Cueille ta vie.

Lundi matin…

Je dors depuis des plombes et je me dis que ça va durer encore quelques années, quand le téléphone vibre. Onze heure du mat, le mec qui a booké pour aujourd’hui confirme. Je commence à faire mon planning de la journée : télé et activités hautement ludiques pendant quelques heures et puis méga préparation. Je fais couler un bain, je sélectionne mes fringues (va falloir faire du shopping, il fait de plus en plus froid…), je me glisse dans l’eau bouillante. Quelques minutes plus tard, je me maquille avec tous les produits, et je me trouve bof au début, et puis un peu jolie à la fin. Petit coup de gloss et c’est parti mon kiki…

A cause du froid hivernale, ça fait quelques rendez-vous où j’accepte de rencontrer directement dans la chambre d’hôtel. J’ai pas envie de me cailler à la terrasse d’un café, ou de m’étouffer  dans un bar enfumé. L’homme qui m’ouvre la porte a la trentaine, peut-être plus proche de la quarantaine, il a les yeux bleux mais un peu rougis par les nuits courtes et un train de vie effréné – est très charmant au demeurant. On discute un peu, il y a le film de Ray Charles à la télé. Il n’est qu’à deux portes de là où j’étais avec D., la dernière fois. Très vite, il s’approche de moi et m’embrasse. C’est le premier client qui prend une douche avec moi avant d’aller plus loin. On passe à l’action… Il est tout simplement très endurant et très bien foutu – c’est le premier client qui a des abdos aussi apparents. Le hic, c’est qu’on dirait qu’il ne se soucie pas de retenir le préservatif à la base avant de se retirer – et j’ai dû faire très attention à ce qu’il ne me pénètre pas sans – en effectuant un mouvement qui me ferait croire qu’il l’ajuste simplement et où en réalité il l’enlèverait.  Je fais tout le temps de faire gaffe, mais là j’étais trois fois plus aux aguets. Et pour cause… Il y a eu des soucis avec la capote. Depuis, tout est rentré dans l’ordre. Mais il faut toujours faire gaffe, maintenir cette pression pour ne pas se laisser aller. Cela pourrait être fatal…

Je m’attendais à ce qu’on reste ensemble une heure, et en fait non, ça a été plutôt deux. Il m’a dit qu’il travaillait dans les bijoux fantaisie, qu’il voyageait souvent depuis plus de dix ans. On a beaucoup discuté des filles qu’il fréquente d’habitude, et il m’a dit que son choix se portait toujours sur les filles « colorées. » Il aime beaucoup les filles d’Amérique latine et d’Afrique. Il trouve que les filles d’Europe de l’Est sont belles - mais fades. Trop froides. Plus tard dans la voiture il me parlera de ce petit branleur qui est son stagiaire – depuis que ce dernier est sorti avec sa première petite amie black, il ne recherche que ça. Ca me fait sourire – c’est comme toutes mes amies qui ne rêvent que de sortir avec des blacks. Je les comprends – moi c’est l’opposé qui m’attire. Je veux dire, ce mélange dans l’intimité et la pénombre d’une chambre, des couleurs et des sens, du noir et du blanc… Enfin, chacun carbure à ce qui lui plaît.

Il me parle de cette brésilienne qui lui a confié qu’un de ces clients était un footballeur assez connu de la ville, qu’il l’avait fait déménager pour qu’elle s’installe près de lui, qu’il était fou d’elle. Ca m’a fait pensé à mon futur plan à trois, et j’ai sourit. J’ai dit que je me fichais un peu que mes clients soient des footballeurs ou non, que ce qui comptait c’était que je me sente bien avec eux. Il a sourit à son tour et il a dit « ça ressemble à un deuxième câlin ça, non? » C’était la première fois que j’appréciais vraiment « l’entre-deux. » Je veux dire, c’était la première fois que ça ne me faisait rien d’autre que du plaisir de l’embrasser, de le caresser, de me blottir contre lui – d’habitude je me demande quand ça va reprendre, je pense à autre chose, je m’assoupis presque. C’était comme si c’était un fuck buddy (*un ami avec qui tu as des relations sexuelles.) Il est plutôt jeune dans sa façon de s’habiller, de parler, d’agir. Du coup forcément, ça rapproche. Il me demande si je fume de l’herbe – je dis non merci. Il m’offre un Ice Tea qu’il ouvre devant moi (je fais gaffe à ce genre de détails) et puis après être passée par la case salle de bain, il propose de me ramener. Dans la voiture, on parle des filles qui couchent à tous les coups avec leurs clients et qui a force, ne respectent plus leurs corps. Les filles qui commencent à se droguer et à méchamment partir en sucette – si je puis dire. Je me dis, alors toutes les fois où les mecs te demandent si tu fumes de la weed c’est simplement pour tester si tu n’es pas une de ces filles trash. Non, je ne fume pas. Non, je ne me drogue pas – ni doucement ni durement. Non, je ne bois dans les verres où il y a des substances dont je n’ai pas vu la préparation. Non, je ne supporte pas plus de deux verres d’alcool – tout simplement parce que je veux être lucide à n’importe quel moment et que je trouve ça horrible toutes ces histoires de viol où les filles n’avaient aucune idées de ce qu’elles faisaient. Je ne dis pas qu’elles sont blâmables – parce que les mecs qui en profitent sont vraiment des pauvres types. Maintenant supposez que le pauvre type était aussi saoul. Donc : il faut être conscient. Je bois jusqu’à me sentir guillerette – mais toujours consciente, et je suis toujours accompagnée de personnes fiables qui font gaffe à moi, comme moi à eux. Dernier baiser dans la voiture et puis on se dit à plus.

Je pense qu’il va rappeler, on a parlé de se taper un trip avec les sex toys. C’est marrant parce que ce mec est séduisant, clean, plutôt friqué… et il va toujours voir des escort girls. Il a deux enfants, il a une femme brésilienne (donc à son goût à mon avis), logiquement c’est tout ce dont il pourrait rêver – mais non. Je pense que c’est l’effet de la quarantaine qui approche. Je pense que c’est parcequ’il aime beaucoup les femmes. Il m’a dit qu’il avait apprécié ma page de présentation, parce que contrairement à d’autres, ça ne « sentait pas l’usine. » Je me suis dit ouf, j’ai pas passé tout ce temps à faire mon site pour rien.

Retour à la casa. Un mec appel en inconnu, rendez-vous le lendemain. Je dis oui, lui demande de rappeler dans la matinée et m’endort rapidement parcequ’il fait presque nuit.

 Attend, c’est pas tout y’a la suite ! Dixit Chacha.

Publié dans : Non classé |le 24 novembre, 2007 |Pas de Commentaires »

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