Ca ressemble à un plan foireux, ça marche comme un plan foireux, ça sent le plan foireux… Mais ça fonctionne. Et ça a un nom : la Méthode Chacha.

Comme dit dans les posts précédents, le Pharmacien (enfin il travaille dans l’industrie pharmaceutique) m’a rappelé hier matin cinq minutes après que j’ai allumé mon portable – quelle chance, le bougre – et a confirmé pour aujourd’hui, à la première heure. Ca, c’est pour planter le décor.

Hier soir, l’ ex PA (passé récemment PA deuxième du nom après un échange de baisers dignes de ce nom) est passé à la maison. On s’est posés devant la télé, on a rit, on s’est chambré. Le PA premier du nom me bippe de temps en temps, je réponds par des chuchotements et puis j’éteinds le portable. Là, le second PA tire la tronche et je le vois bien mais il ne dit pas un mot. Plus tard, il admettra qu’il trouve bizarre le pote qui m’appelle tout le temps, que ça le fait un peu chier. Je lui demande de ne pas me saouler, que j’ai dit que je voulais etre indépendante. Sa conclusion « tu sais ce que tu fais. » Bien dit, l’ami.

Sur le chemin du retour (vers l’arrêt de bus) le second PA me dit qu’une personne chère qu’il a perdu lui manque, que certaines personnes dans sa famille ne m’aiment pas. Ces personnes-là ne m’aimaient pas même quand j’étais avec lui depuis longtemps, je devrai m’en foutre, mais ça me fait chier, parce que le PA les aime. Ils sont mi-cool mi-chiant avec lui, mais c’est sa famille. Je voudrais, je sais pas, qu’ils m’aiment, je voudrais faire la petite fille gentille, qui fait à manger, qui fait du jardinage, qui range sa chambre tous les jours, fait son lit tous les matins, mène une petite vie parfaite et… parfaitement chiante. Au fond, je sais que je les emmerde profondément (n’allez pas le répeter au second PA - ah et ne lui dites pas qu’il est second non plus), mais merde quoi, c’est la famille à mon second PA, qui a été le seul et l’unique pendant près d’un an. Je ne sais pas vous, mais moi j’aimerai leur plaire. J’aimerai ne signifie pas que je ferai un quelconque effort pour ce faire, j’ai bien d’autres chats à fouetter. Par exemple, mener une double vie d’escort girl. Et ça, ça ne requiert pas de talents culinaires, de goût pour le jardinage, de pulsions pour le rangement et encore moins d’envies de faire son lit au carré tous les matins. C’est tellement plus excitant que ça. Pff, je veux dire, on vit en moyenne 80 ans, on passe des années à dormir, des années à travailler, des années à étudier et à apprendre. Quand est-ce qu’on s’éclate ? Quand est-ce qu’on prend le temps de s’explorer ? Quand est-ce qu’on rêve ? Ma réponse : c’est maintenant ou jamais.

J’ai rappelé le PA premier du nom en rentrant à la maison (de l’arrêt à chez moi.) Je lui ai parlé de ces petits soucis que j’ai avec le PA second du nom (en feignant que c’était dans le passé), il m’a supporté, il a été gégé pour me remonter le moral. On a discuté un peu, et puis j’ai profité de l’occasion où il parlait d’une fille qu’il avait trouvé jolie pour lui dire que nous deux, de toutes les façons, ça n’avait pas d’avenir, ou alors dans un futur lointain (au-delà de 3 ans.) Il a dit non, dit pas ça, tu fais chier. Il a dit moi tu sais les autres filles je les regarde, mais c’est toi que je veux, toujours, tout le temps. Je lui ait dit que je ne comptais plus aller le voir si souvent, que de toutes les façons ça saoulait à force les plans de la mort pour se voir, que si on était destinés, on se retrouverais dans quelques années mais que pour l’instant, c’était vraiment fini. Dix minutes plus tard, on se disait qu’on s’aimait. Le truc, c’est que cette relation est finie, on le sait tous les deux, c’est juste que ça fait chier de pas rompre à cause d’une raison plus valable que la distance. On s’est dit grosso modo que même si on a des relations respectives, si on se retrouve de temps en temps, on se remet ensemble le temps qui nous sera imparti. On s’est dit qu’on sera toujours là l’un pour l’autre si l’un veut raconter à l’autre ses déboires amoureux. Il m’a dit qu’il aimerait bien que je lui raconte ce que je deviens, qu’on s’appelle toujours, tout ça. Evidemment, on s’appelera toujours, ce mec est vraiment chou. Ses je t’aime se transforment lentement de déclaration d’amour à déclaration d’amitié – pas sûr que ça soit pareil du côté du gus. Mais bon voilà, Chacha est en train d’effacer la place de premier du nom au PA. Ca va pleurer dans les chaumières :D

J’ai donc finit la conversation avec le PA à environ trois plombes du mat. « Génial. Et il est à quelle heure ton rendez-vous demain la miss ? Demain, tu veux dire dans quelques heures ! »(pensées intérieures à ce moment-là.) Ca me laissait le choix : dormir (donc bien) et être grognon (donc mal), pas dormir (donc pas bien) et être toujours d’une humeur que je qualifierai de correcte (donc ouais, bof, bien quoi.) J’ai opté pour la deuxième solution. J’ai passé le temps entre des jeux sur le PC, la musique et l’écriture de cette nouvelle que je suis sensée finir avant mon prochain anniversaire (c’est bientôt merde) et envoyer à des maisons d’éditions – je dis ça chaque année depuis mes quinze ans. Primo j’écris beaucoup moins que lorsque j’avais quinze ans, deuzio c’est des sujets hautement plus trash. Faut vraiment que je me motive à le faire, ça sera une case en plus à cocher sur mes résolutions des dernières années (si j’en ai jamais eu… et tenu une seule.) Fin bref.

L’heure du rendez-vous arrive. Vérifie si tout est ok. Portefeuille ok. Epilation ok. Parfum ok. Lentilles pas ok. Quoi lentilles pas ok ? PAS DE LENTILLES ? MERDE ! J’ai fouillé partout, j’ai trouvé que dalle. Bon, va au rendez-vous avec tes lunettes, ça peut être trippant le côté petite étudiante. J’ai checké le reste et tout était ok. Prête et même archi-prête, je me dirige vers l’arrêt de bus, qui ne passe que dix minutes plus tard. Ballotée d’un bus à un autre, d’un tram à un autre, je regarde ma ville qui s’éveille. Je veux dire, je ne me lève quasiment jamais avant 9 heures et je reste tard dans mon lit, je n’ai pas ou rarement vu l’image d’une ville qui s’éveille un mardi matin en période de vacances. Je regarde du coin de l’oeil toutes ces vies qui défilent devant moi, tous ces visages, toutes ces personnes qui vont au travail et entament le fameux métro-boulot-dodo. Je me dis, comme je suis loin d’eux. Je me dis, et si ils savaient ? De jour en jour un écart se creuse entre moi et le commun des mortels, le commun des mortels et moi. J’admire cette fille qui fume sa clope devant ce magasin de jeans chic, elle est habillée de façon très tendance et se tient comme les mannequins que l’on voit dans les vitrines des magasins de fringues à la mode. J’admire cette black à l’arrêt suivant, le même style de fringues, assez élancée, avec un air d’étudiante pressée. Je me demande à chaque fois que je croise le regard de quelqu’un, qu’est-ce qu’il pense en ce moment, qu’est-ce qu’il penserait de mon activité, qu’est-ce qu’il pensera s’il sait, un jour. Au fond je m’en fous, je sais que c’est juste pour passer les minutes. Un jour, j’avais dit à probablement mon premier amour, P., que j’aimerais être invisible et me glisser dans la vie de ces milliers de gens que l’on frôle sans jamais connaître, que l’on croise sans jamais échanger un mot, que l’on cotoîe sans jamais leur prêter attention. Je lui ai dit, tu sais j’aimerais tellement les suivre partout, savoir ce qu’ils font ce soir, qui ils sont, ce qu’ils veulent plus tard, connaître leur vie quoi. P. a répondu qu’il n’avait pas envie du tout d’être monsieur-tout-le-monde, qu’il avait suffisament de soucis dans sa propre vie. Je suis ok avec lui, chacun a son lot de souffrances, mais merde, je parlais pas du tout de ça du schnok – je parlais, comme approuva quelques années plus tard l’actuel PA deuxième du nom, de cette sensation de rentrer dans la vie de quelqu’un sans rien changer, sans rien détruire. Un fantasme qui doit être liée au fait que j’adore écrire des nouvelles et pour leur donner de l’épaisseur littéraire je surcharge avec les détails pris dans le quotidien. Je voudrais vraiment pouvoir voir sans être vu. Voir sans être vu ? C’est pas le slogan d’un club spécial exhib/voyeur ? Ce doit être « voir et être vu. » Bon Chacha, t’arrêtes de parler de fesses, maintenant ! Bon, d’accoooord.

Avec le temps, j’ai appris à voir les gens d’une troisième manière. Je veux dire, il y a ceux dont tu te demandes ce qu’ils vont faire ce soir à 20h50 quand toi tu seras en face de la Trilogie (voir paragraphe ci-dessus), il y a ceux que tu notes quand ils passent en coup de vent à côté de toi (beau ? normal ? bof ? – pour mes supers potes S. et B. aka mister Lova and mister Lova bis niveau « femelles » ça doit être : bonne ? baisable ? même après une cuite ? ) et puis il y a ceux qui te font répondre par « oh oui certainement ! » ou « il ne peut pas mais il devrait vraiment ! » ou encore « non c’est plutôt lui qui taxe ! » à la question « et lui, il paie pour coucher? » Je trouve ça plutôt marrant d’avoir toutes ces pensées en moi pendant mon trajet, ça m’évite de penser que je stresse toujours un peu avant les rendez-vous, que je suis légèrement en retard, que mon cycle n’est pas finit et que je risque de tout faire foirer avec ça. Il appelle deux fois, on se retrouve vite sur le parking de l’hôtel – plutôt motel / cheap (pfff… mais je me dis qu’il ne réserve que pour deux heures avant de quitter la ville, donc je l’excuse), où, frigorifiée, je lui demande d’aller réserver une chambre pour qu’on monte vite se réchauffer.

On parlera environ une heure de ce qu’il fait dans la vie, de faits divers, il a beaucoup d’idées, on en a la plupart en commun, tout va bien. Au bout d’une heure, il regarde sa montre, genre bon euh c’est bien beau de parler… J’ai trouvé ça un peu déplacé, même si on on n’était pas là non plus pour faire la conversation, y’a mieux comme gestuelle pour dire que le show must go on (ou plutôt « start and go on. ») Petit tour dans la salle de bain. OU EST LE GANT ? Ah merde, il est coincé dans le sac dans la pièce d’à côté – ou carrément à l’apparte. Bon, petite toilette rapide et retour attendu et remarqué dans la chambre. Il est allongé et me demande « alors… maintenant qu’on a bien parlé… on fait quoi ? » La réponse est arrivée bien assez vite :)

Ca a dûré environ une demi-heure, et il trace de cyle, il n’y a point eu (sûrement parce que c’est l’avant avant dernier jour et grâce à la toilette rapide j’ai pu rattraper le coup.) C’était wow wow et triple wow. J’avais jamais testé, vous savez cette position ou vous avez les jambes autour du cou de votre partenaire… ? Hé ben, c’est tout simplement jouissif. Et mon dieu, qu’il est bien fait :P Comme quoi quand on a la quarantaine, rien n’est perdu (et je confirme, rien du tout.) C’était un peu hard, il aime les mots crus, les insultes, je suis venue assez rapidement, il est venu au-dessus de moi. Il prend une douche rapide, on papote la demi-heure restante sur mes expériences d’escort girl et plein d’autre sujets. De temps en temps il me caresse le nez affectueusement et me fait un grand sourire. Je suis toujours honnête dans mon discours, j’omet « simplement » les histoires où je pourrai avoir un mauvais rôle ou bien où j’aurai à trop dévoiler mon intimité avec un client – ça, ça ne regarde que ce client et moi. Je dis que je suis très sélective, rapport aux hommes que je rencontre, que je fais attention mais que je veux vivre à cent à l’heure et ne rien regretter. Je dis que mon but c’est de rencontrer des gens qui ne se prennent pas la tête, que je revois certains clients qui l’ont bien compris de temps à autre. Il me dit que d’ailleurs, il repasse à la fin du mois, alors si je suis ok il m’appelle comme toujours quelques jours avant, un jour avant et confirme une heure avant le rendez-vous. Je lui dit que logiquement je suis tout à fait disponible. On se dit qu’on est contents de s’être rencontrés, parce que le délire dans lequel on est peut choquer certaines personnes, ou sans aller jusqu’à les choquer, peuvent les dépasser – ses ex ne comprennaient pas son penchant pour le hard. Il me dit qu’il est content que contrairement à 99% des filles, je pense que c’est possible d’avoir des relations purement pour le plaisir et pas toujours sujettes à des sentiments et à des relations longues. J’ai sourit, il m’a caressé le nez une dernière fois. Un dernier coup d’oeil à sa montre et nous voilà en train de nous faire la bise sur le parking de l’hôtel. Goodbye my lover… et tout le toutim. Là, je réalise que je ne connais même pas son prénom et j’ai honte :$ Mais bon, pas longtemps.

En rentrant, le PA premier du nom (futur ex-PA) me bippe. On papote. Je commence à m’endormir dans le bus, à ne plus l’entendre, à cligner des yeux, à me forcer de faire gaffe à l’arrêt. J’ai déjà dormit deux fois dans un bus – quand on revient de soirées arrosées vous savez… Je ne suis jamais saoule ou quoi que ce soit – je trouve ça tellement inélégant et vulgaire une femme ivre. Non, j’étais juste fatiguée pour info. D’ailleurs, en parlant de femmes ivres, ce c… de S. m’a dit l’autre fois « je suis dégoutée on n’a eu qu’un viol et trois suicides à la fête annuelle du coin ! » Moi, choquée, je ne trouve pas les mots. Sûrement pour me remonter le moral il me dit « non mais en plus la fille elle s’est foutue à poil en pleine rue, elle s’est fait tringler par trois camionneurs bien montés si tu vois ce que je veux dire – du coin, hein, c’est normal on est tous comme ça là-bas – et le lendemain matin elle a voulu porter plainte ! » J’ai haussé les épaules et conclut avec philosophie : « c’est ce qu’on appelle une consentante repentie. » On a explosé de rires. Ce mec, je l’adore.

Et là, retour au bercail. Ca va faire bientôt 24 heures que j’ai pas dormi. Enfin par là, vu que je me tape toujours des siestes vers les 20 heures, tout ça (la fille super trash - c’est les vacances quoi, merdeuh.) Bon, je fais deux-trois trucs et je m’assoupis, sûrement dans les bras du PA second du nom (qui va passer premier du nom bientôt – c’est très clair tout ça, je trouve, perso) vu qu’il passe dans l’après-m’.

Chacha, pour vous servir.

Publié dans : Non classé |le 6 novembre, 2007 |Pas de Commentaires »

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