’il ne voulait pas me voir ou quoi que ce soit, en fait il est juste très pris, très stressé, très morose. Je veux dire, je trouve dommage qu’il soit dans cet état d’esprit, mais si ce n’est pas moi qui influe ce sentiment général, alors je suis contente.

Vers la fin de l’après-midi, le téléphone sonne. Numéro Inconnu. Je me dis décroche, décroche pas…? Je décroche. Il s’appelle E., il est commercial de passage une fois par mois voir deux dans la ville, il voudrait booker pour une heure – une heure et demi ce lundi. Je lui ait dit comment je procédais, à quel point c’est important pour moi de me sentir en confiance. Il a rit deux trois fois à mes blagues, a dit qu’il espérait qu’on se voit par la suite de façon régulière (une à deux fois par mois) et il m’a demandé de me décrire. A la moitié de la description il a commenté : « jusque là, c’est parfait. » Je lui ait dit que tout se passerait bien, à moins qu’il morde ? Il m’a dit non. On a rit. J’ai dit que moi, parcontre, je mordais, il a répliqué que c’était très bien on a rit à nouveau. Et puis on s’est dit à très vite. J’ai souris en raccrochant. Logiquement, il rappelle lundi en début d’après-midi pour confirmer. Ca me laisse toujours le week-end pour gérer mon Ministère (de la Glandouille Intensive.)

Début de soirée, le téléphone vibre. Le numéro du destinateur s’affiche, je décroche. Il a 38 ans, marié, deux enfants, sa femme est partie une semaine en vacance avec sa progéniture. La quarantaine approche, et il n’a pas envie de se réveiller quand il sera plus vieux et de se dire qu’il y a plein de trucs qu’il n’a pas fait – sexuellement. Il a une vie (trop) pépère, une vie sexuelle (trop) pépère, sa femme ne le pousse pas à aller tous les dimanches matin à la messe, mais presque. Il veut du neuf.

« Comment vous avez trouvé mon annonce, si ce n’est pas trop indiscret ? -Ba en fait j’ai cherché sur le net, mais c’est pas si évident de trouver le numéro de filles indépendantes comme vous, qui font ce qu’elles veulent de leurs corps. -Ah… Et qu’est-ce qui vous a poussé à m’appeler moi plutôt qu’une autre ? -Disons que j’ai un fantasme, faire l’amour avec une femme de couleur, mais attention, ce n’est pas une obsession non plus. J’ai faillit avoir une amie métissée plus jeune, mais ça n’a jamais aboutie. -Et c’est le grand regret de votre vie ! » On a éclaté de rires.

On discute de pourquoi je veux suis escort girl. Je lui dit que je suis étudiante, que je bosse aussi à côté des cours, que je ne veux pas que l’escorting soit un métier, parce que je veux être capable de retomber sur mes pieds quoi qu’il arrive, que dès que j’atteind le salaire que je peux toucher avec n’importe quel autre métier, j’arrête. Il acquiesce silencieusement. J’ajoute que j’ai envie de rencontrer des gens avec qui je discute d’autre chose que de Popstar et des artistes du moment, et je lui parle de cette difficulté d’aborder des sujets d’actualités, ou des sujets scientifiques avec les personnes que je cotoîe au quotidien. Il rit quand je cite Popstar et puis il me dit « oui mais c’est pas forcément en vous affichant comme Call Girl que vous allez les rencontrer. » Je lui ai parlé de ma rencontre avec A. et de l’anecdote de ce Président, pour lui prouver que contrairement à tout ce que l’on peut s’imaginer, quelqu’un dit « intellectuel » ira plutôt facilement vers une accompagnatrice de charme. Je lui demande ce qu’il fait dans la vie, il bredouille, il dit qu’il a plusieurs casquettes, que j’ai sûrement entendu parler ou vu ses réalisations. Moi : « euh j’ai entendu parler de beaucoup de choses et vu beaucoup de choses… Mais si vous ne voulez pas rentrer dans le détail, c’est ok. » .

Je lui dit que je fonctionne à l’instinct, que je refuse beaucoup de rencontrer, que parfois ça s’arrête à l’appel téléphonique, que parfois ça s’arrête au premier rendez-vous. A noter : c’est le premier client qui prend le scénario catastrophe, en me demandant ce qu’il se passe si ça ne passe pas. « On fait quoi ? Bonjour, aurevoir ? » Moi « euh, on n’est pas des bêtes quand même ! Je parie que vous et moi avons plein de choses à nous dire ! » Lui : « Ben je sais pas, vous jugerez si je suis digne d’intérêt, si je suis pas trop moche, si… » Moi : « Disons que là ça touche aux relations humaines, donc je ne peux pas dire. Je ne vais pas affirmer expressément que je n’aime pas les blonds aux yeux verts, ou les bruns aux yeux bleus… » Lui, « Ah ouf, parce que je suis blond aux yeux bleus. » J’ai explosé de rire. Ca tombait bien ! J’ai trouvé son intervention vraiment chou.

Et puis il est devenu un tantinet plus désagréable. « Ca doit pas être facile ce que vous faites. » Oh mon dieu, mon dieu, mon dieu, comme j’ai horreur de cette phrase. Et tous les clients la formulent, même V., que j’apprécie tant. Je leur répond que si c’était si difficile, je ne continuerai pas, surtout qu’avec des cams je gagne autant qu’avec l’escorting – ça leur fait fermer leur clapet en général… Jusqu’à la prochaine fois. Je crois que les mecs aiment à se dire qu’ils sont des sorte de Robin des Bois pour nous, que grâce à eux, qui sont grand, forts, beaux et riches, on atteind l’indépendance financière. Si ça les amuse.

Lui, je lui dis que je ne vais plus loin qu’avec les clients qui me plaisent, que je me sentirais jamais obligée de faire quoi que ce soit avec qui ce soit pour une question d’argent, que ce que je fais, c’est surtout dans l’optique de la rencontre. Parce qu’une fille comme moi sur un site de rencontre classique se ferait harceler par de pauvres types en manque (j’y ait mit les formes, mais en gros c’est ça.) Il a dit « et alors justement, c’est pas trop dur de rencontrer et de coucher avec des gens qui vous plaisent ? » Moi « EUH ? » Explosion de rire. Là, j’ai envie de dire la question con. « Quand c’est des gens qui vous plaisent, c’est jamais difficile ! Et puis je considère que rencontrer des gens c’est plutôt sympa, il y a des métiers liés à la communication vous savez, où l’on rencontre beaucoup de gens. Tant que je ne me sens jamais obligée de quoi que ce soit, tout est ok pour moi. » Il m’a dit que j’étais très agréable au téléphone, qu’il n’avait pas envie de raccrocher, que je devrais écourter la conversation. Moi, qui suis un vrai moulin à paroles, j’ai dit alors on ne raccrochera pas avant longtemps. On a plaisanté quelques minutes. Il s’est décrit, il dit qu’il perd ses cheveux mais qu’il est assez beau gosse, et qu’il est plein de sous. Je trouve ça très déplacé, mais je me suis dit qu’il plaisantait, alors j’ai rit et j’ai dit que si c’était ça qui m’intéressait, je n’aurai pas dit que je révisais et que je ne serai pas disponible avant une semaine, que je ne courre pas après l’argent. Lui : « Attention, dans cinq minutes vous allez tomber amoureuse de moi, je vous dit que j’ai une grande maison, que je suis seule, que j’ai plein de sous… » Moi, « Ah et dans cinq minutes vous devez me dire que vous êtes le prince charmant, non? C’est dans la planning ça ou pas ? » Lui « euh… ben non pas vraiment, j’ai un gros défaut, je suis grivois… Et vous ? -Moi, je suis gourmande (rires sexy) -Gourmande ? De…? -De tout… Tout, tout, tout. » Lui : « Là, vous m’allumez, non ?… Vous faites bien votre métier. » J’ai trouvé ça tellement vulgaire de dire « allumer. » J’ai préféré bien le prendre, j’ai dit que non, que j’étais comme ça dans la vie de tous les jours dès qu’on me connaissait un peu. Il a dit ok, ok. On discutait épicurisme quand ma batterie a lâché. Je l’ai rappelé pour le remercier d’avoir appelé et lui ai dit qu’il pouvait me rappeler quand il le voulait. On s’est dit aurevoir. Je le sens moyen, mais moyen-bien. Je pense qu’au fond, comme il me l’a dit au début, il s’accordait une pause entre deux sessions de travail et il avait envie de se lâcher, et vu que j’étais assez ouverte, il s’est laissé prendre au jeu. Ces petites touches de vulgarité ne font peut-être que parti d’un personnage, il m’a l’air cool hormis ça, et j’aimerais vraiment le rencontrer, comme ça, pour le fun, même si ce n’est pas sujet au « et plus si affinités. »

Cependant, il m’a fait pensé d’une certaine manière au seul appel téléphonique vraiment désagréable que j’ai jamais reçu. C’était un type assez porté sur l’argot, qui avait déjà rappelé deux trois fois mais je n’était jamais dispo. « Vous êtes motorisé ? -(lui) Ouais, j’ai une bagnole ouais ! Mais bon le truc c’est le prix quoi… Je veux dire, moi je dis pas que je vaux tant d’euros par exemple. Enfin, je sais que les tarifs ne sont de toutes les façons pas négociables, mais bon c’est quand même élevé. -(moi) Il y a des filles qui prennent moins vous savez. -(lui) Ouais je sais si j’ai envie d’aller bourrer (oh mon dieu comme c’était vulgaire) je vais faire un tour, mais c’est pas ça que je veux, je veux un peu de classe (sans blague?) En plus quand tu me verras, tu vas vite baisser tes tarifs, je suis assez beau, j’ai trois agences sur le bassin, je suis assez jeune… -(moi) Pardon, vous avez quel âge? -(lui) 39 ans. » Non mais j’hallucine, il a trois agences, il voudrait aller voir les prostituées mais n’en n’a pas les c**** et en plus de ça, il s’est permit de me dire « c’est limite-limite ce que tu fais, ta famille est au courant ? -(moi) Non mais de toutes les façons je suis majeur et vaccinée, je fais ce que je veux de mon corps. -(lui) Ouais mais bon à la fac ils savent que tu fais du porno ? » (le site gratuit que j’ai fait en trois secondes est supporté par de la pub pour des sites adultes et sur ma page de présentation il y avait un film x avec une actrice black, du coup beaucoup de mecs ont dû s’imaginer que c’était moi… MAIS rien que sur le plan de la logique, je vois pas l’intérêt de cacher mon visage sur les photos de présentation et de me montrer en train de faire une fellation tranquillou sur une plage sur une vidéo… Un peu de bon sens les mecs, merde.) Fin bref, ce mec c’était le stéréotype, que dis-je, l’archétype du Connard fini. J’aime pas user d’insultes pour décrire quelqu’un, mais là, c’est carrément un cas de force majeur.

Un autre point à considérer, que je n’ai jamais vu abordé que dans le bouquin sur l’escorting : la police. A mes débuts, lorsque je me suis posée pas mal de questions sur l’escorting, je suis tombée sur un questionnaire à se poser à soi-même pour être sûre qu’on est fait(e) pour ce métier, que l’on pourrait le supporter. A la question « envisagez vous avec sérieux le fait qu’un jour vous puissiez être arrêté et que feriez vous dans une telle situation ? », j’ai répondu mentalement par l’à peu-près. Je n’ai pas entendu parler d’arrestations jusque là, d’aggressions oui, pour les filles qui font de la pub pour leur activité dans des sites que je dirait « cheap »… Mais si moi je me fais aggresser ? Je screene énormément ok, mais que faire ? Aucune fille ne porte plainte, elles se passent le numéro du mec entre elles pour éviter la même galère aux autres, c’est tout. Je n’ai pas pensé encore à tout ça. On se dit toujours d’une manière ou d’une autre que tout ira bien, qu’il n’y aura pas de plan galère. On n’est jamais à  l’abri d’une aggression, d’une arrestation, de ce genre de trucs qu’on n’a pas prévu parce que c’est désagréable d’y penser. Il faudra bien un jour pourtant que je pense aux scénarios catastrophes, que je me pose les questions probables, que je troue les réponses probables… et les solutions urgentes. Quand un type appelle et pose trop de questions gênantes (t’as quel âge ? pourquoi tu fais ça ? Et tes parents ils en pensent quoi ?), soit je me dis qu’il se croit au-dessus de moi et qu’il est snob et je reste aimable mais je lâche l’affaire, soit je me dis que c’est un représentant de la loi qui est tombé sur mon site et voudrait me piéger. Je fais super gaffe à tout… Et dans ces moments là, je trouve des éléments de réponse dans le bouquin sur l’escorting. Je suis comme qui dirait méga jouasse de l’avoir trouvé. Mais faut quand même que je me creuse la tête, pour trouver d’autres éléments de réponse. Et ça, c’est une autre affaire.

Avec le PA, on se cherche. On se téléphone, on se textote, on se dit qu’on va trouver un plan sympa sans prise de tête qui n’inclut aucunes de nos relations. Tant qu’il n’y a pas de prise de tête, pourquoi pas. Tout va bien, tant qu’on vit au jours le jour, qu’il n’y a pas de projet d’avenir, pas d’appartement type T2 avec un grand balcon et une chambre tapissée de coeurs ;) Et puis je l’adore ce mec, il me fait marrer.

Discussion avec le PA, il y a cinq minutes. « Non mais tu te rends comptes que c’est horrible de pas suivre l’actualité ? -(lui) Non mais moi je tombe toujours sur les info de TF1 et ils racontent que des trucs sur les vieilles ! -(moi) Ba essaie de zapper avant qu’ils abordent les faits divers ! -(lui) C’est pas de ma faute si je tombe toujours sur les faits de grand-mère ! » Explosion de rires. (lui) « Ouais bon faits divers… Faits de grand-mère… C’est pareil ! » Meuh oui.

Je sors à peine de mon bain et je me caille, mais ne te gêne pas pour moi, appelle-moi Chacha.

 

 

Publié dans:Coup de coeur, Non classé |on 3 novembre, 2007 |3 Commentaires »

Heart to Heart avec Chacha 2ème partie : On prend les même et on recommence…

Cher Léo,

Merci beaucoup pour ton commentaire, pour moi aussi c’est une bouffée d’air de lire tes lignes qui sont pleines de sens et pleines de joies. Bien sûr, tu évoques certaines parties grave de ton existence, mais c’est aussi ça qui nous forge et qui nous fait.

Je ne pense pas que tu deviendras accro à la cam, je pense que tu es quelqu’un d’intelligent, tu sais pourquoi tu y a recours, tu sais pourquoi tu arrêteras un jour. Tu te remets en questions, et ça c’est déjà un énorme pas en avant. Il n’y a pas tant de monde qui le fait, c’est toujours plus facile d’être persuadé qu’on a raison. Félicitations, je suis ravie de connaître quelqu’un qui comme moi, cherche à s’exprimer par autre chose que des langages texto vulgaires et des conversations sur la dernière brune à la télé réalité du moment. Et merci, merci infiniment de lire mon journal intime.

Concernant ton ex, j’espère vraiment qu’elle se trouvera, car alors elle trouvera son bonheur. La clé, on l’a en nous. Il nous faut juste à mon avis quelques années de galères et de joie pour la trouver. Encore un petit effort les amis…

Tu es conscient de ton besoin d’affection, alors fonce, sors, rencontre des gens dans les bars dansants, les boîtes de nuit, les expositions, les vernissages, les concerts - toute occasion est bonne pour faire connaissance. On n’a qu’une vie et elle est trop courte pour qu’on se permette de la laisser filer sans réagir. Si tu te sens à l’aise surtout par l’écrit, fréquente ces forums avec la possibilité de mettre des cams, où des personnes d’une même ville et de la France entière se rencontrent. Attention, j’imagine que de temps à autre, il y a une fille qui bosse pour tel ou tel site de webcams, mais à mon avis il y’a un pourcentage très élevé de gens honnêtes qui comme toi n’ont qu’une envie, rencontrer l’âme soeur. Toi et moi, on est deux grands rêveurs, on carbure à l’instinct. Si tu as peur de dépenser trop d’argent dans les shows, dépense cet argent dans l’abonnement à ce type de sites et voit ce que ça donne. Si ça se trouve, comme dirait mon super pote S., y’a peut-être moyen d’avoir un bon retour sur investissement ! C’est-à-dire, si au final tu as des histoires sympa qui finalement te montrent le serial loveur qui est en toi, c’est tout bénef.

C’est sympa que tu ais envie d’écrire, mais ne va cependant pas jusqu’à créer comme l’autre abruti, un blog qui s’appelerait « je ni… Meeti… » La, ce serait carrément du niveau du Marquis de Sade. Dément.

Concernant ces filles qui utilisent des mots que tu trouves dégradant, c’est tout à fait compréhensible. Beaucoup de filles s’en servent parce qu’elles s’imaginent que c’est absolument ce que le client cherche – parce qu’il y a des clients qui recherchent cela; mais si elles étaient un temps soit peu fines, elles se rendraient compte que tous les clients n’ont pas le même fantasme. Il y a les romantiques, les fétichistes, les autres. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai deux formules : une formule soft et une formule hard. Je me la joue un peu CSA, c’est un peu mon logo de signalisation pour ma télé à moi : on n’a pas tous les mêmes sensibilités.

Maintenant, que l’utilisation de ces mots soit mauvaise ou dégradante, je n’en suis pas persuadée. Tout dépend de la façon de faire. Si c’est genre du copié collé, style « oh oui je suis une grosse méchante donne moi une fessée » (je sens l’excitation monter en toi cher lecteur… mais non, je déconne…) c’est sûr que c’est ridicule. Maintenant, si vous vous êtes échauffés depuis trois quart d’heure et que vous êtes rentrés dans un jeu de rôle dominant/dominé, ça peut être carrément trippant. Je ne pense pas qu’être Soumis ou Dominé soit dégradant en soi, de toutes les façons, la  sexualité est le choix de chacun, on ne peut pas se permettre de le juger à la va-vite. Elle fait partie de nous, elle est nous. Pour ma part, et là je te dévoile un peu de moi là aussi, j’aime employer des mots très crus quand je suis dans un trip particulier avec un partenaire qui me fait vibrer d’une façon particulière, j’aime dire tout ce qui me passe par la tête et l’entendre dire tout ce qui lui passe par la tête, j’aime faire du bruit… Et tout ça dans un contexte où mon partenaire et moi avons bien définit les règles et les limites de l’instant que l’on passe ensemble. Je trouve que les insultes et les mots crus, ça a un charme (oui je dirais charme) particulier, dans le sens où ça symbolise pour moi ce que devrait être le sexe : un moment d’égarement total, où le corps et la langue se délient sans aucune limite. Je me rappelle la première fois que j’ai fait cette expérience, c’était en chat, avec mon copain de l’époque, et j’avais vibré quand il m’avait dit « tu sais, ça me fait tout bizarre… C’est la première fois que je fais ça… C’est presque, tu vois, interdit. » Et quand on s’est vus quelques semaines plus tard pour passer du fantasme à la réalité, il y a eu comme un malaise au début, et puis très vite, on s’est laissés allé et cette fois-là avec lui m’a vraiment marqué. Tu serais étonné de savoir à quel point les hommes qui emploient vraiment ces mots dans une relation sexuelle sont doux et attentionnés dans la vie de tous les jours – loin, très loin de ces stéréotypes du macho du dimanche qui se gratte l’entre-jambe et fesse sa femme à la volée, en lui hurlant de faire à manger. Les hommes comme ça sont de véritables goujats qui ne pensent qu’à leur plaisir personnel et sont incapables de comprendre une femme. Je les soupçonne même pour la plupart d’être des homosexuels refoulés, vu leur véhémence à affirmer, quand bien même ce n’est pas la question, qu’ils ne le sont pas… Soyez un peu métro les mecs, merde. Mattez Queer Eye… ;)

Autre chose, quand je dis que je suis plutôt soumise, c’est parce que j’aime les jeux de rôle qui vont très loin dans la soumission, l’une de mes limites est par exemple l’humiliation, mais je la frôle, je l’explore, je cherche à la comprendre. Attention à ne pas dire jamais, il faut aborder les sujets avec la plus grande ouverture d’esprit possible, ça évite les confusions, les regrets, ça évite de passer à côté de quelque chose qui paraît repoussant au prime abord mais peut se révéler être jouissif, dans un bon contexte avec un très bon partenaire, et pratiqué de façon occasionelle voire rare. Mais il arrive que certaines pratiques nous dépassent, et alors là bien évidemment, il faut zapper tout de suite. Il faut se dire « ça, ce n’est pas pour moi », mais ne pas prétendre pour autant que ça devrait être interdit. Tant que cette pratique est basée sur le consentement mutuel et ne met en danger aucun des deux concernés, tout est ok. Il faut de tout les goûts pour faire un monde à croquer.
La volonté de l’indépendance amoureuse, est-elle le fruit d’une carapace ? Léo, Léo, tu flattes mon égo de littéraire. Je me retrouve en terminale… Alors procédons comme à la bonne époque. Un plan en trois parties, monsieur, avec non pas thèse, antithèse et synthèse et encore moins oui, non, merde. Disons tout simplement :
A. Eloge de la Carapace
B. Limites de la Carapce
C. Nécessité de la Carapace
(j’ai l’impression de parler d’une des créatures dans Pokémon – Carapuce… Oui bon y’a des gamins dans la famille… Ca va, pas la peine de chambrer…)

Ainsi dans un premier temps, on s’accordera à dire que la carapace amoureuse est le résultat d’un manque, qui avec le temps a crée une brèche émotionnelle que l’on se refuse à combler, de peur, paradoxalement de soufrir plus. Cette armure est un moyen de refuser la souffrance, de la nier, de se fermer aux autres, dans le but égoïste et vain de ne jamais connaître la peine. En effet, cette muraille qu’on a dressé entre soi et le monde permet de mieux se remettre en question, de cerner ce que l’on accepte ou pas venant d’Autrui, de prendre au mot la phrase célèbre de Montaigne : « se prêter aux autres et ne se donner qu’à soi-même. » La carapace est source de joie quand on réalise combien nos amis qui sont amoureux peuvent être en peine, ou en manque, quand ils se disputent avec leurs compagnes. On se dit qu’on est au-dessus de tout ça, qu’on est fort, parce que l’amour au fond, c’est avouer que l’on dépend de quelqu’un d’autre, c’est avouer que l’on est faible. La muraille amoureuse peut même être salvatrice, quand on est le témoin des excès dans lesquelles certaines personnes peuvent verser, pour un peu d’affection. Mais même avec la plus belle armure, nous sommes des soldats avec des talons d’Achille. L’être humain est doué de sentiments, et fatalement il en dépend.

Il est vrai que se blinder contre la tristesse et la souffrance est un moyen de transcender sa peine passée, d’éviter nombre de disputes et de ruptures. Cependant, il est humain d’aller vers Autrui, il est humain d’échanger, il est humain d’avoir envie d’aimer – que cet amour soit fraternel, paternel, maternel, patriotique, spirituel, ou, enfin, et c’est le sujet qui nous intéresse, charnel. Ainsi, dans notre société moderne, et ce même dans les villes les plus reculées qui ne sont pas soumises à tant de publicité, rares sont les personnes qui ne désirent pas une compagnie, qui se satisfont d’elles-même, qui vivent en ermite sans difficulté. Faire un pas vers l’autre, c’est accepter d’aimer, c’est accepter de rire, c’est accepter de refaire le monde… Mais c’est aussi accepter de souffrir. La vie est faite d’évenements qui n’épargnent personne : la naissance, le décès, l’union, la maladie… Ainsi, il serait fou de croire que seule une muraille pourrait nous rendre indépendant face à la souffrance. Et dans quel monde vivrait-on si chacun se blindait contre l’autre ? Ce serait certainement un monde ravagé par le feu et le sang, ou il n’y aurait ni liberté, ni égalité, ni fraternité. Aussi la carapace de sentiments pose-t-elle la question de l’amour-propre : comment donner de l’amour quand on ne s’aime pas soi-même ? Il faudra alors citer Nadine de Rotschild, qui, dans Le Bonheur de séduire, l’art de réussir donne sa réponse : « Aime toi toi-même. » Où l’on voit que le bonheur en société, et de fait une liaison amoureuse réussit, commence d’abord par l’acceptation et l’amour de soi. Nous voici face à une partie de la réponse : il faut s’éduquer pour s’aimer, et alors, nous pourrons donner de l’amour aux autres.

Si la vie était un long fleuve tranquille, cela se saurait. On vient de voir ensemble que, concernant les relations humaines, rien n’est jamais gagné d’avance, et qu’on ne peut ni décider de s’isoler, ni décider de trop se donner. Il faut un équilibre, et cet équilibre commence par une remise fréquente en questions, pour savoir ce que l’on recherche, ce que l’on tolère, ce que l’on rejette.  Une blessure du passé qui nous colle à la peau, un souvenir désagréable que l’on n’arrive pas à effacer, une rupture qui nous semble insurmontable, et en quelques secondes, notre monde s’écroule. S’il est humain d’aimer et de souffrir, il est humain de se retirer dans sa tour d’ivoire à l’instar d’Alfred de Vigny, quand on sent que l’on ne maîtrise plus la situation et qu’on a cette impression que plus rien ne va. La carapace de sentiments est alors nécessaire et même recommandée, le temps de remettre les choses en place. Une seule réserve cependant, pour pallier au manque d’affection, on n’a encore trouvé qu’une plus grande affection. Il faut alors faire très attention à qui l’on s’offre, car aimer, comme l’a dit Saint Exupéry, c’est regarder ensemble vers la même direction. Il y a certainement mille raisons de vouloir s’exclure de toute relation charnelle, et l’indépendance amoureuse en est une. Mais il nous faut réaliser que l’amour est pour beaucoup un aveu de faiblesse et même une dépendance. Ainsi, je citerais Gaëlle, qui a remporté un concours autour du sujet de l’amour :

« L’amour est comme une fleur,
On la découvre, on la cueille, on la soigne,
Et un jour elle s’ouvre pour nous
Offrir ses couleurs et ses parfums.
Apprenez donc à chercher la bonne fleur
Et montrez lui quel jardinier vous pouvez être. »

Cette citation n’est pas sans rappeler le célèbre mot de Voltaire, « il faut cultiver son jardin. » L’image du jardin nous donne à voir un milieu dense et coloré, ou à force d’adresse et de volonté, on parvient à créer les plus belles choses. En conclusion, tout porte à croire que la volonté d’indépendance amoureuse est bien le fruit d’une carapace de sentiments… Il nous faudra de la confiance, de l’affection et du temps pour s’en débarasser. Et une fois celle-ci détruite, on verra que l’on s’expose à un risque bien plus dangereux, et bien plus grand que de souffrir : celui d’aimer.

 A bon entendeur…

Publié dans:Coup de coeur, Non classé |on 2 novembre, 2007 |2 Commentaires »

Heart to heart avec Chacha (voir le commentaire laissé par Léo à l’article « les affaires reprennent »)

Cher Léo,

Merci de ton commentaire, ne te fais pas de soucis quant à sa longueur, on ne sera jamais que trop trivial en affirmant comme l’oncle Bébère, que plus c’est long, plus c’est bon (rires gras.) De toutes façons la littéraire que je suis s’est souvent fait huée par ses camarades de classe en rendant trois copies doubles quand eux avaient de la peine à en rédiger une. Je dirais alors, de la même manière, ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité. Et mon ami, il y en a beaucoup dans tes lignes. Je voudrai aussi te remercier parce que ça fait comme qui dirait un baille que j’ai envie de faire des heart-to-heart, shows à l’américaine où on met son coeur à nu, pour le trip, comme ça, pour voir ce que je vaux niveau conseils. Je peux enfin cocher cette case dans ma liste de fantasmes, et pour cela, très cher ami, je t’en remercie.

Tout d’abord, parlons de cette hôtesse webcam, qui a tenu à ce que tu restes avec elle pendant des heures. Personellement, je n’ai jamais bossé pour une boîte, j’ai commencé assez jeune à faire des cams to cam avec mes petits copains, j’en ai fait pas mal de free par la suite, et dès que j’ai été majeur, j’ai commencé en tant qu’indépendante – ça ne m’avait même pas effleuré l’esprit de faire ça en étant payée à la base, mais on rencontre tellement de trou du schmoll sur la route… Tous ces types qui se refilaient mon adresse entre eux alors qu’ils avaient surement le double de mon âge ça m’a dégouté ! Je me suis dit bon là, va falloir restreindre le flot de galériens… Et le seul moyen pour stopper des mecs très lourds et/ou très en manque, c’est de les faire payer. Pour moi, c’est aussi un moyen de screener, pour avoir des mecs qui ne vont pas m’insulter à négocier mes tarifs, qui ne vont pas me harceler parce qu’ils sont venus trois minutes avant la fin de la durée du show demandée, etc. Mais bon, ça ne veut pas dire que les filles qui bossent pour des boîtes n’ont pas la même éthique que moi. En réalité, on m’a déjà proposé quatre fois de bosser pour un site, les différences étant que j’aurai été légèrement moins bien payée (de quelques centimes donc ça va, c’est pas la mort), que quelque part ça me fait chier qu’un pourcentage parfois élevé de mon dur labeur aille dans les poches d’un gus/d’une gussette qui n’a pas d’autre aptitudes que de créer un site et encaisse le fric sans trop se bouger les fesses, que je ne suis pas à fond pour les plans voyeurs (les clients peuvent te voir devant ta cam sans que tu en sois vraiment avertie… au bout d’un moment c’est net, t’es naturelle mais merde quoi, big brother is watching you c’est démodé!), et que D. m’a d’une certaine manière montré ce que l’on attendrai de moi : apâter le chaland, le fidéliser au site, le faire revenir souvent et fair en sorte que son fric parte lentement mais sûrement. Je suis persuadée que les sites te virent et t’embauchent (inversion logique dans ma phrase pour souligner ce que je pense d’une telle pratique) suivant ta capacité à fidéliser le client… et à le ruiner. Deux des propositions pour bosser dans une boîte étaient par rapport à des connaissances/concurrences francophone, une est allée jusqu’à me proposer d’aller vivre à l’étranger pour bosser dans un salon dit de « massage » ou bien de bosser dans un appartement (de tourner quoi) dans la capitale. D. était sensé être le commercial dans le truc et il m’a dit très rapidement de lâcher l’affaire, que ça sentait le plan foireux, la prostitution à fond. D., c’est vraiment un mec bien. La troisième proposition était par rapport à une boîte américaine, qui ont eu vent de mon profil, je n’ai pas eu de retour jusqu’à aujourd’hui, ils ont l’air de galérer niveau décision et création du site. Galérez bien entre vous, quand vous êtes prêts, vous me passez un coup de bigo les mecs. J’adore les clients anglophones, ils ne discutent pas, ils lâchent les sous, ils jouissent, ils te font des compliments, ils partent, ils reviennent. Les francophones sont plus lourds dans l’approche, ou alors ils sont adorables mais uniquement à la première rencontre, après ils deviennent suspicieux, sarcastiques, ils se prennent pour des Julien Courbet qui ont découvert un filon arnaques à proposer à TF1. Hé les mecs, on n’est pas toutes pourries et vous savez pourquoi vous cherchez des indépendantes, il n’y a personne au-dessus de moi, personne au-dessous, je n’ai pas à nourir absolument mon chat à la fin du mois. D’ailleurs mon chat, il est noir, il s’appelle Salem, il joue dans Sabrina l’apprenti sorcière et il touche probablement plus de billets que moi, rien que pour un épisode. Non mais plus sérieusement, restons concentrés sur le sujet n’est-ce pas, cette fille a dû être enfin ravie de tomber sur quelqu’un qui a un peu d’esprit, qui a un peu d’humour, qui la fait se détendre elle aussi. J’imagine que t’es le genre de clients rares que je rêve de rencontrer tous les jours - moi, et toutes les indépendantes et les filles qui bossent pour les sites en général. En plus, si j’ai bien comprit, les sites ne facturent pas le chat entre animatrice et client. Alors fonce, parle avec elle, faites vous rêver. Je dirai juste attention, la première fois c’est toujours magique, essaie de voir si c’est toujours aussi sympa de discuter avec elle par la suite, si elle ne te met pas la pression pour que vous fassiez des cams en te faisant comprendre d’une manière ou d’une autre qu’il y en a mille derrière avec qui elle pourrait se faire des sous (ce genre de sites, à moins d’avoir un panel de clients européens voire mondiaux ne tourne pas tant que ça à fond), fais gaffe à l’illusion qu’elle peut créer, te faire croire que vous pouvez vous rencontrer un jour, et si tel est le cas pour être sûre qu’elle est sincère tiens toi au résultat du premier dit « rendez-vous in real life (IRL.) » On est loin de ça, mais tu sais comme moi que c’est facile de créer l’artifice derrière une cam, fais attention à toi et à ton coeur, en ce bas monde, trop de gens malhonnête pour quelques centimes. Elle peut aussi très bien être une fille comme moi qui est curieuse d’aller voir qui est vraiment ce mec trop adorable derrière l’écran… Une fille curieuse avec qui un plan vite fait/un plan sur le long terme est possible. En conclusion, j’utiliserai cet adage latin : festina lente (qui signifie littéralement, « hâte-toi lentement. ») Si après ces lignes, tu ne vois pas plus clair, c’est pas de ma faute. C’est simple : c’est jamais de ma faute.

 Je te préviens, tu vas m’adorer :D

Parlons maintenant de ta copine qui souhaitait devenir escort girl et travailler au fameux « pussy cat » club. (Je me demande si les patrons embauchent des poètes lyriques pour choisir le nom de leurs établissements ?) Tout d’abord, je te reprendrai sur ton expression, on ne dit pas « faire l’escort girl », mais « travailler en tant qu’escort girl. » En effet, par ta tournure, tu montres déjà ton point de vue sur l’activité, on ne fait pas l’escort girl comme on fait une omelette. Comme je l’ai dit, je le réitère et l’affirmerai toujours, être escort girl est une occupation de tous les instants, pas un vulgaire job. Je vais essayer de te donner la réponse qui me semble être la plus juste, compte tenu de mon expérience personelle et de ce que tu m’as dit dans tes lignes… Concernant l’hypothèse comme quoi elle cherchait simplement à réveiller ton désir, je dirai qu’il y a quelque chose en effet, à considérer de ce côté là. Les relations à distance c’est sympa, se voir ponctuellement c’est sympa aussi, mais il existe des partenaires qui ont besoin de plus de tendresse, de plus de présence et là c’est inévitable, pour tirer la sonnette d’alarme tous les moyens sont bons. Je pense cependant que ton amie avait sérieusement envie d’être strip-teaseuse et call girl (strip-teaseuse me semble être le terme adéquat pour son travail dans le club, et si elle devait aussi aller plus loin avec le client, alors dans ce cas j’utiliserai le terme de call girl, qui évoque un peu plus ces filles que tu contactes par téléphone, ou que tu rencontres dans un bar spécialisé. Au final, call girl escort girl et courtisane signifient la même chose, désigne la même activité, mais par des voies différentes, des moyens de contact différents, des « niveau » de prestation différents – courtisanes sont ainsi supposées être le top question accompagnement de charme, suivi par les escort girl et les call girls viennent en dernier.) En effet, ton amie était influencée par l’image de cette jeune fille qui gagnait beaucoup de sous et qui devait sûrement lui faire avaler de belles couleuvres en lui racontant que son job consistait à « caresser les cheveux d’un client. » Bien sûr, il y a surement des soirées où les filles de ces bars ont des pourboires venant d’un mec sympa, qui a juste besoin d’un peu d’affection. Cependant, à moins d’exercer un des métiers liés à la coiffure, très peu de personnes sur cette terre passent leurs temps à tripoter les cheveux des autres et à être plus ou moins bien payées pour cela. J’ai personellement toujours fait gaffe aux exemples qui me sont donnés, je pense que l’éducation assez conservatrice que mes parents m’ont donné me permettent chaque jour de faire mes choix de vie. Je dis merde aux hôtesses webcam qui cherchent à ruiner leurs clients, je dis merde aux escort girls qui cherchent à ruiner leurs clients, je dis merde à tous ces gens qui font tout pour du fric. D. m’a dit un jour en voulant me motiver, que ma concurrente/amie qui a les même clients tous les soirs ou presque, S.,  s’était payée le dernier modèle de voiture de Peugeot. A cette époque, c’était LA caisse par excellence dans ma tête, mais j’ai répondu séchement « wow, quelle vie. » Il n’a pas su quoi répondre. On ne devrait jamais se laisser influencer/écraser par ces gens qui ont peu ou pas de scrupules, qui touchent plus mais écartent plus aussi - si vous voyez ce que je veux dire. Ma dignité et ma quête du plaisir valent toutes les Peugeot du monde, ainsi que les Jaguar, les Mercedes, les 4×4 et les jets privés. Souvenez-vous en. Aussi, ça peut être un argument contraignant dans la plaidoirie de ton amie, qui en parlant d’une de ses conaissances qui touche autant de fric (qui est le nerf de la guerre, ne nous voilons pas la face) s’imaginait que tu te dirait que ça t’éclaterait bien de coucher avec une fille qui a plein de pépétes et qui en plus plaît à tous les mecs à la ronde. Y’a des mecs que ça éclate, ne soit pas choqué, j’en ai eu le témoignage. C’est juste que tu n’es pas ce genre de mecs, après que ça soit bien ou mal, chacun décide.

En conclusion, je dirai que non, tu n’avais absolument pas tort de te faire du soucis quant aux relations qu’elle aurait pu avoir avec des mecs en tant que Call Girl. Tu sais très bien la nature de ces relations, et si tu as besoin d’un dessin, tu m’envoies le numéro de ton fax, je fais de véritables oeuvres d’art quand j’y met de la volonté. Plus sérieusement, même si elle n’aurait pas été obligée d’aller plus loin avec un client potentiel, si déjà elle se lançait dans le milieu parce qu’elle admirait les autres filles qui (disaient) gagner (beaucoup) d’argent, c’est cette même motivation qui l’aurait poussé à aller plus loin avec les clients potentiels, et là DANGER, elle aurait pu vraiment finir mal. Si il est vrai que tu l’as détournée de cette voie ou elle ne serait rentré que par apât du gain, alors bravo, Léo, tu es un Saint. Trop de personnes finiront mal en ce bas monde parce qu’ils seront aveuglés par la quête de l’argent. En vérité, en vérité, je vous le dit : il faut avoir les pieds sur terre, du sang-froid et de l’affection qui vient de la famille, des amis ou d’un éventuel petit ami (PA) pour ne pas sombrer. Les histoires glauques, et dans tous les domaines, n’arrivent pas qu’aux autres. Avec ça en tête on devrait tous être suffisamment avertis.

Mes derniers mots à Jean-Pierre, pour ce qui est de la lecture de mon journal intime, tu peux en user et en abuser, fais toi plaisir, c’est gratuit.

Je t’embrasse virtuellement, Chacha.

Publié dans:Coup de coeur, Coup de gueule, Non classé |on 1 novembre, 2007 |1 Commentaire »

Du lard ou du cochon (au niveau des titres, je sais pas si vous avez remarqué, mais je me lâche… allez, c’est la fête… HAPPY HALLOWEEN… Ahem, non, rien.)

J’ai l’impression de vivre à Coltarland et d’avoir élu domicile à l’hôtel de ville. Pourquoi l’hôtel de ville ? Allez savoir… Bref. En gros j’ai rien de spécial à raconter. Une heure avant la rencontre, S. n’a pas appelé. Un quart d’heure après je lui envoyé un texto genre neutre pour lui dire que j’attendais son appel de confirmation, me disant qu’il avait peut-être oublié. Finalement il n’a pas rappelé du tout, tant mieux, j’avais la flegme de faire deux heures dans la salle de bains pour un faux rendez-vous. Le truc de la confirmation une heure avant le rendez-vous, c’est vraiment le bon plan. Ca sauve de précieuses minutes dans la vie d’une escort girl en service. Vraiment. Du coup comme j’avais rien de spécial à faire, j’ai glandé. J’ai trainé sur l’une de mes drogues à mes heures perdues : second life. Je ne dirai rien sur ma seconde vie, juste que ça me permet de me détendre quand tous les potes de la première vie sont en vadrouille et ne font pas signe. Si ça se trouve on s’est déjà frôlé une fois. Qui sait. A part ça, j’ai appelé V. assez tôt dans la matinée pour savoir si il bookait pour deux heures ou pour une nuit, il a dit on verra, j’ai insisté, il a dit deux heures. Il avait l’air fatigué, ennuyé peut-être ? Préoccupé, c’est sûr. En début d’après-midi, il me rappelle pour me dire qu’en fait, il est vraiment pas bien aujourd’hui, qu’on ne pourra pas se voir. Plusieurs hypothèses. La première, hier soir on a discuté quand même assez tard par rapport à son créneau habituel, alors forcément il était plus crevé que d’habitude, et vu qu’il accumule les grosses journées, ben c’est vraiment pas cool. La deuxième, il a chopé la crève, qui avec la fatigue le rend k.o. Incluse dans les deux précédentes, l’hypothèse comme quoi il m’a promit d’être « en forme » la prochaine fois qu’on se verrait. Du coup, il a peur de pas assurer. La dernière, il a envie de me faire voir ce que ça fait, quand on se voit annuler deux fois de suite un rendez-vous auquel on tenait à honorer. Bah, de toutes les façons, oh se croisera bien un jour. Je trouve ça un peu suspect de n’avoir pas vu A. online, et de n’avoir aucune news de ce qu’il a ressenti, comme V. m’avait promis de me raconter la veille au soir. Si ça se trouve, comme d’habitude, je me prend tout simplement trop le chou. Enfin au final, les faits sont là : côté accompagnatrice, rien n’est booké pour les prochains jours, à part ce pharmacien qui a appelé pour booker dans la matinée en début de semaine prochaine, mais faut voir s’il rappelle et faut voir s’il confirme, et faut voir s’il me plaît. Tout un programme. Et c’est pas gagné.

J’ai vraiment gaspillé mes premières thunes. Je n’ai pas encore eu le temps de me servir du plan d’épargne proposé par l’auteur du bouquin sur l’escorting, mais promis juré craché, dès que je peux, je le fais. J’ai vraiment envie de vivre bien plus tard, de ne pas regretter un centime de ce que je gagne maintenant. Il y aussi de nouveaux budgets que je dois régulariser, comme manicure et pédicure, esthéticienne tout ça. A propos de la pédicure, un client souhaiterai booker une cam de 30 min, un show hard mais qui satisferai aussi son fétichisme… des pieds. Je n’ai jamais compris ce penchant là, je suis assez curieuse. Je me disais comme ça, tout à l’heure, j’ai probablement les limites sexuelles plus poussées que 99% des filles de mon âge. Je ne dis pas ça parce que je suis sexuellement très ouverte et que j’ai un appétit sexuel plutôt grand, disons que mes limites, sont vraiment, vraiment, vraiment très poussées. Il n’y a que deux hommes au monde qui les connaissent, N. avec qui j’ai fait des jeux de rôle virtuels assez jouissifs, et C., un client cam. Ces limites là, je me laisse quelques années pour les découvrir vraiment, les explorer, les tester. En matière de sexe, je suis loin de vouloir goûter à tout, mais je voudrais au moins satisfaire certains de mes fantasmes… et les fantasmes des autres. Le pire, je crois, c’est d’être consciente à mon âge de l’avantage que j’ai sur les autres filles de la profession. Je sais que beaucoup d’hommes cherchent mon profil de fille, assez jeune, très open, sans prise de tête. Et du coup, quand je suis en train de me laisser aller, je me prend parfois pour une actrice porno, qui doit réaliser la scène selon les indications du metteur en scène. La plupart du temps, c’est même ce que je fais, parfois je prends mon pied, parfois, j’avoue, je simule. Ca fait partie du personnage, du jeu, de l’instant. Je me met même des fois dans la tête du client, pour mieux encore être apte à le satisfaire, même si je trouve ce qui lui plaît moyen, ou vraiment pas top. Je prends mon pied quand mon partenaire est heureux, c’est pour ça que je me dis que finalement, je suis plutôt soumise. Mais j’imagine que dans le « trip » domination, c’est aussi essentiel d’essayer d’avoir une longueur d’avance sur les désirs de l’autre. Au final, je me dis que ça doit être assez similaire, niveau désir/assouvissement du désir. J’ai pensé deux-trois fois à devenir actrice porno, mais non vraiment, je n’assumerai pas ce choix. Ma sexualité je l’assume à fond, mais dans la discrétion. L’afficher, ce serait un peu la sacrifier sur l’autel du Désir et là, c’est trop risqué, et quand c’est risqué c’est hors de question. Tout simplement.

Le directeur de l’agence a rappelé. Il m’a dit de renvoyer encore des photos, qu’il était impressionné par mon expérience sexuelle (j’ai mit trois quart d’heure à décider si oui ou non j’en parlais dans un mail, comme je trouais ça incroyablement impersonel et puis je l’ai fait finalement, me disant, je ne sais pas, fais-le), que wow pour une fille de mon âge, j’en connaissais un rayon. J’ai juste rit. Il a dit comme quoi il serait en France la semaine prochaine, qu’on devrait essayer de se rencontrer, qu’il y aurait un formulaire à remplir, qu’il prendrait les photo, et qu’on verrait comment on devrait procéder, à l’avenir. Il a dit qu’il descendrait à un hôtel, qu’on discuterait, qu’il prendrait les photo. Il a ajouté « et vous rentrerez le lendemain matin? » Et moi aussitôt de dire « Ou le jour même! » Je me suis rappelée dans la foulée que D. habite là-bas et que ça pourrait être un moyen de le voir, dans le cas où il n’est pas super busy, comme tous les hommes de ma vie. Finalement, le directeur en question m’a renvoyé un texto pour me dire d’envoyer encore des photo. Là, je dis stop. Le coup de « vous rentrerez le lendemain matin« , ça sous-entend de façon trop grossière « on dort à la bonne franquette avec Bébère » et ça c’est no way; c’est au moins la troisième fois qu’il demande des photos de moi, je veux bien qu’elles soient trop sombres, ou trop claires, ou trop machin mais faut pas abuser; n’importe quelle agence assez ok peut au moins se payer les services d’un photographe – et je ne veux pas bosser dans une agence qui n’en n’a pas les moyens. Non seulement je ne vais pas renvoyer de photos, mais en plus je dirai que je ne suis plus intéressée. C’est sûr, j’ai envie de me casser, de découvrir plein de trucs, mais mollo mollo, ça arrive tous les jours que des jeunes filles naïves se retrouvent dans des plans foireux avec des macs déguisés qui tirent les ficelles du traquenard. Matrioshki ok, mais sans moi. De toutes les façons, maintenant j’en suis persuadée, même si tout le monde recommende de passer par une agence en premier, je n’aurai jamais autant de succès qu’en indépendante. D’abord, et c’est normal, parce qu’une agence mettra en avant les filles blondes aux yeux bleux, plantureuses, taille mannequin. Ne disons pas « mais non… » parce que si. L’auteur du bouquin sur l’escorting a géré deux grosses agences et l’avoue sans détours, c’est la loi de la demande et de l’offre, et comme j’offre, je dois m’y plier. Ensuite, parce que j’ai lu pas mal de témoignage de filles d’agences, ces mêmes filles plantureuses, qui se retrouvent collées-serrées contre des mecs un peu obèses, pas toujours très propres, mais qui lâchent de gros billets verts. Moi, jusque là, je suis toujours tombée sur des mecs cleans, et je ne suivrai jamais un type qui ne me plaît pas, sous prétexte qu’il a le compte en banque d’Ali Baba – si tant est qu’il en ait jamais eu un. Enfin, je verrai peut-être plus tard, d’ici qui sait quelques mois, si je ne peux pas aller à l’étranger, et là je ferai ça sérieusement. L’auteur du bouquin sur l’escorting blâme les sites qui permettent de donner des notes aux agences et aux indépendantes. Moi, quelque part, ça m’arrange, ça permet de savoir à quoi s’en tenir, même si certains mecs sont un peu hardcores niveau descriptions (« je l’ai bien b***, elle m’a bien s*** », je cite. Oui je pense comme vous : la plume de Casanova a dû passer par là.) De plus, à ce que je constate, c’est toujours la course aux plus cheaps, au rapport qualité/prix le plus attractif, un peu comme un touriste avec des tours opérators. Evidemment, de ce côté là, ce sont les filles de l’Est qui sont les plus plébicitées. Ce que j’en pense…

Et donc, rien de neuf à raconter. V. ne me verra pas avant au moins deux semaines, j’en ai plutôt marre du jeu du chat et de la souris, et puis ça nous fera du bien à tous les deux, de se zapper de temps en temps. J’ai dit que dès aujourd’hui, j’économise pour le future site, j’ai trouvé un webmaster anglophone assez sympa qui fait de bons sites à des prix raisonnables, pas comme certains qui ont des prix énormes pour les mêmes résultats. Je pense à deux sites en fait, pour les cams, et pour l’accompagnement. J’en ai ma claque de mon actuel moyen de paiement, je voudrais quelque chose qui ne coupe la cam que quand le client l’a décidé. Du coup, je me fais moins de soucis par rapport au temps offert… En plus, j’en ai franchement marre des mecs qui recherchent mes services en ce moment. J’ai fait la rencontre de trou du schmoll troisième du nom, aujourd’hui. C’est un client qui avait demandé un show hard d’un quart d’heure, une fois, il a adoré. Aujourd’hui il se reconnecte, alors que ça faisait genre un baille qu’on s’était pas vu. On chatte cinq minutes. Il se déconnecte et deux heures plus tard, dès qu’il se reconnecte, il me dit « tu me fais une cam gratuite ? » Bon, je réexplique pas le truc de l’amitié et de la relation amicale, sinon je vais arracher l’oreille de quelqu’un sur un ring de boxe. Je ne lui ai pas répondu, histoire de ne pas m’énerver. Simplement, voilà une autre leçon à tirer : ne vous imaginez pas que parce que vous avez payé une hotesse webcam une fois, vous aurez droit à des free à vie, là, c’est du fantasme pur et dur. Il y a des clients qui vont voir tous les soirs ou presque une amie/concurrente. Depuis que j’ai repris l’activité de façon presque soutenue, un client m’a déjà contacté plusieurs fois, aux mêmes horaires et a payé toutes ses cams – avec quelques minutes gratuites à chaque fois. Ce que je demande pour une cam, je sais que je le mérite, sinon je n’aurai pas la base de clients fidèles que j’ai. S’il m’arrive de faire des free, c’est quand je sais que le client veut bien payer, mais que JE DECIDE de lui en faire cadeau, parce qu’il est déjà venu me voir plein de fois et non pas comme certains se le permettent, parce qu’il me rappelle qu’il est déjà venu plein de fois et que du coup, il a droit à un rabais : je décide TOUJOURS. Je ne suis pas un magasin de discount, le client est P(r)ince, je suis la Reine. C’est comme ça. Je n’ai jamais aimé que les clients reviennent me voir trop souvent, parce que je pensais à eux dans la vie de tous les jours, aux fantasmes qu’ils pouvaient développer de me voir un jour, à la relation amicale qu’on créait qu’il pouvait à tout moment confondre avec de l’amitié et même de l’amour. Je n’aime pas me dire qu’ils peuvent passer à côté de quelque chose dans leurs vies de tous les jours à cause de moi. Quand j’ai expliqué ça à D., qui m’a d’une certaine manière lancé et épaulé dans mes débuts pour les shows, il m’a dit que c’était assez stupide, parce qu’au final, les mecs iraient ailleurs. Certes, mais au moins j’ai la conscience tranquille, je sais que je ne leur fait rien croire, et qu’ils savent que je suis honnête avec eux. Je ne flirte pas quand je sens que le mec est porté sur les relations longues, je coupe court quand le mec revient souvent, et commence à donner de gros pourboires. Je ne sais pas, c’est comme ça, J’aime me dire que quelque part, je ne les rend pas accro, je leur donne juste la bouffée d’air dont ils ont besoin, rien de plus, rien de moins. Avec le futur site et le nouveau moyen de paiement, ça va bien changer tout ça. Mais bon, au fond, on ne se débarasse jamais complètement d’une éthique.

Le PA et moi, c’est game over au fait. Il continue d’appeler et d’envoyer des texto, mais vu comme je suis busy (à ne rien faire), je ne répond pas. Ca ne sert à rien de languir sur des choses qui n’aboutiront pas, sinon à soufrir plus et à avoir du mal à passer à autre chose. Nous deux c’est finit, si on est réellement faits l’un pour l’autre, alors on se retrouvera, sinon ciao bambino. Alea jacta est.

Non, j’insiste, appelle-moi Chacha.

Publié dans:Coup de gueule, Mes peines, Non classé |on 1 novembre, 2007 |1 Commentaire »
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artscellement |
FaiS GaFfe A mon BloG ^^ |
un bout de chemin......... |
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