« Même si s’amenuise et s’épuise ta foi en l’avenir, ne renonce pas au futur, façonne-le, rêve-le. [Il est le temps pour toi à étreindre et choyer comme un dû] » (Yves Simon)

 M. a rappelé aujourd’hui et je n’ai pas pu répondre vu comme la fille pionce le matin - faut vraiment que je pense à racheter une recharge. Ou à acheter une nouvelle carte sim, vu que de toutes les façons ça fait un moment que je pense à changer de numéro. Il m’a laissé un message vocal, avec son numéro de portable, disant que je devrai le rappeler le plus tôt possible. M., c’est le mec qui m’a appelé la dernière fois, et qui a dit « j’ai plein de sous. » Son nom m’est revenu d’un coup. J’ai traînassé toute la journée, je suis allée faire un tour en ville, où j’ai admiré les mères qui courrent en mini et talons après leurs gossses qui ont les doigts dans le nez, les amoureux qui se lachent pas la main même quand il y a un vélo qui leur fonce dessus, le retour en force des bonnets et l’apparition des low boots. Et en bonne fashionista, j’en ai une paire :)

 Que dire sinon que je suis dans ma période plutôt heureuse. Deux mecs ont appelé hier soir, et j’ai déjà quelques centaines de visites sur le site que j’ai fait moi-même – j’aimerai mieux que ça soit fait par un pro mais je suis ravie du résultat pour l’instant. Le webmasteur m’a comme qui dirait « relancé », ce qui me fait penser que je n’ai toujours pas fait de photos, c’est dur à trouver autour, des photographes qui ne sont pas amateurs et qui proposent des séances glamour sérieuses. Le seul qui m’ait répondu jusqu’à maintenant est libre en décembre. Je vais essayer d’attendre jusque là, mais le webmasteur est sur Londres à la fin du mois et pourrait faire les photos. Je me tâte. Je sais qu’il est professionel, son travail est là pour le prouver et beaucoup de détails le montrent, maintenant aller toute seule dans une ville que je ne connais pas et dont la langue officielle est une langue que je ne maîtrise que plutôt bien, ça m’inquiète un peu. Finalement, je lui ait dit que je l’embauchais pour me créer un site rapport aux webcams, un site de trois pages vu qu’il n’est vraiment pas cher rapport à la qualité de son travail – mais finalement trois pages, c’est presque rien. Je suis super indécise, je change d’avis toutes les dix minutes rapport à tout ça.

C’est comme les budgets et les plans d’épargne que je suis sensée suivre, c’est pareil tout le temps, l’argent t’en as trop ou pas assez, ce n’est jamais bon. Souvent, c’est pas assez, mais c’est trop dans le sens où ça te pousse à la consommation. J’ai envie du Nano touch, j’ai envie de ces supers escarpins avec la robe noire super classe en vitrine, j’ai envie d’un nouveau téléphone portable. Au finish, je me concentre sur ce qui me servira sur le long terme, les projets pour les cams et pour l’escorting.  Mais bon, c’est dur de se restreindre, alors je me suis arrêtée pour prendre un panini poulet-fromage avec une bouteille de coca Zéro, dans ce kébab où je m’arrête tout le temps. Le hic, c’est qu’ils m’ont servi un kébab avec frites, salade, tomate et oignons et une canette – rien de ce que j’ai demandé (et j’ai horreur de la salade et de la tomate). C’était bon, enfin moyen – j’ai mangé méticuleusement mes frites en premier et le reste après, comme d’habitude. Après mûre réflexion, j’ai décidé de ne plus aller là bas que de temps à autre, et que la prochaine fois j’essaierai les fast foods autour, l’italien, le chinois, les pizzas, le reste. Si primo ils ne sont pas capable de me faire un petit sourire genre je suis une bonne cliente et que en plus ils ne me servent pas ce que je demande parce qu’ils sont persuadés de savoir ce que je veux et préfèrent parler à leurs amis qui sont au comptoir, dans ce cas bonjour chez vous. (Ou plutôt Sala Malekoum)

Finalement, j’ai décidé d’investir dans un appareil photo. Ca fait un bail que mon ancien est cassé, et que je promet des photos à J. Lui, il m’a contacté il y a quelques jours par email et on s’est envoyé deux-trois messages sympa où il disait qu’il me trouvait charmeuse et charmante, et qu’il désirait ardemment me rencontrer. Après il a demandé à être ajouté dans ma liste de contact s- je me suis dit bon réfléchis pas trop, accepte-le. Il est un peu relou sur les bords mais bon pas trop, on est rentré l’autre soir quand on discutait sur la messagerie instantannée, dans un espèce de jeu de rôles professeur/étudiante qui est sympa, il faut juste que je trouve le temps de le terminer. Donc demain, si j’en crois ce que je pensais il y a dix minutes et douze secondes, je change de coiffure et je m’achète un appareil photo numérique. Je vais m’amuser comme une folle avec… J’adore les séances photo avec mon meilleur ami, mon vibro à moi :D Non, sans dec’.

A part ça, hier, discussion avec P. sur la messagerie instantanée. Il s’est excusé d’avoir été un piètre partenaire sexuel. Je lui ai dit de ne pas trop s’en faire, que c’était ok. « Tu crois qu’un jour on va refaire l’amour ensemble? » Moi : « au moins comme ça, t’es direct! » Je lui ai dit que je ne savais pas trop, que je ne me levait pas le matin en me posant la question, qu’on verra. Il est le genre de mec qui, finalement, me fait pitié. La dernière fois, il a été très égoiste dans son plaisir. On a fait l’amour comme dans un film porno – je n’ai rien contre ça, mais j’aurai au moins aimé qu’il y ait, je sais pas, un petit sentiment d’excitation par ici ou par là. Il n’y avait rien, ah si, lui et son plaisir. J’ai trouvé ça pitoyable qu’un type de son âge (il a la trentaine) ne soit pas conscient à ce point du plaisir de l’autre, surtout que si je me retrouvais là (c’est ce que je me suis dit), c’est parce qu’au téléphone il m’avait promit mille et une caresses – parole, parole, parole. Le pire, je me dit que quite à ce que ça soit moyen voir nul, autant être rémunérée, mais même pas, je savais que c’était gratuit et j’y suis allée sur un coup de tête. Après coup, je sais qu’il a profité du fait que je sois plutôt cool comme escort girl, et que oui, d’une manière, il a profité de moi (dans le sens pécunnier.) Moi, je m’en remettrai, parce que je me dis c’est une erreur d’appréciation et on apprend de ses erreurs – tant pis pour les mecs qui viendront après, maintenant c’est le cash d’abord le fun après et seulement si tu me plais. Lui parcontre, il se rappellera toujours de ce qu’il a fait. En plus, il a une maison au bord de la mer et il est commercial – ça se voit à sa voiture et à son train de vie. Donc, il a les moyens financiers de se payer un peu de fun avec moi. Un de ces quatre je vais lui parler franco, parce que là il s’imagine que me dire bonjour – aurevoir et m’inviter à le voir en cam, va consolider quelque chose (une amitié peut-être ? *ironique*) et faire en sorte qu’on se voit un jour. C’est vraiment incroyable, de souffrir à son âge de la misère sexuelle… Au tout début, il m’a dit qu’il avait un enfant de deux ans qu’il voyait une fois sur deux. Donc, il est logiquement séparé. Maintenant, il m’a beaucoup fait rire et je me disais qu’il était séduisant, qu’il devait charmer beaucoup de filles. La vérité c’est qu’il y a un décalage assez troublant entre l’homme charmant qu’il est et la façon dont il fait l’amour – disons qu’il se fait l’amour - dans le sens où seul son plaisir compte. Je ne sais pas, et j’ai pas envie de me prendre la tête. Je sais qu’il ne fera pas le relou pour sortir de ma vie, donc c’est déjà cool. Maintenant entre théorie et pratique, il y a un fossé. Et soit je le creuse, soit je le creuse. C’est dire.

Je n’ai toujours pas contacté une autre escort girl. Je me laisse le temps pour avoir une nouvelle coupe de cheveux, une manucure, une pédicure, une séance d’épilation, mettre en place plus clairement mon projet sur le site de webcams et après, seulement après, je m’occuperai de l’escorting… Enfin, sauf si entre-temps il y a un superbe mâle qui demande à booker pour un rendez-vous! Ca me fait penser, mister inconnu avec qui j’ai passé ce fabuleux moment mardi matin m’a laissé un message avec une adresse bidon (parfois les noms des mails « bidons » des mecs me font marrer) via mon premier site web d’escorting. Il a dit qu’il m’avait trouvé cultivée et intelligente et qu’il avait vraiment apprécié le moment passé ensemble, qu’il lui tardait que l’on se revoit, comme prévu. J’ai souris jusqu’aux oreilles.

La nuit dernière, j’ai craqué pour le dernier son de Brasco et sur la bouille d’El Matador. Il me fait penser à G., ce mec trop mignon qui m’a comme qui dirait dévoilé mon côté coquin. On ne s’est pas rappelé depuis cette rencontre, mais je me dis que notre relation est du genre on se rappelle une fois tous les ans et on remet ça. Je ne sais pas, je verrai. De toutes les façons, il avait presque la trentaine, peut-être qu’il s’est casé depuis  (il m’a dit qu’il sera fidèle… la première année du mariage « après t’as vu, c’est chaud. » Je vois.) Au final, j’en perdrais beaucoup au long du chemin. Donc autant passer à autre chose rapidement…

D’ailleurs un truc. J’arrête pas de me remettre en question. Même avant l’activité que j’ai choisit je le faisais, mais maintenant je dois ajouter d’autres dimensions et d’autres données à mes questionnements. Avant je me disais, tu sais que tes délires sont ceux d’une banlieusardes, que tu aimes les blagues sur les mecs de cités, sur machin qui a braqué la boulangerie et se prend pour Fifty, sur Truc qui a revendu son premier sachet de beu et qui a fait cavalé les flics pendant cinq ans comme un Achille sans talons, sur les potos qui sont partis au soleil et toutes les galères qu’ils ont connu à cause du manque de fric et du délit de faciès, mais des galères qui font sourire. Je me disais tu sais que tu viens de là où on galère et où on rit de ces moments de poisse, de là où on se checke trente fois dans la journée, là où on sourit en prenant la pose devant la voiture des condés. Et pourtant, t’as choisit d’aller dans le meilleur lycée de la ville, tu as des capacités littéraires qui dépassent largement celles de tous tes potes réunis et sont à peu près au niveau des meilleurs élèves, t’as choisit d’étudier des langues mortes, de te spécialiser dans la littérature et de vivre à fond cette passion des mots, cette rage d’écrire. A l’époque déjà, je me posais la question de la séparation entre la culture qui m’était donnée et la culture à laquelle je souhaitais accéder.

La réponse est là : je viens de l’underground.

Mes parents sont intellectuels certes, mais ici ils ne sont rien. Mon père n’est pas là. Ma mère trime tous les jours pour me prouver que l’argent facile n’est pas la solution. Alors est-ce que je considère ça comme de l’argent facile ? Est-ce que c’est bien ce que je fais ? Qu’est-ce que les potes en penseraient ? Hé ben les potes, ils seront pas toujours là. C’est triste et drôle, drôle et triste à dire mais beaucoup finiront en prison ou alors feront un boulot de 8 à 5 plus ou moins bien payé, se marieront avec la cousine du bled, ou la cousine de la cousine (qui vient du bled), ou la fille du quartier Est, rival de la cité. Il y aura des fêtes de mariage, des baptêmes, des circonsisions, des blagues sur la gueule du bébé qui ressemble pas trop à son père mais plus au voisin de pallier – et des larmes. Rien qu’à regarder autour de moi, beaucoup de filles qui ont dans les 23 ans ont déjà un enfant, même les potes des potes de mes frères. Merde. Ca me fait penser aux premières minutes de Transpotting, ce film coup de poing que j’ai adoré. Je ne veux pas cette vie – pas maintenant. Laissez moi vivre.

Les potes ne seront pas toujours là disais-je, et s’ils me jugent hâtivement c’est qu’ils n’étaient que des connaissances. Je fais mes choix de vie, j’ai décidé de m’éclater et de profiter de ce côté coquin que j’ai, je suis une fille cultivée cependant, j’ai besoin de faire quelque chose où je peux étaler ma culture (comme de la confiture, c’est bon, on a compris.) L’escorting c’est pile poil ce qu’il me faut, plus poussé que les webcams, moins trash que la prostitution. Et puis il n’y a pas de macs, il n’y a pas de types glauques et sales – je me gère de A à Z. Je me suis toujours dit, en regardant la télé « non mais pourquoi je rencontre pas ce type de mecs moi ? » rapport à tous ces reportages de société sur des mecs assez canon et canonesques qui draguent en boite des filles bofs et niaises. Je veux dire, je suis pas trop bof et pas trop niaise, je devrai pouvoir les rencontrer quoi, merde. En boîte, j’aime que les boîtes afro, et désolée mais je ne sors pas avec de blacks – je veux dire, je les connais trop, ils sont comme mes frères, je connais leur plan et je les vois venir à cent bornes. Pareil pour les rebeu – en plus il n’y a jamais d’avenir avec eux, parce que beaucoup de mes potes m’ont bien expliqué que jusqu’à la trentaine ils « s’amusent gentiment », après quoi ils se marieront avec une musulmane vierge. Je n’ai rien contre les chinois ni pour (bien que généralement je n’ai aucune attirance pour eux), je n’ai rien contre les métisses ni pour (bien que je les assimile à mes frères blacks que je connais tant), j’aime les mecs « typés. » La peau mat, quoi. J’ai tendance à craquer pour les bruns aux yeux bleux, y’a quelques années c’était les blonds aux yeux verts. Enfin bref, à la question « pourquoi je rencontre pas des hommes comme ça moi? » La réponse est nette : ces mecs-là ils recherchent des filles partantes pour des plans chauds sans soucis. Les mecs les plus canons avec qui j’ai pu flirté étaient comme ça. Ce superbe coureur-cycliste est comme ça. En fait, quand t’es une fille moyennement jolie, que tout le monde pense que t’es supra-sérieuse, et que personne n’imagine à quel point tu peux être délurée, hé ben tu rencontres des gens moyennements beaux, que tout le monde pense plus ou moins sérieux et dont personne n’imagine la perversité intérieure. Les apparences m’arrangent plutôt pas mal, parce que depuis que je sais que je peux rencontrer ce type de mec grâce à l’escorting, je suis ravie.Mais l’apparence ne fait pas tout – j’ai besoin de rire, j’ai besoin de séduire, j’ai besoin de rêver.

Je ne suis pas la femme d’un homme.

Je sais que je vais surement encore briser le coeur de mon actuel PA, mais bon dans mes projets dois partir dans quelques mois, quitter la ville, faire mes folies ailleurs et revenir (ou pas) quand j’aurai exploré cette partie fofolle de moi. Je ne veux pas d’une vie monotone et routinière, me lever un matin et me dire que toute ma vie j’ai fait des trucs chiants et je n’ai jamais pris le risque de la vivre à fond. Je me fiche pour l’instant des regrets éventuels, j’ai envie d’aller à la rencontre de mes désirs – et si je peux être plus ou moins bien payée pour ça, alors pourquoi pas. Je vis d’indépendance. J’ai envie de tout goûter, de tout tester. La vie est trop courte… C’est mon leitmotiv, ça. Il faut se lever le matin et se dire que l’on vit pour ne rien regretter, on peut mourir d’une voiture qui ne freine pas, d’une maladie rare, d’amour. Croquer la vie à pleines dents. Accrocher ses rêves aux étoiles. Mon mot à moi : vise la lune, parce que même si tu ne l’atteinds pas, au moins tu retomberas parmit les étoiles. Trop de choses à vivre, tant de personnes à rencontrer et tellement d’amour à donner.

Tendres baisers, Chacha.

Publié dans : Non classé |le 9 novembre, 2007 |Pas de Commentaires »

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