Archive pour octobre, 2007

Les affaires reprennent

Pendant un moment je me suis dit, non mais c’est pas possible comme je me fais chier. Y’a bien les shows cam to cam, y’a bien halloween à préparer, y’a bien les petites soirées entre potes deci-delà mais bon, à part ça, côté accompagnement, c’est dead. Ca me faisait penser à ce que j’avais répondu à V., quand il m’avait demandé une fois si les mecs appelaient beaucoup, je le voyais venir à cent bornes, encore un qui fantasme sur les milliards d’euro qu’on touche, quand en réalité il n’y a qu’un ou deux appels par jour, avec moins d’une chance sur deux que l’appel conclut à un rendez-vous. Je lui avait donc dit « ouais tu sais… c’est par période. » La meilleure façon de répondre à un client par rapport à tout ce qu’il peut s’imaginer concernant les escort girls (ou les hôtesses webcam) c’est de donner une réponse vague. Primo, même la vraie réponse ne calmera pas ses fantasmes, au mieux ils s’imaginera qu’on leur ment. Secondo, parce que si on commence à répondre sincérement à toutes les questions qu’un client fantasmeur pose, on n’a qu’à carrément écrire un traité sur comment devenir une accompagnatrice de charme ou une super webcameuse. Et est-ce qu’on a le temps pour ça ? Franchement, non. En tout cas pas moi. Et si un jour je le fais – ce qui est probable à environ 0,00001% – ce n’est certainement pas pour répondre aux questions des clients que je le ferai, mais, comme l’a fait l’auteur dont je parlais dans un de mes posts précédents, pour éviter aux newbies de l’industrie de se faire avoir. Et méchamment. Tout ceci pour dire que finalement, j’ai pas tant de soucis à me faire, quand tout semble devenir morne et quotidien et que je me sens seule de chez seulabre, le téléphone sonne toujours pour me rappeler que non, je ne suis pas seule, que oui, il y a de la demande, que finalement, tout va très bien.

Je me suis levée avec un mal de dos de folie. Je dois passer trop de temps à faire des pirouettes devant l’ordi, ça m’apprendra à tapoter du clavier pendant des heures et à jouer avec mon sex toy préféré dans les positions les plus renversantes. En me connectant sur la messagerie instantanée, je vois qu’un nouveau contact que j’ai viré le jour du grand ménage des boulets, veut m’ajouter. Son nom me paraît familier, j’ai souvent entendu V. en parler. Du coup, je wizz mister V. en lui demandant si ce contact-là c’est pas une blague. Il s’excuse platement, me dit comme quoi en fait c’est un ami à qui il a parlé de mes shows live, sans lui dire qu’on se connaissait, simplement que c’était hallucinant. J’ai souris. Lui : « tu m’en veux ? » Moi, « mais non c’est toi V. Comment pourrais-je t’en vouloir? » V. dit qu’il lui a donné mon adresse sur un coup de tête, en ne pensant qu’après coup à mon ire probable. Je laisse pisser comme on dit dans le jargon avec beaucoup de finesse, j’ajoute A. dans mes contacts et attend. Je passe la matinée à glander sur mon compte amis-famille avec le PA et le frère du PA qui est hilarant. Au bout d’un moment je repars sur le compte où est connecté A. Et il commence à me parler. On rentre dans un espèce de jeu de rôles, secrétaire/boss et évidemment, je suis le Boss. Pendant ce temps, le téléphone sonne. Il s’appelle S., il a 28 ans, il est commercial et de temps en temps sur la ville. Je lui explique comment je fonctionne, on se donne rendez-vous pour mercredi en début d’après-midi, en plein centre-ville. Ce qui signifie lever avant 13 heures, la mort, en gros. Il va falloir se lever au plus tard à 11 heures, se pomponner pendant une heure voire une heure trente et y aller. J’ai le matériel de survie dans le sac (survie au fun et survie au reste), la touche sexy dans la sape, la sensualité dans le son. Prête à shake mon booty… Je ne sais pas à quoi va me mener cette rencontre, mais j’espère que ça sera sympa. Je pense qu’on va se poser à ce bar ou je ne suis allée finalement qu’une fois ou deux avec la best de ma grande soeur. Ca me laissera le temps de cerner le personnage. Je raccroche et retourne discuter avec A., et le téléphone sonne à nouveau. Numéro inconnu. Je décroche, décroche pas…? Ma voix intérieure me dit vas-y. Alors j’y vais. Quand je vous dit que je suis soumise… Au bout du fil, surprise totale. Mais qui a cette voix suave et douce ? Le mec me dit :
« Bonjour j’appelle par rapport à votre annonce.
-Vous voulez des renseignement c’est ça ?
-(rires) Non, on a passé une soirée ensemble, déjà…
-(moi, dans la capitale de coltarland) On a passé un moment ensemble ? (plus perchée que ça la voix)
-Oui… j’étais passée vous prendre… »
Et là, gros déclic : c’est R. ! R., le fameux R. ! THE FAMOUS R. ! Bon ça va cerveau, reprend tes esprits !
« Ah ouiiiiiii, je me rappelle très bien ! Tu vas bien ? (la fille trop jouasse)
-Oui ça va… Ben en fait j’avais bien aimé le moment qu’on avait passé ensemble… C’est pour ça que je voudrais qu’on se revoit…
-Ouais pas de soucis tu repasses quand vers ici ?
-Ben d’ici la fin de la semaine… Et cette fois niveau prestations… On… On pourra faire quoi…?
-Disons… La totale.
-Wow, la totale…?
-Ouais, pourquoi, tu penses à quelque chose de particulier ? Moi, tu sais, je suis ouverte à tout…
-Ouais c’est ce que j’ai vu, c’est pour ça que je te rapelle… Ben moi en fait… Je voudrais bien que tu me sodomises. »
ARRET SUR IMAGE. WOW.
Je suis passée de totale jouasse à totale pas jouasse. Un peu freak comme plan non ? Un mec de 25 ans qui me rappelle… Pour que je le… attend nan… Ecoute bien c’est pas possible… Il t’as pas dit ça…
« Je voudrais bien que tu me sodomises. »
Ah ba si, c’est bien ce qu’il a dit. Bon, relativise ma chérie. T’as déjà lue sur ce forum que tu fréquentais souvent à l’époque de tes recherches sur cette occupation que certaines escort girls le faisaient. Qu’est-ce qu’il y a de si repoussant à utiliser ton toy sur un mec, après tout ? Franchement, après mûre réflexion, je suis d’accord avec l’auteur du bouquin sur l’escorting : dans les jeux de rôles ou dans n’importe quel rapport dominant/dominé, il vaut mieux être le Dominant. Alors s’il veut que j’utilise mon toy, ba je vais l’utiliser… Et moi qui rêvait d’être introduite dans le monde de la domination… Je suis comme qui dirait servie sur un plateau.
« Ben ok y’a pas de soucis ! (dit dix secondes après sa réponse, vous voyez comme la fille réfléchit vite en réalité)
-C’est vrai ?
-Carrément ! On a qu’a essayer ça tous les deux !
-Ok ben je te rappelle…
-Parcontre cette fois-ci oublie pas le tarif…! Sinon je serais obligée d’adapter les services à nouveau…
-Ok, ok, pas de soucis. »
Et donc voilà, dans quelques jours, je vais pratiquer ma première sodomie avec jouets coquins sur partenaire. Comme quoi tout peut arriver la veille d’Halloween.

Finalement après une heure et des poussières de discussion, A. a choisi un show hard de 20 min. C’était sympa… Vraiment sympa… Le truc qui l’était moins, c’est quand à la fin je lui ait demandé comment c’était et qu’il a dit « parfait », sans mentionner le moment où il a atteint le comble de l’excitation. Il a insisté genre « prestation parfaite, vraiment, excellente », mais je n’ai pas pû savoir quand il avait atteint l’extase. J’en ai conclu qu’il ne l’avait pas atteint, et ça m’a vraiment vexé. J’ai bippé V. deux fois avant qu’il rappelle.
« V., je suis super vexée, ton ami n’a pas… disons… tu sais quoi.
-Ouais mais te vexe pas ma petite chérie… Tu sais, il est un peu dans son monde. »
Ah au fait, pour les « mon amour » et les « ma petite chérie. » V. est tout simplement quelqu’un d’affectueux. Je ne pense pas qu’il appelle tout un chacun comme cela cependant, mais il est d’une gentillesse exceptionnelle envers moi en tout cas, et me donne des petits surnoms de ce genre, ce qui fait très girlfriend experience (GFE), très relation de couple, et efface le vulgaire échange client/escort girl. V. me raconte deux-trois anecdotes fortes en hilaritude, regardant le personnage A. J’oublie même que je suis vexée. V. a réunion alors je le laisse, il me dit que si je veux parler dans la soirée, ou quoi que ce soit, je le bippe simplement et il me rappelle. Je raccroche et vaque à mes occupations. Mes occupations, c’est regarder ce que font les « concurrentes » j’aime plutôt dire les collègues, mais les deux vont de paire, de toutes les façons. Dans ce milieu, du moins. J’admire le blog des autres escort girls, m’étonne toujours autant de celles qui affichent leurs visages, fait un tour sur celui de Sacha Love et me dit qu’elle a du cran, d’afficher le lien de son blog. Du cran, est-ce le bon mot ? Non. Je veux dire, mon blog c’est un peu comme un journal intime, enfin, c’est même carrément un journal intime. Ce n’est pas un coup marketing, ce n’est pas une manière de dire « faites le » ou « ne le faites pas », ce n’est pas une manière d’espérer un jour de publier mon bouquin aux éditions classées X (ou Y – c’était facile, je sais, j’assume.) Non, c’est mon quotidien, ma routine, mes histoires à moi que je veux partager avec vous. Parfois je me demande si Sacha est totalement sincère, je me dis que si oui, alors elle a du cran. J’ai lu l’extrait de son (futur?) bouquin, à propos des quarante balais de Jean-Michel. Je me suis dit, il doit apprécier le Jean-Mich. Soit elle change le prénom de ses contacts, ce qui du coup rend moins croustillant l’affaire, comme dans un reportage où on rebaptiserai Rachida Marie, pour des raisons d’anonymat. Non, désolée, ça donne un côté truqué, ça enlève cette espèce de possibilité de rêver qu’un jour on va frôler cette personne. C’est un fantasme qui dure quoi, trois, quatre secondes mais merde, on n’y a droit. Rendez-nous nos rêves… Soit Jean-Michel s’appelle vraiment Jean-Michel, auquel cas le droit au rêve est respecté, mais bon c’est pas un peu risqué, au cas où quelqu’un fait le rapprochement entre le Jean-Michel du bureau et le pot qu’on lui a payé pour ses 40 piges ? Jusque là, en tant que super webcameuse aussi bien qu’en tant qu’escort girl j’ai pu cotoyer des personnes plutôt célèbres (la célébrité est relative) : un sprinter assez côté, un PDG d’entreprise, un commercial pour une grosse boîte, un violoniste plutôt connu, le patron d’une agence immobilière dans le sud… Et tous vérifiables. Il suffisait de taper leurs noms dans les moteurs de recherche les plus répandus et leurs sites apparaissaient sous mes yeux. Evidemment, à chaque fois, j’étais assez sur le cul, parce que j’imaginais toujours que les mecs de ce genre avaient autre chose à foutre que de payer une cam ou que de demander un peu de douceur à une accompagnatrice de charme dans ce monde de brutes. Au final, ce sont des hommes assez pris, qui n’ont pas spécialemnet envie de refaire leurs vies mais devraient, qui ont une petite amie mais pas assez ouverte, qui ont envie de découvrir  ou plutôt de se découvrir à nouveau avec quelqu’un. C’est pour ça que je me dis, pour un peu que le Jean-Michel soit connu, et c’est la cata. Remarquez, si c’est un extrait de son futur bouquin, les 40 piges du Jean-Mimi, si ça se trouve c’était il y a un baille. Note : j’ai adoré sa réflexion sur si l’on doit user ou non du lit conjugal. Pour ma part, je n’ai jamais été chez un homme marié, donc la question ne se pose pas. J’ai été chez les célibataires de longue date et les hôtels discrets (mais pas cheap, pas les lieux glauques qui me font horreur.)

Juste pour vous montrer comme en ayant la même activité, on peut être toutes différentes, stylistiquement. Personellement, je suis plutôt influencée par la façon d’écrire de Belle-de-jour, c’est par son blog que j’ai vécu mes premiers frissons d’escort girl – par substitution. Même si maintenant je ne vais plus lire son blog (parce que finalement elle essaie de revenir à la vie « normale » et que moi je veux la fuir à tout prix cette vie d’ennuis) son blog est l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi les capitales pour désigner les personnages. D’abord, parce que personne a part moi ne sait si c’est la première lettre du nom ou du prénom. Je me dit, si un client tombe sur le blog, il pourra se reconnaître, grâce aux anecdotes. Mais après tout, c’est un peu lui qui fait vivre ces lignes, donc je peux bien lui laisser son heure de gloire quoi, merde. Ensuite de toutes les façons, quand tu soumets un peu de ton histoire, tu soumets un peu de l’histoire des personnages que tu cotoies, à moins de ne rien dire, de ne pas rentrer dans les détails et là c’est carrément inintéressant, pour le lecteur comme pour le bloggeur (ou plutôt la bloggeuse) que je suis. Et puis de toutes les façons, notre style est influencé par nos lectures, nos coups de coeurs, nos rencontres. C’est juste assez amusant de voir les réflexions qu’on peut mener sur le même sujet. Je n’ai pas lu vraiment le blog de Sacha Love, je suis tombée une fois dessus – je crois que c’était un article à propos des élections. J’ai vite zappé. J’ai eu le temps de choper au vol le commentaire d’un mec qui se demandait s’il l’avait croisé ou non à la fac. Une autre fois, je suis tombée sur le blog de Ninon, l’escorte mature. J’étais ébahie par son parcours, son combat presque. Et vraiment choquée des faux plans qu’une escort lui a fait, et plus tard qu’un journaliste a fait, en publiant son adresse pour l’escorte et en dévoilant son visage dans le magazine pour lequel écrit le journaliste, sans autorisation. Je me suis dit, quelle sacré bande de cons. Et dire qu’il faut de tout pour faire un monde… On se passerait bien de certains…

Personellement, je trouve que les escort girls qui montrent leurs visages ne sont pas très professionelles en général (et pour Ninon, vu son parcours, ça va paraitre paradoxale mais je trouve ça honorable. Oui, parce que d’une certaine manière, elle est hors concours, elle a la classe au-dessus, c’est ce qu’on appelle une « dame », vraiemnt. Pas simplement une vulgaire traduction de « lady », elle a l’attitude et le parcours d’une lady, et pour ça elle a mon respect infini… Un peu comme ces pionnières de l’escorting qui nous fascinent, qui ont été là avant nous, vu beaucoup, entendu encore plus, en savent et en sauront toujours plus que nous et qui, malgré leur âge qui semble être un désavantage, auront en réalité toujours une longueur d’avance sur nous. Des sortes de Gourous, de Geishas, de Je-ne-sais-quoi qui inspirent le respect et le méritent sans question…) Imaginez-vous à un Congrès, avec votre rendez-vous au bras, souriante, pimpante, et tout à coup dans la foule, vous voyez un homme vous dévisager et deux autres au loin murmurer en vous regardant sans discrétion. Ca doit être ça, de montrer son visage sur son site ou sur le site de son agence. Ces types-là savent que vous êtes une escort girl, savent vos tarifs, vos préférences sexuelles, les cadeaux que vous aimez que l’on vous offre, votre homme idéal et tous ces menus détails que vous avez livré dans les pages de votre site web. Et vous pouvez avoir mit en danger votre rendez-vous : on peut le faire chanter, maintenant, vu qu’on l’a vu au bras non pas de sa femme comme il le prétend, mais de sa maîtresse, qui a l’âge d’être sa fille et le physique de son coach sportif. Vous l’avez mit dans le pétrin sans qu’il le sache, lundi matin, on va sacrément s’en taper une bonne sur son dos, se ramener au congrès annuel de l’entreprise, au bras de l’escort la plus classe aux alentours et prétendre que c’est sa femme, non mais quel comique, ce mec! Enfin bref, je ne vois pas de bonnes raisons d’afficher son visage. Bien sûr, le client sait à quels risques il s’expose mais quelque part, il aurait très bien pu découvrir le visage de son escort lors d’un rendez-vous préalable pour être sûr qu’elle est aussi belle qu’il le pense. Au pire des cas, il appelle une autre fille et la discrétion, reine du milieu, est sauve. Tout ça pour dire que si j’étais un client, je n’irai jamais vers une escorte qui affiche son visage, en tout cas si je recherche vraiment la discrétion. Et puis je trouve ça assez excitant, ce moment où on se découvre l’un-l’autre, en feignant de ne pas être (agréablement/désagréablement) surpris. On ne peut pas chanter à tue-tête qu’on recherche la discrétion absolue si d’emblée on affiche son visage. C’est ce qu’on appelle un paradoxe et sur le permis de l’escorting, ça fait sauter 4 points, jeune femme. NEXT !!

Pour en revenir à Sacha Love, je disais donc qu’elle avait du cran, ou un certain culot, ou alors c’est un gros coup de… pub (oui oui, c’est bien ça le mot.) Quelque part, elle me fait penser à cette escort girl new-yorkaise ou londonnienne je ne sais plus, dont des internautes remettaient en cause l’intégrité de son témoignage sur un forum, ils se demandaient si elle ne racontait pas des histoires dans le but d’être publié un jour, comme Belle-de-jour. Un mec avait posté qu’il rêvait souvent intérieurement de la rencontrer dans les rues de la ville, que lorsqu’elle écrivait un détail sur ce qu’elle avait acheté (du style une écharpe rouge), il zieutait toutes les filles avec des écharpes rouges du coin de l’oeil en espérant que la grâce divine entoure telle ou telle fille d’un halo de lumière et lui montre que c’était elle, histoire qu’il la rencontre enfin. Il disait qu’il cherchait à la booker par tous les moyens, qu’il souhaitait la rencontrer. Elle s’est loggé sur le forum quelques jours plus tard et a dit que ça la faisait marrer cette polémique, qu’en tout cas, elle elle savait qu’elle existait et c’était ça qui comptait vraiment. Elle a rajouté, à l’attention du gus qui espérait la croiser à chaque coin de rue que si elle avait rédigé son blog, ce n’était pas pour faire de la pub pour son blog, parce qu’elle avait suffisamment de clients sans avoir besoin de faire de la pub ailleurs et par soucis d’anonymat. J’ai trouvé ça bien dit, bien que le doute sur la véracité de ses histoires planait toujours après sa réponse. De toutes les façons, même si ce n’est pas vrai, qu’est-ce qu’on s’en tape. C’est elle qui passe ses heures à se raconter des bobards, pas nous. Si ça l’amuse, qu’elle en profite. Et puis ses lecteurs sont peut-être très contents de son style, des détails des récits de sa vie (vraie ou inventée) et au fond, dans ce genre de littérature, c’est l’essentiel. On peut de même se poser la question de la véracité des écrits du VIII ème siècle avec les épopées d’Homère, a-t-il d’ailleurs vraiment existé ce poète aveugle ? Vous voyez, au fond la littérature sous toutes ces formes (écrit sur du papier, écrit dans un espace virtuel : un blog) et à tout siècle (le VIII ème siècle avant J.C, le XXIème siècle) pose des questions de véracité où l’on se rend compte qu’au fond, si le public est divertit et trouve dans la lecture une façon de rêver et/ou de combler des craintes, des fantasmes, des doutes intérieurs, alors c’est tout ce qui compte. Si vous cherchez la vérité absolue, ou la réponse arbitraire à une question, laissez tomber la littérature et ouvrez tout de suite un bouquin de maths. Il n’y point de vérité entre les lignes. Tenez-le pour dit.

Et donc ce type qui fantasmait sur l’escort girl en question me fait penser à celui qui espère voir Sacha, ou l’a vu, je ne me rappelle plus. S’il espère la voir, je trouve ça risqué de mettre des liens vers son site web. Bien sûr, niveau clients ça doit aider, mais voilà, je serais à la recherche d’une accompagnatrice, si je sais que sur son blog elle parle des relations qu’elle a eu avec un client, ça me fera sourire de lire ce qu’elle a écrit sur les autres, et ça me fera chier de lire ce qu’elle a écrit sur moi, même si c’est gentil, même si c’est des louanges, c’est quand même des moments intimes qu’elle fait partager sans mon accord préalable, ou même tacite, je me dirais que chaque minute qu’on passe ensemble, elle pense à ce qu’elle va écrire le soir même ou dans deux jours et du coup je ne pourrai pas totalement me lâcher dans le but de faire bonne impression et merde quoi, le but de passer du temps avec une escort girl c’est quand même de se relaxer et de passer un bon tête à tête. Risqué aussi parce que combien de mecs peuvent fantasmer sur ce qu’elle écrit, sur sa façon de voir les choses, il y a de plus en plus de stalkers il paraît, les types qui s’imaginent que tu es leur petite amie alors que tu n’as jamais rien fait pour le leur faire croire mais parce qu’ils sont persuadés que vous êtes fait l’un pour l’autre, te harcèlent de mots, de messages, d’attentions dont tu te passerais bien. Mon mentor, mon maître à penser en matière d’écriture et de style m’a dit un jour, « écrire, quelque part, c’est se donner. » Il disait ça pour souligner que ça pouvait soulager d’écrire, que de toutes les façons quand tu écrivais, même des romans noirs, c’était toujours un peu autobiographique. Là, je dirais ça plutôt dans une optique différente : en dévoilant ses sentiments et ses pensées, Sacha donne à voir qui elle est vraiment, ce qui peut permettre au lecteur de s’attacher ou non, de s’identifier ou non, d’adhérer à ses idées ou non. S’il l’a vu, c’est carrément plus grave, parce qu’à tout moment il peut détruire sa vie privée, en révélant à n’importe quel moment son visage, son vrai prénom, son vrai nom. Elle dit où elle habite, la fac qu’elle fréquente (à mon avis à Montpellier, il n’y a pas cent cinquate facs de Droit.) Je préfère rester assez vague quand à ces points-là. D’abord, parce que je pense avoir dit ce qui était pour moi l’essentiel pour que les lecteurs cernent qui je suis, enfin parce que mon but est de raisonner de façon générale sur le monde de l’escorting, sur, comme je l’ai dit dans la Présentation, ce qu’une fille de mon genre peut espérer dans une activité de ce genre – je respecte d’une certaine manière mon pacte de lecture, sans ratures ni fioritures. Je ne vois pas ce que ç ava apporter à mon récit de dire que je suis dans telle ou telle ville, de me décrire physiquement (à part le fait de dire que je suis black, ce qui me parait être inhérent à mon approche, et me permet d’une manière de me démarquer des autres auteurs de blogs qui ne rencontreront pas tous ces fana de petites blacks, tous ces clients qu’elles n’auront probablement jamais. Autre chose, je ne mêlange jamais cams et escorting. D’abord parce que derrière son écran, le client peut s’imaginer des milliers de pratiques qu’il ne dévoile pas totalement sur le net. C’est très facile de bluffer derrière un écran, plus difficile en tête à tête et les maîtres du genre (ceux qui bluffent avec tout le monde en toute situation), on peut difficilement y échapper, c’est pour ça qu’il faut écouter la petite voix intérieure qui dit « fonce » ou « casse-toi »! (des statistiques rapportés dans mon bouquin sur l’escorting rapportent que la plupart des filles qui se sont fait violées ou ont été tuées avant leur agression n’ont pas écouté cette petite voix intérieure qui leur disait de prendre leurs jambes à leur cou, et ont préféré se dire que ça allait leur passer… C’est pour ça que je me fie autant à mon instinct. Tout l’argent du monde ne vaut aps la sécurité ni le sentiment d’être tranquille avec soi-même.) Et puis si je fais pas de pub pour mon site, d’abord, c’est parce que je n’en n’ai pas. Non, non, pas le moindre. Enfin à part celui que j’ai fait en trois minutes et un autre qui est en anglais, mais je trouve que ça n’a rien de vraiment brillant, c’est juste des trucs faits en speed, pour alpaguer le chaland. Jusque là ça marche, mais je pense sérieusement à avoir un blog vraiment design, quand j’aurai fait de belles photo avec un photographe et que j’aurais assisté à deux-trois soirées. J’ai acheté pas moins de quatre bouquins sur les bonnes manières, histoire de réviser un peu, et d’avoir le chic à table, si je dois me rendre à un dîner d’affaire, le chic en toutes circonstances. Je pense que ma taille et ma couleur de peau m’empêchent d’être une escorte dite de grande-classe, il ne faut pas se voiler la face. Disons qu’escorte d’élite m’irait bien, puisque j’aime les milieux intellectuels, portés sur la littérature. Et puis toutes les escort girls s’accordent à dire qu’il ne faut pas ressembler à un top model, mais savoir donner l’impression à l’homme qui nous a choisit pour quelques instants, qu’il est le seul au monde. Et ça, je sais faire.

Enfin, je crois.

Bon, c’est pas tout ça, masi j’ai rendez-vous avec S. moi, demain. J’ai papoté avec V. ce soir, avant qu’il s’endorme. J’aime vraiment beaucoup V., il me rappelle dès qu’il peut, il me donne des surnoms affectifs, on se raconte nos quotidiens et il ne cherche pas à rentrer dans ma vie, ni moi dans la sienne, on est juste bien comme ça. Il m’a dit que quand j’aurai mon appart, il voudra bien être mon cinquantième amant de la journée, contre qui je pourrai me lover la nuit. J’ai trouvé ça archi chou. Je lui ait dit que si son ami m’avait vexé, c’est parce que quand je me donne, je me donne avec ardeur (je l’ai entendu sourire… oui, sérieux, ça ne vous arrive jamais ? De savoir que votre phrase a fait mouche, et qu’à l’autre bout du fil, très certainement, obligatoirement même, votre interlocuteur sourit…), que j’aime de fait savoir quand mes clients atteignent les sommets du Mont Plaisir. On a discuté de mon rapport avec les hommes en général, les hommes de certaines communautés en particulier, et puis on s’st dit à demain soir. Donc demain, grosse journée ou presque, d’abord S. en début d’après-midi, ensuite V., le soir. La première et dernière fois qu’on s’est vus, il avait booké deux heures, c’est ce que je réclame quand je me déplace hors de la ville. Je me demande si je dors chez lui. Je vais préparer le matos, au cas où. Je lui offrirais les heures restantes, vu que j’ai terriblement envie de me blottir contre lui, l’instant d’une nuit. Je me demande comment c’est, sa chambre, quand c’est pour y dormir… On verra bien.

Puisque les affaires reprennent, tu peux te permettre, il n’y a pas de soucis. Appelle-moi Chacha.

Publié dans:Coup de coeur, Non classé |on 31 octobre, 2007 |2 Commentaires »

De retour, attention au groove (nan mais j’ai pas trouvé mieux)

[ Ti message perso, genre "cace-dédi", Dyonisos, j'ai répondu à ton com' et Kinsy merci d'en avoir laissé un :) ]

De retour d’une folle heure et demi de plaisir avec P. On discutait sur la messagerie instantannée et le voilà qui me dit « j’arrive. » P. c’est tout une histoire qui commence sur la messagerie instantanée, à l’époque où j’acceptais encore des gens dans ma liste de contacts. Il n’avait même pas vus mon annonce ni d’escort girl ni d’hotesse webcam, rien. On a discuté et il était assez trippant, sa photo me faisait penser à la tête d’un de mes surveillants en primaire, alors j’ai absolument voulu le rencontrer, ça m’aurait fait marrer si ça avait été vraiment lui. On s’est finalement échangés les numéros et on s’est vus quelques jours plus tard. On a discuté de mon approche de l’activité (comme quoi je cherche surtout à rencontrer et pas à ruiner les mecs) dans sa voiture, en faisant des tours sans trop savoir où on allait. On a discuté de mes shows, et il m’a dit derechef, « ah non, moi si je me tape des délires, c’est avec toi en direct tu vois! » Et pour déconner, j’ai dit que je le ferai changer d’avis. Je lui ai aussi fait part de ce délire que j’ai, de faire l’amour sur le bas côté de l’autoroute. Il a sourit et a dit que la prochaine fois qu’on se verrait, il arrangerait ça. On s’est quittés pas loin de chez moi (et je lui ai dit de par le fait vers où j’habitais) en échangeant le baiser le plus langoureux que j’ai jamais pu échanger jusque là avec un client. Prometteur, quoi.

Quelques jours plus tard, je le retrouve sur la messagerie. Il m’annonce clairement qu’il est en train de se caresser. Je me dis merde, quel sale menteur. Je me rappelle de son air limité outragé quand il a dit que les délires, il se les tapait en direct. Il devait se rappeler de mon sous-entendu comme quoi ce serait gratuit. Je me dis, donc finalement il s’imagine que je vais lui faire une free (une cam gratuite) ? Je le laisse discuter dans le vent, et la situation se reproduira plusieurs fois au long des semaines. Il n’a jamais eu de cams gratuites. Une fois en discutant, il m’a même dit qu’il trouvait notre relation bizarre, qu’il me connaissait trop pour me payer pour me rencontrer. Je me suis dit merde, ça m’apprendra. Il est devenu distant, un peu froid. Et puis ce matin, dans l’excitation du moment,j’ai accepté de le revoir. Son dernier mot dans la fenêtre de conversation, « j’arrive. »Quand il a rappelé, j’étais en pleine préparation, donc il a dû patienter un quart d’heure. A propos de la folle heure et demi de plaisir, pour être honnête c’était fou, certes, mais plaisir, à 50% ou moins. P. est du genre très dominateur, du genre des types qui s’imaginent que plus ils vont vite et fort, mieux c’est. Un peu de doigté, que diable. P. est trop sérieux quand il est en action. Les mecs trop sérieux, on dirait des acteurs, ou même un peu des pervers parfois, on dirait qu’ils ne peuvent se laisser aller. Je trouve même qu’il y a un coté trash dans le visage figé d’un homme, qui, pourtant, prend son pied. Il a mit trois ans, niveau préliminaires, s’est calmé un peu et on a échangé des câlins, et a recommencé. Ca m’a pas mal gavé, les préliminaires j’adore ça mais pas pendant trois plombes sinon je perds mon appétit, les câlins ok mais en général c’est à la fin pas à l’entr’acte, recommencer ok mais doucement l’ami. J’ai pas trop bronché mais franchement, ça valait pas le coup du déplacement. Autant qu’en échange j’ai eu droit à quoi, un bracelet qu’il avait mit dans la boîte à gant. Je ne sais pas la valeur du truc (plutôt tribale comme bracelet) mais ça ne vaut certainement pas ce que j’aurai pu réclamer. Du coup, comme je n’ai pas arrêté de me le dire, puisqu’il ne m’a pas rémunéré (c’était entendu mais on espère toujours d’une certaine manière), on ne se reverra plus jamais. Au niveau de l’apparte, je lui dirait que j’ai déménagé, le plus loin sera le mieux. Et surtout, ne plus jamais afficher que c’est plus pour le côté rencontre, parce qu’au final je ne suis pas là pour combler les trous de la « sexualité sociale. » Si j’ai choisit cette activité, c’est pour rencontrer des gens intéressants, certes, mais aussi pour être rémunérée. Ce serait comme un médecin qui adore soigner les malades, au bout d’un moment si il n’a rien pour lui-même se soigner, c’est inutile. Et comme a dit ma meilleure amie qui sera un jour une vraie femme de footballeur, « on ne vit pas d’amour! »

Encore une fois, je comprends et soutiens les filles qui sont douces et sympa mais parce qu’elles tombent sur des mecs qui abusent affichent clairement leurs prix et clament que sans les payer, pas de discussion possible. Je crois que tout est une question de doigté, et que de ce point de vue-là, je suis trop du côté « super gentille. » Faudrait que j’apprenne à dire que je suis plutôt du genre relation long terme mais toujours rémunérée, meme un peu. Mais je crois qu’en fait, ça dépend surtout du mec, parce que T. m’a dit qu’il m’appellerait pour aller en soirée, qu’il souhaiterait me voir souvent, et que pour lui les sous, ce n’était aps un problème. Je crois qu’en fait, c’est une façon de voir les choses. Tu peux avoir le meilleur doigté du monde, si en face de toi tu as un bourrin, c’est peine perdue. Voilà la phrase du jour.

En parlant de déménager, et du plus loin sera le mieux, je pense sérieusement à me casser. J’ai contacté plusieurs agences d’escort girls à l’étranger il y a une ou deux semaines, un matin où j’étais seule à la maison et où j’avais de me lancer dans quelque chose de trippant. J’en avais sélectionné plusieurs déjà, quelques mois auparavant. J’ai just envoyé des mails et des photo pas terrible-terrible. Un refus le jour même, un autre quelques jours plus tard. Quand je n’y pensais même plus, un homme m’appelle et m’annonce qu’il est directeur d’une agence. On discute, je déchante vite. C’est l’agence qui a l’air la plus cheap parmis toutes celles auxquelles j’ai postulé. En plus, le mec m’a rappelé aujourd’hui et apparemment c’est à moi de me charger du photographe ou bien « il les fera. » Mais bien sûr… Je préfère encore bosser en indé plutôt que d’être la soubrette de la personne qui peut monter un site en trois secondes et se faire appeler directeur parce que son nom est en face de « responsable du site. » On dirait un vulgaire template son site, et il n’y a que six filles dans la gallerie – pas de blacks, cependant, ce qui peut être à mon avantage. Je me dis aussi, il a pas l’air méchant, tant qu’on ne se rencontre pas dans une chambre d’hôtel et qu’il ne me touche pas (à part pour les mensurations), je ne vois pas où ça peut clocher. De toutes les façons j’y vais à l’instinct. Pour l’instant je me dis que c’est cool, mais je fais gaffe à tout. Faut que j’envoie des photos de moi dans quelques minutes à l’e-mail de l’agence, ensuite, ben, on verra. Quelque part j’ai envie de voyager, de voir du monde, j’ai envie pourquoi pas, de faire mes études là-bas, et qui sait un jour de créer mon agence à mon tour. J’ai trop de projets et pour les réaliser, je n’ai qu’une vie…

Je suis débordée à l’heure qu’il est, mais je t’en prie, appelle moi Chacha.

 

 

Publié dans:Non classé |on 29 octobre, 2007 |Pas de commentaires »

Chacha… ou comment être triste, ouais, mais pas trop

Comme dans un film, le titre ne veut rien dire du tout.

 Disons que j’ai chatté avec le PA sur la messagerie instantanée, on en a conclut que je devrais aller le voir à la fin de la semaine. Ca me laisse toujours une sacrée marge pour décider si, oui ou non, j’accepte de supporter son hypocrite de famille pour le voir. Me tâte.

 Listen to : Sorry (I don’t love you no more) - Craig David

A part ça, que du neuf à l’Est. Vendredi matin, comme je le disais la dernière fois pour ceux qui suivent, rendez-vous avec A. en plein centre ville. Je m’habille classe, un trench noir, des bottines marrons et un fut marron stylé qui me donne des airs de vendeuse chez La City. J’ai une demi-heure de retard, et plus mon portable n’a plus batterie, donc le temps de trouver un service qui accepte de recharger mon portable, il y a facilement une nouvelle demi-heure qui s’écoule avant que je l’appelle. Il me dit qu’il était à l’arrêt de bus (il préfère prendre le bus quand il doit se déplacer en centre ville mais a une voiture) et puis on se rejoint. Quand je l’ai encore au téléphone, je vois qui c’est de dos et je me dis merde, c’est ce type que j’ai vu quleques minutes plus tôt sur le parvis en espérant que ça ne soit vraiment pas lui. Ca m’est déjà arrivé une fois, d’avoir une telle pensée. Mais bon, le rendez-vous est booké, je l’ai au téléphone, alors avance ma fille, avance que diable. Il a des lunettes, il a un sourire jusqu’aux oreilles et il est habillé… comme un étudiant. Je n’avais jamais considéré ce point. En y repensant tous les mecs que j’ai rencontré auparavant avaient un style plutôt distingué. D. était plutôt street-wear mais bien porté (pas « cacaille » dans le genre), P. est très classe, V. est plutôt casual mais soigné (un peu paysan-PDG dans le style mais bon sa fonction et son discours le rendent plutôt séduisant), T. est raffiné (lunettes de soleil à fond !!) Mais A., c’est plutôt la cata niveau style. Je me dis « mais comment je vais faire pour m’afficher dans MA ville avec ce type  »déclassé » à mes côtés ? Et si je croise des amis…? » Bon, de toutes les façons, un vendredi matin, y’a très peu de chances. Mais merde, il aurait pu mieux s’habiller, on va pas voir une escort girl comme on va faire du jogging… Un peu de tenue, quoi…

On commence à discuter de sa formation en informatique, de ce qu’il fait dans la vie, de ce que je fais dans la vie. Il n’a pas du tout le physique de sa voix. Encore un qui m’a dit qu’il était beau (bon ça va c’est le deuxième) et qui est loin des espérances donnés (si espérances il y a eu.) Vraiment très basique, niveau physique, plutôt ado boutonneux même. Quand il m’avouera que sa copine est black, je serai intérieurement ébahie. Comment un type qui a une copine black peut-il aller chercher une autre black ? En fait, c’est humain. Mais je me suis toujours dit que les blacks étaient plus libérées en général, en tout cas j’en ai souvent eu l’illustration. Donc nous voilà au bout de la rue commerçante, j’entends A. dire « oh tiens y’a un bar là-bas, on va s’assoeir ? » En fait, le bar, c’est un banc. Je crois que j’ai entendu ce que je voulais entendre… Posés sur le banc, il devient un peu freak. Chelou, quoi. Le mec me dit qu’il s’est caressé le matin avant de venir me voir en pensant à moi, qu’il trouverait ça sympa de faire un plan à trois, qu’il trouve excitant les cam to cam, qu’il voudrait se faire un plan exhib/voyeur. J’était un peu secouée de l’intérieur. Comment un type à l’allure aussi chétive peut-il penser à autant de choses limite-limite pour le commun des mortels ? Je veux dire, je suis aussi limite-limite dans mon genre mais je suis une fille assez sexy en général, donc ça choque moins. Lui, c’est le genre à s’engager à l’UMP, à assiter aux réunions de quartier, à écrire « mon bel ange… » dans ses texto avec demande instante de photo coquines à l’appui, à parler de la traite négrière avec sérieux, à donner son avis personnel sur les dernières présidentielles, à poursuivre deux BTS en même temps, à avoir le niveau agrég’ en histoire, à avoir été prof pendant un an dans un collège. Merde, il a vraiment pas la gueule de l’emploi, si je vais par là. Il me dit très vite « bon, je peux t’embrasser ? » Moi, « non, on pourrait connaître des gens par là. » Evidemment il dit oui et se jette sur moi deux minutes après. Un tel décalage entre l’habit et le moine en est presque écoeurant. Quand il embrasse, on dirait qu’il n’y a pas eu droit depuis longtemps. Sa copine est membre d’une secte ou quoi ? Pas de bouche ouverte pendant les baisers, sinon l’âme s’échape dans la bouche de l’autre ? Ma bouche n’étant pas le receptacle d’une langue baveuse et de lèvres sèches, je le repousse gentiment. Il prend ma main et la caresse doucement en me parlant de sa passion pour l’UMP, des documents secrets que ses parents ont trouvé sur un président français qui a collaboré, des documents secrets dont il a la connaissance comme quoi l’ufologie existe, et ponctue chacun de ses discours par « on nous cache la vérité. » Sa main qui me caresse la mienne me renvoit à ces moments avec l’Ex PA qui me gonflait avec son romantisme à deux balles, son amour étouffant, la totale quoi. Sa phrase fétiche (« on nous cache la vérité ») me renvoit à mes heures passées devant Dark Angel, avec cet acteur plutôt craquant qui joue dans NCIS maintenant qui disait « je suis la voie de la liberté. » Je me rappelle même qu’on a évoqué, dans notre échange, le premier ministre anglais qui s’est fait chopé dans un club SM. Je me suis dit, ah, ces politiques. Et puis lui qui s’engage à l’UMP il est pas loin d’eux. Cette icnroyable distance qu’il y a entre ce qu’ils sont sensés représenter de sérieux et leurs folie (oserais-je dire perversité ?) intérieure.

Ca me fait penser (la littérature est faite d’intertextualité répétait la prof de littérature en 1ère) à ce que j’ai lu dans le bouquin que je citais l’autre jour, concernant l’escorting. L’Auteur relatait ce qu’un client qui recharchait une escorte dominatrice lui avait confessé une fois (c’était un homme puissant dans la vie de tous les jours, j’entends par là un juge, un PDG, quelqu’un à la tête d’un secteur d’activité.) Il lui avait dit que si les hommes de pouvoir avaient autant besoin d’être soumis, c’était un peu pour combler cette impression d’être des tyrans, d’effacer ce sentiment grandissant d’être tout-puissant, de sentir quelques minutes qu’ils pouvaient être eux aussi à la place de leurs subalternes et que le sexe rendait tout ça d’une manière ou d’une autre excitant. Plus loin dans le bouquin, elle avertie que certaines pratiques liées à la domination requiert une grande expérience, sans quoi la Dominatrice peut aller jusqu’à entraîner des blessures graves ou même… la mort du Soumis. Euhhhh… On va éviter (même si j’avoue que tout ça me tente… j’ai encore trop de fantasmes à réaliser avant d’arrêter…)

Pendant ce temps, je remarque comme je trouve A. brillant et même presque sexy, quand il parle de philosophie, de sa façon de tout lier à La République de Platon, à Socrate, à dire que toute la vérité réside dans ce livre, qu’il est croyant certes, mais que la Bible reprend point par point ce que Platon a dit une fois, Socrate une autre. J’aime ce côté Da Vinci Code qu’il peut avoir. J’aime son enthousiasme, sa logorrhée raffinée et délicieuse, cette conversation des plus littéraires et des plus soutenues – c’est presque jouissif. Je me rends compte du paradoxe d’être dans les bras de quelqu’un que je trouve physiquement repoussant et intellecutellement attirant. Ca m’est déjà arrivée, plein de fois même. Mes parents sont issus de milieux intellectuels, de fait j’ai souvent ressentie cette attraction pour les personnages charismatiques et qui parlent « bien. » Mais là, pour ajouter à la confusion, je suis l’escort girl et lui le Politicien. Il me parlera même de ce Président (américain je crois?) qui était tombé amoureux d’une fausse prostituée, espionne du KGB de sa vraie profession. Et il lui a tout confié, même les points top secrets du pays rapport au climat international et à la stratégie militaire. J’ai trouvé ça romantique, tellement romantique, je veux dire, cette vulnérabilité de l’homme dans l’intimité de l’alcôve, qui se donne, corps et âme à la femme qui semble être son âme soeur. A. trouvait que le président en question était un trou du schmol, parce qu’on ne devrait pas livrer des informations top secrètes, à qui que ce soit, surtout pas à une vulgaire prostituée. Et moi de prendre le parti du Président, de dire que si ça se trouve, il atteignait le paroxysme de l’extase avec elle et que conséquemment il y avait quelque chose en lui qui le poussait à se livrer. Il devait, de plus, se dire que ce n’était qu’une prostituée et se disait que si elle irait le répéter (et à qui?) on la prendrait pour une folle.

A. a essayé plusieurs fois de m’embrasser à nouveau, j’ai reculé vivement, je l’ai autorisé seulement à me caresser la main. Note à moi-même : ne pas céder à la stratégie du mec, qui se dit que s’il s’avance obséquieusement de façon à ce que tout le monde voit qu’il veut t’embrasser, tu vas avoir honte de lui refuser l’initiative et tu vas céder. Je me fous de ce que les autres pensent, une fois ça va, deux fois c’est carrément l’orgie - alors bas les pattes du schnok. Après deux minutes de réfléxion du gus, à propos de si il reste avec moi ou non, son téléphone sonne. Pendant qu’il discute propagande UMP au sein de la classe avec un ami et future réunion de quartier avec la présence du maire et l’éviction d’un représentant qui va mener le parti à la perte, je pense à ce qu’il m’a dit. Lui : « t’habites où au fait? » (moi:) « sur le domaine universitaire », (lui:) « ah ouais c’est cool, comme ça des fois je pourrai venir te voir, c’est bien ce tram que je dois prendre ? » (moi:) « ouais mais j’ai une coloc », (lui:) « ah ouais donc faudra qu’on soit discret quand je serai là! Mais bon c’est aussi le côté hyper excitant, se dire qu’elle arrive et qu’on fasse ça tous les trois! c’est excitant, hein? », (moi, genre trop emballée par le fantasme basique de mecs en manque… ou non :) « ouais c’est vrai », (lui:) « ouais c’est excitant! » Je note qu’il chuchote quand il parle de sexe. Question discrétion, c’est sûr, mais il a un côté pervers quand il fait ça. Il dit finalement à son ami qu’ils se verront en cours. On se lève une heure plus tard, direction son arrêt de bus.

Sur le chemin du retour, il me dit quelque chose qui me touche « tu es jolie, intelligente, ouverte d’esprit, c’est très bien parce que moi, tu sais, je fais l’amour à l’âme. » Jusqu’à devant le bus, il essaie de m’embrasser. Je pose ma main sur son épaule et lui dit à plus. Il a toujours ce sourire légèrement stupide sur les lèvres. Jusqu’aux oreilles. Jusqu’à présent je me demande si je vais le rencontrer, par la suite. J’aime énormément parler avec lui, il a énormément de connaissance et je suis sur le postérieur de pouvoir maintenir et enrichir une conversation avec un mec qui a le niveau de l’agrég’ ! Le hic c’est qu’il est tellement… Physiquement, je suis sûre que ça ne le fait pas. Pourtant, il a l’air propre sur lui, il m’a dit que son gros défaut c’était qu’il était câlin donc à priori il n’y a rien de spécial. Mais bon il est tellement… Du genre à faire « mmm » quand il embrasse (donc aspect mec en manque qui est repoussant), à fourrer sa langue malvenue dans ma bouche en croyant que j’adore ça. Fin bref… A voir.

J’ai fait une autre cam gratuite à mister V., samedi matin. Faut dire il a été chanceux le bougre, il est passé par là alors que ça faisait une heure que je mattais des films classés adultes et que je me disais « si personne n’est connecté dans cinq minutes histoire de me taper un délire, je vieeeeeeens !! » Et là, comme de par la grâce divine, V. se connecte et se libère dans les cinq minutes – et vu comme il est busy le mec, c’est vraiment chou. Enfin, je suis mieux au courant que la plupart de ce qu’un mec est capable de faire pour un show cam to cam. Et gratuite, en plus. Donc voilà, on s’est tapés un délire, suite à quoi il m’a appelé et on s’est dit qu’on se rappellerai, histoire de savoir si je pars, ou non, en vacances et conséquemment si on se voit. V., c’est le genre de personnes pour qui je serais mille fois trop d’accord. Ouais mais le truc, c’est qu’il y a le reste de la populace pour qui je suis mille fois moins opé. Et conséquemment, faut que j’y réfléchisse encore un peu.

Finalement, je l’ai rappelé hier soir. On n’a pas pu se voir vendredi parce que sa fille (qui a mon âge ou bien est un peu plus âgée) a passé le week-end avec lui. Il parlait d’une fille qui l’énervait parce qu’elle arrivait toujours à coucher avec lui et qu’après elle lui déroulait toute une complainte comme quoi elle voulait faire sa vie avec lui et lui, ben, il voulait pas et lui disait clairement. Il se disait à chaque fois qu’il devait la repousser mais a conclut avec « je ne suis qu’un homme. » On s’est marrés. Je lui ai parlé de mon penchant pour les jeux de rôles (la petite secrétaire restée tard au bureau et son boss…), de mon fantasme de faire l’amour à trois, de mon ex PA qui m’a appelé toute la soirée et qui m’a avoué qu’il pensait toujours à moi (quatre mois après quand même) et qu’il sortait avec sa copine juste pour sortir avec une fille, ce genre de trucs. J’adore V. il est vraiment trop choupi quand il veut, mais bon ça me fait flipper ces tendances confidences, cette amitié qui se lie. Déjà, on se verra pas de la semaine, ça me fait chier d’une manière qu’il ait fait l’amour avec cette femme. Je me dis que je suis exclusive, j’aimerai que la rencontre de nos deux corps soit explosive, et non pas pour lui une femme de plus. J’attendrai d’avoir le sentiment que je lui ai manqué, même s’il me manque d’une manière – et terriblement, avant de le recontacter. Ca lui laissera le temps de s’imaginer que j’ai des milliers de clients pour les cams et l’accompagnement et que je me libère enfin pour lui. Même les escort girls échaffaudent des stratégies commerciales pour les clients. Hé oui.

 Ce matin, trou du schmol II sur la messagerie instantannée. Encore un qui me demande si je fais des rencontres en réel. Ma réponse : absolument non. Je ne rencontre pas mes clients des shows dans la vie et très peu des clients que je rencontre rapport à l’escorting ont accès à mes shows (jusque là deux savent comment me voir et seul V. a pu me voir.) Et voilà trou du schmol II qui demande si je ne rencontre jamais par pure amitié, si je n’ai que des clients dans mes contacts. Et moi de réexpliquer que quand on cherche un service, on trouve quelqu’un qui l’offre que seule une relation amicale peut se créer mais ça ne sera jamais de l’amitié, et de m’énerver pour dire à trou du schmoll de mettre son cerveau en mode « on » et lui de dire « tu te prends trop au sérieux bye merdeuse. » On se demande vraiment qui est le merdeux, dans l’histoire.

C’est un matin de vacances, gris et morne, le voisin fait du bricolage. En attendant, P. est en train de me raconter ce qu’il regarde comme film adulte quand il se détend, donc je vous laisse et vais lire ces détails croustillants… Oh il vient d’écrire « je te veux »… Ah, P. Encore une longue histoire à raconter. Bientôt, qui sait ?

Je te laisse, mais je t’en prie, appelle-moi Chacha.

Publié dans:Non classé |on 29 octobre, 2007 |2 Commentaires »

Chacha a le coeur brisé

Comme pour un livre, le titre dit tout.

C’est officiellement finit avec le PA. Je ne supporte pas ses parents hypocrites. Je ne supporte pas d’avoir à échaffauder des plans de la mort pour qu’on se voit quoi, quelques jours, et que je redescende dans ma réalité. Le PA vit dans le Nord, et je vis dans le sud. Le PA a toujours ses parents derrière lui, hypocrites et menteurs, qui font comme s’ils le protégeaient devant lui pour mieux l’empêcher d’évoluer derrière – quelle sacré bande de paysans ; je suis indépendante. Le PA ne sortira jamasi de son trou, je veux découvrir le monde. Pour vivre à fond mon histoire avec le PA, je devrais attendre quelques années et c’est hors de question. Comme dirait cet ami de la famille que j’adore « bon dieu de bon dieu » ! L’amour, que c’est chiant.

J’ai encore des sentiments pour le PA. On ne peut pas dire qu’on n’aime plus quelqu’un comme ça, du jour au lendemain. Ca faisait quelques mois quand même, c’était sympathique, on ne se prenait pas la tête, on s’appelait souvent, on se voyait ponctuellement. Mais là, c’est trop, je ne veux rien à voir à faire avec ses parents les faux-cul, j’ai besoin de mon espace de liberté, il est ma faiblesse, je suis tentée d’aller le voir et de les cotoyer rien que pour être avec lui, mais j’en ai marre d’être faible. Les histoires de coeur, ça craint.

Non, je vais appeler V. ce soir et lui annoncer que finalement je ne pars pas en vacances. Je vais me chercher un appart’. Je vais le trouver. Je vais me demander si oui ou non j’accepte les incalls et comment je procède si tel est le cas. Je vais me concentrer sur mes plans d’épargne, mes plans de carrière, mes plans de vacances, tout ces trucs que je faisais avec le PA. J’ai le coeur brisé et je suis au bord d’éclater… Un jour ou l’autre il aurait fallu que ça s’arrête de toutes les façons. Ca ne pouvait pas continuer comme ça. Chacha est en bad total…

 Faut que je parte, au moins quelques jours. La capitale, prendre des photos de la Tour Eiffel, flâner devant le magasin de Lancel et rêver de porter tous ces sacs hors de prix que je n’achèterai jamais, penser à ma future caisse (une ford escort décapotable :p ), penser à mon futur. Plus jamais de PA, de toutes les façons c’était incompatible avec mon activité, mais il était mon hâvre de paix dans un monde où tout n’est que sexe et argent, amour et haine, religion et guerre, suicide et compagnie. Comme toujours Chacha doit se dire « on a vécu ce qu’on avait à vivre, tourne la page. » Et puis je suis pas seule, il y a V. à qui je peux tout (ou presque) raconter. V. est présent, V. est doux, mais V. ne sera jamais qu’un client.

Tiens, il y a P. sur ma messagerie instantanée. Il me demande qui m’a brisé le coeur. Vu la relation tendue qu’on a tous les deux, je trouve ça un peu déplacé et très con-con de me demander ça. J’ai envie qeu tout le monde aille se faire voir, manger du chocolat jusqu’à l’overdose et écouter de la soul music à fond.

Bon à plus, faut vraiment que j’aille me poser et réfléchir à ça.

Pssst, appelle-moi Chacha. Mais pas tout de suite, je suis triste.

Publié dans:Mes peines |on 28 octobre, 2007 |10 Commentaires »

Chers flambeurs, chères flambeuses

En parlant de flambeuse, j’ai tendance à en être une grosse. C’est pour ça que j’ai commandé ce bouquin sur l’escorting, et que j’ai contacté plusieurs fois son auteur. Elle a été géniale et vraiment d’une grande aide. Elle m’a expliqué comment réinvestir ce que je gagne, par pourcentage, un truc vraiment bien et vraiment détaillé. En plus, même si je le trouve un peu, disons, léger (environ 60 pages) j’ai adoré son bouquin, unique en son genre, qui parle du pour et du contre d’être une indépendante, du pour et du contre d’être escort girl en agence, etc. Je ne savais pas que les agences pouvaient prendre jusqu’à 40% du tarif affiché pour la fille ! Mais bon, ça fait toujours plus qu’une indépendante moyenne, à l’heure. Je pense que de toutes les manières, quand mon site internet sera prêt, je lui demanderai de m’aider à nouveau pour fixer mes tarifs. Je pense après coup, que si certaines filles ont certains tarifs, c’est pour éviter de voir trop de gros lourdingues, que c’est pour rencontrer des types comme T., qui, comme il le dit lui-même ne négocient pas : « moi tu me dis tant, je règle tant, il n’y a pas de soucis. » D’ailleurs en parlant de T., dernier détail insolite, il m’a demandé si j’aimerai être l’accompagnatrice de deux hommes… Wow, c’est au moins la deuxième fois que l’on me pose la question. J’ai répondu « non, je suis assez exclusive comme fille. » Ensuite il m’a parlé d’un de ses amis qui est à fond sur les petites blacks et blablabla. On en reparlera plus tard, l’ami. Mais wow, wow, et triple wow. J’imagine qu’il faudra que je réalise ce fantasme un jour ou l’autre… C’est super excitant de s’imaginer relever le défi de satisfaire deux hommes. Miam…

J’aime bien quand les clients sont innovants, créatifs, proposent des petits plans sympa qui me sortent de l’ordinaire. C’est d’ailleurs un peu pour ça que je fais cette activité. J’aimerai vraiment rencontrer S. ce superbe coureur cycliste à qui j’ai fait une cam gratuite, la dernière fois. Il m’a parlé de domination, je suis plutôt soumise dans le délire, mais bon, pourquoi pas… Le truc, c’est que mes clients je les choisit avec suffisament de culture et/ou d’humour pour qu’il y ait une espèce de connexion spirituelle qui pour moi est nécessaire et précède la connexion physique. Comme ce prof d’histoire-géo reconverti à l’informatique avec qui on a discuté pendant une heure de la caverne de Platon, de ce que la philosophie a de littéraire et la littérature de philosophique et de tout un tas de choses dont je n’aurai certainement pas parlé avec les êtres lambdas qui m’entourent, êtres lambdas que je tiens à dire que j’adore, mais parler de Ophélie Winter dans Popstar (et aussi mais surtout de ce type qui se prend pour Matt Pokora XD  – heureusement qu’il y en a pour nous faire rire…) et du dernier CD de Fifty Cents, j’adore, non mais sérieux, mais bon c’est un peu limite au bout d’un moment. Sans compter l’aspect séduction indéniable qu’il peut y avoir face aux éternels « pss pss t’es ravissante » et autres preuves flagrantes de manque de finesse.

D’ailleurs, ça me fait penser à cette escort dont l’auteur cité plus haut parle dans son bouquin. Cette fille s’est plaint des hommes noirs qui ont tendance à ne pas la rémunérer et du coup à la voler, c’est le terme, après que leur rendez-vous se soit terminé. Elle disait que ça donnait une mauvaise image d’eux, parce que beaucoup d’hommes noirs sont gentils et prêt à payer, mais parce que trois sur quatre la volent, elle a tendance à ne plus accepter de les rencontrer. Ma première pseudo-expérience était pour moi avec un maghrébin, D. Il y avait une espèce de connexion culturelle dans l’air, vu comme la communauté noire et arabe s’apprécie en général. D’ailleurs il était métissé, marocain et espagnole, s’était décrit comme beau (et il était normal/bof) et avait la tchatche, comme le bon commercial qu’il était (sans vouloir faire de stéréotypes.) On est allés dans un parc, où on s’est laissés allés. J’ai proposé de rentrer en bus pour ne pas le déranger (ce qui m’a valu de me faire ramener par un gentil black dans une super voiture quelques minutes après) ce qu’il a accepté assez rapidement. On devait se revoir le week-end suivant et faire du shopping ensemble et quand je l’ai rappelé il n’était plus en ville, il était parti pour des raisons professionelles. Deux jours après c’est lui qui a appelé et il m’a demandé si on pouvait aller au cinéma, et il n’est jamais venu, ne m’a pas prévenu qu’il ne viendrait pas et à ce jour n’a toujours pas rappelé. Dans le même temps, une nuit, mon téléphone sonne à 4 heures du mat’. Un mec, K., souhaiterait avoir des précisions sur mon annonce. J’ai halluciné. Je lui ai posément dit de rapeller plus tard. Dans la journée il a rappelé et je bossais à l’époque, donc j’ai dit que j’allais le rappeler le soir.
« Bonjour.
-(lui) Salut, ah c’est cool tu tiens tes promesses au moins!
-Ouais… Tu vas bien?
-Ouais ça va. Bon en fait voilà moi j’appelai par rapport à ton annonce… T’es ravissante!
-Merci c’est gentil !
-Je t’en prie, un si joli visage comme le tien…
-Et dis moi ça t’intéresserai de booker combien d’heures ?
-Euh je sais pas… on verra… moi en plus c’est le ramadan en ce moment donc t’inquiètes, t’as vu, on se posera à un bar pour discuter, je t’inviterai le soir!
-Ok… et tu as quel âge ?
-21 ans!
-Et tu fais quoi dans la vie ?
-Ben franchement… rien (rires)
-Bon écoute je vais te rappeler quand je rentre du week-end
-(rires) Ok de toutes les façons je l’ai plus ton numéro ! (rires) »
Vraiment grotesque… « t’es ravissante » alors qu’il ne m’a pas vu entièrement. « Un si joli visage comme le tien » alors qu’il n’a jamais vu mon visage. Je ne dis pas que à partir de deux exemples on peut se baser sur le comportement des hommes issus d’une communauté en général, je ne supporte pas qu’on le fasse pour moi alors je ne le ferai pas pour les autres. Cependant, les fait sont là, deux contacts et deux contacts foireux. Le premier ne paie pas la prestation (je n’ai aps à demander un montant, il devrait me glisser quelque chose, en parler à mots cachés, c’est ça être discret, ça ne veut pas dire que tout soit gratuit… En plus horreur, il avait fumé avant de m’embrasser du coup sa bouche avait le gout de tabac froid et il embrassait vraiment mal.) Quant à K., c’est plutôt dans le registre comique. Le truc, c’est que je ne suis pas encore le standard du Jamel Comedy Club. Un jour, qui sait. Mais si c’est pour recevoir ce genre d’appel, c’est pas la peine. J’attends de voir ce que me réserve l’avenir, mais vraiment, je vire plutôt select. Faut dire, y’a de ces abrutis sur terre…

C’est pas tout ça mais il est 5 plombes du mat. Demain matin (enfin dans quelques heures) j’ai rendez-vous avec A., le prof d’histoire-géo reconvertit. Il m’a envoyé des texto un peu chaud après qu’on soit parlé, un peu désuets dans la forme (« mon bel ange… ») Ca me laisse trois heures pour dormir, allez trois heures
et demi. Et après hop, rencontre. Et après hop, retour aux bercailles :p

Encore plein de choses à raconter… A plus!

Je t’en prie, appelle-moi Chacha…

Publié dans:Mes peines |on 26 octobre, 2007 |Pas de commentaires »
12

artscellement |
FaiS GaFfe A mon BloG ^^ |
un bout de chemin......... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | UN AN DE MA VIE
| angelca29
| Monde en noir